16.02.2009

Vingt-troisième fournée

 

 

 

 

        

 

           - OPUS VINGT-TROISIEME -

 

 

 

 

 

MCI – Les échos nocturnes ne parlent que de transits : des bruits de moteurs, des sons de pas qui disent que ceux qui en sont la cause ne sont ici qu’entre ailleurs et ailleurs. Même le bruit de la bouteille qui roule aux pieds du SDF écroulé sur un banc pas loin d’ici parle de voyage, pour statique qu’il soit. A chacun son ailleurs.

 

 

 

MCIII – Malgré la bipolarité radicale des symptômes qu’on leur associe, la tristesse catatonique et la colère confinant à la crise de rage sont des sentiments que je qualifierais de voisins, sachant à quel point il est simple de passer indifféremment de l’un à l’autre.

 

 

 

MCIV – Tu as tout à y gagner ou à y perdre arbitrairement. Tu ne peux pas savoir avant d’avoir essayé, et essayer ne garantit en rien le succès, loin de là. Je sais qu’on parle de la vie, mais un gars me dirait ça à froid, dans la rue, je croirais qu’il cherche à m’embringuer dans une partie de bonneteau.

 

 

 

MCV – Dieu est super fort au bonneteau. Hop hop hop, attention, sous quels gobelets ne se cache pas la pomme ? Perdu… allez, un gage.

 

 

 

MCVI – Je vais pas aller jusqu’à dire qu’il fallait qu’Adam bouffe la pomme comme il fallait que Judas trahisse Jésus pour que son destin s’accomplisse, mais disons que Dieu à dû sentir que s’il se résumait à la vie d’Adam et Eve occupés à ne rien faire, tout nus au beau milieu du paradis originel, le bouquin allait très mal se vendre.

 

 

 

MCVII – Et quand je dis que Dieu est balaise au bonneteau, c’est pas une image : tu prends Adam, il fait ce que Dieu lui interdit de faire, crac, il perd. Tu prends Abraham, il fait ce que Dieu lui ordonne, pan, il perd aussi. Inouï.

 

 

 

MCVIII – Si les hommes ne se serrent qu’une main quand ils se rencontrent, c’est que protocolairement, on reconnaît à l’homme le droit de garder une main libre, de façon à ce que cette dernière puisse rester crispée sur une arme habilement dissimulée, des fois que…

 

 

 

MCIX – Le quatrième amendement de la constitution américaine garantit à chaque citoyen le droit de porter une arme à feu. Le cinquième amendement, moins connu, autorise les enfants à courir partout avec un bâton pointu dans une main et une paire de ciseaux dans l’autre.

 

 

 

MCX – Syndrome de la guerre du golfe et de celles à venir… Parents réjouissez-vous : grâce aux cancers du colon qu’ils découvriront bientôt pas loin de l’endroit où était amarrée leur cartouchière à munitions en uranium appauvri, vos gamins seront des héros morts pour la patrie certifiés conformes, même s’ils sont revenus en vie… on arrête pas le progrès.

 

 

 

MCXI – Quand ton gamin te déclare solennellement pour la première fois que quand il sera grand, « y seura millitère », où se trouve la proverbiale voie du milieu, entre croiser les doigts en espérant que ça passe avec l’âge et lui passer les vingt premières minutes du « soldat Ryan » sur écran géant, à six ans et demi ?

 

 

 

MCXII – Authentique : tout à l’heure, Me Wladymeer est entrée dans la pièce au moment où la télé diffusait un genre de teaser du prochain machin de Benjamin Castaldi ; elle s’est instantanément mise à saigner du nez.

 

 

 

MCXIII – Je sais que les esprits chagrins pourraient invoquer la rhinite qui la pousse à se moucher quarante deux fois par heure depuis deux jours, mais personnellement, j’y vois plutôt un signe.

 

 

 

MCXIV – Qui plus est, ça corrobore deux hypothèses : celle formulée en MXLIX, postulant que le siège de la conscience peut se trouver dans le nez chez les Espagnols, et une théorie nouvelle affirmant que la télé réalité peut provoquer des traumas cérébraux.

 

 

 

MCXV – Dehors, des gamins font rien qu’à pétuler. Il déchirent l’espace de leurs courses, de leurs cris, et mettent des coups de pied dans le temps avec des éclats de rire hystériques : ils s’en foutent. De là à dire que je suis vaguement envieux...

 

 

 

MCXVI – Je sais que pour l’esprit mesquin, c’est facile de regarder ces gamins en se disant « Attends d’avoir trente ans pour voir la grosse crise de rire hystérique que va te causer ton prochain passage à l’A.N.P.E. », mais se consoler aussi tristement, c’est vraiment du nivellement par le bas.

 

 

 

MCXVII – Le gros problème, c’est qu’en raison des facteurs « temps » et « responsabilité », il n’existe aucun moyen de se dire qu’on est d’une certaine manière aussi heureux que l’enfant. On peut en revanche postuler statistiquement que cet enfant sera un jour aussi emmerdé que nous. Il n’existe donc aucun moyen de niveler par le haut.

 

 

 

MCXVIII – Avoir le temps de se regarder le nombril suffisamment pour se sentir vieux à trente cinq ans, comme c’est mon cas, c’est vraiment typiquement un problème de bourgeois désoeuvré. Je sens que je vais encore baisser dans ma propre estime ; sans risque heureusement de heurter quoi que ce soit : manifestement, c’est un puits sans fonds.

 

 

 

MCXIX – Dans quatre mois, en dépit de mes tentatives, mon droit au chômage sera interrompu sans que j’aie transformé l’essai, et nous verrons quelle place par défaut le système attribue à un « sculpteur-dessinateur-batteur-chroniqueur-prof de FLE-traducteur ». Les amateurs de pathos risquent de se régaler : dans le genre drolatique, ça va certainement péter des barreaux de chaises.

 

 

 

MCXX – Dans un film fantastique, quand l’homme crée un mutant, c’est un mutant méchant. Quand il fabrique un robot, c’est un robot méchant. Quand un ascenseur devient doué de raison, c’est un ascenseur méchant. Quand un truc devient anthropomorphique, il est méchant.

 

 

 

MCXXI – Et même quand ils sont gentils, à mon avis, il faut se méfier : Edouard aux mains d’argent doit avoir des envies de meurtre chaque fois que l’envie lui prend de se polir le mandarin.

 

 

 

MCXXII – Ai découvert autre poil blanc dans ma barbe ce matin. Si j’attrape celui ou celle qui déconne dans mon dos avec ma barbe et une machine à voyager dans le temps, ça va très mal se goupiller.

 

 

 

MCXXIII – Essayer de vous faire marrer avec mon malheur existentiel, ça n’a rien d’altruiste dans le fond : on est pas dans le don de soi. Ca me renvoie juste à moi l’impression que je ne souffre pas complètement pour rien.

 

 

 

MCXXIV – Résilience cérébrale : positivisme à double tranchant. Explicitement, ça dit juste que le cerveau a des ressources insoupçonnées pour se remettre de traumas terrifiants, s’il entre dans une démarche adéquate. Implicitement, ça peut signifier que tomber en dépression et y rester, c’est bien le vouloir, ne pas travailler assez à dépasser tout cela et aborder ses pulsions morbides avec une certaine complaisance : bref, tout sauf la faute du système.

 

 

 

MCXXV – L’expression résilience cérébrale vient d’ailleurs de la résilience tout court : cette capacité qu’ont certains métaux à reprendre leur forme originale quand les on les maltraite. C’est le mot « certains » qui fout tout par terre : tous les humains ne sont pas trempés dans le même métal. Une fois que tu les as pliés, certains restent tordus, voire cassés.

 

 

 

MCXXVI – Oh… et j’allais oublier le « déterminisme verbal »… mon pauvre monsieur Cyrulnik, je suis persuadé que vous êtes plein de bonnes intentions, mais si vous saviez où en sont certains, à force d’avoir entendu tout leur entourage affirmer qu’ils étaient forcément voués à un avenir brillant... C’est parfois pire que si on leur avait répété à tue-tête qu’ils étaient foutus à vie depuis la petite enfance.

 

 

 

MCXXVII – Pourtant, je suis persuadé que tout ce que l’auteur de cette théorie désire, c’est offrir à l’humanité les bonnes armes pour aller vers un véritable mieux-être… C’est dire le peu de moyens dont disposent les gens qui souhaitent améliorer la condition humaine.

 

 

 

MCXXVIII – Quelque part, je suis peut-être juste effroyablement jaloux de Boris Cyrulnik, en fait… Enfin, plus de sa capacité à se remettre de ce qu’il a vécu que de son vécu en tant que tel… ça tombe un peu sous le sens…

 

 

 

MCXXIX – Ma dernière statue s’améliore lentement : elle n’a plus l’air de faire le tapin, et sa posture commence à ressembler à celle d’un footballeur. A bien me relire, je me demande d’ailleurs si on peut authentiquement parler d’amélioration.

 

 

 

MCXXX – Footballeurs, ne vous méprenez pas : les péripatéticiennes et vous n’êtes pas dans mes termes les seules créatures de Dieu à partager le statut de bétail humain. Du technicien de surface au top model en passant par l’employé de bureau, on est même foule dans la bétaillère.

 

 

 

MCXXXI – Notre nature peut-elle nous permettre de nous considérer autrement que comme du bétail ou exigeons-nous inconsciemment d’être traité comme tel, parce que c’est sécurisant, dans le fond ? C’est la seule question qui demeure, parce que dans un cas, il reste de l’espoir, et dans l’autre on peut quitter la salle : à partir de là, le film est chiant.

 

 

 

MCXXXII – Il suffit de regarder un type comme moi suer d’angoisse à l’idée de rater un entretien d’embauche dans le cadre d’un emploi qui le rebute par ailleurs absolument, pour se rendre compte que la question précédente mérite d’être posée.

 

 

 

MCXXXIII – Et quand la vie te laisse une opportunité d’échapper à tout cela, en devenant rentier au mépris de tes valeurs, par exemple ; est-il possible de croquer le bon fruit mûr sans éprouver une culpabilité qui, à sa manière, vaut bien l’angoisse d’avoir à croquer chaque jour dans un fruit pourri ?

 

 

 

MCXXXIV – Je commence à envisager un renoncement total, himalayen, genre pagne rudimentaire, altitude, désolation, absence de possessions matérielles et tout le tremblement karmique.

 

 

 

MCXXXVI – Suis revenu de l’Himalaya. Le vide matériel, relationnel et affectif, c’est effectivement tellement de bonheur que le troisième jour, dans un grand éclat de rire hystérique, j’ai failli sauter dans le vide tout court.

 

 

 

MCXXXVII – J’ai été rattrapé in extremis par un Yeti qui gueulait « Fais pas le con, René ! ». De loin, avec ma tronche de la vraie vie, il m’avait pris pour son beau-frère…

 

 

 

MCXXXVIII – Cela étant dit, le jour ou les Yétis, Migous, Sasquatch et autres Bigfeet seront reconnus en tant que minorité ethnique, j’ai bon espoir de me trouver un job terrible dans une ambassade ou un truc du genre.

 

 

 

MCXXXIX – En marge de mes activités au parti mou, je suis d’ailleurs en train de monter un puissant lobby de « semi yetis affublés de patronymes peu vraisemblables ». Pour l’instant on est un.

 

 

 

MCXL – J’ai un copain très présentable avec un nom normal qui voulait participer, mais je lui ai expliqué que je devais me tenir à une ligne politique inflexible. Vexé, il a donc monté le cercle des « pas tout à fait semi yetis dotés de patronymes à peu près crédibles ». Parfait ! Pour que mon lobby serve à quelque chose, il ne lui manquait plus qu’un ennemi héréditaire.

 

 

 

MCXLI – Eh oui, on tue le temps comme on peut en attendant la suite. Voilà voilà voilà...

 

 

 

MCXLII – E8, touché coulé et mat… Putain, t’as encore coulé mon roi du premier coup ! Ha, je t’avais prévenu, aux échecs navals, avec les blancs, je gagne tout le temps.

 

 

 

MCXLIII – Entre deux et quatre heures du matin, aujourd’hui et demain sont un genre de yaourt avec des vrais petits bouts de « maintenant », dedans.

 

 

 

MCXLIV – Le temps est une illusion : « toujours » ne signifie rien, « jamais » est dépourvu de sens, et le temps que tu appelles « maintenant » par son nom, il s’est fait la malle.

 

 

 

MCXLV – Pour le définir plus clairement, maintenant, c’est maintenant, là, trop tard, réessaye.

 

 

 

MCXLVI – Un enfant, t’as beau le prévenir, il termine chez le dentiste : ça lui apprend la vie. Un banquier, tu le préviens, c’est pareil, mais il s’en fout : les caries des subprimes, c’est dans ta bouche qu’on va les fraiser.

 

 

 

MCXLVII – A l’embranchement marxisme / capitalisme débridé, j’ai l’impression qu’en bonne surdouée de la trajectoire idéale, l’humanité tenait sa carte routière à l’envers.

 

 

 

MCXLVIII – Sur un forum, j’ai vu une personne travaillant dans une banque s’inquiéter de son avenir proche. Curieux, ces samouraïs de la finance qui ignorent que « celui qui a peur de mourir ne devrait dans un premier temps pas partir à la guerre ».

 

 

 

MCXLIX – Comment lui faire comprendre qu’elle me faisait penser à un dompteur de tigres qui, après 15 ans de métier, réalisait subitement en se faisant emporter la moitié de la tronche que les griffes de 10 centimètres des bestiaux ne leur servaient pas qu’à se curer la truffe.

 

 

 

MCL – Un bref rappel de fin d’opus, donc, pour ceux qui peinent à assimiler les évidences : l’argent compte plus que vos existences, même si vous travaillez pour lui. Pactiser avec le diable, même en lisant le contrat entre les lignes, c’est vendre à perte… etc.

29.12.2008

Vingt-deuxième fournée

 - OPUS VINGT-DEUXIEME -

 

 

 

 

 

MLI – « La meilleure des victoires est celle qui ne nécessite pas de bataille » (Sun-Tzu). « Le meilleur des cocas est celui que quelqu’un d’autre va chercher pour toi au frigo » (Herald Wladymeer). Maintenant, vous la voyez mieux, la différence entre un gars qui doit être publié et un gars qui ne doit l’être sous aucun prétexte ?

 

 

 

MLII – Ca vous dit qu’on échange des trucs de bricoleurs ? Allez, le premier ou la première qui m’explique comment décoller la graisse des murs de ma cuisine, je lui donne ma recette secrète pour se brûler au second degré avec une banale ampoule de 60 Watts.

 

 

 

MLIII – Alors je sais que ça peut paraître ridicule de se blesser de la sorte, mais moi, l’ampoule, au moins, j’ai pas eu la bêtise de m’asseoir dessus… n’est-ce pas, monsieur l’heureux papa d’un souvenir de Paris.

 

 

 

MLIV – Ah oui, j’ai oublié de vous dire… il y a deux semaines, c’était une boule de billard. Cette semaine, à sa grande surprise, un praticien de mes amis a vu la tour Eiffel enneigée du côté de la face cachée de la lune, et sans télescope : une vision dépaysante…

 

 

 

MLV – Vous étiez prévenus que créativité de la nature humaine aidant, ce genre d’information édifiante risquait objectivement de revenir, de manière cyclique.

 

 

 

MLVI – Allez quoi, admettez-le… on a tous un pote dans le paramédical, qui arrive une fois par semaine pour l’apéro en disant : « Tu ne devineras jamais ce que j’ai trouvé dans le cul d’un gars ». Non ? Y a que moi ?

 

 

 

MLVII - …

 

 

 

MLVIII – Normalement, les trois points de suspension, c’est un truc pour faire grimper le score à peu de frais. Ce coup-ci, c’était un authentique moment de solitude profonde. J’espère que vous aurez su apprécier la différence, qualitativement parlant.

 

 

 

MLIX – C’est emmerdant cette obsession momentanée : aussitôt que je tente de m’écarter du sujet maudit, il est à peu près aussi difficile de m’extraire un bon mot que d’extraire une boule de billard de… Tenez, vous voyez ?!

 

 

 

MLX – Vite, réagir avant la transe hypnotique… voir grand… s’élever… L’univers : cette entité qui fabrique des étoiles, qui elle-même fabriquent de l’univers. L’univers, certainement le seul gars de son patelin à pouvoir se vanter d’être à la fois sa cause et son effet.

 

 

 

MLX – L’univers, qui avec ce sens de la géométrie simple et épuré, tout en étant effroyablement complexe, nous a offert une planète sphérique… ronde comme une boule de bill… Non ! Non ! Assez, quoi !

 

 

 

MLXI – C’est marrant, Galaxy Quest, c’est une comédie, mais le moment auquel le chef extraterrestre a ce regard d’enfant, dans lequel on voit s’effondrer l’image parfaite de l’humanité qu’il a prise comme modèle, j’ai chialé comme une merde pendant vingt minutes.

 

 

 

MLXII – Par la suite, combien de nuits sans sommeil j’ai intérieurement réentendu « We’re actors, Mathezar…  », juste avant d’être pris d’une crise de larmes « plus ou moins » inexplicable.

 

 

 

MLXIII – Pourquoi ces rivières, mon bon Monsieur Souchon ? Je sais que pour un batteur de Death Metal, ça ne fait pas sérieux, mais quelle que soit la scène à laquelle il appartient, quand on croise un bonhomme, on lui dit « Monsieur ».

 

 

 

MLXIV – Il suffit de contempler « l’origine du monde » de Courbet, pour comprendre qu’on ne devrait jamais traiter quelqu’un de tête de con. Aussi absurde que cela puisse paraître, c’est plus un compliment qu’une insulte.

 

 

 

MLXV – Personne parmi vous ne saura exactement combien de temps de vie j’ai perdu à regarder le chiffre MLXV sans trouver quoi lui adjoindre. Quand on part explorer le cosmos, faut pas s’étonner de croiser des trous noirs, je suppose.

 

 

 

MLXVI – Dehors, un chien aboie : ça en fait au moins un de nous deux auquel la réalité de nos conditions respectives inspire un commentaire éclairé.

 

 

 

MLXVII – En raison de notre perception de nous-mêmes, on anthropomorphise plus le chien dans les moments où il nous regarde la patte tendue, avec des yeux où brillent adoration et intelligence, que dans les moments où il est en train de bouffer sa crotte … Et pourtant…

 

 

 

MLXIX – A l’échelle du temps cosmique, l’humanité, de son début à sa fin, ce sera à peine un éternuement. Techniquement, on en est au moment de l’histoire où l’odeur de toutes nos saloperies commence à chatouiller les narines de la planète.

 

 

 

MLXX – Qu’est-ce qui se passait « avant » ? Où est-ce qu’on va « après » ? C’est fou, les supplices tordus que l’esprit s’invente pour éviter d’avoir à penser à « maintenant ».

 

 

 

MLXXI – L’impossibilité de faire carrière dans le Death Metal est un problème à caractère chronologique. Le jour où nous serons reconnus pour le caractère visionnaire de notre travail, ce sera certainement le lendemain de l’apocalypse. Autant dire qu’en termes de public, on risque de jouer pour encore moins de monde.

 

 

 

MLXXII – Descendre se mettre la truffe au vent à l’heure où l’honnête homme sommeille. S’allonger sur le gazon. Contempler les étoiles. Se dissoudre dans l’espace. Expliquer au gardien qui fait sa ronde que ce n’est pas la peine d’appeler le SAMU. Des plaisirs simples.

 

 

 

MLXXIII – Mylène Farmer, c’est le portrait de Dorian Gray : elle doit payer quelqu’un pour vieillir à sa place.

