16.02.2009
Vingt-troisième fournée
- OPUS VINGT-TROISIEME -
MCI – Les échos nocturnes ne parlent que de transits : des bruits de moteurs, des sons de pas qui disent que ceux qui en sont la cause ne sont ici qu’entre ailleurs et ailleurs. Même le bruit de la bouteille qui roule aux pieds du SDF écroulé sur un banc pas loin d’ici parle de voyage, pour statique qu’il soit. A chacun son ailleurs.
MCIII – Malgré la bipolarité radicale des symptômes qu’on leur associe, la tristesse catatonique et la colère confinant à la crise de rage sont des sentiments que je qualifierais de voisins, sachant à quel point il est simple de passer indifféremment de l’un à l’autre.
MCIV – Tu as tout à y gagner ou à y perdre arbitrairement. Tu ne peux pas savoir avant d’avoir essayé, et essayer ne garantit en rien le succès, loin de là. Je sais qu’on parle de la vie, mais un gars me dirait ça à froid, dans la rue, je croirais qu’il cherche à m’embringuer dans une partie de bonneteau.
MCV – Dieu est super fort au bonneteau. Hop hop hop, attention, sous quels gobelets ne se cache pas la pomme ? Perdu… allez, un gage.
MCVI – Je vais pas aller jusqu’à dire qu’il fallait qu’Adam bouffe la pomme comme il fallait que Judas trahisse Jésus pour que son destin s’accomplisse, mais disons que Dieu à dû sentir que s’il se résumait à la vie d’Adam et Eve occupés à ne rien faire, tout nus au beau milieu du paradis originel, le bouquin allait très mal se vendre.
MCVII – Et quand je dis que Dieu est balaise au bonneteau, c’est pas une image : tu prends Adam, il fait ce que Dieu lui interdit de faire, crac, il perd. Tu prends Abraham, il fait ce que Dieu lui ordonne, pan, il perd aussi. Inouï.
MCVIII – Si les hommes ne se serrent qu’une main quand ils se rencontrent, c’est que protocolairement, on reconnaît à l’homme le droit de garder une main libre, de façon à ce que cette dernière puisse rester crispée sur une arme habilement dissimulée, des fois que…
MCIX – Le quatrième amendement de la constitution américaine garantit à chaque citoyen le droit de porter une arme à feu. Le cinquième amendement, moins connu, autorise les enfants à courir partout avec un bâton pointu dans une main et une paire de ciseaux dans l’autre.
MCX – Syndrome de la guerre du golfe et de celles à venir… Parents réjouissez-vous : grâce aux cancers du colon qu’ils découvriront bientôt pas loin de l’endroit où était amarrée leur cartouchière à munitions en uranium appauvri, vos gamins seront des héros morts pour la patrie certifiés conformes, même s’ils sont revenus en vie… on arrête pas le progrès.
MCXI – Quand ton gamin te déclare solennellement pour la première fois que quand il sera grand, « y seura millitère », où se trouve la proverbiale voie du milieu, entre croiser les doigts en espérant que ça passe avec l’âge et lui passer les vingt premières minutes du « soldat Ryan » sur écran géant, à six ans et demi ?
MCXII – Authentique : tout à l’heure, Me Wladymeer est entrée dans la pièce au moment où la télé diffusait un genre de teaser du prochain machin de Benjamin Castaldi ; elle s’est instantanément mise à saigner du nez.
MCXIII – Je sais que les esprits chagrins pourraient invoquer la rhinite qui la pousse à se moucher quarante deux fois par heure depuis deux jours, mais personnellement, j’y vois plutôt un signe.
MCXIV – Qui plus est, ça corrobore deux hypothèses : celle formulée en MXLIX, postulant que le siège de la conscience peut se trouver dans le nez chez les Espagnols, et une théorie nouvelle affirmant que la télé réalité peut provoquer des traumas cérébraux.
MCXV – Dehors, des gamins font rien qu’à pétuler. Il déchirent l’espace de leurs courses, de leurs cris, et mettent des coups de pied dans le temps avec des éclats de rire hystériques : ils s’en foutent. De là à dire que je suis vaguement envieux...
MCXVI – Je sais que pour l’esprit mesquin, c’est facile de regarder ces gamins en se disant « Attends d’avoir trente ans pour voir la grosse crise de rire hystérique que va te causer ton prochain passage à l’A.N.P.E. », mais se consoler aussi tristement, c’est vraiment du nivellement par le bas.
MCXVII – Le gros problème, c’est qu’en raison des facteurs « temps » et « responsabilité », il n’existe aucun moyen de se dire qu’on est d’une certaine manière aussi heureux que l’enfant. On peut en revanche postuler statistiquement que cet enfant sera un jour aussi emmerdé que nous. Il n’existe donc aucun moyen de niveler par le haut.
MCXVIII – Avoir le temps de se regarder le nombril suffisamment pour se sentir vieux à trente cinq ans, comme c’est mon cas, c’est vraiment typiquement un problème de bourgeois désoeuvré. Je sens que je vais encore baisser dans ma propre estime ; sans risque heureusement de heurter quoi que ce soit : manifestement, c’est un puits sans fonds.
MCXIX – Dans quatre mois, en dépit de mes tentatives, mon droit au chômage sera interrompu sans que j’aie transformé l’essai, et nous verrons quelle place par défaut le système attribue à un « sculpteur-dessinateur-batteur-chroniqueur-prof de FLE-traducteur ». Les amateurs de pathos risquent de se régaler : dans le genre drolatique, ça va certainement péter des barreaux de chaises.
MCXX – Dans un film fantastique, quand l’homme crée un mutant, c’est un mutant méchant. Quand il fabrique un robot, c’est un robot méchant. Quand un ascenseur devient doué de raison, c’est un ascenseur méchant. Quand un truc devient anthropomorphique, il est méchant.
MCXXI – Et même quand ils sont gentils, à mon avis, il faut se méfier : Edouard aux mains d’argent doit avoir des envies de meurtre chaque fois que l’envie lui prend de se polir le mandarin.
MCXXII – Ai découvert autre poil blanc dans ma barbe ce matin. Si j’attrape celui ou celle qui déconne dans mon dos avec ma barbe et une machine à voyager dans le temps, ça va très mal se goupiller.
MCXXIII – Essayer de vous faire marrer avec mon malheur existentiel, ça n’a rien d’altruiste dans le fond : on est pas dans le don de soi. Ca me renvoie juste à moi l’impression que je ne souffre pas complètement pour rien.
MCXXIV – Résilience cérébrale : positivisme à double tranchant. Explicitement, ça dit juste que le cerveau a des ressources insoupçonnées pour se remettre de traumas terrifiants, s’il entre dans une démarche adéquate. Implicitement, ça peut signifier que tomber en dépression et y rester, c’est bien le vouloir, ne pas travailler assez à dépasser tout cela et aborder ses pulsions morbides avec une certaine complaisance : bref, tout sauf la faute du système.
MCXXV – L’expression résilience cérébrale vient d’ailleurs de la résilience tout court : cette capacité qu’ont certains métaux à reprendre leur forme originale quand les on les maltraite. C’est le mot « certains » qui fout tout par terre : tous les humains ne sont pas trempés dans le même métal. Une fois que tu les as pliés, certains restent tordus, voire cassés.
MCXXVI – Oh… et j’allais oublier le « déterminisme verbal »… mon pauvre monsieur Cyrulnik, je suis persuadé que vous êtes plein de bonnes intentions, mais si vous saviez où en sont certains, à force d’avoir entendu tout leur entourage affirmer qu’ils étaient forcément voués à un avenir brillant... C’est parfois pire que si on leur avait répété à tue-tête qu’ils étaient foutus à vie depuis la petite enfance.
MCXXVII – Pourtant, je suis persuadé que tout ce que l’auteur de cette théorie désire, c’est offrir à l’humanité les bonnes armes pour aller vers un véritable mieux-être… C’est dire le peu de moyens dont disposent les gens qui souhaitent améliorer la condition humaine.
MCXXVIII – Quelque part, je suis peut-être juste effroyablement jaloux de Boris Cyrulnik, en fait… Enfin, plus de sa capacité à se remettre de ce qu’il a vécu que de son vécu en tant que tel… ça tombe un peu sous le sens…
MCXXIX – Ma dernière statue s’améliore lentement : elle n’a plus l’air de faire le tapin, et sa posture commence à ressembler à celle d’un footballeur. A bien me relire, je me demande d’ailleurs si on peut authentiquement parler d’amélioration.
MCXXX – Footballeurs, ne vous méprenez pas : les péripatéticiennes et vous n’êtes pas dans mes termes les seules créatures de Dieu à partager le statut de bétail humain. Du technicien de surface au top model en passant par l’employé de bureau, on est même foule dans la bétaillère.
MCXXXI – Notre nature peut-elle nous permettre de nous considérer autrement que comme du bétail ou exigeons-nous inconsciemment d’être traité comme tel, parce que c’est sécurisant, dans le fond ? C’est la seule question qui demeure, parce que dans un cas, il reste de l’espoir, et dans l’autre on peut quitter la salle : à partir de là, le film est chiant.
MCXXXII – Il suffit de regarder un type comme moi suer d’angoisse à l’idée de rater un entretien d’embauche dans le cadre d’un emploi qui le rebute par ailleurs absolument, pour se rendre compte que la question précédente mérite d’être posée.
MCXXXIII – Et quand la vie te laisse une opportunité d’échapper à tout cela, en devenant rentier au mépris de tes valeurs, par exemple ; est-il possible de croquer le bon fruit mûr sans éprouver une culpabilité qui, à sa manière, vaut bien l’angoisse d’avoir à croquer chaque jour dans un fruit pourri ?
MCXXXIV – Je commence à envisager un renoncement total, himalayen, genre pagne rudimentaire, altitude, désolation, absence de possessions matérielles et tout le tremblement karmique.
MCXXXVI – Suis revenu de l’Himalaya. Le vide matériel, relationnel et affectif, c’est effectivement tellement de bonheur que le troisième jour, dans un grand éclat de rire hystérique, j’ai failli sauter dans le vide tout court.
MCXXXVII – J’ai été rattrapé in extremis par un Yeti qui gueulait « Fais pas le con, René ! ». De loin, avec ma tronche de la vraie vie, il m’avait pris pour son beau-frère…
MCXXXVIII – Cela étant dit, le jour ou les Yétis, Migous, Sasquatch et autres Bigfeet seront reconnus en tant que minorité ethnique, j’ai bon espoir de me trouver un job terrible dans une ambassade ou un truc du genre.
MCXXXIX – En marge de mes activités au parti mou, je suis d’ailleurs en train de monter un puissant lobby de « semi yetis affublés de patronymes peu vraisemblables ». Pour l’instant on est un.
MCXL – J’ai un copain très présentable avec un nom normal qui voulait participer, mais je lui ai expliqué que je devais me tenir à une ligne politique inflexible. Vexé, il a donc monté le cercle des « pas tout à fait semi yetis dotés de patronymes à peu près crédibles ». Parfait ! Pour que mon lobby serve à quelque chose, il ne lui manquait plus qu’un ennemi héréditaire.
MCXLI – Eh oui, on tue le temps comme on peut en attendant la suite. Voilà voilà voilà...
MCXLII – E8, touché coulé et mat… Putain, t’as encore coulé mon roi du premier coup ! Ha, je t’avais prévenu, aux échecs navals, avec les blancs, je gagne tout le temps.
MCXLIII – Entre deux et quatre heures du matin, aujourd’hui et demain sont un genre de yaourt avec des vrais petits bouts de « maintenant », dedans.
MCXLIV – Le temps est une illusion : « toujours » ne signifie rien, « jamais » est dépourvu de sens, et le temps que tu appelles « maintenant » par son nom, il s’est fait la malle.
MCXLV – Pour le définir plus clairement, maintenant, c’est maintenant, là, trop tard, réessaye.
MCXLVI – Un enfant, t’as beau le prévenir, il termine chez le dentiste : ça lui apprend la vie. Un banquier, tu le préviens, c’est pareil, mais il s’en fout : les caries des subprimes, c’est dans ta bouche qu’on va les fraiser.
MCXLVII – A l’embranchement marxisme / capitalisme débridé, j’ai l’impression qu’en bonne surdouée de la trajectoire idéale, l’humanité tenait sa carte routière à l’envers.
MCXLVIII – Sur un forum, j’ai vu une personne travaillant dans une banque s’inquiéter de son avenir proche. Curieux, ces samouraïs de la finance qui ignorent que « celui qui a peur de mourir ne devrait dans un premier temps pas partir à la guerre ».
MCXLIX – Comment lui faire comprendre qu’elle me faisait penser à un dompteur de tigres qui, après 15 ans de métier, réalisait subitement en se faisant emporter la moitié de la tronche que les griffes de 10 centimètres des bestiaux ne leur servaient pas qu’à se curer la truffe.