 

 

 

MLXXIII – Le reste de son étrange personne n’a pas changé non plus : c’est toujours cet espèce d’iceberg en flammes qui s’est fait tatouer « j’ai encore été vilaine » sur une fesse et « je ne suis pas celle que vous croyez » sur l’autre.

 

 

 

MLXXIV – La relation avec le tabac, c’est donnant-donnant. Un jour tu le fumes ; un jour, c’est lui qui te fume.

 

 

 

MLXXV – Un bref dialogue avec la mort II : - Je voudrais pas crever trop vieux.- *Je peux t’arranger ça en deux coups les gros*. -C'est-à-dire… je ne voudrais pas crever trop jeune, non plus.- *Alors sinon, je fais aussi livraison de pizzas…*. -Sans rire ?- *A ton avis ?*

 

 

 

MLXXVI – Les petites heures mortifères du matin, où l’insomnie cède à la lassitude, qui, comme un courant d’air, vient mêler son souffle au dernier soupir de la conscience qui s’éteint peu à peu…

 

 

 

MLXXVII – *Voilà, voilà, j’arrive !*. Ha mais non, prenez pas ça au pied de la lettre, c’est une licence poétique, là… *Désolée, réflexe professionnel…*

 

 

 

MLXXVIII – Depuis que le premier truc doté d’une hélice d’acide désoxyribonucléique a pointé le bout de ses flagelles sur terre, à son boulot, la mort est sacrée employée du mois tous les mois.

 

 

 

MLXXIX – La réalité offre des solutions à tous les gens qui, dans un sens ou dans l’autre, savent faire montre d’opinions tranchés. Il n’y a aucune alternative pour les gens qui n’ont ni très envie de vivre, ni très envie de mourir.

 

 

 

MLXXX – Le Christ était venu nous sauver, mais il eut le malheur de vouloir commencer par estimer le mal-être de l’humanité, pour se faire une idée du devis, et demanda où se situait le malaise sur une échelle de 1 à 10, sachant que : « le niveau 1 c’est, disons, une légère nausée, et que le niveau 10, c’est carrément des clous dans les mains et les pieds ? »…

 

 

 

MLXXXI – Eh bien les braves gens l’ont renvoyé chez lui en guise de réponse, après avoir coché la mention utile, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas reçu d’accusé de réception.

 

 

 

MLXXXII – Ce sont ces mêmes braves gens aux mœurs champêtres qui continuent, dans certains coins, de clouer des hiboux aux portes des granges pour conjurer le mauvais sort. Pourquoi des hiboux ? Ben dame, on prend ce qu’on trouve : c’est pas tous les jours qu’on tombe sur des barbus excentriques qui veulent se faire clouer de leur plein gré…

 

 

 

MLXXXIII – « Bonjour monsieur, je représente la société « Terre de fenêtres », et je vous appelle pour la troisième fois ce mois-ci, afin de… ». Avec eux c’est le cas de le dire, si tu décroches une fois, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres.

 

 

 

MLXXXIV – Si on considère la méchanceté dont nous avons fait montre à l’égard de son fils, on ne s’étonne que peu ou prou que Dieu nous ait salement pris en grippe. Le paradoxe de notre condition, c’est que la punition semble tomber longtemps avant les faits reprochés…

 

 

 

MLXXXV – …Oui, c’est un paradoxe temporel. Normalement, la réalité abhorre ce genre de choses. Manifestement, seul Dieu a le droit de déconner plein tubes avec les paradoxes.

 

 

 

MLXXXVI – Ah, un lecteur féru d’écritures m’avertit qu’il n’y a aucun paradoxe dans l’histoire. Si la punition semble antérieure au délit, c’est qu’on purgeait déjà une peine relative au « pêché originel » : un vol de pomme à l’étalage raconté par un mystique un rien exalté… j’ai pas tout saisi.

 

 

 

MLXXXVII – Après ça, je m’étonne moins que la chrétienté soit en perte de vitesse. « Tu déconnes grave avec Dieu, tu manges copieux. Quand ça suffit, il t’envoie un sauveur et là, tu le cloues à deux planches ». Va pérenniser plus de deux millénaires une entreprise dont le service consiste à faire admettre aux gens qu’ils appartiennent à une espèce aussi stupide.

 

 

 

MLXXXVIII – Et puis bon, le poids des pêchés des âges, les fautes des pères, tout ça, lyriquement, je suis pas contre, mais tu trouves pas que ça commence à être longuet ?… Dédé... ça existe, en vrai, les peines incompressibles de deux mille huit ans ?

 

 

 

MLXXXIX – En Yiddish, on peut résumer notre condition à deux mots : « Oï veï ». Dans le genre concis, on fait difficilement mieux.

 

 

 

MXC – M. et Me Wladymeer regardant M. et Me Smith en pleine prise de bec sur « la salière au milieu de la table ». (HW) T’y crois… cette fausse embrouille… (Me W.) On ne sait pas… peut-être qu’on s’engueulerait plus souvent, si on avait une table plus grande. La pensée post-moderne frémit d’effroi à l’idée qu’un jour, nous puissions enfanter.

 

 

 

MXCI – « Nos métempsychoses, ces avatars dévolus aux affabulations contrefaites de nos consciences tintinnabulantes et autres cénesthésies inénarrables ». La langue française est magnifique, même quand on s’en sert pour dire des choses parfaitement dénuées de sens.

 

 

 

MXCII – Ca à l’avantage de rester beau à l’oreille même quand ça ne sert à rien. Certains romanciers ont d’ailleurs bâti des empires sur ce principe. Dans le cadre de ce blog, ça fait aussi monter le score à peu de frais.

 

 

 

MXCIII – La rentrée littéraire a l’air tellement chaude que la climatisation va poser un arrêt maladie. Il va falloir envisager le bon vieux seau d’eau froide.

 

 

 

MXCIV – Avant, beaucoup de romans étaient simplement nombrilistes. Aujourd’hui, certaines personnes s’imaginent que c’est carrément leur trou de balle qui mérite de figurer dans la bibliothèque aux cotés de Sartre ou de Cioran.

 

 

 

MXCV – D’un autre côté, une part de moi hésite à les contredire. En effet, à l’instar des esprits fantaisistes qui épatent régulièrement le personnel des urgences à renfort de boule de billard ou de tour Eiffel, ces romanciers démontrent qu’une vérité profonde se cache vraisemblablement dans le rapport qu’entretient l’homo sapiens à son propre fondement.

 

 

 

MXCVI – Je repense à cette histoire de pêché originel. Une pomme qui fait grimper le QI, un serpent qui cause. Tout ça me paraît d’un réalisme contestable … Moi, je suspecte plutôt un genre de grosse allégorie métaphorique.

 

 

 

MXCVII – Oncques me reprochait dernièrement l’amertume sous-jacente de nombre de mes propos. Je ne suis certes pas un grand pourvoyeur de merveilleux, mais au moins, je ne suis pas un gros néo nazi comme Walt Disney ou un gros pédophile comme Lewis Carroll.

 

 

 

MXCVIII – La différence entre Pee Wee Hermann et Michael Jackson, c’est que dans le second cas, en raison des origines supposées de l’accusé, la partie civile ignorait si elle devait déposer la plainte auprès du FBI ou de la NASA.

 

 

 

MXCIX – Le fait qu’on ait arrêté les essais nucléaires ne signifie pas qu’on ait arrêté les tests ou la fabrication d’armes toujours plus puissantes. Simplement maintenant, la mort se quantifie sur Pentium core-duo, virtuellement, sans polluer… en tout bien toute horreur.

 

 

 

MC – « La grosse angoisse au goût amer… ne s’use pas, même quand on s’en sert ». Voilà pourquoi la communication, en ce qui me concerne, c’est foutu. Tous les slogans accrocheurs qui tuent sans mentir au client me sont inspirés par des trucs invendables…

20.10.2008

Vingt et unième fournée

 

 

 

                            TOME SECOND

 

 

 

Note à caractère introductif - Il est un temps où tout homme d’esprit se sentant décliner après avoir tutoyé les sommets, doit savoir écouter la raison et renoncer aux applaudissements, aux vivats de la foule (oui, quatre personnes : forcément, sur les sommets, on croise peu de monde), et savoir s’effacer humblement, comme la vague atteignant le rivage ou comme le lapin explosant après avoir contracté la myxomatose. Usant de la sagesse séculaire qui est la sienne, Herald Wladymeer, puissent les anges du firmament chanter son nom, a décrété que ce temps, je cite : « …viendra plus tard ». Bravant d’un regard noble et altier les muses aux humeurs versatiles qui ont déserté sa demeure désormais vide d’inspiration, mais bravant également la crise, la hausse des cours du steak et par extension les cours en hausse, la chute du cours de l’intellect et par extension les cours en baisse, les intempéries, les avanies du sort, son taux de cholestérol, l’angoisse que lui inspire la calvitie des autres même s’il n’a aucun problème de cet ordre, la difficulté d’exister et les ratons laveurs, oui, bravant tout cela, Herald vient effectivement de déclarer au terme d’une phrase imbitable et très mal construite de pas loin de douze lignes, qu’il continuerait de perpétrer, je cite : « …à donf’ ». En tentant l’aventure périlleuse du second recueil, Wladymeer entend prouver à l’humanité que l’homme vient bien des étoiles, puisque sa bêtise, à l’instar de l’univers, est je cite : « …prodigieuse, abyssale, insondable » (fin de citation). Réjouis-toi, élu parmi les élus qui parcours ces lignes en cet instant glorieux, car elles vont changer ton existence : quand tu auras réalisé que tu perdais un temps précieux à les lire, tu feras n’importe quoi d’autre de ta vie, ce sera beaucoup plus constructif, et tu auras tiré de cet ouvrage un enseignement supérieur.

 

  

   « And now for something completly different »…

 

 

 

 

 

          

               - OPUS VINGT ET UNIEME -

 

 

 

 

 

MI – Pour commencer ce second recueil dans la droite ligne des habitudes de la maison, je me dois de procéder à un rectificatif… Je ne suis pas certain que la myxomatose fasse exploser les lapins : j’ai dit ça comme ça. Un peu comme le reste.

 

 

 

MII – Si l’expression « commerce équitable » prête à sourire, c’est que dans la pratique, conçu par l’homo sapiens, le commerce a statistiquement autant de chances d’être équitable que Benjamin Castaldi a de chances de décrocher un prix Nobel de philo.

 

 

 

MIII – L’Oréal, parce que je vaux bien qu’on torture des bestioles dans des labos de cosmétique ; parce que ma seule beauté justifie qu’on injecte du shampooing à des souris, et parce que derrière mes airs de poupée siliconée, j’ai un système frontal de vision binoculaire, qui au sein des mammifères détermine mon appartenance à la classe des prédateurs. Pigé ?

 

 

 

MIV – A toutes les braves bêtes dotées de bonnes tronches de victimes, la nature a donné un système de vision latéral, de façon à voir les prédateurs jusque dans leur dos. A nous, elle a donné une vision frontale, parce qu’avec nos tanks et nos fusils, on aurait eu l’air fins si on avait eu les yeux à la place des oreilles.

 

 

 

MV – En résumé, chez les mammifères, les proies ont les yeux sur le côté, et les prédateurs sur le devant. Ca confirme une règle qu’on connaît tous d’instinct : il faut se méfier de tout ce qui peut te regarder droit dans les yeux.

 

 

 

MVI – Et quand ça utilise que deux pattes sur quatre pour marcher, tu peux te méfier carrément huit fois plus.

 

 

 

MVII – Vous avez noté, dans la pub l’Oréal, la fille ne dit pas « parce que je le mérite bien », mais « parce que je le vaux bien ». Lexicalement parlant, la distinction est frappante.

 

 

 

MVIII – Et je n’ai jamais dit que ça avait un côté « deux cent la demi-heure ou mille cinq la nuit ; j’ai des frais en cosmétiques » ou vous avez la vue perçante, parce que c’était vraiment écrit tout petit entre les lignes.

 

 

 

MIX – Sur mon paquet de clopes, on peut lire « Fumar puede matar ». J’ai un vague idée de ce que ça raconte, mais je préfère penser que ça ne concerne que les Espagnols.

 

 

 

MX – De l’autre côté du paquet, il est question de fertilité, et ils n’ont pas tort. Moi qui songe parfois à ma descendance, j’ai peur qu’en l’état, mes spermatozoïdes refusent de s’installer dans un ovule dépourvu d’espace fumeur.

 

 

 

MXI – On n’est jamais aussi bien trahi que par ses amis. Vous avez tous un pote avec qui vous avez mêlé votre sang, à l’indienne. C’est lui qui trente ans plus tard est devenu le parrain de votre petit dernier… oui, celui auquel il vient d’offrir une trompette en plastique.

 

 

 

MXII – Dans son bureau, Me Wladymeer à des statuettes de fées très « hi hi hi ». Sur le mien, j’ai un buste de Spawn très « har-har-har ». Malgré les prétendues subtilités de nos psychés respectives, les archétypes de héros masculins ou féminins restent relativement prévisibles.

 

 

 

MXIII – Des fois j’écris des trucs et en me relisant le lendemain, je me dis : « c’est pas possible, t’as pas fait ça». Si je le publie par la suite, ce n’est que pour me morigéner publiquement d’avoir osé concevoir un truc pareil.

 

 

 

MXIV – Une expression populaire parle de « s’emmerder à cent sous de l’heure ». Dans la réalité des choses, si s’emmerder payait cent sous de l’heure, je serais multimillionnaire, à ce jour.

 

 

 

MXV – Modeler, sculpter, c’est vraiment un art de tricheur : tu prends des formes qui étaient déjà présentes dans l’espace, et juste parce que tu viens ajouter ou soustraire de la matière à cet endroit précis, tu dis : « Regardez, c’est moi qui l’ai fait ».

 

 

 

MXVI – Quand je ne sais plus quoi écrire, je me choisis une cible aléatoire dans l’appartement, et soumets arbitrairement à mon ire un objet de consommation, que je sacrifie sur l’autel du manque d’inspiration.

 

 

 

MXVII – Tiens, Le poulpe en peluche de Me Wladymeer qui est en train de faire une bise en peluche au hibou en peluche… Acquisition de la cible… Verrouillage… Ah, on m’avertit par oreillette que cette cible est protégée par l’O.T.A.N. et que tout mot d’esprit déplacé est susceptible d’entraîner des mesures de rétorsion…

 

 

 

MXVIII – Tiens, et ce personnage avec son déhanché raté, qui voulait ressembler au David de Michel-Ange et qui à l’air de faire le tapin… Ha non… ça, c’est ma dernière sculpture…

 

 

 

MXIX – Dans le genre frustrant, c’est encore pire que de ne pas savoir quoi écrire.

 

 

 

MXX – Tiens, l’écriture aussi, c’est vraiment un art de tricheur. Tu prends des mots qui existent déjà tous et tu fais rien qu’à les mettre bout à bout : eh ben fatalement, ça finit par faire des phrases…

 

 

 

MXXI – Et le dessin alors… Dans la feuille blanche, y a tout ce que tu pouvais y mettre ; toi, tu ne fais que choisir des traits dans l’infinité de traits que la feuille blanche propose, alors que si ça trouve, le trait invisible était encore mieux avant que tu ne l’aies « maladroitement décalqué ». C’est dire si le dessin est un art de tricheur : à la base, la feuille blanche dessine mieux que toi.

 

 

 

MXXII – Dessin, sculpture, gribouillage grammatical… Le jour où j’écris mon autobiographie, j’intitule ça « l’imposture comme posture ».

 

 

 

MXXIII – Dans la République de Platon, entre le dessin et la sculpture, j’aurais deux bonnes raisons d’être banni en tant qu’ « imitateur d’imitations » (si si). Seule l’écriture sauverait peut-être ma peau.

 

 

 

MXXIV – *La voix de Platon* : « Non, parce que même comme ça, t’es qu’un imitateur d’écrivain, ha ha ha… et un, et deux, et trois – zéro ! Tu sors ! ».

 

 

 

MXXV – Note pour plus tard : « Don’t fuck around with Plato ».

 

 

 

MXXVI – Minot, on a toujours envie de devenir le héros du dernier film qu’on a vu. Jusqu’au moment où on comprend qu’il y a toujours une part du contrat qui est intenable : pour être Superman, faut voler, pour être un Jedi, il faut bouger des trucs avec l’esprit… pour être un highlander, il faut porter le kilt…

 

 

 

MXXVII – Avec le temps, on passe par pas mal de vocations plus ou moins réalistes : astronaute, agent secret, pompier ; jusqu’à l’âge de raison. Le truc, c’est qu’à aucun moment on a rêvé de devenir Herald Wladymeer… eh bien, je vous le donne en mille…

 

 

 

MXXVIII – L’âge de raison est celui qui distingue la réalité des illusions d’enfance ; l’âge auquel on accepte le poids de la vie et une certaine forme d’asservissement. Typiquement, pour celui qui exploite ta force de travail, ton âge de raison, c’est celui auquel dans le genre brave con docile, t’es mûr à point.

 

 

 

MXXIX – La philosophie, c’est un peu l’alpinisme de la pensée. On entame une ascension vers l’idée pure. Personnellement, j’ai toujours eu une préférence pour la spéléo.

 

 

 

MXXX – La névrose, c’est l’adaptation de soi à la réalité. La psychose, c’est l’adaptation de la réalité à soi. Quand mon buzzer sonne le matin, si je décide qu’il ne s’agit pas de mon réveil, mais de mon voisin qui écoute de la tektotruc et que je me rendors, ça fait de moi un psychopathe ?

 

 

 

MXXXI – Si l’important était de participer, on n’aurait jamais inventé les médailles et les podiums. Bon, en France, à défaut d’avoir des médailles, on a des valeurs… bisque bisque…

 

 

 

MXXXII – Attention, je n’ai jamais dit que ce n’était pas une saine philosophie ; c’est juste que dans les faits, l’importance accordée à la participation est la signature philosophique des losers.

 

 

MXXXIII – Je reviens deux pensées en arrière. Si l’important était de participer, on aurait quand même créé des médailles. C’est juste que les seuls à ne pas en avoir seraient les trois gars qui sont arrivés en premier et n’ont donc rien compris à la philosophie du truc : ils font rien qu’à participer pour gagner au lieu de participer pour participer.

 

 

 

MXXXIV – Pour en finir avec le sujet, si l’important c’est « de participer », mes fautes d’orthographe, mes deux commentaires et moi, on va devenir hyper importants, dans le paysage littéraire.

 

 

 

MXXXV - *Voix du serveur automatisé des ASSEDIC de l’ouest francilien*…  Pour le mois de Septembre, vous déclarez ne pas avoir travaillé, ne pas avoir suivi de formation, ne pas toucher de retraite ou de pension d’invalidité de deuxième ou troisième catégorie, et être toujours à la recherche d’un emploi. C’est pas grave : l’important, c’est de participer…

 

 

 

MXXXVI – Au regard des différents papiers à remplir et autres acrobaties à effectuer pour faire valoir ses droits, je me dis qu’on devrait créer un Bac Z pour les aspirants chômeurs. Chômeur, c’est un job à plein temps qui nécessite un certain niveau de qualification.

 

 

 

MXXXVII – Parmi mes choix d’orientations estudiantines et professionnelles en devenir, j’ai pensé un temps à faire « Marx ». J’ai regardé le cursus, ça m’a filé des sueurs froides, alors je m’en suis tenu au niveau d’études nécessaires pour avoir la barbe de Marx : c’est un début.

 

 

 

MXXXVIII – Si je n’étais pas conforté dans la certitude de mon talent par les cris enthousiastes d’une foule de trois personnes, je commencerais à penser que ce blog est un genre d’éloge personnel à ma propre médiocrité.

 

 

 

MXXXIX – Remarque, ça fait toujours un truc en moi qui est digne d’éloges. Certaines personnes sont trop communes pour pouvoir se targuer d’être médiocres.