MCL – Un bref rappel de fin d’opus, donc, pour ceux qui peinent à assimiler les évidences : l’argent compte plus que vos existences, même si vous travaillez pour lui. Pactiser avec le diable, même en lisant le contrat entre les lignes, c’est vendre à perte… etc.
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29.12.2008
Vingt-deuxième fournée
- OPUS VINGT-DEUXIEME -
MLI – « La meilleure des victoires est celle qui ne nécessite pas de bataille » (Sun-Tzu). « Le meilleur des cocas est celui que quelqu’un d’autre va chercher pour toi au frigo » (Herald Wladymeer). Maintenant, vous la voyez mieux, la différence entre un gars qui doit être publié et un gars qui ne doit l’être sous aucun prétexte ?
MLII – Ca vous dit qu’on échange des trucs de bricoleurs ? Allez, le premier ou la première qui m’explique comment décoller la graisse des murs de ma cuisine, je lui donne ma recette secrète pour se brûler au second degré avec une banale ampoule de 60 Watts.
MLIII – Alors je sais que ça peut paraître ridicule de se blesser de la sorte, mais moi, l’ampoule, au moins, j’ai pas eu la bêtise de m’asseoir dessus… n’est-ce pas, monsieur l’heureux papa d’un souvenir de Paris.
MLIV – Ah oui, j’ai oublié de vous dire… il y a deux semaines, c’était une boule de billard. Cette semaine, à sa grande surprise, un praticien de mes amis a vu la tour Eiffel enneigée du côté de la face cachée de la lune, et sans télescope : une vision dépaysante…
MLV – Vous étiez prévenus que créativité de la nature humaine aidant, ce genre d’information édifiante risquait objectivement de revenir, de manière cyclique.
MLVI – Allez quoi, admettez-le… on a tous un pote dans le paramédical, qui arrive une fois par semaine pour l’apéro en disant : « Tu ne devineras jamais ce que j’ai trouvé dans le cul d’un gars ». Non ? Y a que moi ?
MLVII - …
MLVIII – Normalement, les trois points de suspension, c’est un truc pour faire grimper le score à peu de frais. Ce coup-ci, c’était un authentique moment de solitude profonde. J’espère que vous aurez su apprécier la différence, qualitativement parlant.
MLIX – C’est emmerdant cette obsession momentanée : aussitôt que je tente de m’écarter du sujet maudit, il est à peu près aussi difficile de m’extraire un bon mot que d’extraire une boule de billard de… Tenez, vous voyez ?!
MLX – Vite, réagir avant la transe hypnotique… voir grand… s’élever… L’univers : cette entité qui fabrique des étoiles, qui elle-même fabriquent de l’univers. L’univers, certainement le seul gars de son patelin à pouvoir se vanter d’être à la fois sa cause et son effet.
MLX – L’univers, qui avec ce sens de la géométrie simple et épuré, tout en étant effroyablement complexe, nous a offert une planète sphérique… ronde comme une boule de bill… Non ! Non ! Assez, quoi !
MLXI – C’est marrant, Galaxy Quest, c’est une comédie, mais le moment auquel le chef extraterrestre a ce regard d’enfant, dans lequel on voit s’effondrer l’image parfaite de l’humanité qu’il a prise comme modèle, j’ai chialé comme une merde pendant vingt minutes.
MLXII – Par la suite, combien de nuits sans sommeil j’ai intérieurement réentendu « We’re actors, Mathezar… », juste avant d’être pris d’une crise de larmes « plus ou moins » inexplicable.
MLXIII – Pourquoi ces rivières, mon bon Monsieur Souchon ? Je sais que pour un batteur de Death Metal, ça ne fait pas sérieux, mais quelle que soit la scène à laquelle il appartient, quand on croise un bonhomme, on lui dit « Monsieur ».
MLXIV – Il suffit de contempler « l’origine du monde » de Courbet, pour comprendre qu’on ne devrait jamais traiter quelqu’un de tête de con. Aussi absurde que cela puisse paraître, c’est plus un compliment qu’une insulte.
MLXV – Personne parmi vous ne saura exactement combien de temps de vie j’ai perdu à regarder le chiffre MLXV sans trouver quoi lui adjoindre. Quand on part explorer le cosmos, faut pas s’étonner de croiser des trous noirs, je suppose.
MLXVI – Dehors, un chien aboie : ça en fait au moins un de nous deux auquel la réalité de nos conditions respectives inspire un commentaire éclairé.
MLXVII – En raison de notre perception de nous-mêmes, on anthropomorphise plus le chien dans les moments où il nous regarde la patte tendue, avec des yeux où brillent adoration et intelligence, que dans les moments où il est en train de bouffer sa crotte … Et pourtant…
MLXIX – A l’échelle du temps cosmique, l’humanité, de son début à sa fin, ce sera à peine un éternuement. Techniquement, on en est au moment de l’histoire où l’odeur de toutes nos saloperies commence à chatouiller les narines de la planète.
MLXX – Qu’est-ce qui se passait « avant » ? Où est-ce qu’on va « après » ? C’est fou, les supplices tordus que l’esprit s’invente pour éviter d’avoir à penser à « maintenant ».
MLXXI – L’impossibilité de faire carrière dans le Death Metal est un problème à caractère chronologique. Le jour où nous serons reconnus pour le caractère visionnaire de notre travail, ce sera certainement le lendemain de l’apocalypse. Autant dire qu’en termes de public, on risque de jouer pour encore moins de monde.
MLXXII – Descendre se mettre la truffe au vent à l’heure où l’honnête homme sommeille. S’allonger sur le gazon. Contempler les étoiles. Se dissoudre dans l’espace. Expliquer au gardien qui fait sa ronde que ce n’est pas la peine d’appeler le SAMU. Des plaisirs simples.
MLXXIII – Mylène Farmer, c’est le portrait de Dorian Gray : elle doit payer quelqu’un pour vieillir à sa place.
MLXXIII – Le reste de son étrange personne n’a pas changé non plus : c’est toujours cet espèce d’iceberg en flammes qui s’est fait tatouer « j’ai encore été vilaine » sur une fesse et « je ne suis pas celle que vous croyez » sur l’autre.
MLXXIV – La relation avec le tabac, c’est donnant-donnant. Un jour tu le fumes ; un jour, c’est lui qui te fume.