 

 

 

MXL – Et dire que Me Wladymeer a délibérément choisi de passer sa vie avec ça... Je ne comprends toujours rien aux femmes, mais leur irrationalité caractéristique est sous certains aspects bien arrangeante.

 

 

 

MXLI - Lucie va au marché pour acheter dix laitues dont les prix décroissent, au ratio de 3% de la valeur base par unité achetée. Elle doit acheter du café pour un montant égal au deux tiers de la racine cubique de la somme dépensée dans les laitues, après quoi elle pourra aller réparer la plomberie qui fuit, à raison à raison d’un litre par centime ramené en monnaie des courses et par heure. Doit-on prévenir la protection de l’enfance ?

 

 

 

MXLII – Une pierre de huit tonnes qui tombe de très haut et toi qui tombe avec, vous allez à la même vitesse, mais au bout du compte, même si t’as pris un super départ et que tu t’écrases en premier, c’est la pierre qui gagne. Une réalité mathématique lapidaire, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots.

 

 

 

MXLIII – Il doit y avoir un moment où la matière a eu le choix entre rester de la matière «  inerte et éternelle » ou devenir de la matière « pensante et mortelle ». A aucun moment elle ne s’est raclée le chaudron pour voir s’il n’y avait pas moyen de devenir de la « matière pensante immortelle » : elle a tout salopé le travail pour terminer en vitesse. Aujourd’hui, elle s’en mord les doigts, la matière pensante… bien fait pour nous.

 

 

 

MXLIV - … Et Beethoven qui écrivait de la musique alors qu’il était sourd. Tiens, je me disais, il ne me manquait plus avec la musique qu’un art de tricheur pour parfaire ma panoplie d’imposteur.

 

 

 

MXLV – J’ai un copain qui travaille aux urgences, dans le personnel soignant. Cette semaine, c’était une boule de billard. Je n’en dis pas plus, ce serait trivial.

 

 

 

MXLVI – Césarienne, points de suture… Félicitations, monsieur, c’est une boule de billard ! Désolé, c’était plus fort que moi

 

 

 

MXLVII – J’ai peur que ce genre d’anecdote lénifiante revienne de manière cyclique dans mes recueils, le goût de l’expérimentation étant chez l’homme aussi développé que son inventivité est dépourvue de limites.

 

 

 

MXLVIII – Grand ménage de printemps. J’ai failli acheter un second aspirateur pour nettoyer le premier tellement c’était grave. La trente-huitième heure, j’ai également pensé à m’acheter une corde.

 

 

 

MXLIX – « Por narices » : expression castillane signifiant : « pour ou par mes narines / parce que mes narines le décident » (sic). L’idée que le siège de la conscience d’un Espagnol puisse se trouver dans son nez prête à rire, comme quand on décrète par chez nous « j’en ai plein le cul » après avoir mentalement séché trop longtemps sur un problème.

 

 

 

ML – Et un de torché en trois jours… c’était vraiment pas la peine de faire la Diva quittant la scène.

 

27.08.2008

Tome premier

     - LES VERITES VRAIES D'HERALD WLADYMEER -

                                   TOME PREMIER

 

    

 

 

    Biographie de l'auteur : Longtemps, Herald Wladymeer a oeuvré à devenir le génie que sa mère voyait en lui. Elle disait que l'essentiel est invisible aux yeux et qu'on ne voit bien qu'avec le cœur, malheureusement la pauvre femme était myope du cœur. A ce détail près, Herald aurait certainement révolutionné la pensée de son siècle, mené l'humanité à l'illumination suprême ou encore inventé un truc meilleur que le museau vinaigrette… Il n'en est rien, mais à l'instar de nombre de ses semblables qui pour ne rien avoir à dire n'en ferment pour autant pas leur bouche, Herald Wladymeer a décidé de ne pas quitter ce monde sans avoir partagé avec lui les réflexions que ce dernier lui inspirait. Parallèlement à sa carrière d'historien du Gouda, Herald, qui a cessé d'essayer de révolutionner la pensée de son siècle, s'est fixé le challenge plus humble de révolutionner la pensée de sa cage d'escalier, avant éventuellement de s'attaquer à la révolution de la pensée de l'immeuble voisin. Voici donc le premier mégalithe de maximes et préceptes avec lesquels il est déjà parvenu à se rendre sympathique et donc presque célèbre auprès de son voisin du dessous…

 

 

 

 

 

             - OPUS PREMIER -

 



 

I - Heureux les mangeurs de merde, car la vie les gâtera plus souvent qu'à leur tour.

 

 

 

II - Heureux les fans de Jean-Claude Van Damme car ils n'attraperont jamais la méningite.

 

 

 

III - On dit que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, j'en déduis que la Mort est stupide.

 

 

 

IV - La loi de Parkinson postule que la réussite d'une entreprise repose sur la délégation de pouvoirs à des incompétents surpayés, mais pas jusqu'en bout de chaîne, sinon tout le monde est milliardaire et ça fait désordre.

 

 

 

V - Si tout le monde était riche à millions, le dernier cri serait d'afficher des signes extérieurs de pauvreté.

 

 

 

VI - Le seul VRAI luxe, c'est de vivre la vie d'un cerveau de 132 ans dans un corps de 20 ans, qui ne vieillit pas, mais personne n'a les moyens de se l'offrir.

 

 

 

VII - La vie est un jeu auquel la Mort est très mauvaise gagnante.

 

 

 

VIII - On a coutume de dire que l'argent donne tous les pouvoirs… j'attends quand même de voir sur un ring un grizzly face à un milliardaire à poil armé d'une carte bleue.

 

 

 

IX - L'originalité, c'est rouler en Skoda à Monaco, et encore, même pas.

 

 

 

X - Il vaut mieux être une fesse d'huître qu'un cul de jatte.

 

 

 

XI - Antigel, antivirus, antibrouillard, on ne compte plus les inventeurs qui ont fait fortune avec le préfixe "anti-", alors que le seul qui mérite des sous, c'est celui qui inventera un truc antimort.

 

 

 

XII - L'homme invente des moyens de créer les choses avant de les détruire, puis des moyens de les reconstruire avant de les recassser. Bref, l'homme s'occupe comme il peut.

 

 

 

XIII - La joie d'être invité à une soirée diapos, c'est comme l'ivresse d'un grand verre d'eau.

 

 

 

XIV - Un dîner de con, pour celui qui invite, ça consiste à présenter les sucreries avant les entrées.

 

 

 

XV - Un dîner de con, c'est pas une table à laquelle on mange un con… encore que… d’une certaine manière…

 

 

 

XVI - Le comble de l'originalité, c'est de ne pas la rechercher : l'originalité est donc un non-sens type.

 

 

 

XVII - Si l'industrie du bâtiment prospère et évolue toujours en plus grand, c'est pour suivre celle de l'armement : on ne va pas gâcher des Bombes A sur des huttes, tout de même.

 

 

 

XVIII - Au prix que coûte l'armement du pays en impôts, on devrait considérer l'assurance d'une bonne grosse guerre par génération comme un acquis social !

 

 

 

XIX - Les astrophysiciens se bricolent une théorie unifiée de la matière, puis la démontent au profit d'une théorie quantique basée sur les propriétés émergentes et les structures intimes des Quarks. Bref, un rien les amuse.

 

 

 

XX - Stephen Hawking, si en plus il était balaise en kick-boxing, ce serait vraiment un coup à avoir des complexes.

 

 

 

XXI - L’autosuggestion face à la vie revient à éteindre la lumière sur une merde, noyée au préalable sous une bouteille d’essence de résineux. A vue de nez, on a toujours l’impression que quelqu’un a chié derrière un sapin.

 

 

 

XXII - Pour floue et intangible qu’elle soit, la notion de musique des sphères, artéfact de l’émerveillement inspiré à l’humanité par le mystère insondable du cosmos, en est devenue une expression emblématique. La musique des cubes proteste vigoureusement.

 

 

 

XXIII - Pour avoir créé l’homme, on peut affirmer que Dieu n’est pas un intellectuel écologiste de la gauche plurielle.

 

 

 

XXIV - Parvenir sans honte et en toute légèreté d’âme à arborer publiquement un costume orange et vert à pois violets est une grande victoire sur l’humanité.

 

 

 

XXV - Avec une bonne rage de dents, le plus convaincu des pacifistes est d’humeur à tuer n’importe quoi.

 

 

 

XXVI - L’alcool ça saoule, ensuite ça tue : comme la vie, mais plus vite.

 

 

 

XXVII - Vus de Pluton, l’Homo Sapiens et la Musca Domestica ont tous les deux les pieds dans la merde.

 

 

 

XXVIII - Les atomes qui constituent le pingouin, mais aussi le merlu frétillant dont se goinfre le pingouin, sont les mêmes. Plus fou encore, tous proviennent de la fournaise d’une étoile à neutrons. Un pingouin qui pète, c’est déjà la musique des sphères.

 

 

 

XXIX - Dans la théorie, la phrase «Tous les hommes naissent libres et égaux en droits» incarne la perfection de notre pensée morale. Dans la pratique, on se dit que «la perfection n’est pas de ce monde», sinon les mômes angolais risquent de renâcler sur le chemin de la mine.

 

 

 

XXX - L’avantage d’une nature dichotomique, voire contradictoire, c’est qu’on peut à la fois être le sommet de la création et une belle saloperie sans avoir de problème de digestion.

 

 

 

XXXI - Le ligre aime l’eau et la déteste tout à la fois. L’homme s’affiche beau tout en se trouvant laid. On se demande parfois en face de la vie s’il s’agit d’une énergie qui naît de subtils déséquilibres entre information et entropie ou si c’est juste n’importe quoi.

 

 

 

XXXII - Dixit les astrophysiciens qui sont le plus à même d’en parler, l’univers est une grosse énigme dont la partie connue est «un tout s’étendant à l’infini dans un rien, au sein duquel des rapports subtils de déséquilibres entre forces nucléaires et forces électromagnétiques permettent la naissance et l’évolution de la matière sur l’échelle de la complexité, jusqu’à émergence de la conscience». Pour nous autres, y réfléchir trop longtemps, c’est un coup à devenir alcoolique.

 

 

 

XXXIII - Le plus beau pied de nez de la nature à l’homme, c’est de lui avoir filé un cerveau suffisamment gros pour qu’il puisse se rendre compte que des organismes primaires dépourvus de conscience peuvent vivre jusqu’à 600 ans, et pas lui… bisque rage…

 

 

 

XXXIV- Le roseau plie et le chêne se brise, mais le roseau termine comme élément décoratif de l’appartement zen du mois, dans une revue de mode pour midinette décérébrée, et il est bien attrapé, ce sale prétentieux.

 

 

 

XXXV - La méthode Coué appliquée à la dépression, c’est bien joli, mais à essayer de transformer la merde en beurre à la force du cerveau, l’esprit garde l’haleine qui pue.

 

 

 

XXXVI - La chair est faible et j’ai lu toutes les blagues Carambar.

 

 

 

XXXVII - Mon royaume pour un royaume plus gros.

 

 

 

XXXVIII - Penser très fort, ça bouffe les graisses du cul pour éviter de bouffer celles du cerveau. En même temps, ça repose l’éternelle question du siège de l’intelligence humaine.

 

 

 

XXXIX - Une numérotation indexée en chiffres romains, ça donne vite l'impression qu'on a fait une somme de trucs effarante.

 

 

 

XXXX - La vraie amitié, c'est le pouvoir de regarder sans s'effondrer de rire un pote renverser son cornet de frites en regardant sa montre. L'amitié, à l'instar des atomes, est donc une chose sur laquelle on glose sans jamais l'avoir vue.

 

 

 

XXXXI - Avec le temps, on a inventé de quoi débloquer, dévisser, dégripper, désintoxiquer, désensabler, désembuer, déneiger, désembourber, déclouer, et pas UN SEUL truc qui permette de démourir… c'est lamentable.

 

 

 

XXXXII - Vincent Lagaff’, tout en arrivant manifestement d'un coin ou le renouvellement du patrimoine génétique manque sévèrement, est un modèle de réussite sociale. Je suppose qu'on a les élites qu'on mérite.

 

 

 

XXXXIII - Certains objets, certaines inventions résistent à toutes les formules de marketing censées les promouvoir. La nouvelle canule de rétention anale siliconée "Truffax" : vous ne la connaissez pas encore et pourtant vous l'aimez déjà".

 

 

 

XXXXIV - Si c'est bel et bien celui qui le dit qu'y est, c'est pour autant celui qui l'entend en premier qui rentre chez sa mère en pleurant… surprenant.

 

 

 

XXXXV - Avec un trombone à coulisse, on n'est jamais tout seul sur terre.

 

 

 

XXXXVI - Si je lui explique que sa médiane est ridicule, que ses parallèles sont au mieux pathétiques et que la somme de ses côtés pue du cul, l'octogone cesse t-il d'être un polygone à huit côtés et huit angles par NATURE ? La réponse à cette question explique pourquoi l'éducation de l'espèce humaine est un combat perdu d'avance.

 

 

 

XXXXVII - Quand on pense qu’il faut les forces et les énergies d’un univers entier pour que les mécaniques célestes accouchent d’un caillou, d’une amibe, de Bernard Henry Lévy ou de vous et moi, il y a de quoi choper la migraine.

 

 

 

XXXXVIII - La vie intelligente existe ailleurs dans l’univers, c’est un fait, mais je pense que sa réticence à nous contacter vient du fait qu’elle n’a pour l’instant pas réussi à assimiler les règles de la belote coinchée.

 

 

 

XXXXIX - J’imagine qu’un extra-terrestre en mission de reconnaissance qui assiste pour la première fois à un match de Curling doit faire une drôle de tête au moment de faire son rapport.

 

 

 

L - Chez les scouts, on apprend à s’envoyer des messages silencieux avec des codes visuels élaborés, pour pas que les écureuils et les limaces n’aient vent des manœuvres secrètes.

 

 

 

LI - En dessinant des yeux, un nez et une bouche à l’extrémité d’une saucisse de Montbéliard, on se fabrique un copain pas chiant à peu de frais.

 

 

 

LII - Si le prétendu profond respect de l’être humain vis-à-vis du règne animal était autre chose qu’un pur prétexte à l’anthropomorphisme, on offrirait aux enfants des ténias en peluche.

 

 

 

LIII - Piquer sa fourrure à un animal quand on se fait virer la sienne à grand renfort de laser chez une esthéticienne hors de prix, c’est vraiment du vice.

 

 

 

LIV - On a beau dire, un verre de Nuits-Saint-Georges pour faire passer un bleu d’auvergne sur un pain aux noix, c’est mieux qu’une paire de baffes dans la gueule pour faire passer un suppositoire au cyanure, n’en déplaise aux stoïciens.

 

 

 

 

 

             - OPUS SECOND -

 

 

 

 

 

LV - Frappez à la porte de vos voisins du troisième. Si besoin est, mettez le pied dans le chambranle pour les empêcher de la refermer et pénétrez les lieux. Enjoignez la maîtresse de maison (si présente) ou n'importe qui à ouvrir la fenêtre si elle ou il ne tient pas à devoir appeler le vitrier à grands frais. Une fois la dite fenêtre ouverte, prenez votre élan et sautez à travers. Voilà, à raison de 2m30 de plafond en HLM, vous venez d'accomplir le plus vieux rêve de l'homme sur 6 mètres 90 (en moyenne). Les amateurs de sensations fortes peuvent initier la manoeuvre depuis le 4e étage, mais ce n'est pas très raisonnable.

 

 

 

LVI - A la recherche de la nouvelle star : tous les ans, une nouvelle vedette découverte pas loin de chez vous et 15 Clowns dans les quartiers voisins.



 

LVII - En face de l'adversité, adoptez la philosophie du Kamikaze : le jour de l'audition de la star ac' 28, interprétez au Jury "Tiens, voilà du boudin" à pleine voix.

 

 


LVIII - Attention, grand air d'opéra et grand air du large, ne pas confondre : Carmen ne débouche pas les sinus.



 

LIX - Attention, « Ha, mais oui », « Ha, mais pas du tout » : choix épineux. « Ha, mais oui » met en avant votre manque de relief personnel. «Ha, mais non » vous entraîne neuf fois sur dix dans une discussion interminable et désespérante avec un crétin indécrottable.



 

LX - Un jeu amusant à pratiquer en grande surface, à l’instant fatidique où votre personne physique (les tympans en premier) croise le petit Kevin en train de transcender le concept de hurlement, en compagnie de sa génitrice. A) - Attirer l’attention de Kevin. B) - Pointer du doigt le rayon jouets. C) - Dire à Kevin «Tu l’as vu le gros paquet de cartes Pokétrucz ? Je te jure que je t’attends derrière les caisses pour t’en faire cadeau si tu brailles de toutes tes forces que ta mère est une grosse truie incapable de t’éduquer, et j’te parie que t’es même pas cap’, en plus».



 

LXI - L’univers est une source intarissable d’énigmes et de questions sans réponses, dont certaines naissent à la porte de chez nous : tenez, cette chaussette sur le fauteuil, eh bien je serais infoutu de dire depuis combien de temps elle est là.



 

LXII - Les astrophysiciens nous font des révélations scandaleuses en termes d’éthique sur le comportement du temps : figurez-vous que ce dernier ne s’écoule pas à la même vitesse avant-hier sur Mars et aujourd’hui par chez nous. Sur Pluton, vous êtes peut-être mort depuis 4 jours et on ne vous a mis au courant de rien : INTOLERABLE !



 

LXIII - Si le temps est une notion « relative », j’aimerais déménager vers un coin de l’espace où il s’écoule « relativement » plus lentement.



 

LXIV - « Mon royaume pour un moment de temps », aurait hululé une tête couronnée au moment de partir rencontrer le seul vrai Dieu. Personnellement, j’aurais ajouté « Pis ramenez Dédé, son jeu d’échec, et une bouteille de Côtes de Blaye, sinon on va pas tarder à s’emmerder ferme».



 

LXV - O temps, suspends ton vol… oui… voilà… pose-toi gentiment sur ce câble à haute tension…



 

LXVI - C. Baker prétend que la machine à voyager dans le temps n’est pas une impossibilité théorique : il suffit de téléporter les deux extrémités d’un trou noir à différents endroits de l’espace pour que le wormhole généré mène à différents moments du temps. Et la note d’essence du téléporteur de trous noirs alors ? Ha !



 

LXVII - Il a fallu des milliers d’années pour passer de Lucy à Descartes, et moins de quatre siècles pour passer de Descartes à Omer Simpson… D’Oh !!



 

LXVIII - L’objectivité manque à l’espèce humaine. Un faire-part de naissance objectif, ce serait un truc du type « M. et Mme Trumeau ont la joie de vous annoncer l’arrivée de leur petite larve hurlante qui éructe ses mucus et leur chie dans les mains ». C’est sûr, c’est un peu aride…



 

LXIX - Paradoxe de l’interaction culture - sous culture : vous, je ne sais pas, mais moi, il y a des gars comme Vincent Lagaff’ qui me donnent instantanément envie de me replonger dans la lecture de la « séance de sac » de Michaux.



 

LXX - Certaines personnes pensent qu’un matin ensoleillé ne peut s’accompagner que d’accords parfaits et de musique classique stricto sensu : c’est faux ! Un voisin con qui tombe dans l’escalier, musicalement, c’est post-moderne et ça fonctionne très bien aussi.



 

LXXI - Le Gentleman, disent nos amis Anglais, est un homme qui sait jouer de la cornemuse et qui ne le fait pas. Ha bon… même un Gentleman Clown ?