MLXXV – Un bref dialogue avec la mort II : - Je voudrais pas crever trop vieux.- *Je peux t’arranger ça en deux coups les gros*. -C'est-à-dire… je ne voudrais pas crever trop jeune, non plus.- *Alors sinon, je fais aussi livraison de pizzas…*. -Sans rire ?- *A ton avis ?*
MLXXVI – Les petites heures mortifères du matin, où l’insomnie cède à la lassitude, qui, comme un courant d’air, vient mêler son souffle au dernier soupir de la conscience qui s’éteint peu à peu…
MLXXVII – *Voilà, voilà, j’arrive !*. Ha mais non, prenez pas ça au pied de la lettre, c’est une licence poétique, là… *Désolée, réflexe professionnel…*
MLXXVIII – Depuis que le premier truc doté d’une hélice d’acide désoxyribonucléique a pointé le bout de ses flagelles sur terre, à son boulot, la mort est sacrée employée du mois tous les mois.
MLXXIX – La réalité offre des solutions à tous les gens qui, dans un sens ou dans l’autre, savent faire montre d’opinions tranchés. Il n’y a aucune alternative pour les gens qui n’ont ni très envie de vivre, ni très envie de mourir.
MLXXX – Le Christ était venu nous sauver, mais il eut le malheur de vouloir commencer par estimer le mal-être de l’humanité, pour se faire une idée du devis, et demanda où se situait le malaise sur une échelle de 1 à 10, sachant que : « le niveau 1 c’est, disons, une légère nausée, et que le niveau 10, c’est carrément des clous dans les mains et les pieds ? »…
MLXXXI – Eh bien les braves gens l’ont renvoyé chez lui en guise de réponse, après avoir coché la mention utile, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas reçu d’accusé de réception.
MLXXXII – Ce sont ces mêmes braves gens aux mœurs champêtres qui continuent, dans certains coins, de clouer des hiboux aux portes des granges pour conjurer le mauvais sort. Pourquoi des hiboux ? Ben dame, on prend ce qu’on trouve : c’est pas tous les jours qu’on tombe sur des barbus excentriques qui veulent se faire clouer de leur plein gré…
MLXXXIII – « Bonjour monsieur, je représente la société « Terre de fenêtres », et je vous appelle pour la troisième fois ce mois-ci, afin de… ». Avec eux c’est le cas de le dire, si tu décroches une fois, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres.
MLXXXIV – Si on considère la méchanceté dont nous avons fait montre à l’égard de son fils, on ne s’étonne que peu ou prou que Dieu nous ait salement pris en grippe. Le paradoxe de notre condition, c’est que la punition semble tomber longtemps avant les faits reprochés…
MLXXXV – …Oui, c’est un paradoxe temporel. Normalement, la réalité abhorre ce genre de choses. Manifestement, seul Dieu a le droit de déconner plein tubes avec les paradoxes.
MLXXXVI – Ah, un lecteur féru d’écritures m’avertit qu’il n’y a aucun paradoxe dans l’histoire. Si la punition semble antérieure au délit, c’est qu’on purgeait déjà une peine relative au « pêché originel » : un vol de pomme à l’étalage raconté par un mystique un rien exalté… j’ai pas tout saisi.
MLXXXVII – Après ça, je m’étonne moins que la chrétienté soit en perte de vitesse. « Tu déconnes grave avec Dieu, tu manges copieux. Quand ça suffit, il t’envoie un sauveur et là, tu le cloues à deux planches ». Va pérenniser plus de deux millénaires une entreprise dont le service consiste à faire admettre aux gens qu’ils appartiennent à une espèce aussi stupide.
MLXXXVIII – Et puis bon, le poids des pêchés des âges, les fautes des pères, tout ça, lyriquement, je suis pas contre, mais tu trouves pas que ça commence à être longuet ?… Dédé... ça existe, en vrai, les peines incompressibles de deux mille huit ans ?
MLXXXIX – En Yiddish, on peut résumer notre condition à deux mots : « Oï veï ». Dans le genre concis, on fait difficilement mieux.
MXC – M. et Me Wladymeer regardant M. et Me Smith en pleine prise de bec sur « la salière au milieu de la table ». (HW) T’y crois… cette fausse embrouille… (Me W.) On ne sait pas… peut-être qu’on s’engueulerait plus souvent, si on avait une table plus grande. La pensée post-moderne frémit d’effroi à l’idée qu’un jour, nous puissions enfanter.
MXCI – « Nos métempsychoses, ces avatars dévolus aux affabulations contrefaites de nos consciences tintinnabulantes et autres cénesthésies inénarrables ». La langue française est magnifique, même quand on s’en sert pour dire des choses parfaitement dénuées de sens.
MXCII – Ca à l’avantage de rester beau à l’oreille même quand ça ne sert à rien. Certains romanciers ont d’ailleurs bâti des empires sur ce principe. Dans le cadre de ce blog, ça fait aussi monter le score à peu de frais.
MXCIII – La rentrée littéraire a l’air tellement chaude que la climatisation va poser un arrêt maladie. Il va falloir envisager le bon vieux seau d’eau froide.
MXCIV – Avant, beaucoup de romans étaient simplement nombrilistes. Aujourd’hui, certaines personnes s’imaginent que c’est carrément leur trou de balle qui mérite de figurer dans la bibliothèque aux cotés de Sartre ou de Cioran.
MXCV – D’un autre côté, une part de moi hésite à les contredire. En effet, à l’instar des esprits fantaisistes qui épatent régulièrement le personnel des urgences à renfort de boule de billard ou de tour Eiffel, ces romanciers démontrent qu’une vérité profonde se cache vraisemblablement dans le rapport qu’entretient l’homo sapiens à son propre fondement.
MXCVI – Je repense à cette histoire de pêché originel. Une pomme qui fait grimper le QI, un serpent qui cause. Tout ça me paraît d’un réalisme contestable … Moi, je suspecte plutôt un genre de grosse allégorie métaphorique.
MXCVII – Oncques me reprochait dernièrement l’amertume sous-jacente de nombre de mes propos. Je ne suis certes pas un grand pourvoyeur de merveilleux, mais au moins, je ne suis pas un gros néo nazi comme Walt Disney ou un gros pédophile comme Lewis Carroll.
MXCVIII – La différence entre Pee Wee Hermann et Michael Jackson, c’est que dans le second cas, en raison des origines supposées de l’accusé, la partie civile ignorait si elle devait déposer la plainte auprès du FBI ou de la NASA.
MXCIX – Le fait qu’on ait arrêté les essais nucléaires ne signifie pas qu’on ait arrêté les tests ou la fabrication d’armes toujours plus puissantes. Simplement maintenant, la mort se quantifie sur Pentium core-duo, virtuellement, sans polluer… en tout bien toute horreur.
MC – « La grosse angoisse au goût amer… ne s’use pas, même quand on s’en sert ». Voilà pourquoi la communication, en ce qui me concerne, c’est foutu. Tous les slogans accrocheurs qui tuent sans mentir au client me sont inspirés par des trucs invendables…
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20.10.2008
Vingt et unième fournée
TOME SECOND
Note à caractère introductif - Il est un temps où tout homme d’esprit se sentant décliner après avoir tutoyé les sommets, doit savoir écouter la raison et renoncer aux applaudissements, aux vivats de la foule (oui, quatre personnes : forcément, sur les sommets, on croise peu de monde), et savoir s’effacer humblement, comme la vague atteignant le rivage ou comme le lapin explosant après avoir contracté la myxomatose. Usant de la sagesse séculaire qui est la sienne, Herald Wladymeer, puissent les anges du firmament chanter son nom, a décrété que ce temps, je cite : « …viendra plus tard ». Bravant d’un regard noble et altier les muses aux humeurs versatiles qui ont déserté sa demeure désormais vide d’inspiration, mais bravant également la crise, la hausse des cours du steak et par extension les cours en hausse, la chute du cours de l’intellect et par extension les cours en baisse, les intempéries, les avanies du sort, son taux de cholestérol, l’angoisse que lui inspire la calvitie des autres même s’il n’a aucun problème de cet ordre, la difficulté d’exister et les ratons laveurs, oui, bravant tout cela, Herald vient effectivement de déclarer au terme d’une phrase imbitable et très mal construite de pas loin de douze lignes, qu’il continuerait de perpétrer, je cite : « …à donf’ ». En tentant l’aventure périlleuse du second recueil, Wladymeer entend prouver à l’humanité que l’homme vient bien des étoiles, puisque sa bêtise, à l’instar de l’univers, est je cite : « …prodigieuse, abyssale, insondable » (fin de citation). Réjouis-toi, élu parmi les élus qui parcours ces lignes en cet instant glorieux, car elles vont changer ton existence : quand tu auras réalisé que tu perdais un temps précieux à les lire, tu feras n’importe quoi d’autre de ta vie, ce sera beaucoup plus constructif, et tu auras tiré de cet ouvrage un enseignement supérieur.
« And now for something completly different »…
- OPUS VINGT ET UNIEME -
MI – Pour commencer ce second recueil dans la droite ligne des habitudes de la maison, je me dois de procéder à un rectificatif… Je ne suis pas certain que la myxomatose fasse exploser les lapins : j’ai dit ça comme ça. Un peu comme le reste.
MII – Si l’expression « commerce équitable » prête à sourire, c’est que dans la pratique, conçu par l’homo sapiens, le commerce a statistiquement autant de chances d’être équitable que Benjamin Castaldi a de chances de décrocher un prix Nobel de philo.
MIII – L’Oréal, parce que je vaux bien qu’on torture des bestioles dans des labos de cosmétique ; parce que ma seule beauté justifie qu’on injecte du shampooing à des souris, et parce que derrière mes airs de poupée siliconée, j’ai un système frontal de vision binoculaire, qui au sein des mammifères détermine mon appartenance à la classe des prédateurs. Pigé ?
MIV – A toutes les braves bêtes dotées de bonnes tronches de victimes, la nature a donné un système de vision latéral, de façon à voir les prédateurs jusque dans leur dos. A nous, elle a donné une vision frontale, parce qu’avec nos tanks et nos fusils, on aurait eu l’air fins si on avait eu les yeux à la place des oreilles.
MV – En résumé, chez les mammifères, les proies ont les yeux sur le côté, et les prédateurs sur le devant. Ca confirme une règle qu’on connaît tous d’instinct : il faut se méfier de tout ce qui peut te regarder droit dans les yeux.
MVI – Et quand ça utilise que deux pattes sur quatre pour marcher, tu peux te méfier carrément huit fois plus.
MVII – Vous avez noté, dans la pub l’Oréal, la fille ne dit pas « parce que je le mérite bien », mais « parce que je le vaux bien ». Lexicalement parlant, la distinction est frappante.
MVIII – Et je n’ai jamais dit que ça avait un côté « deux cent la demi-heure ou mille cinq la nuit ; j’ai des frais en cosmétiques » ou vous avez la vue perçante, parce que c’était vraiment écrit tout petit entre les lignes.
MIX – Sur mon paquet de clopes, on peut lire « Fumar puede matar ». J’ai un vague idée de ce que ça raconte, mais je préfère penser que ça ne concerne que les Espagnols.
MX – De l’autre côté du paquet, il est question de fertilité, et ils n’ont pas tort. Moi qui songe parfois à ma descendance, j’ai peur qu’en l’état, mes spermatozoïdes refusent de s’installer dans un ovule dépourvu d’espace fumeur.
MXI – On n’est jamais aussi bien trahi que par ses amis. Vous avez tous un pote avec qui vous avez mêlé votre sang, à l’indienne. C’est lui qui trente ans plus tard est devenu le parrain de votre petit dernier… oui, celui auquel il vient d’offrir une trompette en plastique.
MXII – Dans son bureau, Me Wladymeer à des statuettes de fées très « hi hi hi ». Sur le mien, j’ai un buste de Spawn très « har-har-har ». Malgré les prétendues subtilités de nos psychés respectives, les archétypes de héros masculins ou féminins restent relativement prévisibles.
MXIII – Des fois j’écris des trucs et en me relisant le lendemain, je me dis : « c’est pas possible, t’as pas fait ça». Si je le publie par la suite, ce n’est que pour me morigéner publiquement d’avoir osé concevoir un truc pareil.
MXIV – Une expression populaire parle de « s’emmerder à cent sous de l’heure ». Dans la réalité des choses, si s’emmerder payait cent sous de l’heure, je serais multimillionnaire, à ce jour.
MXV – Modeler, sculpter, c’est vraiment un art de tricheur : tu prends des formes qui étaient déjà présentes dans l’espace, et juste parce que tu viens ajouter ou soustraire de la matière à cet endroit précis, tu dis : « Regardez, c’est moi qui l’ai fait ».
MXVI – Quand je ne sais plus quoi écrire, je me choisis une cible aléatoire dans l’appartement, et soumets arbitrairement à mon ire un objet de consommation, que je sacrifie sur l’autel du manque d’inspiration.
MXVII – Tiens, Le poulpe en peluche de Me Wladymeer qui est en train de faire une bise en peluche au hibou en peluche… Acquisition de la cible… Verrouillage… Ah, on m’avertit par oreillette que cette cible est protégée par l’O.T.A.N. et que tout mot d’esprit déplacé est susceptible d’entraîner des mesures de rétorsion…
MXVIII – Tiens, et ce personnage avec son déhanché raté, qui voulait ressembler au David de Michel-Ange et qui à l’air de faire le tapin… Ha non… ça, c’est ma dernière sculpture…
MXIX – Dans le genre frustrant, c’est encore pire que de ne pas savoir quoi écrire.