 

LXXII - Levez-vous et rendez-vous à la salle de bain. Allumez la lumière, postez-vous face au lavabo, et hurlez « Bonjour le monde ». Voilà, à moins que vous ne vous soyez pété l’aorte, vous venez de démontrer que le ridicule ne tue pas.



 

LXXIII - Aimer son prochain c’est bien. Le détester c’est mal. Heureusement que la nature humaine est ambivalente, sans quoi on serait forcés d’aimer les cons … au secours !!



 

LXXIV - Le jour où on découvrira le gène de la connerie, le rire cessera également d’être le propre de l’homme… Ca c’est plus emmerdant, d’un coup…



 

LXXV - Proverbe africain : « Rire de l’anus de son voisin n’est pas un crime » (authentique). C’est d’autant moins un crime que l’anus est sourd.



 

LXXVI - Attention ! Rire de l’anus de son voisin n’est pas un crime, mais rire de l’anus du prophète de son voisin nuit gravement à la santé.



 

LXXVII - Aimez-vous les uns les autres, mais seulement entre personnes humaines, majeures et consentantes, bordel de merde.



 

LXXVIII - La lecture de Deleuze dans le fauteuil d’un salon est instructive. La lecture de Deleuze sur une paire de chaussures à ressorts est ludique. Après, c’est une question d’école.



 

LXXIX - La roulette génétique… un coup sur mille c’est Albert Einstein ; les 999 coups restants, c’est juste Albert… réfléchissez bien avant de faire un gosse.



 

LXXX - Le fusil a un ou deux tubes, l’orgue en a pleins. Les tubes du fusil opèrent à l’horizontale et ceux de l’orgue à la verticale. Sinon, tout cela est très semblable, dans le fond : les deux font un vacarme assourdissant et servent à rapprocher le gars qui est du mauvais côté du tube de son créateur.



 

LXXXI - Avoir une bonne idée par jour, c’est pas gagné à l’avance et ça paye même plus son steak : je comprends un peu les gens qui choisissent de rester bêtes.



 

LXXXII - A l’instar du chat qui s’étouffe sur une croquette pour berger allemand, le pauvre est par nature incapable de goûter aux plaisirs des grands de ce monde. Tenez, moi qui ne suis pas bien riche, je ne boufferais de caviar que sous la menace d’une arme : ce truc est plus salé que la Mer morte et c’est sorti du cul d’un poisson, en prime…



 

LXXXIII - « Je ne sais pas où on va, mais c’est sûr qu’à force d’y aller comme ça, on va bien finir par y arriver » : j’ai perdu le nom de l’auteur de cette citation, mais je pense qu’elle date d’il y a bien longtemps. Manifestement, à l’époque, l’homme avait encore le temps de ne pas savoir où il allait.



 

LXXXIV - Le mythe de la caverne de Platon, c’est un peu comme un épisode du Muppett Show, en plus aride.



 

LXXXV - Au soir du 5 mai 2002, notre fend-la-bise de Président boutait la peste brune hors des urnes où la saloperie s’était nichée, et dans un grand élan d’euphorie, la France entière acclamait son sauveur : « Gui-gnol-Gui-gnol-Gui-gnol… »



 

LXXXVI - Une fois encore, si le prétendu profond respect de l’homo sapiens vis-à-vis du règne animal était autre chose qu’un pur prétexte à l’anthropomorphisation, la mouche à merde serait la meilleure amie de l’homme.



 

LXXXVII - C’est vrai que la lecture d’Hubert Reeves pousse à renouer avec la nature. Depuis que je me suis fait une idée du tonnage mondial de bombes A en lisant « Mal de Terre », en bon Candide, je cultive mon jardin. J’y creuse à 112 mètres de profondeur un bunker de 50 mètres carrés.



 

LXXXVIII - Prenez le plus triste discours du plus sérieux des hommes politiques, prononcé au pire moment, et passez-le en accéléré. Le gars qui arrive à se retenir de rire, alors là, je lui dis Monsieur…

 

 


LXXXIX - A mes heures perdues, quand je suis en quête d’un éclat de rire facile pour tuer la monotonie, j’imagine la tête du scientifique qui réalisera qu’il vient de passer 50 ans à accoucher d’une machine à décrypter le langage animal, pour entendre un Hamster lui dire « Con d’humain, va ».



 

XC - Si je suis forcé de voir mon existence défiler devant mes yeux avant de mourir, même en accéléré, j’espère que le monteur aura coupé les moments passés à me beurrer une biscotte tous les matins ou encore tous les moments où je me suis coupé les ongles, sinon on est pas rendus.



 

XCI - Enfant, j’ai une et une seule fois dérobé un gâteau sec dans la réserve de ma grand-mère. Je suppose que tout être humain à sa part de ténèbres et de secrets sordides à porter.



 

XCII - Allez, on dit que pendant 5 ans on centralise les efforts pour que tous les humains de la planète aient l’occasion de se rencontrer une fois et de se mettre une claque dans la gueule, à tour de rôle. Après, on dit que c’est fini pour de bon, que tout le monde fait la paix et on repart VRAIMENT sur des bases saines… hmm ?...



 

XCIII - Le Quiz du misanphilanthrope (voir encart à propos) : Méritez-vous des baffes ?

   -a) Vous pensez mériter des baffes.
   -b) Vous êtes persuadé(e) de ne rien avoir d’une tête à claque.
   -c) A bien y réfléchir, vous n’êtes sûr(e) de rien.
* Vous avez une majorité de –a) : il faut être stupide pour se morigéner de la sorte, vous méritez une baffe, ça vous fera chougner pour quelque chose.
* Vous avez une majorité de –b) : le doute n’est pas permis, une telle autosatisfaction mérite une bonne paire de claques dans le bec, non mais.
* Vous avez une majorité de –c) : la mollesse de vos opinions trahit votre paresse à la réflexion, vous devriez vous appliquer à vous-même un taquet tonique dans le museau pour vous réveiller.



 

XCIV - Addendum au Quiz précédent : de toute façon, pour peu que vous ayez lu le premier Opus, vous avez passé au moins 20 minutes à lire ce blog, vous êtes en retard chez le dentiste, vous êtes vraiment une buse et vous méritez définitivement une claque.



 

XCV - J’ai envie d’ouvrir un bar qui s’appellerait « Aux gens médiocres » : j’aurais pas de clientèle, mais appeler « Aux amis de la poésie » un bouiboui à viande saoule, jamais.



 

XCVI - Cela étant dit, il y a plus de poésie dans un bouiboui à viande saoule que dans un bureau d’expertise comptable, preuve par neuf que tout est relatif.



 

XCVII - Plus j’y réfléchis, plus je me demande où la poésie survit encore, sinon dans les bouibouis à viande saoule.



 

XCVIII - Pour briser un cercle vicieux, il faut introduire un élément de surprise. Je propose que le prochain Président de la République soit tiré au hasard comme au Loto. On ne peut pas savoir tant qu’on n’a pas essayé…



 

XCIX - Faut pas pousser Mémé dans les orties, à moins qu’elle ait des problèmes de circulation sanguine… là, c’est de l'altruisme.



 

C - Bryan est intenable ? Il néglige ses devoirs et fait l’avion alors qu’il n’a même pas d’hélices, ce crétin ? Prenez un air solennel avant de déclarer : « Tu sais, une souris, ça vit deux ans, pas plus ou rarement. Mickey, il a 78 ans… c’est déjà très long pour un rongeur, mais tu sais, les miracles ça ne dure pas éternellement ». Laissez agir.



 

CI - Bryan est intenable ? Depuis que vous lui avez dit que Mickey allait mourir, il vous fait une crise d’angoisse, trépigne, bégaye pire que Woody Allen, hulule en mouchant force morve et il est 16h45 à peine. Ha, ben ouais, mais bon...



 

CII - C’est effroyable… si je ne trouve pas un moyen de ruser le sort, cette chaussette sur le fauteuil restera éternellement une chaussette en voie de pétrification sur un fauteuil en voie de pétrification, et moi qui pense, je vais CREVER UN JOUR !! TROUVER L’IDEE, VITE !



 

CIII - Mars, et ça repart… mais y faut quand même s’y prendre avant l’extrême-onction.



 

CIV - Je n’ai pas changé, je me suis juste déguisé en vieux.



 

CV - J’ai enlevé mon nom sur toutes mes affaires, sur ma boîte aux lettres, sur la porte de mon appartement, sur l’interphone, sur tous les signes extérieurs de ma présence. Mon existence est purement administrative, et c’est PAR l’administration que la mort devra me trouver le jour venu… J’ai gagné 15 ans de rab’ à coup sûr.



 

CVI - C’est la tortue, la véritable reine de la création, plénipotentiaire au vrai sens du terme. Quand l’huissier de justesse arrive pour saisir les biens, elle rentre la tête et les pattes… et sonne, mon con !



 

CVII - Si lors d’une soirée mondaine on me présentait Hubert Reeves, le monsieur qui a écrit « Patience dans l’azur », alors que moi j’ai écrit les pensées d’Herald Wladymeer, je pense que je me présenterais comme un plombier… qui s’est perdu… ou j’inventerais un truc.



 

CVIII - Raymond Letruve est l’inventeur auquel on doit, ou plutôt auquel on ne doit pas le Biniou à réaction. Le seul prototype fût construit dans une remise très à l’écart de toute civilisation, et le cadavre de Letruve, pulvérisé au premier essai en tentant un Fa dièse, n’a jamais été retrouvé… L’humanité est sauve.

 

 

 

 

 

            - OPUS TROISIEME -

 

 

 

 

 

CIX - Vous avez un gros besoin de rire d'un prophète sans risquer une seconde édition du 11 septembre ; riez de Bouddha : à priori, il y a peu à redouter d'une escadrille de bonzes en lévitation se jetant sur la tour Montparnasse...



 

CX - Le jour ou le Christ a présenté aux apôtres un excellent Côtes-du-Rhône en disant "Buvez, ceci est mon sang", il a fallu retenir un gars qui arrivait avec une canule et un maillet à percer les fûts. L'humanité, tu lui files le petit doigt, elle te bouffe l'épaule avec.



 

CXI - Vous avez un truc à raconter à vos amis, mais vous avez peur (certainement à raison) que cela n'intéresse personne : commencez par agiter les bras et débutez votre phrase par "Incroyable, fantastique, inouï,".



 

CXII - En venir aux mains lors d'une discussion est parfaitement déshonorant, à moins qu'il ne s'agisse d'une discussion avec un sourd-muet.



 

CXIII - L'arme secrète des fanatiques de Mahomet, c'est un réseau terroriste tentaculaire. L'arme secrète des fanatiques de Jésus, c'est les Scouts de France... Pauvre Jésus, les mécréants n'ont pas fini de se payer sa fiole.



 

CXIV - HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA !! Pardonnez mon fou rire nerveux : je préparais une réflexion sur le couple, quand, sur un flash de ma conscience malade, je fus dans une vision saisissante le témoin involontaire des ébats amoureux de François Hollande et de Ségolène Royal. Ca a tout cassé net.



 

CXV - Dans l'espace, il n'y a pas de points cardinaux, pas de gauche, de droite, de dessus ou de dessous, pas de haut, ni de bas... Tu dois faire super gaffe où tu poses tes affaires, sinon tu ne les retrouves jamais.



 

CXVI - Un D.J. quelconque a dernièrement repris le générique de Collargol en version techno. Je demande la rédaction immédiate d'une Fatwa : Collargol est le prophète des abeilles, il y a des trucs avec lesquels on ne peut pas déconner, bordel de merde !!



 

CXVII - Il ne faut pas parler du Tibet à un ministre chinois, ça le fâche tout ROUGE, cette couleur parfois si proche du brun.



 

CXVIII - Déprimé(e) ? Prenez un 33 tours d'une chanson triste à l'extrême et passez-le en 45 tours.



 

CXIX - A défaut de révolutionner la pensée, je fabrique une machine à la découdre (la pensée). Je ne sais pas encore bien à quoi ça peut servir à l'humanité, mais bon, ce sera là si quelqu'un en a besoin.



 

CXX - Une semelle de 43 sur un cafard, ça fait *sprotch*. Un éboulement en montagne sur un humain, ça fait *sprotch* pareil. On est bien peu de choses, mon vieil Hector.



 

CXXI - Notre dette nationale nous mène droit à la mise sous tutelle : dans pas longtemps on pourra plus dire Europe de l'Est et Europe de l'Ouest... Toute l'Europe sera l'Europe de l'est. Il va falloir bouger les pôles pour que l'Europe se trouve à l'Est de la terre... ça va être un bordel monstre...



 

CXXII - Ha-ha-ha, Ho-ho-ho, Hu-hu-hu ... Voilà, nul ne saurait dire si je rigolais de l'ongle incarné de Bouddha, de la barbe de Mahomet ou du dernier Woody Allen... preuve incontestable qu'il n'est pas interdit de rire du prophète : il est juste interdit de préciser que c'est de lui qu'on rigole.



 

CXXIII - Si la montagne ne vient pas à toi, consulte les écrits de Confucius. Si la montagne vient à toi, consulte un spécialiste.



 

CXXIV - Après la mort, les âmes pures s'élèvent vers un lieu hors du temps et l'espace, où coule le miel et où les hot-dogs sont gratuits. Les âmes impures, elles, partent vers les cercles de l'enfer, du côté de Villetaneuse.



 

CXXV - 82% des français ont voté pour un escroc qui promettait de faire tout ce qui est en son pouvoir pour se faire mettre en prison s'il était réélu... La candeur des foules imbéciles ne vaut pas son poids en or, mais elle vaut son poids en bulletins de votes, c'est mieux que rien.



 

CXXVI - 82% des français ont voté pour un escroc qui promettait de faire tout ce qui est en son pouvoir pour se faire mettre en prison s'il était réélu... Il est comme ça, le Français : quand il faut que justice soit faite, il met le PAQUET !



 

CXXVII - Dans l'espace, il n'y a ni haut, ni bas, ni gauche ou droite, ni rien de ce que nous y avions détaillé précédemment. Si tu rencontres un Néerlandais, eh ben t'es drôlement emmerdé pour lui expliquer où se trouve l'office du tourisme, même si t'as fait Néerlandais langue vivante I.



 

CXXVIII - A mesure que le temps passe et que la science progresse, il devient évident que la vie intelligente existe ailleurs, qu'elle peut avoir établi sa logique de pensée sur des critères qui nous sont parfaitement étrangers, et que toute rencontre, en l'absence d'une préparation adéquate, pourrait être fondamentalement déroutante pour chacun des deux partis. Moi, dès aujourd'hui je m'entraîne, je pars pour le Japon.



 

CXXIX - Oui-Oui-Oui !!... Non-Non-Non !!... Voilà, je viens en concentré de vous faire une manif' ET une contre manif' en règle (démocratie oblige), et comme toujours, ça n'a strictement RIEN changé à la merde dans laquelle vous et moi sommes, mais ça valait la peine d'essayer.



 

CXXX - Quelqu'un m'a demandé où j'allais chercher tout ça... J'ai essayé d'y réfléchir, résultat, ça m'a tué l'écriture des semaines... C'est fini, plus jamais je pense avant d'écrire une pensée.



 

CXXXI – « Les petits trucs mous qui gigotent, c'est pratique pour accrocher les chats »... En me basant sur certaines croyances populaires ayant trait à la spontanéité de la pensée, je me demandais si en mettant les mots parfaitement au hasard, et en les écrivant d'une traite, on pouvait sur une intuition mystique sortir une phrase de sagesse, une vérité profonde porteuse d'un enseignement supérieur... Manifestement ça foire.



 

CXXXII - Dans un genre voisin, certains mystiques amateurs de paranormal prétendent que des personnes sensibles peuvent percevoir des messages de l'au-delà, dans cet exercice collectif d’écriture spontanée nommé « cadavre exquis ». J'ai essayé en compagnie de quelques âmes sensibles de ma connaissance pour le résultat suivant : "Geronimo s'acharne avec un manche à balais, sur la lune". Si un de mes lecteurs est medium, il est prié de contacter Geronimo pour le prévenir que sa conduite ne mène à rien.



 

CXXXIII - Si à ma mort les portes du Paradis s'ouvrent à moi et que je tombe sur un truc qui ressemble à Disneyland, je crois que je me tue... ah merde, non, c'est plus possible... Bingo, il va falloir que je reprenne un anxiolytique.



 

CXXXIV - Si une fois le trépas survenu, on porte pour l'éternité les vêtements qu'on portait à l'instant de sa mort, non, je n'aimerais définitivement pas être à place du type qui mourra un jour de chaud dans son costume de Casimir, lors d'une soirée "trentaine régressive".



 

CXXXV - J'ai dernièrement été la victime d'une surprise désagréable, d'une déception profonde... En regardant un des nombreux courts-métrages d'aventure qui passent entre les émissions de télé, je me suis rendu compte que le fameux Capitaine Iglo avait nommé son fier navire le "Fishstick". Aucun homme de mer n'aurait donné à son bâtiment un nom aussi grotesque. O, la vilenie, mon héros préféré est un putain d'imposteur !!



 

CXXXVI - J'ai découvert dernièrement que les petits courts-métrages qui viennent émailler les émissions de télé s'appellent des "publicités". Je ne sais toujours pas à quoi ça sert, mais c'est rudement mieux que les séries. La nana, elle a un problème existentiel, son linge est dégueulasse... Eh ben en 18 secondes, un gars lui explique qu'il faut de la lessive et c'est marre. Dans une série, il faut 15 saisons réparties sur trente ans pour qu'elle la trouve, sa saloperie de baril.



 

CXXXVII - Sur sa tombe, le plus célèbre des créateurs de Cartoons américain a fait graver "That's all folks". La vache, c'est fort. Moi j'ai réfléchi, je pense que je mettrai juste "Merde à celui qui le lira". Les cons s'en offusqueront et c'est tant mieux. Les gens lettrés qui savent lire entre les lignes, ceux qui savent que dans le noble métier du théâtre, merde signifie "Bonne chance", les amis des mots qui jouent, comme moi, avec : ceux-là m'en seront reconnaissants. Vu l'état du monde aujourd'hui, c'est qu'il en faudra de la chance, à ceux qui me survivront.



 

CXXXVI - La pensée est un exercice solitaire qui se pratique dans l'errance. Une errance vers la cuisine et je ponds un truc rigolo sur le boeuf bourguignon ; une errance vers les chiottes et je fais un truc sur les politiciens...



 

CXXXVII - Je dois avoir un regard qui dit "Essaye de me réveiller aux aurores au son du cuivre, et ton clairon, je te l'enfonce dans la gorge avant de chier dans le cornet". Autrement, je ne vois pas comment le gars des trois jours a pu d'un seul coup d'oeil déterminer qu'il devait m'exempter.



 

CXXXVIII - C'est celui qui le dit qui y est, voilà un non-sens type : je viens de le dire et pourtant, je l'suis pas et j'y suis pas... Ou alors je défie quiconque de me dire où je suis ou qui je suis après l'avoir dit. Des volontaires ?



 

CXXXIX - On dit que la peur donne des ailes, et pourtant, on n’a jamais vu personne s'envoler, même en cas de nécessité vitale. Ha oui, mais c'est qu'on n’a jamais dit que la peur te donnait les PLUMES avec...



 

CXL - J'ai la preuve absolue que la peur ne donne pas d'ailes : les poulets n'ont pas PLUS d'ailes depuis le début de l'épidémie de grippe aviaire.



 

CXLI - J'ai décidé de me faire psychanalyser chez un monsieur qui fait ça aux gens. A la première séance, je l'ai senti désappointé. A la seconde, la dépression pointait sur ses traits. A la troisième, ses signes vitaux étaient imperceptibles et c'est moi qui essayais de lui expliquer comment décrocher des anti-dépresseurs par l'étude des trous dans le gruyère. Aux dernières nouvelles, il est parti dans une lamaserie, au Tibet.