MXX – Tiens, l’écriture aussi, c’est vraiment un art de tricheur. Tu prends des mots qui existent déjà tous et tu fais rien qu’à les mettre bout à bout : eh ben fatalement, ça finit par faire des phrases…
MXXI – Et le dessin alors… Dans la feuille blanche, y a tout ce que tu pouvais y mettre ; toi, tu ne fais que choisir des traits dans l’infinité de traits que la feuille blanche propose, alors que si ça trouve, le trait invisible était encore mieux avant que tu ne l’aies « maladroitement décalqué ». C’est dire si le dessin est un art de tricheur : à la base, la feuille blanche dessine mieux que toi.
MXXII – Dessin, sculpture, gribouillage grammatical… Le jour où j’écris mon autobiographie, j’intitule ça « l’imposture comme posture ».
MXXIII – Dans la République de Platon, entre le dessin et la sculpture, j’aurais deux bonnes raisons d’être banni en tant qu’ « imitateur d’imitations » (si si). Seule l’écriture sauverait peut-être ma peau.
MXXIV – *La voix de Platon* : « Non, parce que même comme ça, t’es qu’un imitateur d’écrivain, ha ha ha… et un, et deux, et trois – zéro ! Tu sors ! ».
MXXV – Note pour plus tard : « Don’t fuck around with Plato ».
MXXVI – Minot, on a toujours envie de devenir le héros du dernier film qu’on a vu. Jusqu’au moment où on comprend qu’il y a toujours une part du contrat qui est intenable : pour être Superman, faut voler, pour être un Jedi, il faut bouger des trucs avec l’esprit… pour être un highlander, il faut porter le kilt…
MXXVII – Avec le temps, on passe par pas mal de vocations plus ou moins réalistes : astronaute, agent secret, pompier ; jusqu’à l’âge de raison. Le truc, c’est qu’à aucun moment on a rêvé de devenir Herald Wladymeer… eh bien, je vous le donne en mille…
MXXVIII – L’âge de raison est celui qui distingue la réalité des illusions d’enfance ; l’âge auquel on accepte le poids de la vie et une certaine forme d’asservissement. Typiquement, pour celui qui exploite ta force de travail, ton âge de raison, c’est celui auquel dans le genre brave con docile, t’es mûr à point.
MXXIX – La philosophie, c’est un peu l’alpinisme de la pensée. On entame une ascension vers l’idée pure. Personnellement, j’ai toujours eu une préférence pour la spéléo.
MXXX – La névrose, c’est l’adaptation de soi à la réalité. La psychose, c’est l’adaptation de la réalité à soi. Quand mon buzzer sonne le matin, si je décide qu’il ne s’agit pas de mon réveil, mais de mon voisin qui écoute de la tektotruc et que je me rendors, ça fait de moi un psychopathe ?
MXXXI – Si l’important était de participer, on n’aurait jamais inventé les médailles et les podiums. Bon, en France, à défaut d’avoir des médailles, on a des valeurs… bisque bisque…
MXXXII – Attention, je n’ai jamais dit que ce n’était pas une saine philosophie ; c’est juste que dans les faits, l’importance accordée à la participation est la signature philosophique des losers.
MXXXIII – Je reviens deux pensées en arrière. Si l’important était de participer, on aurait quand même créé des médailles. C’est juste que les seuls à ne pas en avoir seraient les trois gars qui sont arrivés en premier et n’ont donc rien compris à la philosophie du truc : ils font rien qu’à participer pour gagner au lieu de participer pour participer.
MXXXIV – Pour en finir avec le sujet, si l’important c’est « de participer », mes fautes d’orthographe, mes deux commentaires et moi, on va devenir hyper importants, dans le paysage littéraire.
MXXXV - *Voix du serveur automatisé des ASSEDIC de l’ouest francilien*… Pour le mois de Septembre, vous déclarez ne pas avoir travaillé, ne pas avoir suivi de formation, ne pas toucher de retraite ou de pension d’invalidité de deuxième ou troisième catégorie, et être toujours à la recherche d’un emploi. C’est pas grave : l’important, c’est de participer…
MXXXVI – Au regard des différents papiers à remplir et autres acrobaties à effectuer pour faire valoir ses droits, je me dis qu’on devrait créer un Bac Z pour les aspirants chômeurs. Chômeur, c’est un job à plein temps qui nécessite un certain niveau de qualification.
MXXXVII – Parmi mes choix d’orientations estudiantines et professionnelles en devenir, j’ai pensé un temps à faire « Marx ». J’ai regardé le cursus, ça m’a filé des sueurs froides, alors je m’en suis tenu au niveau d’études nécessaires pour avoir la barbe de Marx : c’est un début.
MXXXVIII – Si je n’étais pas conforté dans la certitude de mon talent par les cris enthousiastes d’une foule de trois personnes, je commencerais à penser que ce blog est un genre d’éloge personnel à ma propre médiocrité.
MXXXIX – Remarque, ça fait toujours un truc en moi qui est digne d’éloges. Certaines personnes sont trop communes pour pouvoir se targuer d’être médiocres.
MXL – Et dire que Me Wladymeer a délibérément choisi de passer sa vie avec ça... Je ne comprends toujours rien aux femmes, mais leur irrationalité caractéristique est sous certains aspects bien arrangeante.
MXLI - Lucie va au marché pour acheter dix laitues dont les prix décroissent, au ratio de 3% de la valeur base par unité achetée. Elle doit acheter du café pour un montant égal au deux tiers de la racine cubique de la somme dépensée dans les laitues, après quoi elle pourra aller réparer la plomberie qui fuit, à raison à raison d’un litre par centime ramené en monnaie des courses et par heure. Doit-on prévenir la protection de l’enfance ?
MXLII – Une pierre de huit tonnes qui tombe de très haut et toi qui tombe avec, vous allez à la même vitesse, mais au bout du compte, même si t’as pris un super départ et que tu t’écrases en premier, c’est la pierre qui gagne. Une réalité mathématique lapidaire, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots.
MXLIII – Il doit y avoir un moment où la matière a eu le choix entre rester de la matière « inerte et éternelle » ou devenir de la matière « pensante et mortelle ». A aucun moment elle ne s’est raclée le chaudron pour voir s’il n’y avait pas moyen de devenir de la « matière pensante immortelle » : elle a tout salopé le travail pour terminer en vitesse. Aujourd’hui, elle s’en mord les doigts, la matière pensante… bien fait pour nous.
MXLIV - … Et Beethoven qui écrivait de la musique alors qu’il était sourd. Tiens, je me disais, il ne me manquait plus avec la musique qu’un art de tricheur pour parfaire ma panoplie d’imposteur.
MXLV – J’ai un copain qui travaille aux urgences, dans le personnel soignant. Cette semaine, c’était une boule de billard. Je n’en dis pas plus, ce serait trivial.
MXLVI – Césarienne, points de suture… Félicitations, monsieur, c’est une boule de billard ! Désolé, c’était plus fort que moi
MXLVII – J’ai peur que ce genre d’anecdote lénifiante revienne de manière cyclique dans mes recueils, le goût de l’expérimentation étant chez l’homme aussi développé que son inventivité est dépourvue de limites.
MXLVIII – Grand ménage de printemps. J’ai failli acheter un second aspirateur pour nettoyer le premier tellement c’était grave. La trente-huitième heure, j’ai également pensé à m’acheter une corde.
MXLIX – « Por narices » : expression castillane signifiant : « pour ou par mes narines / parce que mes narines le décident » (sic). L’idée que le siège de la conscience d’un Espagnol puisse se trouver dans son nez prête à rire, comme quand on décrète par chez nous « j’en ai plein le cul » après avoir mentalement séché trop longtemps sur un problème.
ML – Et un de torché en trois jours… c’était vraiment pas la peine de faire la Diva quittant la scène.
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27.08.2008
Tome premier
- LES VERITES VRAIES D'HERALD WLADYMEER -
TOME PREMIER
Biographie de l'auteur : Longtemps, Herald Wladymeer a oeuvré à devenir le génie que sa mère voyait en lui. Elle disait que l'essentiel est invisible aux yeux et qu'on ne voit bien qu'avec le cœur, malheureusement la pauvre femme était myope du cœur. A ce détail près, Herald aurait certainement révolutionné la pensée de son siècle, mené l'humanité à l'illumination suprême ou encore inventé un truc meilleur que le museau vinaigrette… Il n'en est rien, mais à l'instar de nombre de ses semblables qui pour ne rien avoir à dire n'en ferment pour autant pas leur bouche, Herald Wladymeer a décidé de ne pas quitter ce monde sans avoir partagé avec lui les réflexions que ce dernier lui inspirait. Parallèlement à sa carrière d'historien du Gouda, Herald, qui a cessé d'essayer de révolutionner la pensée de son siècle, s'est fixé le challenge plus humble de révolutionner la pensée de sa cage d'escalier, avant éventuellement de s'attaquer à la révolution de la pensée de l'immeuble voisin. Voici donc le premier mégalithe de maximes et préceptes avec lesquels il est déjà parvenu à se rendre sympathique et donc presque célèbre auprès de son voisin du dessous…
- OPUS PREMIER -
I - Heureux les mangeurs de merde, car la vie les gâtera plus souvent qu'à leur tour.
II - Heureux les fans de Jean-Claude Van Damme car ils n'attraperont jamais la méningite.
III - On dit que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, j'en déduis que la Mort est stupide.
IV - La loi de Parkinson postule que la réussite d'une entreprise repose sur la délégation de pouvoirs à des incompétents surpayés, mais pas jusqu'en bout de chaîne, sinon tout le monde est milliardaire et ça fait désordre.
V - Si tout le monde était riche à millions, le dernier cri serait d'afficher des signes extérieurs de pauvreté.
VI - Le seul VRAI luxe, c'est de vivre la vie d'un cerveau de 132 ans dans un corps de 20 ans, qui ne vieillit pas, mais personne n'a les moyens de se l'offrir.
VII - La vie est un jeu auquel la Mort est très mauvaise gagnante.
VIII - On a coutume de dire que l'argent donne tous les pouvoirs… j'attends quand même de voir sur un ring un grizzly face à un milliardaire à poil armé d'une carte bleue.
IX - L'originalité, c'est rouler en Skoda à Monaco, et encore, même pas.
X - Il vaut mieux être une fesse d'huître qu'un cul de jatte.
XI - Antigel, antivirus, antibrouillard, on ne compte plus les inventeurs qui ont fait fortune avec le préfixe "anti-", alors que le seul qui mérite des sous, c'est celui qui inventera un truc antimort.
XII - L'homme invente des moyens de créer les choses avant de les détruire, puis des moyens de les reconstruire avant de les recassser. Bref, l'homme s'occupe comme il peut.
XIII - La joie d'être invité à une soirée diapos, c'est comme l'ivresse d'un grand verre d'eau.
XIV - Un dîner de con, pour celui qui invite, ça consiste à présenter les sucreries avant les entrées.
XV - Un dîner de con, c'est pas une table à laquelle on mange un con… encore que… d’une certaine manière…
XVI - Le comble de l'originalité, c'est de ne pas la rechercher : l'originalité est donc un non-sens type.
XVII - Si l'industrie du bâtiment prospère et évolue toujours en plus grand, c'est pour suivre celle de l'armement : on ne va pas gâcher des Bombes A sur des huttes, tout de même.
XVIII - Au prix que coûte l'armement du pays en impôts, on devrait considérer l'assurance d'une bonne grosse guerre par génération comme un acquis social !
XIX - Les astrophysiciens se bricolent une théorie unifiée de la matière, puis la démontent au profit d'une théorie quantique basée sur les propriétés émergentes et les structures intimes des Quarks. Bref, un rien les amuse.
XX - Stephen Hawking, si en plus il était balaise en kick-boxing, ce serait vraiment un coup à avoir des complexes.
XXI - L’autosuggestion face à la vie revient à éteindre la lumière sur une merde, noyée au préalable sous une bouteille d’essence de résineux. A vue de nez, on a toujours l’impression que quelqu’un a chié derrière un sapin.
XXII - Pour floue et intangible qu’elle soit, la notion de musique des sphères, artéfact de l’émerveillement inspiré à l’humanité par le mystère insondable du cosmos, en est devenue une expression emblématique. La musique des cubes proteste vigoureusement.
XXIII - Pour avoir créé l’homme, on peut affirmer que Dieu n’est pas un intellectuel écologiste de la gauche plurielle.
XXIV - Parvenir sans honte et en toute légèreté d’âme à arborer publiquement un costume orange et vert à pois violets est une grande victoire sur l’humanité.
XXV - Avec une bonne rage de dents, le plus convaincu des pacifistes est d’humeur à tuer n’importe quoi.