 

CXLII - J'ai un jour été pris d'une passion, que dis-je, d'une pulsion aussi brutale qu'impérieuse pour la pratique de la pétanque, jusqu'au moment où on m'a expliqué que le but du jeu n'était pas d'éliminer l'équipe adverse "physiquement", avec les boules. O, la déception cosmique.



 

CXLIII - Entendu à l'instant sur Arte "...un reportage sur la vie du petit Basilio, 14 ans, au fond d'une mine d'argent meurtrière". Saloperie de crevure de mine d'argent meurtrière de merde, avec ses sales petits étais puants !!... Encore heureux que le mec qui envoie Basilio là-dedans est un philanthrope soucieux de fournir un travail au gamin, ça compense la monstruosité de la mine.



 

CXLIV - Les premières grandes démystifications surviennent tôt dans l'existence... Super Hamster *tadaaa* grignote la prise de cou-rant *tagadaaaa*, et quelques instants après, les super héros n'existent plus...



 

CXLV - De bon matin, dans la brume funeste des gaz d'échappement et malgré les quelques guenilles de sommeil qui s'accrochent à l'esprit, le cerveau ne peut déjà s'empêcher de travailler aux matières transcendantales. Un flot de stimuli visuel perce toute défense et frappe la rétine. Les visages, les expressions et les postures s'imposent à l'oeil qui pense, et là, les questions métaphysiques s'enchaînent "D'où vient l'homme ?", mais surtout "Qui a chié dans ses Corn-Flakes, ce matin ?".



 

CXLVI - Plus je bois, moins je fais gaffe à ce que j'écris. Si je ne me surveille pas un brin, un soir de grosse cuite, je vais finir par écrire un truc intelligent et je devrai pratiquer un suicide rituel aussitôt que je m'en apercevrai.



 

CXLVII - Hier soir, j'ai vraiment cru entrer en lice pour une rencontre du troisième type. En fait non, c'était un voisin bourré, déterminé dans la dernière extrémité de la détermination à rentrer chez moi au lieu de rentrer chez lui. J'ai raccroché au nez du mec de la Nasa et j'ai appelé les flics.



 

CXLVIII - Un prétendu attaché culturel est venu chez moi et m'a dit sommairement : "J'ai capté ton blog grave, c'est trop frais, ta vibe est complètement on-line avec le mood du temps, faut qu'j'en cause au Maire". Je n'ai rien compris, mais le "Je vais le dire au maire" ne m'a pas échappé. Je l'ai poussé dans l'escalier, ce sale petit fayot.



 

CXLIX - Je poursuis, je persiste et je signe une fois par Opus : si le prétendu profond respect de l'homme pour le règne animal était autre chose qu'un pur prétexte à l'anthropomorphisation, Gontran le morpion serait aussi populaire que Maya l'abeille. Gonnn-traaann, le mor-piooon *tagada* Le copain qui vit dans ton fiooon *tagada-tsoin-tsoin-hür-hür*... Convaincus ?



 

CL - La diététique préconise quand on a pas faim à l'heure du souper de se forcer quand même à manger un peu. C'est ridicule (puisqu'on vous dit qu'on n’a PAS faim) et c'est brûler les étapes. Moi, quand j'ai pas faim, je commence par l'apéritif. Tant que j'ai pas faim, je prolonge l'apéritif. Après, je vais me coucher. Qui dort dîne.



 

CLII - Les nourritures spirituelles vont bien avec les spiritueux. Encore une fantaisie étymologique ma foi fort plaisante.



 

CLIII - A 16 ans, on se dit que c'est marrant le métal, que ça réveille et que ça passera avec l'age, et curieusement, à 35, on s'aperçoit au détour d'une cerne profonde qu'on en écoute toujours, et qu'en plus, la chanson "Midlife crisis" de Faith No More a pris un sens tout nouveau.



 

CLIV - Si les pleurs d'un enfant tuent un ange, la population d'anges au Paradis doit avoisiner la population humaine en Sibérie.



 

CLV - Allez ! On se remotive ! On rigole ! On allume la télé à l'heure des émissions de divertissement ! Ouais, c'est lagaff' ! Vite un antidépresseur ! Youpi, au lit !



 

CLVI - Certaines agressions entraînent une réaction inversement proportionnelle du corps défendant. Quand je vois un débat politique, plus les types s'énervent, plus je m'endors. C'est bien foutu l'organisme.

 

 

 

 

 

             - OPUS QUATRIEME -

 

 

 

 

 

CLVII - Avec l’habitude, certains détails poétiques de la vie perdent de la saveur, de la consistance. Par exemple, sous Giscard d’Estaing, avec l’habitude, on a oublié qu’un grand chauve cagneux qui arrive vers toi en disant : « Moi, c’est Valérie », c’est d’un surréalisme qui frôle la magie.

 

 

 

CLVIII - La plus belle princesse au monde ne peut donner que ce qu’elle a, nous dit la sagesse populaire. La princesse la plus laide du monde, elle peut pas donner plus que ce qu’elle a non plus, mais elle fait pas son intéressante comme l’autre grue.

 

  

 

CLIX - J’ai repris les plans du biniou à réaction dont il était fait mention dans le second opus. Si je ne me tue pas au premier essai comme mon prédécesseur, je promets à l’humanité une plaie biblique.

 

  

 

CLX - Alors, le prophète harangua la foule en ces termes : « Alors, viendront les vagues et avec elles les Hydres et Léviathans qui viendront manger la terre et les hommes de la terre, et voilà pour eux. Aztargrüm sortira du néant, accompagné des myriades portant son sabre à 77 lames, et ils sèmeront la tourmente. Tout ça, et en plus, Castaldi animera une émission de télé ».

 

 

 

CLXI - Les prédicateurs de fin du monde sont de plus en plus nombreux. Or, les faits sont là, ils ont de moins en moins de chances de se planter. Paco Rabanne n’est pas un fou, c’est juste un gars qui a mal choisi son moment.

 

  

 

CLXII - Se gratter en public une couille qui démange, c’est pas bien glorieux, mais c’est humain et c’est d’une banalité affligeante. Se gratter en public une couille qui ne démange pas, c’est du dandysme.

 

 

 

CLXIII - Desproges disait que passer pour un con aux yeux d’un imbécile est un plaisir de gourmet. Il en est mort, de dire des trucs intelligents, Desproges. Faut se méfier de l’intelligence. J’ai l’impression confuse que plus un être se révèle intelligent, plus il doit se sentir en proie à une solitude cancérigène.

 

 

 

CLXIV - Apparemment, il semblerait bien que rigor mortis et réactions post mortem aidant, le gars qui vient de mourir, parti ou pas en laissant un dernier mot d’esprit, laisse également derrière lui de vieilles traces de frein au fond de son slip kangourou. Ca complique la donne. Il ne s’agit plus simplement de partir en laissant au passage un aphorisme immortel, il s’agit de trépasser en trouvant un moyen de se chier dessus avec classe, de manière à marquer les générations futures. Comme si c’était pas assez compliqué comme ça de crever tout court.

 

 

 

CLXV - C’est curieux, hein, quand un de nos proches a un bon gros cancer, on peut essayer de faire le clown autant qu’on veut, c’est souvent le clown blanc qui se manifeste et rarement l’auguste.

 

 

 

CLXVI - Un verre, ça va. Trois verres, bonjour euh… Bonjour, les verres, c’est sympa d’être venus à plusieurs.

 

 

 

CLXVII - « La foule des humains est un faible troupeau, qu’effroyable pasteur, le temps mène au tombeau », et le pire, c’est que le temps te fait passer par Châtelet RER aux heures de pointe.

 

 

 

CLXVIII - Dans notre paysage audiovisuel, la violence l’emporte sans nul doute possible sur l’esprit. C’est d’une logique implacable. Le gladiateur se bat à coups d’épée scintillante. Le mathématicien se bat à coups de théorèmes imbitables : ça passe beaucoup moins bien à l’écran, forcément.

 

 

 

CLXIX - Bon, les enfants, on a un monde à sauver, on se remonte, les manches un grand coup, on met les vêtements qu’on a pas peur de saloper, on regarde la liste, on prend des calmants et hop, au lit.

 

 

 

CLXX - Allez, si on considère que l’autosuggestion a des chances de fonctionner, pour peu qu’on se fixe un but raisonnable, on se cherche tous un superpouvoir CREDIBLE, on monte une guilde et on sauve le monde. Pour donner l’exemple, je commence : Je suis Herald W. le héros qui peut… attendez… … … ça va venir…

 

 

 

CLXXI - La disparition de l’espèce humaine est un gros problème pour l’esprit qui la pense. Une bonne solution, c’est la misanthropie, mais elle ne résout qu’une moitié du problème. Avec la misanthropie, la disparition de l’humain, tu t’en tamponnes le coquillard, mais comment tu fais pour ne pas disparaître avec lui, hein, gros malin ?

 

 

 

CLXXII - Et voilà, tu fais le pitre pour faire marrer une fille, résultat, le seul à être plié de rire, c’est le gars qui te fait une radio à l’hôpital Bichat. Bien joué, Caliméro-Dom-Juan.

 

 

 

CLXXIII - Quand on fait la somme de toutes les conneries qu’on peut dire, faire, et entendre dans une vie, on se dit que tant qu’elle prête à rire, Dieu doit aimer la bêtise, sans quoi il nous aurait fait différents. Ca rassure.

 

 

 

CLXXIV - Certaines personnes savent chanter n’importe quoi avec une gaieté perfide et communicative. Quand Trenet chante « Soudain mon cœur fait BOUM ! », on oublie que la plupart du temps, quand un cœur fait boum, c’est un infarctus du myocarde.

 

 

 

CLXXV - Quand je pense que des gars osent nous dire dans le blanc des yeux que dans quelques temps, l’espérance de vie de l’espèce humaine avoisinera les 500 ans, et que nous au mieux on va crouler a 75, ça file envie d’arrêter net de faire des gosses… Et là, tu l’as où, ton espérance de vie, enfant gâté de merde ?

 

 

 

CLXXVI - Je reviens sur ce que j’ai dit précédemment. 500 ans d’espérance de vie, c’est potentiellement 475 ans passés à supporter un beau-frère con tous les dimanches. C’est pas forcément une destinée enviable.

 

 

 

CLXXVII - Par ailleurs et pour en terminer une bonne fois avec le sujet, les petits malins qui pourront vivre 500 ans devront, en tenant compte de la conjoncture actuelle, cotiser en moyenne 1300 ans pour payer leur retraite. Ca promet d’être drôle.

 

 

 

CLXXVIII - Coin-coin le p’tit canard *tugudu* Pan-pan le gros concon *tsoin-tsoin*… Non, même en le chantant, il n’existe pas de moyen indolore d’expliquer la chasse aux enfants …

 

 

 

CLXXIX - Autour d’un verre, un ami et moi devisions dernièrement de nos avenirs respectifs et il m’apprit qu’il comptait bien avoir une fille et un fils, qu’il prénommerait Pétugnasse et Dartafian. Je lui ai dit : « oui, mais Pétugnasse, ce sera le garçon ? ». Il a répondu : « Bien entendu ». Bon, je suis pas complètement seul sur terre.

 

 

 

CLXXX - Si on peut quitter cette vallée de larmes avec UN seul objet fétiche pour tuer le temps dans l’au-delà, je pars avec un clairon et je peux vous promettre que le « silence profond des espaces infinis » va en prendre un coup dans le museau.

 

 

 

CLXXXI - Sur une chaîne, le spectacle de la vie conceptuellement concentré dans un plan fixe sur une cellule humaine en train de se diviser. Sur la chaîne d’à côté, le pétomane masqué dans son costume vert. Entre les deux chaînes, une sorte de vide galactique.

 

 

 

CLXXXII - Mission to mars, c’est un film qui t’explique qu’à un chromosome près, on ne serait pas copains avec les Martiens, mais heureusement, en fait, tout va bien. Ca rassure tout ceux d’entre nous qui ont des copains Martiens.

 

 

 

CLXXXIII - Oui, j’aime la viande. Non, j’aime pas la chasse. Oui, l’espèce humaine me ressemble. Non, on n’est pas sortis de l’auberge.

 

 

 

CLXXXIV - La nuit dernière, j’ai rêvé que je me cuisinais un truc, qu’au moment de le manger, le téléphone sonnait, et qu’une fois le téléphone raccroché, mon repas avait refroidi. Je crois que je raconte tellement de conneries la journée que je ne suis pas foutu de faire un seul vrai rêve absurde, la nuit.

 

 

 

CLXXXV - Dans le cadre de mes activités créatrices pour améliorer le devenir de l’espèce humaine, je travaille actuellement au développement des règles d’un sport nouveau que j’ai nommé « Pétanque au prisonnier ». Tout ce que je peux vous en dire, c’est que ça ne sera pas pour les petites natures.

 

 

 

CLXXXVI - Dernièrement, des mecs qui ont trois fois mes vacances et deux fois mon salaire avec cinq fois moins d’ancienneté se sont rendu compte que leur corps de métier ne leur offrait pas de « primes » (peut-être parce qu’il n’y avait pas lieu ?). Ils ont braillé tellement fort qu’on leur a donné une « Prime d’absence de prime ». J’aurais voulu créer un intitulé aussi con que je n’y serais jamais parvenu. Tremblez, la fin des temps est proche.

 

 

 

CLXXXVII - Et si on jouait à « claque-museau » ? Et voilà, le manque de curiosité type qui caractérise l’humain. Personne ne sait encore en quoi consiste claque-museau, et personne n’a envie d’y jouer avec moi. C’est désespérant.

 

 

 

CLXXXVIII - On a voulu m’embobiner dans un jeu de rôle en ligne. Il y avait des Guerriers, des Archers, des Moines, des Bardes, et toute une chiée de trucs parfaitement abscons. Moi, j’ai dit que j’allais jouer un Messie. On m’a dit : « Y en a pas ». Alors j’ai dit « Un Plombier, comme ça au moins j’aurais la thune ». Mais là encore, nenni. Ca a commencé à m’énerver, alors j’ai dit : « Ce sera un Barde responsable du marketing senior chez Total, ou RIEN ». Une haie de sourcils froncés m’a persuadé qu’il était l’heure de me rentrer chez moi.

 

 

 

CLXXXIX - Quel est l’intérêt des plans épargne et des caisses complémentaires de retraite, quand on sait que la fin du monde est potentiellement pour après-demain. Personnellement je préfère passer ma retraite à faire la manche avec ma guitare dans un monde qui existe encore, que de disposer d’une retraite confortable dans un monde qui n’existe plus.

 

 

 

CXC - « Si vous refusez d’abroger le projet, je me retiens de respirer ». Prudence, derrière la naïveté de cette proposition, se trouve potentiellement la méthode de contestation la plus efficace qui soit, et c’est juste une question de pronoms réfléchis. Regardez bien : « Si vous refusez d’abroger le projet, je VOUS retiens de respirer ». Crac, d’un coup, ça marche.

 

 

 

CXCI - La dernière vraie GROSSE colère de Dieu, c’est Sodome et Gomorrhe. Tout patient qu’il soit, un Dieu s’énerve en moyenne tous les 2000 ans. Je ne sais pas ce que ça vous dit, mais moi je m’intéresse à la maçonnerie. Pas la Franc-maçonnerie, non, juste celle qui permet de maçonner un Bunker, dans son jardin.

 

 

 

CXCII - Un lecteur m’a confié apprécier mes « aphorismes »… N’importe quoi : un aphorisme, c’est un genre de sale bête avec des dents pointues, une tête triangulaire et des griffes… qui… euh… non ? Ha bon, au temps pour moi.

 

 

 

CXCIII - « J’ai du bon tabac dans ma tabatiè-reu, j’ai du bon tabac, tu n’en auras pas ». Que voilà une lénifiante comptine, pour apprendre tôt à l’enfant à quelle espèce il appartient.

 

 

 

CXCIV - J’ai lu ce blog en me mettant dans la peau d’un gars qui ne l’avait pas pondu, j’ai donc arrêté net de l’écrire tellement je trouvais ça con, mais bon, on ne peut pas rester indéfiniment dans la peau d’un autre gars, alors j’ai replongé.

 

 

 

CXCV - Les Egyptiens, pour les grandes occasions, mangeaient avec un squelette à table ou se représentaient ainsi après coup. Parce que tant qu’on est en vie, c’est bon de narguer la mort. Parce qu’une figue bien mûre, elle est meilleure quand on la mange devant un gars qui n’a pas les moyens de se l’offrir, et j’en passe. C’est à se demander si ce ne sont pas les Egyptiens qui l’ont écrite, cette comptine qui parle de tabac, de tabatière etc…

 

 

 

CXCVI - Bon, j’ai essayé le truc du squelette… pour voir. N’ayant pas les moyens de m’offrir un squelette, ni même le genre modèle plastique pour cours de sciences naturelles, j’ai posé à mes côtés un bonhomme O-cedar datant de mes études de plasticien. Croyez-moi si vous le voulez, mais ça n’a strictement RIEN changé au goût de mon cassoulet. Les Egyptiens étaient des snobs, et c’est tout.

 

 

 

CXCVII - J’ai ma pensééééeee qu’est dé-cousssuuuee- Si ça continue, on verra l’trou d’ma cul-tu-reuu… J’ai ma pensééééeeee, qu’est décousuuueee- Si ça continue on verra l’trou d’mon « su » (à chanter sur l’air de « Mon pantalon... »)

 

 

 

CXCVIII - Voilà… d’ici quelques heures, la vie m’aura encore pris un être cher. Ca devient sans surprise. Approche le jour où plus rien sur cette terre n’arrivera à me soutirer une larme. En attendant, je fais comme tout le monde, j’ai mal.

 

 

 

CXCIX - Une parole, une idée, ça rentre dans n’importe quel espace, aussi petit soit-il. Quelle que soit la pression d’une main sur la main d’une personne chère dormant de son dernier coma sur un lit d’hôpital, il y a tout l’espace nécessaire entre les paumes pour y loger l’océan des choses qu’on a pas eu le temps de se dire. 

 

 

 

CC - Méfions-nous des mots en deux lettres. Il y a un gouffre sémantique dangereux, entre deux simples articles déterminants comme UN et LE. UN cafard, ça s’écrabouille. LE cafard, c’est lui qui vous écrabouille.

 

 

 

CCI - Attraper la scarlatine, attraper une méningite, un cancer ou la peste, c’est pas que ce soit du flanc, mais de toute façon, c’était foutu le jour où on a attrapé la vie.

 

 

 

CCII - Un bref dialogue avec la mort :

 

- Allez Wladymeer, plie tes gaules, c’est ton tour.

- Sauf votre respect, il doit y avoir erreur, je suis bien trop jeune.

- Ils disent tous ça.

- Oui, mais là j’insiste, quand même, vérifiez, quoi…

- Ah tiens, oui, je me suis gouré de prénom, dites donc, c’est un proche à vous. Soulagé ?

- Stricto sensu, pas authentiquement, non…

- C’est moi ou vous y mettez une mauvaise volonté crasse ?

 

 

 

CCIII - Prenons l’agent de police en train de nous verbaliser, collons-lui mentalement un nez rouge : ça marche… c’est foutu, mais dans la bonne humeur. Prenons le fonctionnaire des pompes funèbres, collons-lui mentalement… un… non, ça ne marche pas.

 

 

 

CCIV - Alors bon… les gars y sont là, dans la fameuse « vallée de larmes » proverbiale, à travailler comme des bourriques, à exister, à se prendre le crâne, à regarder leurs parents crever d’abord et les amis ensuite, des fois l’inverse. Qu’est-ce qui font les gars ? Ben, dame, y boivent le coup.

 

 

 

CCV - C’est le dernier qui a parlé qui a raison a-t-on coutume de dire. La mort parle peu, mais jamais pour ne rien dire, et toujours… toujours en dernier.

 

 

 

CCVI - Levez un instant les yeux au ciel et dîtes « Pourquoi ? ». Tendez l’oreille en guettant la réponse et profitez du fameux « silence profond des espaces infinis ».

 

 

 

 

 

             - OPUS CINQUIEME -

 

 

 

 

 

 

CCVII - J'ai trouvé le métier d'avenir, c'est réparateur de planète cassée, et j'ai déjà ma phrase clé : "Ah, mais ma petite dame, c'est qu'avec le devis et la main d'oeuvre, ça va vous faire bonbon".

 

 

 

CCVIII - Conscient que des heures sombres nous attendent, j'ai offert mes services de génie militaire débutant à l'armée de mon pays. Je leur ai proposé la création d'un corps de scaphandriers-cyclistes, un bataillon dont l'arme secrète serait l'élément de SURPRISE. Croyez-moi si vous voulez, mais ils ont refusé ces béotiens.

 

 

 

CCIX - Etat du monde : le jour où la peur donne vraiment des ailes, je serai chef d'une belle escadrille de trouillards en proie à un effroi profond et authentique.

 

 

 

CCX - Certains personnages se plaignent volontiers de ne toujours pas avoir de voiture volante au 21e siècle. A ceux-ci, je déclare solennellement : "Commence par apprendre à conduire ta voiture qui roule, parce qu'avec tes 50% de malus, je te sens mal engagé aux commandes d'un Boeing".

 

 

 

CCXI - Eh oui, 21 siècles et toujours pas de voiture volante. Rien de grave ; prenons de l'avance sur le véhicule d'avenir qui suivra la voiture volante : la fusée, qui permet de voler vite, très vite, et haut, très haut, pour se tirer loin, très, très loin d'ici.

 

 

 

CCXII - O tempora, O mores. C'est comme ça que les latins se disaient "Bé oui, c'est comme ça ma brave dame".

 

 

 

CCXIII - Société : si la peur donne des ailes, elle devrait me fournir les réacteurs avec, et un plein de kérosène, parce que j'ai TRES peur.

 

 

 

CCXIV - Si la voiture volante n'existe pas, c'est parce que la réalité ne tolère pas les paradoxes, et que celui de la voiture volante est qu'elle arrête le temps. Et si : en effet, si vous mettez des voitures volantes en circulation, c'est tous les jours le 11 septembre.

 

 

 

CCXV - La nature fait évoluer les espèces en fonction de leurs besoins. Avant, pour se poser sur les antennes hertziennes, les oiseaux avaient des pattes. Bientôt, grâce à la prolifération des paraboles, ils auront des ventouses.

 

 

 

CCXVI - Si la nature a transformé les grands fauves en chats, c'est parce qu'après avoir bouffé un village entier, les tigres à dents de sabre ne trouvaient pas de cuisse à laquelle se frotter pour se faire gratter dans le cou.

 

 

 

CCXVII - Si la nature a transformé le singe en homme, c'est parce qu'il lui fallait du challenge, un adversaire de taille. La nature, à l'instar de l'homme qu'elle a créé, a les yeux plus gros que le ventre, c'est un fait.

 

 

 

CCXVIII - Il a fallu l'énergie d'une étoile à neutrons et toute la mécanique céleste de l'univers pour créer d'abord les atomes du gars qui allait inventer le décapsuleur, puis des milliards d'années pour créer sa conscience. Pendant un moment au moins, toute l'énergie de l'univers s'est concentrée au même titre que pour le reste autour du futur bien-être des buveurs de bière. On se sent moins seul.

 

 

 

CCXIX - Création d'atomes à partir de quarks ou qu'en sais-je. Evolution de la matière sur l'échelle de la complexité, jusqu'à apparition de la conscience. L'univers s'occupe à tout un tas de trucs parfaitement abscons, voir imbitables. Heureusement, on invite rarement l'univers à dîner pour causer hobbies.

 

 

 

CCXX - Ayant quelques questions d'ordre général à lui poser, j'ai essayé d'appâter Dieu dans mon appartement. J'ai ouvert un camembert à coeur, j'ai dispensé généreusement sur une assiette d'épaisses tranches de pain aux noix, puis, j'ai versé dans une carafe à large cul un divin nectar breveté par un subordonné à lui, un certain St Emilion. Le meilleur de sa création était là, et il a résisté à l'envie de venir. Il est balaise, Dieu.

 

 

 

CCXXI - Il y a un saint du pinard. Il s'appelle Emilion. Pour lui avoir donné un nom pareil, il est permis de supposer que ses parents aussi aimaient le pinard, y compris entre les repas.


 

 

CCXXII - Trouvez-vous des toilettes publiques SANS dame-pipi, mais invitant par écrit à bien vouloir laisser les lieux dans l'état où vous les avez trouvés. Observez l'état des lieux. Remplacez "les lieux" par "la planète". C'est ça, on est tous foutus. Allez donc boire un coup.

 

 

 

CCXXIII - Si jamais m'échoit un fils, je le fais baptiser Chignan-Cloud, illico. J'aimerais bien voir la tête du curé tentant de refuser, c'est que des noms de saints...

 

 

 

CCXXIV - Si certains bourgeois appellent encore leurs enfants Sixte, Eudes ou Gersant, c'est qu'ils cherchent simplement à démontrer à leur manière qu'eux aussi, comme les pauvres, aiment bien faire les guignols.

 

 

 

CCXXV - Lifting : faut pas commencer trop tôt, sinon à soixante ans, t'as les sourcils dans la raie du cul et ça démange.

 

 

 

CCXXVI - Voilà, en quatre opus et demi, je viens de vous condenser 33 ans de conneries dites, pensées, écrites... A partir de là, on entre dans la connerie inconnue, la bêtise vierge et sauvage, la stupidité qui reste à dire... De mon point de vue c'est exaltant... bon, on s'exalte avec ce qu'on a, hein...

 

 

 

CCXXVII - Allez, on se sert un vert de Nuit-Saint-Georges, on éteint la lumière, on place sur la platine vynil l'immortelle sonate au clair de lune... J'ai dit on éteint la lumière, comment se fait-il que... Ha merde, oui, il est midi... bon, c'est raté.

 

 

 

CCXXVII - Sachant que c'est vraisemblablement une guerre qui verra sa fin, et qu'il faudra lui rendre un hommage qui corresponde au contexte, ça va être super dur de construire un drakkar assez gros pour faire un enterrement viking à la terre.

 

 

 

CCXXVIII - La phrase exacte, c'est "heureux les pauvres et les simples EN esprit, car le royaume blah-blah.." ; c'est à dire ceux dont l'esprit se satisfait de choses "simples". Ceux qui ne sont pas en train de pleurer sur la Ferrari qu'ils n'auront jamais ou les numéros du LOTO qu'ils n'ont pas trouvés. J'ai comme dans l'idée que si tu arrives au royaume des cieux, t'as pas à faire la queue longtemps pour y entrer, y a pas foule.

 

 

 

CCXXIX - Dans le champ lexical cinématographique, le lifting est une roulette russe. Quelquefois, on enlève les bandelettes et "La Momie" révèle "Cendrillon" (sur le retour, mais admettons) ; d'autres fois on enlève les pansements, et après "La Momie", c'est "La vengeance de la Momie", pas de bol.

 

 

 

CCXXX - Au cinéma, le méchant type, la crapule, le bandit, le salaud que le gentil aura sa peau, est toujours (ou souvent) un genre d'apprenti ultradespote (appelons-le Jean-Edmond-Rudolf) qui, par une invention de son invention (forcément), compte bien asservir la population du monde et réduire le statut de l'humanité à celui de bétail, avec lequel il satisfera à ses ambitions mégalomanes. Observez la foule qui sort du cinéma, offusquée de l'insulte faite à son intelligence et y allant de son "débile"... "personnages manichéens"... etc. Eh bien croyez-le ou pas, mais tout ces surdoués, aux prochaines élections, ils vont voter, et ce quel que soit leur parti de prédilection, pour un clone de Jean-Edmond-Rudolf.

 

 

 

CCXXXI - Les Latins font à mon sens partie des premiers esprits à avoir pris conscience des vicissitudes de l'existence. Preuve en est un proverbe comme "Sic transit gloria mundi", qu'on peut grossièrement traduire par : "Un jour le miel, un jour l'oignon, et aujourd'hui, tu l'as dans l'oignon".

 

 

 

CCXXXII - Une ballade en forêt : regarde loupiot, le joli chevreuil qui... BANG.. euh mauvaise pioche, regarde loupiot la jolie voiture à papa, comme on va rouler vite dedans, pour aller terminer la journée dans un parc d'attraction.

 

 

 

CCXXXIII - "Oui, bon, enfin bref". Retenez bien ces quatre mots, c'est la formule non verbale la plus courte et peut-être la moins humiliante pour dire : "C'est d'accord, je me suis planté sur toute la ligne et la logique implacable de votre contrepoint a définitivement mis en avant les faiblesses sévères de ma pathétique argumentation". Oui, évidemment, tout le monde se rend un peu compte que ça signifie la même chose, mais bon, c'était à vous de ne pas dire de connerie en premier lieu, aussi, vous êtes drôle, vous.

 

 

 

CCXXXIV - Devinette juridique : Kevin a été jouer dans le mazout et les jolies tâches indélébiles qui en résultent ont de bonnes chances d'être un cancer de la peau précoce. Qui poursuivre : Shell Oils ou le Club Mickey ? Réponse : C'était une question piège, ha ha ha ! Mickey et l'autre pollueur ont une armée pléthorique d'avocats qui démontreront au jury que c'est de votre faute si vous êtes allé à la mer en hiver au lieu d'aller à la montagne comme tout le monde, et qui vous feront cracher des sous pour diffamation.

 

 

 

CCXXXV - J'ai pensé à essayer de classer mes idées dans des dossiers, ordonnés dans des boîtes avec des petites étiquettes les classant par ordre. A la deuxième étiquette, j'ai pris le tout et je l'ai mis dans une grande boîte nommée "En chantier". A y est, j'ai fini.

 

 

 

CCXXXVI - Je vous le dis comme je le pense, la mort comme point d'orgue à une existence humaine qui a pris goût à cette même existence, c'est quand même bien du tracas.

 

 

 

CCXXXVI - Cinq semaines sans écrire, c'est comme un traversée du désert. Des fois t'en reviens en ayant trouvé Dieu, des fois t'en reviens avec le matériau type trouvable dans le désert : rien.

 

 

 

CCXXXVII - C'est pas bien compliqué l'univers, je vais vous l'expliquer en deux mots, regardez : l'univers, c'est un tout qui s'étend à l'intérieur d'un rien. Jusque là, vous suivez... non ? Bon reprenons depuis le début : "l'univers, c'est un tout qui...", non ça ne va pas marcher non plus, mais vous êtes désespérants, aussi...

 

 

 

CCXXXVIII - Une ballade en forêt II : Eh oui loupiot, le petit truc rose qui braille dans les oreilles de Babar veut t'emmener chez les extraterrestres. Papa avait bien dit : "On ne met pas les mains à la bouche après avoir tripoté le joli chapeau à points jaunes de Monsieur Champignon" ; c'est bien fait.

 

 

 

CCCXXXIX - La capacité de rire des choses graves, c'est bien pratique et ça revient à faire montre d'un esprit précurseur. En effet, bientôt, on n’aura plus QUE des choses graves pour se fendre la poire.

 

 

 

CCXL - La scène défie toute forme de décence : l'enfant souffre manifestement. Il laisse de toute sa force d'inertie un adulte traîner le poids mort de son corps apparemment trop meurtri pour continuer de marcher. Ses hurlements de martyr plongeraient le plus insensible des hommes dans un effroi profond, mais moi je ris à pleines dents en les pointant du doigt, lui et son crétin de géniteur. J'ai oublié de préciser qu'on était au rayon jouets du supermarché de mon quartier et pas en Serbie ou ailleurs.

 

 

 

CCXLI - Les oiseaux volent, comme le temps, à cette différence que lui ne s'arrête jamais. C'est comme ça que je me suis intéressé à la communication animale. J'essaie de pousser les oiseaux à persuader le temps d'arrêter ses conneries.

 

 

 

CCXLII - Son Low-fi crachotant les feux rasants d'un crépuscule de mai. Certaines soirées ressemblent à des Haïkus un rien surréalistes, mais en fait, c'est juste l'alcool.

 

 

 

CCXLIII - Allons au tombeau, mais allons-y en CHANTANT ! Les muets peuvent taper dans les mains, l'important c'est de participer.

 

 

 

CCXLIV - La batterie fait tout... Face au public, c'est un instrument de musique. Face aux voisins, c'est un instrument de coercition.

 

 

 

CCXLV - Faites l'amour, pas la guerre, ça fonctionne bien jusqu'au moment où on est tellement nombreux qu'il faut six fonctionnaires pour touiller le café du maire, que la démographie tord le nez et que l'économie fait du saut à l'élastique sans élastique... là, forcément... une bonne guerre...

 

 

 

CCXLVI - Saisissez-vous d'une batte de base-ball et tendez la jambe contre le dossier d'une chaise, à mi hauteur, tel un improbable karatéka. Levez la batte loin au dessus de la tête et abattez-la sans ménager votre effort sur votre genou. Ha oui, ça fait très mal, hein ? Oui, vous vous promettez bien de ne plus jamais faire un truc aussi stupide... et pourtant, aux prochaines élections, vous allez encore voter pour un gars… et lui, on n'ose même pas dire où il va vous la mettre, la batte.

 

 

 

CCXLVII - Cigareeeetttes, and wiiiiss-kheeyyy and wiiild-wild women... J'ai dit "Wild-Wild Women"... bon... Cigareeeetttes, and wiiiiss-kheeyyy and tééééléééévision...

 

 

 

CCXLVIII - Je suppose sans me vanter que le seul courage véritable, ça peut consister à écrire un truc comme la pensée précédente, sachant qu'en toute connaissance de cause, Me Wladymeer cherchera à me mettre une tarte aussi tôt qu'elle l'aura lue.

 

 

 

CCXLIX - J'ai cherché un moyen de réduire mot par mot ma pensée, pour en arriver à un message très bref, condensé et riche de sens, que je pourrais ainsi apprendre dans toutes les langues du monde, de façon à en faire profiter l'humanité entière. Pour l'instant, j'en suis arrivé à 2 mots : "Au secours".

 

 

 

CCL - Un Baptiste m'a accosté en me demandant si j'avais conscience que Jésus était mort pour moi et que je devais payer pour le salut de mon âme... Je lui ai répondu que puisqu'il était question d'expiation, j'allais à défaut de sauver mon âme sauver la sienne, par altruisme, à grands coups de gifles. Il a instantanément cessé d'essayer de susciter en moi une vocation de mystique... l'homme de peu de foi.

 

 

 

CCLI - A la dernière visite des témoins de Jéhovah, j’ai accueilli ces derniers à grands cris de joie et les ai invités à rentrer chez moi, les informant que leur présence fraternelle me changerait les idées de la perspective de ma mort prochaine, liée à une surinfection pulmonaire mortelle, ultra contagieuse, contre laquelle je ne me soigne pas, conformément aux commandements. Vous y croyez si vous voulez, mais j'ai pris le thé seul.

 

 

 

CCLII - Oui, je sais, c'est pas très très bien de se moquer de la religion des autres, mais j'ai été baptisé au champagne, alors foutu pour foutu...

 

 

 

CCLIII - Allez Wladymeer, ton oeil rougeoie comme un soleil couchant, ta gueule baille comme une godasse trouée, C'est l'heure d'aller évacuer les eaux usées avant d'aliter tes os usés.

 

 

 

CCLIV - Le nez sous la couverture, j'observe les coins de plafond, les angles des murs marquant les limites de ma tanière, je me dis que si j'étais capable de multiplier cent milliard de fois ces dimensions dans une parenthèse comportant un exposant d'une centaine de zéros, j'aurais une véritable idée de la taille de l'univers et de ma place dedans, mais voilà, j'ai toujours été nul en maths... allez, rideau...

 

 

 

 

 

             - OPUS SIXIEME -

 

 

 

 

 

CCLV - L'humain aime brûler les étapes, il est en train d'essayer de créer un langage des signes pour communiquer avec les gorilles, alors qu'il n'a même pas encore créé un langage pour bébés, auxquels il serait pourtant capital de pouvoir faire parvenir des informations basiques comme : « Tu peux toujours brailler, c'est le même tarif ».

 

 

 

CCLVI - Vous avez tous un collègue qui vous gonfle les lendemains de tannées footballistiques nationales, au mépris total de votre manque d'intérêt foncier pour cette matière, en y allant deux heures durant de son gai refrain sur « le prix qu'on les paye, la honte des gros nuls, cette action loupée à la 38e minute », etc. Renversez ostensiblement votre café sur sa chemise propre. Voilà : maintenant, il va vous saouler pour une raison valable.

 

 

 

CCLVII - Plus on se déplace vite, plus le temps passe lentement (scientifiquement démontré... si, si). Au-delà d'une certaine vitesse théorique, le temps cesse d'exister. Théoriquement, en vous entraînant tous les jours pendant les pauses déjeuners à courir à deux fois la vitesse de la lumière, vous avez une chance d'échapper à l'épineux problème de vos propres obsèques. Pas la peine de me dire merci.

 

 

 

CCLVIII - Le règlement d'un conflit par l'humour devrait toujours prévaloir sur la violence, c’est entendu, mais si par malheur la tarte à la crème vient à échouer, prenez le temps d'essayer la tarte aux phalanges.

 

 

 

CCLIX - C'est au moment où nulle responsabilité ne repose sur leurs épaules que les humains se parent de différents oripeaux à l'effigie du « Che », et c'est techniquement quand ils commencent à payer des impôts et à se faire exploiter pour de bon qu'ils se déguisent tous en sosies du prince Albert fringués chez Tati. Ou la phrase précédente contient un vieux paradoxe, ou les humains entretiennent avec le concept de rébellion des rapports qui me dépassent.

 

 

 

CCLX - Ce n'est pas que l'humain soit au-delà de la rédemption : c'est que la rédemption est un problème statistique. En effet, pour quatre vingt dix huit millions de jeunes révoltés qui deviennent banquiers au bout du compte, on ne trouve statistiquement qu'un DRH qui devienne subitement punk routard.

 

 

 

CCLXI - Si t'avais des plumes au cul, des réacteurs et des aileus - Tu volerais plus vite que moi, et tu serais immortelleu... C'est la petite chanson narquoise du temps qui passe...

 

 

 

CCLXII - Aux prochaines élections, je vote Raël. De toute façon, on sait que le Président ne sert à rien, c'est le premier ministre qui s'y colle, et là, il va au moins nous falloir un 1er ministre extraterrestre pour nous sortir de la mouise.

 

 

 

CCLXIII - Le bon fromage bouche les artères, c'est un fait avéré. Ha oui, mais le bon pinard les débouche, c'est connu aussi. Comme quoi, c'est bien foutu, l'univers.

 

 

 

CCLXIV - Si on avait un moyen de propulser les cons en orbite pour s'en débarrasser, de loin, la Terre ressemblerait à Saturne.

 

 

 

CCLXV - Tout compte fait, mieux vaut qu'on invente cette machine à propulser les cons dans l'espace le plus tard possible, sans quoi, toute l'humanité pourra chaque année apercevoir le passage de la comète Wladymeer, au grand dam de la comète en question.

 

 

 

CCLXVI - Sarkozy parlait dernièrement de "Géants noirs qui effrayent les gens". Il faut expliquer à ce cher Nicolas la loi de la relativité. Quand tu vois un géant, peut-être que ça n'en est pas un : c'est peut être un type normal que tu vois grand parce que t’es un nabot.

 

 

 

CCLXVII - Tant d'hommes passent sans le voir à côté de leur vie. Ils disparaissent un jour, souvent sans réaliser la cruauté des souffrances qu'ils se sont infligés à eux-mêmes pour rien. Ainsi, à essayer de voler dans la cour des aigles teigneux fringués chez Smalto, Sarkozy ne saura jamais à quel point sa vie aurait pu être heureuse, dans un joli costume à rayures rouges et vertes assorti d'un chapeau à grelots.

 

 

 

CCLXVIII - L'hypocrisie de la gauche me donne envie de voter au centre. La mollesse du centre me donne envie de voter à droite. Le libéralisme de la droite me donne des ulcères. Au bout du compte, je vais revenir à mes idéaux profonds et voter Goldorak ou Babar... J'aurai l'air con, mais ma conscience pour moi.

 

 

 

CCLXIX - Sarkozy se présente comme un homme aimant les défis, et sur ce point, il est impossible de le contredire. Tenter la présidence quand on a la taille de Napoléon sans le talent, une idéologie estampillée "Le Pen light", et qu'on porte à deux lettres près le patronyme d'une tumeur célèbre, ça donne le droit de causer défi...

 

 

 

CCLXX - Notre Président doit bien regretter de ne pas avoir 75 filles à marier. C'est qu'avec le nombre de casseroles qu'il a au cul, il y aurait de quoi en faire, des trousseaux.

 

 

 

CCLXXI - En passant au supermarché voisin de mon lieu de domiciliation, j'ai croisé un type, qui d'un mouvement de bras abscons adjoint d'une injonction verbale appropriée, faisait savoir à sa dulcinée qu'elle devait « prendre des machins, là », parce qu'il avait « envie de bouffer des machins, ce soir » (sic dixit). Je lui ai conseillé de se les bouffer avec une sauce bidule... Son regard m'a instantanément découragé de poursuivre plus avant cette amorce passionnante de discussion gastronomique.

 

 

 

CCLXXII - Grâce au Darwin d'or, on sait désormais que dans certains cas, et contrairement à ce que la sagesse populaire prétend, le ridicule peut tuer. Le tout, c'est de mettre le paquet.

 

 

 

CCLXXIII - Et maintenant, une pensée émue pour l'homme qui voulait propulser sa voiture avec des fusées d'appoint miniaturisées à partir de plans de la NASA. Un cratère de huit mètres atteste de la véracité de la pensée précédente.

 

 

 

CCLXXIV - J'aime bien l'expression "Sagesse populaire", censée rendre aux petits Plébéiens que nous sommes une certaine dignité. Le problème de la sagesse populaire, c'est qu'elle dit beaucoup de conneries.

 

 

 

CCLXXV - Cela étant dit, la sagesse aristocratique dit beaucoup de conneries aussi... je suppose que ça fait un partout.

 

 

 

CCLXXVI - Entre nos problèmes de laïcité qui dérange et nos problèmes relatifs aux intermittents du spectacle, nous allons devoir affronter l'éventualité d'un Boeing planté dans la tour Montparnasse ET celle d'attentats pâtissiers organisés par des commandos de clowns de rue suicidaires.

 

 

 

CCLXXVII - Admettons qu'on soit encore à au moins 25 ans de la mise sous tutelle nationale, qui marquera notre entrée officielle dans le tiers-monde des riches. Si on veut rectifier le tir dans les 25 ans en question, on devra tous cotiser jusqu'à 133 ans, et sans retraite. Le problème, c'est que même en admettant qu'on aie tous la longévité de Jeanne calmant, 133 ans, ça dépasse d'au moins 108 ans des 25 ans en question.

 

 

 

CCLXXVIII - Voyons les choses du côté positif : à force de faire vivre le pays à crédit et en stéréo, dans 25 ans, la France, c'est le Brésil. Ca va plaire aux amateurs de foot. De plus, ils redécouvriront le plaisir simple et communautaire de regarder le match tous ensemble, sur le seul poste de télévision de la Favela de Malakoff ou d'ailleurs.

 

 

 

CCLXXIX - On peut croire à une paix future dans le monde et à une collaboration des peuples. On peut croire pour 2050 au premier plan quinquennal des Etats-Unis socialistes d'Amérique. On peut croire à l'Iran laïque, pacifiste et cosignataire d'un programme anti-nucléaire mondial. On peut aussi commencer à creuser un bunker dans son jardin... après, tout cela est très subjectif.

 

 

 

CCLXXX - J'allais oublier... On peut AUSSI croire au père noël, mais ça, c'est vraiment pour faire gratuitement du mauvais esprit aux seuls frais de nos respectables amis optimistes de tous poils...

 

 

 

CCLXXXI - Le plus malheureux, c'est de voir à quel point se révèle humainement lamentable cette génération pourtant abreuvée dès l’enfance de dessins animés mettant en avant des valeurs d'héroïsme, d'amour de son prochain et de dévotion à la cause de l'humanité. Goldorak, pardonne-leur, ils sont devenus fous.

 

 

 

CCLXXXII - L'aboulie la plus franche se fait sentir. L'oeil glauque, rivé sur une barre de téléchargement dont la contemplation me tient à l'instant lieu d'unique loisir, je cherche au fond d'une bière fraîche un improbable bon mot. Voici venir l'heure creuse au sens métaphysique du terme.

 

 

 

CCLXXXIII - Sachant qu'on est trop mous pour faire une révolution, il nous reste le choix entre une vie entière de frustration en pensant à ce que les ordures qui nous dirigent s'offrent aux frais de ceux qu’ils sont supposés servir, et une adhésion massive à une religion de type hindouiste, afin de voir un jour ces saligauds réincarnés en paillassons ou en pelles à merde.

 

 

 

CCLXXXIV - Le mot "élu du peuple" est devenu littéralement bouffi d'hypocrisie. S'il avait encore un sens, Nombres d'élus seraient des hommes invisibles répondant tous au patronyme virtuel de "M. Blanc", comme dans "Bulletin blanc".

 

 

 

CCLXXXV - Quand on dit que la réalité rejoint parfois la fiction... Regardez bien la fin de la cinquième république : y a des endroits, on jurerait "Le Parrain" de Coppola.

 

 

 

CCLXXXVI - Pour marquer avec fermeté la colère toute politique qui m'anime dernièrement, je pense sérieusement à demander l'indépendance et à poser par la force les frontières du Heraldistan, entre le 1er et le 3e étage de mon immeuble, porte droite.

 

 

 

CCLXXXVII - L'approche des prochaines élections présidentielles et de leur cortège de trahisons, de ridicules, d'alliances et de promesses faites sur l'honneur, me sensibilisent au lyrisme global de la "Grande histoire de l'humanité". Ils peuvent être fiers de leurs descendants, les sénateurs de la Rome décadente.

 

 

 

CCLXXXVIII - Le dossier du compte Chirac au Japon est entre les mains d'Alliot-Marie. Et crac, encore une casserole. Aucun souci pour le futur de notre président adoré, il a un bel avenir de quincaillier pour occuper sa retraite.

 

 

 

CCLXXXIX - Fût un temps où on pouvait dire à un voleur en herbe : "Continue comme ça et tu finiras à Cayenne". Aujourd'hui, tu lui dis quoi au gosse ? "Continue et tu finiras au conseil des ministres" ? C'est supposé le dissuader ?

 

 

 

CCXC - Le côté déprimant de l'écriture sous "Word", c'est ce tiret indiquant l'emplacement de la prochaine lettre, qui clignote toujours exactement à la même vitesse, alors que ta pensée, elle, clignote invariablement de plus en plus lentement.

 

 

 

CCXCI - La plupart des puits ont un fond. Si celui dans lequel je vais puiser toutes ces conneries en a un, et que son contenu s'épuise, viendra le jour funeste où je n'aurais même plus ma propre bêtise pour me distinguer... Qu'est-ce que je vais devenir ?

 

 

 

CCXCII - Un roi sans loisir est plus malheureux qu'un paysan avec un bilboquet, nous dit le proverbe. Ou la sagesse populaire dit une connerie de plus, ou il est permis de penser que le roi en question y mettait sérieusement de la mauvaise volonté.

 

 

 

CCXCIII - Oui, je sais, la sagesse populaire déçoit quelquefois. Ne le répétez pas, mais quelque chose me dit qu'elle boit...

 

 

 

CCXCIV - Je reviens de vacances prolongées au Pays Basque. C'est à peu près le même foutoir qu'en Espagne, mais chez les Basques.

 

 

 

CCXCV - C'est bruyant un Basque... inouï... prodigieux. Pour quantifier le phénomène, disons qu'une Andalouse armée de sa paire de castagnettes la plus meurtrière et de ses talons à claquettes assortis ne génère qu'un faible tiers du vacarme basque moyen, à la sortie d'un bar, vers quatre heures du matin ou de l'après-midi.

 

 

 

CCXCVI - Attention, avoir une cirrhose du foie et des acouphènes ne fait pas de vous un Basque... mais disons que c'est un bon début.

 

 



CCXCVII - Au pays Basque, dès ton arrivée à la gare, les copains de tes copains que tu ne connais pas, mais qui te considèrent déjà comme un pote attendent, et c'est foutu dès le premier soir pour ton ulcère au foie en voie de guérison. Sans parler de la journée qui suit le premier soir, du soir qui suit la journée qui...

 

 

 

CCXCVIII - Le seul moyen de passer des vacances peinard au Pays Basque, c'est de n'y avoir aucune relation, même lointaine, et de ne surtout jamais aller au bar, ni au restaurant, ni nulle part, en fait. Si tu vas au bar ou ailleurs, tu te fais des copains, et là boum, c'est foutu comme dans la pensée précédente.

 

 

 

CCXCIX - A l'heure du départ, chacun est venu, son petit sac à la main, refusant de me laisser partir sans m'avoir laissé une marque de son affection. Les cadeaux reflétant souvent la vision que les autres ont de vous, c'est avec empressement et curiosité que j'ouvris les dix sacs... avant de transférer, une larme à l’œil, les dix bouteilles dans mon sac de voyage.

 

 

 

CCC - Bon, voici le dilemme. J'ai une collection de bouteilles de toutes les couleurs, ramenées du Pays Basque. J'ai le coeur qui dit "Goûte" et le foie qui dit "Essaye et je te casse la gueule". Il faut dire que le foie aussi, je l'ai ramené du Pays Basque.

 

 



CCCI - A Rome, vis comme les Romains, dit le philosophe. Il aurait pas dit ça au Pays Basque : 1 - parce que vivre comme un Basque, c'est du suicide, et 2 - parce que le philosophe en question aurait peiné à sortir des bons mots avec huit grammes d'alcool dans le sang.

 

 

 

CCCII - Bon, Je vais arrêter avec les Basques ou je sens que mes prochaines vacances là-bas vont être beaucoup moins drôles.

 

 

 

CCCIII - Cueillons dès aujourd'hui les roses de la vie, mais attention toutefois, les épines de la vie refilent des trucs qui font passer le tétanos pour une vieille crampe.

 

 

 

CCCIV - Notons que tout ce qui rime avec "Bon" rime avec "Modération", "Malédiction", "Cancer du poumon" et "C'est bien dommage, Mme Truchon". Après ça on y voit des signes ou pas, mais j'ai personnellement l'intime conviction qu'on est là pour expier un truc...

 

 

 

 

 

            - OPUS SEPTIEME -

 

 

 

 

 

CCCV - La grande ivresse de la page blanche, sur laquelle la pensée va venir se tatouer, se déverser tel un savoureux vitriol dans le sillon de la plume... Dès que l'inspiration sera là... Bientôt... La grande chienlit de la page blanche...

 

 

 

CCCVI - Mais non, je t'assure, ton café n'est pas infect, puisqu'il a été fait avec le cœur... bon, c'est vrai qu'au goût, on dirait qu'il a été fait avec le cul, mais c'est l'intention qui compte.

 

 

 

CCCVII - Trimballer sur soi en permanence un genre de petit théâtre de Guignol miniaturisé est un bon moyen de se distinguer au cours des soirées mondaines.

 

 

 

CCCVIII - Vous vous sentez une âme de parent musclée et l'adoption d'un jeune en difficulté vous semble un défi pour amateurs ? Adoptez des jet setters : ces gens là ont encore bien plus besoin d'être rééduqués à coups de baffes.

 

 

 

CCCIX - Alors bon... on dit que... bon, mettons... euh... laissez tomber.

 

 

 

CCCX - Dans la colère, les lois de l'emphase exigent que les insultes soient déballées par ordre croissant de gravité et d'ordurerie. Quand Cézanne, parlant des critiques d'art et autres gloseurs, les définit comme un "Tas d'enculés, de crétins et de drôles" (sic), il faut comprendre qu'un "drôle", c'est pire qu'un "enculé". Ca, c'est LE raffinement.

 

 

 

CCCXI - Sous couvert d'un bon mot jovial, il n'y a pas pire insulte que le "Comment ça va bien ?" joyeux de certains imbéciles matinaux. Le bonheur gonfle ces baudruches jusqu'à la hernie, et quand cette hernie crève, c'est cette question qui sort. Ce "comment ça va bien" qui contient sa propre réponse. Comme si t'avais pas le droit d'être malheureux. Comme si les raisons de ton malheur étaient à ce point gonflantes et vaines qu'on les évitait de manière préventive dès la formulation de la question. Quand on me pose cette question, j'écrase d'une manière franche le pied de l'interlocuteur et je lui réponds "Mieux, et toi ?".

 

 

 

CCCXII - HA HA HA HA HA HA HA HA HA !!! Je viens de voir un truc super drôle et pas vous !!!

 

 

 

CCCXIII - A partir de quand on a fait le tour du compteur et ça revient à zéro, en chiffres romains ?

 

 

 

CCCXIV - Bon, ben c'est tout pour ce soir : j'ai pas le vin mauvais, mais j'ai la bière molle... on peut pas avoir QUE des qualités.

 

 

 

CCCXV - Ce matin, c'est d'un calme... à croire que tous les oiseaux sont rentrés chez eux morts saouls, hier soir.

 

 

 

CCCXVI - Un alca-saeltzer et deux dolipranes plus tard, je pense pouvoir affirmer que la pensée précédente procède de l'anthropomorphisation la plus stricte.

 

 

 

CCCXVII - La violence policière est une voie de fait, et pourtant, c'est un fait, à l'arrière de l'estafette, c'est ta fête...

 

 

 

CCCXVIII - En théorie, tous les hommes naissent libres et égaux en droits, mais voilà, dans la dialectique commune, on n’oppose pas la "théorie" à la "pratique" pour des nèfles.

 

 

 

CCCXIX - Dans certains pays lointains, passées certaines latitudes exotiques, le travail, ça devient de la poésie, et attention : on est versé dans les lettres étrangères. Au Venezuela, la mine, c'est du La Fontaine : si on y trouve que des mômes de 6 ans, c'est parce que le patron sait bien que dans une galerie mal étayée de 40 centimètres de diamètre, "on a toujours besoin d'un plus petit que soi".

 

 

 

CCCXX - Penser sous Word ça picote les yeux... ou bien c'est la clope... ou c'est les bulles de la bière qui picotent le nez qui se venge sur les yeux... ou bien... bon, je crois qu'il est l'heure d'aller dormir.

 

 

 

CCCXXI - C'est là, entre deux simples draps de toile que naissent les plus formidables productions de nos esprits ; ces songes abyssaux peuplés des Léviathans émergeant des limbes de nos inconscients, prodigieuses créatures et autres agents d'assurance bariolés chevauchant de fiers pingouins sauteurs de Gagaouzie.

 

 

 

CCCXXII - La vie commence à manquer de sens, une grande langueur s'empare de vous, et privée de la lumière du soleil, votre âme s'étiole sous le lourd cumulus sombre d'une dépression opportuniste ? Allez prendre un bain avec un canard en plastique jaune et redécouvrez le bonheur qui fait *pouic*.

 

 

 

CCCXXIII - Mathématiquement, plus j'écris, moins j'en ai à dire. Moins j'en ai à dire, plus j'écris pour oublier que c'est une pensée effroyable. Sans ce foutu facteur "mort" dans l'équation, je serais pas tombé loin du mouvement perpétuel.

 

 

 

CCCXXIV - Oui loupiot, tu m'as avoué la bêtise et tu t'es pris une baffe alors que papa avait dit faute avouée est à moitié pardonnée... c'est parce que ta bêtise méritait une PAIRE de baffes...

 

 

 

CCCXXV - Le Picon bière, c'est formidable, tiens regarde, rien que le nom, t'as pas encore bu que tu rigoles déjà.

 

 

 

CCCXXVI - Certaines gueules de bois confinent à la téléportation d'organes : qui n'a jamais eu l'impression de se réveiller avec le foie à la place du cerveau et inversement ?

 

 

 

CCCXXVII - Le temps est père de tous les miracles. Regardez attentivement ce jeune individu de l'espèce humaine : les gesticulations et onomatopées codifiées qu'il emploie pour se distinguer au sein de son groupe, sa maîtrise de pas loin de 40 mots de vocabulaire au sein desquels on peut discerner des notions moralement et intellectuellement avancées comme le concept de gravité (sic :"grave !"), ou encore sa capacité à associer des symboles complexes pour créer des mots de trois lettres sur son portable, non au mépris de toute grammaire et de tout orthographe comme l'affirment certaines mauvaises langues, mais au prix de la réinvention créative de ces institutions obsolètes !! S'il sait accomplir tous ces prodiges, c'est que pas loin de 20000 ans d'évolution le séparent de Lucy, eh oui ma brave dame.

 

 

 

CCCXXVIII - L'ambivalence de la nature humaine est démontrable par la parabole de la boule de gomme Haribo. En effet, si vous et moi sommes à priori de sympathiques larrons (vous, j'en suis moins sûr, mais bon, mettons), face à un schtroumpf en gomme alimentaire, nous avons tous une âme de Gargamel. CQFD.

 

 

 

CCCXXIX - En causant de schtroumpfs, celui que vous détestiez le plus, c'est a) Le schtroumpf à lunettes, b) Le schtroumpf coquet, c) Le schtroumpf grincheux ? Attention, la réponse a) fait de vous un skinhead, la réponse b) un homophobe et la réponse c) un crétin vêtu d'un t-shirt à smiley. Il n'y a pas de joker. Prenez votre temps.

 

 

 

CCCXXX - Pour ponctuer ce triptyque schtroumpfesque, saluons la pudeur de Peyo et son art de suggérer le drame sans jamais verser dans la représentation visuelle sordide. Parce qu'on rigole, on déconne, mais le schtroumpf coquet, qu'est-ce qu'il a dû prendre avant l'apparition de la schtroumpfette.

 

 

 

CCCXXXI - J'ai comme un creux momentané d'inspiration. Vous n'avez qu'à reprendre au début de l'opus un : je suis certain que vous n’avez pas retenu la moitié de mes judicieux préceptes.

 

 

 

CCCXXXII - Le gars qui est revenu au début de l'opus un en se disant "ha oui, zut, c'est vrai, il faut que je révise", il peut me contacter : j'en fais mon légataire universel ou je le demande en mariage. Statistiquement, je n’ai pas le sentiment de prendre un risque inconsidéré.

 

 

 

CCCXXXIII - C'est la pensée de la demi bête, comprenne qui peut. C'est aussi ce que les médecins romains disaient à leurs patients : "Ditatis CCCXXXIII".

 

 

 

CCCXXXIV - En réponse à un lecteur malade du foie qui m'accable de reproches, et sur assignation du tribunal, je dois vous signaler qu'en AUCUN cas, vous ne pouvez consommer la saucisse-copain de la pensée LI après encrage. J'ai bien tenté d'expliquer au juge que le plaignant était un grand malade, dans la mesure où il était foutu de bouffer un copain, mais vous connaissez la loi.

 

 

 

CCCXXXV - Les vrais dépressifs meurent au fond d'un lit sans parler de leur enfer : ils sont muets depuis longtemps, et on ne peut pas les aider parce qu'ils sont également sourds. Les faux dépressifs vont causer de leurs petits tracas à la télé, à la radio, engoncés dans un spleen dont ils ont fait un habit d'apparat. Fort heureusement, il est possible de les aider. A tous les bourgeois anorexiques, à tous les jet setters déprimés d'avoir tout vécu trop vite et sur le point de nous pondre un énième "Hell", je conseille la lecture de mon prochain ouvrage intitulé "Comment j'ai retrouvé le moral en allant jouer sur l'autoroute avec les gros camions".

 

 

 

CCCXXXVI - Dernièrement, à mon lieu de travail, la dernière expression en vogue pour exprimer à un collègue qu'il est en droit de prendre congé ou encore de se taire est : "Tu sais que tu peux aller visiter gratuitement ton anus à Disneyland ?". Ne me demandez pas combien de verres on avait bu quand c'est sorti, j'ai pas la mémoire des chiffres.

 

 

 

CCCXXXVII - Instant nostalgie sur cet hiver tiédasse qui se profile. Où sont les boules de neige de mon enfance dans la cour de récré'... avec des cailloux dedans, pour les cons et les fayots. La vache... Ce que j'ai pu en manger des boules de neige pleines de caillasses...

 

 

 

CCCXXXVIII - On m'a conseillé le sport pour lâcher la clope. Bon, je fais du vélo tous les matins. Effectivement, je respire mieux, mais j'ai envie de tuer au moins trois automobilistes par jour et j'échangerais volontiers mon vélo contre un tank ; l'automobiliste étant un malade des nerfs contagieux... A l'arrivée, j'ai juste l'impression que la crasse a quitté les poumons pour aller se planquer dans le cerveau.

 

 

 

CCCXXXIX - Ca y est... les élections qui se profilent ont officiellement cessé de susciter en moi toute envie de rire, pour laisser place à une trouille bleu marine.

 

 

 

CCCXXXX - En regardant le dernier débat entre les têtes de gondoles socialistes et "divers gauche", vers lesquelles ma sensibilité naturelle est supposée me pousser en temps normal, j'ai été pris de panique et j'ai immédiatement appelé le 911, à New York (j'ai vu des gens faire ça, à la télé), en leur donnant une description précise du sinistre. On m'a demandé si c’était une plaisanterie ; j'ai répondu « Mais non ! C'est une catastrophe, c'est bien pour ça que j'appelle ! ». On m'a raccroché au nez... Solitude...

 

 

 

CCCXLI - Dans la série des dictons voués à une disparition certaine, faisons nos adieux à l'expression « Bon an, mal an » qui devrait très prochainement devenir « Mal an, mal an ».

 

 

 

CCCXLII - Un chevalier était lié à un code de l'honneur qui lui demandait d'avoir un port de tête altier, d'être chaste, vertueux, et de maîtriser sa peur en toute circonstance, sous peine de voir sa mémoire salie à tout jamais. C'est qu'un pet de trouille, avec une armure en fer comme caisse de résonance, ça te forgeait une réputation de musicien d'avant-garde jusqu'au royaume voisin...

 

 

 

CCCXLIII - A la politique comme à la guerre, tout est question de stratégie et d'armes. Parmi les stratégies nouvelles, saluons celle de Lionel Jospin, la "candidature à mèche courte" : le temps que tu te rendes compte qu'il est là, pan, il s'autodétruit et il disparaît. J'ai pas encore tout saisi à l'intérêt de la manœuvre, mais bon...

 

 

 

CCCXLIV - Les candidats socialistes sont partis se départager au Zénith, comme pour les finales de la Star Ac'. Ca va d'ailleurs se passer un peu pareil : il va falloir voter pour celui qui chante le moins faux, à défaut d'en trouver au moins un qui soit vraiment taillé pour le métier.

 

 

 

CCCXLV - La mode "vintage" est de retour : une bonne occasion de revoir un peu nos valeurs éducatives. Cette année, offrez à vos enfants un noël "vintage" : une orange et un mistral gagnant... et une tarte dans le museau s'ils râlent.

 

 

 

CCCXLVI - Petit Papa Nooo-ël, quand tu descendras du ciel, pour faire tes jouets, va pas t'faire chier la pine, *tadadaaa*, recrute donc - plein d'petits enfants en Chiiiiinne... Tous en chœur !...

 

 

 

CCCXLVII - Les traditions varient d'un pays à l'autre. En Chine, on n’offre pas de jouets aux enfants, à Noël. Bizarre ? Pas du tout : si vous aviez un copain boucher, vous lui offririez un steak, vous ?

 

 

 

CCCXLVIII - J'ai rapidement parcouru un écrit retraçant les plus belles phrases de sagesse de Bush. Ce mec est un génie... j'ignore pourquoi j'écris encore. C'est vrai : quand on fait exprès de dire des conneries, voire qu'on passe des heures à méditer pour pondre un truc stupide, on se sent peu de choses face à quelqu'un qui fait mille fois plus fort aussi spontanément.

 

 

 

CCCXLIX - Dans la série des mecs très fort, je me dois de saluer le gars de "Ask-a-ninja.com", mais je lui signale que pour ninja qu'il soit, il ne répond qu'aux questions de son public. Sur "Ask-a-Wladymeer.com", moi, je vais jusqu'à donner aux questions que personne ne se pose des réponses dont tout le monde se fout... HA !

 

 

 

CCCL - Et dans la série des mecs vraiment super forts, chapeau bas aux éléphants du PS qui... ha oui, mais ça, en fait, c'est pas drôle du tout... c'est plutôt une catastrophe nationale... Les lecteurs auront rectifié d'eux-mêmes.

 

 

 

CCCLI - Je vois des mecs de droite qui sourient... J'attends juste qu'on aie pire que Chirac, dans le genre droite, pour voir à quelle profondeur les mecs en question auront réussi à enfouir leur sourire dans leur anus.

 

 

 

CCCLII - Bon, d'accord, voter Babar, c'est bon pour les ados révoltés, c'est inutile, ça compte comme vote blanc, c'est irresponsable etc... Oui, mais si on vote TOUS Babar, alors ? (regard interrogateur à gauche... à droite...)

 

 

 

CCCLIII - Petites perles d'humanité récoltées dans un jeu en ligne dont je tairai le nom : Avec ma bulle d'invulnérabilité, je te chie dans le nez, sale... (*Mort soudaine ou MS*) T'inquiète, je maîtr... (MS) Je suis sûr qu'il est pas aussi balaise que... (MS) Ha ha ha ha ha h... (MS) Alors, t'es dans la merde, hein, t'es dans la merde... oh merde... (MS) Ha mais non... (MS) - (en groupe) Putain, mais qu'est-ce que vous avez tous à crever comme... (MS) C'est quoi ce gros truc... (MS). Bon, je vous garde les autres pour plus tard ou on y est encore demain.

 

 

 

CCCLIV - En parlant de jeu en ligne... Quand je vois la tétrachiée de trucs à faire pour sauver le monde des pixels, je vous raconte pas le bordel que ça va être si jamais on décide de sauver le vrai monde.

 

 

 

CCCLV - Vous m'avez cru mort et je suis revenu... Une septième fois... Vous allez me croire remort et je rereviendrai... Oui, "I'll be back" ça sonne mieux en plus court, mais moi au moins, je ne suis pas un gros pitre de veau aux hormones homophobe, neocon, et gouverneur d'un état d'Amérique.

 

 

 

 

            - OPUS HUITIEME -

 

 

 

 

 

CCCLVI - J'ai appris dernièrement qu'un Pape, en certaines circonstances qui m'échappent, peut, à l'instar de la limonade, faire des bulles. (*Prend la pose et l'expression du Penseur de Rodin, perdu dans d'improbables tentatives de représentations mentales de la scène*).

 

 

 

CCCLVII - L'autre question, c'est par où on souffle dans un Pape pour qu'il fasse des bulles ?

 

 

 

CCCLVIII - Apparemment, une bulle papale, ça peut "changer le monde". Y doit y avoir une question de coup de main, parce que Raymond Barre, en son temps à l'assemblée nationale, des bulles, il en a fait plus d'une et ça n'a jamais rien changé à rien.

 

 

 

CCCLIX - Lobo veut tester mes textes devant un public, alors que sur son blog, à la question "Qu'est-ce qui vous fait rire chez Wladymeer ?" il a eu 0 réponses. Je crois que le côté Kamikaze de ce garçon est un truc qui me le rend encore plus sympathique.

 



CCCLX - Bon, en même temps, si je reconnais qu'avec mes deux lecteurs les années d'affluence, je n'écris pour personne d'autre que moi, est-ce que ça ne fait pas de tout ça un truc un peu narcissique...

 

 

 

CCCLXI - ...

 

 

 

CCCLXII - Hmmm ...

 

 

 

CCCLXIII - Bah, peut-être que oui, mais j'ai déjà eu de bien meilleures raisons de me taire et je ne l'ai pas fait pour autant... On ne se refait pas, hein ? Reprenons.

 

 

 

CCCLXIV - J'ai entendu dire certains écrivains que trouver un titre était parfois l'étape la plus pénible du roman, le reste venant tout seul. Moi des titres, j'en ai plein : "Pas de saucisses pour John Kaiser", "Les fistules de l'exploit", "Comme un concombre dans la nuit"... Dans mon cas, le problème, c'est plutôt ce fameux "reste" qui vient tout seul chez les romanciers.

 

 

 

CCCLXV - Je viens de me relire tour à tour "L'heure de s'enivrer" d'Hubert Reeves et "La mort est mon métier" de Robert Merle. J’ai peur de m'être chopé un chaud et froid mental. C'est un peu comme un rhume de cerveau, en plus métaphysique.

 

 

 

CCCLXVI - "La solitude du coureur de fond"... Ca pourrait être pire, tiens : la "solitude du coureur de fond, en Corrèze, l'hiver". Là d'accord, y a de quoi se flinguer.

 

 

 

CCCLXVII - En partant de là, c'est vrai qu'on peut toujours trouver pire, tiens : "La solitude du coureur de fond en string, poursuivi en plein Himalaya par un yéti sodomite". D'accord, là, je grossis un peu le trait.

 

 

 

CCCLXVIII - Mais en suivant le chemin un peu plus loin, on en arrive à la "Solitude biologique", pas celle du coureur de fond, ni celle du plombier zingueur en particuliers : celle de tout le monde. Juste la solitude d'être soi. Celle qui murmure : "Tu es bien entouré ? Appuyé et soutenu par cet entourage ? Aimé et heureux ? Eh bien un jour, tu vas crever ; tout le soutien et l'amour de ces gens n'y changera rien, et sur ce, passe une bonne nuit".

 

 

 

CCCLXIX - Tiens, je suis à peu près certain que je tenais une idée "marrante" y a pas une minute... Perdue... Je crois que les trous de boulettes sur mon pull ne sont rien en comparaison des trous de boulettes dans mon cerveau. Les idées, elles tombent dedans...

 

 

 

CCCLXX - Intolérable, je me suis chopé un torticolis de menton et d'oreilles qui passe par la glotte : ça existe même pas et MOI j'arrive à l'attraper... mais c'est un cauchemar !

 

 

 

CCCLXXI - Qui a dit que les super héros n'existent pas... "Supeeer-Whiskyyy *ta-ga-daaaa* Pète sa gueule au torticolis mu-tannnt".

 

 

 

CCCLXXII - "Super Whisskyyyy *ta-ga-daaa* m'a filé une migraine monu-mentaaale"... Bon, Super Doliprane, j'espère que t'es aussi balaise que tu le prétends.

 

 

 

CCCLXXIII - J'ignore où exactement le nerf est coincé, mais je suspecte un truc dans le haut de la nuque. La grosse question est "comment cette saloperie arrive à me faire mal jusque dans l'ongle du gros doigt de pied" ?

 

 

 

CCCLXXIV - Si vous avez raté les épisodes précédents : "Après avoir pété son museau au torticolis mutant, Super Whisky se retourne contre notre héros, qui appelle Super Doliprane. Sur le terrain, Super Doliprane s’avère être une tapiole incapable en costume jaune. Après avoir appelé Super Pétard à son secours, en dépit des voix qui lui disaient "c'est pas une bonne idée", notre héros Super Malade va-t-il enfin se décider à appeler Super Médecin de nuit, au risque d'avoir l'air Super Con ?

 

 

 

CCCLXXV - En fonction du bras que je bouge, j'ai mal derrière la nuque, ou devant, dans le menton ou le sternum. Ce torticolis, si c'en est un, il est tellement pas logique que j'ai peur qu'il fasse mal à un voisin si je bouge une jambe.

 

 

 

CCCLXXVI - D'un autre côté, y a plein de cons parmi mes voisins. Réflexion faite, quand je compte le nombre d'autistes, qui silencieusement me laissent comme un merdeux avec mon sourire et mon bonjour, sous prétexte que mon look les intrigue, je danserais volontiers le smurf, là... si ça ne me faisait pas tellement mal à moi, en premier lieu.

 

 

 

CCCLXXVII - Bon, j'en connais une qui ne doit plus se sentir péter, depuis qu'elle a été désignée candidate officielle de son parti. Seulement voilà, elle est la 1ere personnalité d'un parti de 240000 personnes, alors que celui de Sarko en compte 300000. Attention, Séguignolène ! Dans ton dos ! Le vilain gendarme !!

 

 

 

CCCLXXVIII - L'affaire Clearstream c'est un peu comme ce jeu d'Intervilles où les gars se balancent une bombe et où celui qui l'a dans les mains quand elle pète a perdu. Je vous l'accorde, la comparaison n'est pas flatteuse pour la 5e République.

 

 

 

CCCLXXIX - A moins d'un mois de me retrouver vraisemblablement au chômage, est-il toujours aussi simple de trouver des trucs marrants dans les coins tordus de mon cerveau ? A bien relire le début de cette pensée, ça me paraît déjà curieusement mal barré.

 

 

 

CCCLXXX - C'est l'occasion de revoir un certain nombre de vérités. Tiens, l'employé des pompes funèbres de la pensée CCIII, que tu lui colles un nez rouge, qu'il te fait pas marrer... Eh ben le préposé de l'ANPE que j'aurai bientôt en face de moi, avec un nez rouge, il me fera pas marrer non plus. Il se sent moins seul, l'employé des pompes funèbres.

 

 

 

CCCLXXXI - Cinq ans de chômage au sortir des études, dont trois au RMI et deux en dépression profonde et lourdement médicamenteuse. Deux ans de boulot, et potentiellement un retour à la case départ. J'ai comme la vague impression que je n’arriverai jamais à l'âge du noble papy qui me tient lieu d'avatar.

 

 

 

CCCLXXXI - Je n’arriverai jamais à son âge, mais là, dans le miroir, j'ai déjà sa tronche. Je me demande si je dois considérer ça comme un genre de compensation.

 

 

 

CCCLXXXII - C'est bon, des fois, de rouvrir les vieux placards de son enfance... *OooOoOohhh mon vieux Nounours*... *OoOoh mon vieux Doudou*... *OoOooh, mon vieux Lexomil* Ha non, ça c'est le placard à pharmacie. Bon, de toute façon, c'était aussi l'heure d'aller fouiner dans ce placard là. Chier.

 

 

 

CCCLXXXIII - Ca y est... J'ai trouvé mon superpouvoir de la pensée CLXX. Je suis Herald Wladymeer, le héros qui résiste tellement à toutes les molécules connues que même un camion de valium ne suffit pas à m'endormir. Bon, je ne suis pas certain que ce soit bien utile dans une guilde, pour sauver le monde...

 

 

 

CCCLXXXIV - Alors oui, je vous vois venir, si le camion de Valium me roule dessus, je serai tout de suite beaucoup plus calme. En même temps, si on va par là, y a pas mal de trucs pas étudiés pour qui peuvent avoir de puissantes vertus anxiolytiques, hein.

 

 

 

CCCLXXXV - Une idée en entraînant une autre, je revois Jacques Villeret dans "Papy fait de la résistance", éructant qu'il ne va pas tarder à distribuer des petits bonbons au cyanure, après quoi "tout le monde sera beaucoup plus calme". Et là, j'ai envie de dire "Prems".

 

 

 

CCCLXXXVI - Si la plupart des héros de l'enfance sont insensibles au temps et ne vieillissent pas avec leur public, c'est pour lui épargner la vision... je sais pas moi... d'un Caliméro adolescent et SDF, qui oublie dans son héroïnomanie toutes les injustices subies tôt dans l'enfance, et avec lesquelles on l’a forcé à faire rire trois générations de gosses, par exemple.

 

 

 

CCCLXXXVII - Quand on parle chômage, y a toujours un crétin qui te parle de "rebondir". Je lui réponds en général que ses parents ont eu bien de la chance de pondre un môme en caoutchouc : c'est pas commun.

 

 

 

CCCLXXXVIII - Détail curieux : le mec jovial et tonique qui te conseille d'apprendre à rebondir, en général, lui, il est jamais au chômage ou sur le point de l'être.

 

 

 

CCCLXXXIX - L'explication était sous le bout de mon nez. Si le mec qui te donne ce genre de conseils n'est jamais lui-même au chômage, c'est souvent parce que c'est son métier d'apprendre aux chômeurs à rebondir : ça s'appelle un "coach" ou quelque chose comme ça. Un boulot dans lequel tu n'as jamais à mettre tes principes en action, sachant qu'avec la demande, t'es pas près de t'y retrouver, toi, au chômage.

 

 

 

CCCXC - Le sommeil... le seul truc qui peut soulager dans ces cas là, et forcément, le seul truc auquel t'as pas droit dans ces cas là. Pourquoi ça tombe tellement sous le sens, mon cher Murphy ?

 

 

 

CCCXCI - On dit rira bien qui rira le dernier. Avec ce qu'elle doit se marrer, elle ne peut pas être de si mauvaise compagnie que ça, la Camarde.

 

 

 

CCCXCII - Le tout, c'est de savoir si elle a le rire communicatif.

 

 

 

CCCXCIII - Le monde du travail est un grand cirque dans lequel ne se produisent que des clowns tristes et des funambules. Les clowns tristes, c'est les politiciens, et les funambules... ben c'est le reste.

 

 

 

CCCXCIV - Les pauvres cachent la misère de leur éducation comme ils le peuvent : derrière le prétexte fallacieux des contingences pécuniaires qui les poussent à préférer le pâté hénaff au foie gras, ils tentent simplement maladroitement de dissimuler le manque de goût profond qui les caractérise souvent.

 

 

 

CCCXCV - Attention, il ne s'agit pas de sombrer dans les généralisations faciles. Certains pauvres savent donner l'exemple. J'en connais un qui sait même différencier à la simple odeur un foie gras de canard banal cuit dans un mauvais Cognac, d'un foie gras d'oie cru au sel de Guérande. A tous les pauvres qui souhaitent tirer un trait sur leur ignorance gastronomique foncière, à tous ceux qui décident de lutter pour élever les valeurs de leurs papilles gustatives, j'adresse ce grand cri : "Faites comme mon pote Dédé avec son foie gras, chourez-le".

 

 

 

CCCXCVI - Et essayez de planquer une bouteille de Chablis dans la poussette du petit, vous verrez, ça va bien avec.

 

 

 

CCCXCVII - Si, consécutivement à une brillante initiative de l'ANPE qui aura su, à son sens, exploiter mes talents de traducteur, je me trouve à être le vigile du supermarché en question, j'aurai certainemen