XXVI - L’alcool ça saoule, ensuite ça tue : comme la vie, mais plus vite.
XXVII - Vus de Pluton, l’Homo Sapiens et la Musca Domestica ont tous les deux les pieds dans la merde.
XXVIII - Les atomes qui constituent le pingouin, mais aussi le merlu frétillant dont se goinfre le pingouin, sont les mêmes. Plus fou encore, tous proviennent de la fournaise d’une étoile à neutrons. Un pingouin qui pète, c’est déjà la musique des sphères.
XXIX - Dans la théorie, la phrase «Tous les hommes naissent libres et égaux en droits» incarne la perfection de notre pensée morale. Dans la pratique, on se dit que «la perfection n’est pas de ce monde», sinon les mômes angolais risquent de renâcler sur le chemin de la mine.
XXX - L’avantage d’une nature dichotomique, voire contradictoire, c’est qu’on peut à la fois être le sommet de la création et une belle saloperie sans avoir de problème de digestion.
XXXI - Le ligre aime l’eau et la déteste tout à la fois. L’homme s’affiche beau tout en se trouvant laid. On se demande parfois en face de la vie s’il s’agit d’une énergie qui naît de subtils déséquilibres entre information et entropie ou si c’est juste n’importe quoi.
XXXII - Dixit les astrophysiciens qui sont le plus à même d’en parler, l’univers est une grosse énigme dont la partie connue est «un tout s’étendant à l’infini dans un rien, au sein duquel des rapports subtils de déséquilibres entre forces nucléaires et forces électromagnétiques permettent la naissance et l’évolution de la matière sur l’échelle de la complexité, jusqu’à émergence de la conscience». Pour nous autres, y réfléchir trop longtemps, c’est un coup à devenir alcoolique.
XXXIII - Le plus beau pied de nez de la nature à l’homme, c’est de lui avoir filé un cerveau suffisamment gros pour qu’il puisse se rendre compte que des organismes primaires dépourvus de conscience peuvent vivre jusqu’à 600 ans, et pas lui… bisque rage…
XXXIV- Le roseau plie et le chêne se brise, mais le roseau termine comme élément décoratif de l’appartement zen du mois, dans une revue de mode pour midinette décérébrée, et il est bien attrapé, ce sale prétentieux.
XXXV - La méthode Coué appliquée à la dépression, c’est bien joli, mais à essayer de transformer la merde en beurre à la force du cerveau, l’esprit garde l’haleine qui pue.
XXXVI - La chair est faible et j’ai lu toutes les blagues Carambar.
XXXVII - Mon royaume pour un royaume plus gros.
XXXVIII - Penser très fort, ça bouffe les graisses du cul pour éviter de bouffer celles du cerveau. En même temps, ça repose l’éternelle question du siège de l’intelligence humaine.
XXXIX - Une numérotation indexée en chiffres romains, ça donne vite l'impression qu'on a fait une somme de trucs effarante.
XXXX - La vraie amitié, c'est le pouvoir de regarder sans s'effondrer de rire un pote renverser son cornet de frites en regardant sa montre. L'amitié, à l'instar des atomes, est donc une chose sur laquelle on glose sans jamais l'avoir vue.
XXXXI - Avec le temps, on a inventé de quoi débloquer, dévisser, dégripper, désintoxiquer, désensabler, désembuer, déneiger, désembourber, déclouer, et pas UN SEUL truc qui permette de démourir… c'est lamentable.
XXXXII - Vincent Lagaff’, tout en arrivant manifestement d'un coin ou le renouvellement du patrimoine génétique manque sévèrement, est un modèle de réussite sociale. Je suppose qu'on a les élites qu'on mérite.
XXXXIII - Certains objets, certaines inventions résistent à toutes les formules de marketing censées les promouvoir. La nouvelle canule de rétention anale siliconée "Truffax" : vous ne la connaissez pas encore et pourtant vous l'aimez déjà".
XXXXIV - Si c'est bel et bien celui qui le dit qu'y est, c'est pour autant celui qui l'entend en premier qui rentre chez sa mère en pleurant… surprenant.
XXXXV - Avec un trombone à coulisse, on n'est jamais tout seul sur terre.
XXXXVI - Si je lui explique que sa médiane est ridicule, que ses parallèles sont au mieux pathétiques et que la somme de ses côtés pue du cul, l'octogone cesse t-il d'être un polygone à huit côtés et huit angles par NATURE ? La réponse à cette question explique pourquoi l'éducation de l'espèce humaine est un combat perdu d'avance.
XXXXVII - Quand on pense qu’il faut les forces et les énergies d’un univers entier pour que les mécaniques célestes accouchent d’un caillou, d’une amibe, de Bernard Henry Lévy ou de vous et moi, il y a de quoi choper la migraine.
XXXXVIII - La vie intelligente existe ailleurs dans l’univers, c’est un fait, mais je pense que sa réticence à nous contacter vient du fait qu’elle n’a pour l’instant pas réussi à assimiler les règles de la belote coinchée.
XXXXIX - J’imagine qu’un extra-terrestre en mission de reconnaissance qui assiste pour la première fois à un match de Curling doit faire une drôle de tête au moment de faire son rapport.
L - Chez les scouts, on apprend à s’envoyer des messages silencieux avec des codes visuels élaborés, pour pas que les écureuils et les limaces n’aient vent des manœuvres secrètes.
LI - En dessinant des yeux, un nez et une bouche à l’extrémité d’une saucisse de Montbéliard, on se fabrique un copain pas chiant à peu de frais.
LII - Si le prétendu profond respect de l’être humain vis-à-vis du règne animal était autre chose qu’un pur prétexte à l’anthropomorphisme, on offrirait aux enfants des ténias en peluche.
LIII - Piquer sa fourrure à un animal quand on se fait virer la sienne à grand renfort de laser chez une esthéticienne hors de prix, c’est vraiment du vice.
LIV - On a beau dire, un verre de Nuits-Saint-Georges pour faire passer un bleu d’auvergne sur un pain aux noix, c’est mieux qu’une paire de baffes dans la gueule pour faire passer un suppositoire au cyanure, n’en déplaise aux stoïciens.
- OPUS SECOND -
LV - Frappez à la porte de vos voisins du troisième. Si besoin est, mettez le pied dans le chambranle pour les empêcher de la refermer et pénétrez les lieux. Enjoignez la maîtresse de maison (si présente) ou n'importe qui à ouvrir la fenêtre si elle ou il ne tient pas à devoir appeler le vitrier à grands frais. Une fois la dite fenêtre ouverte, prenez votre élan et sautez à travers. Voilà, à raison de 2m30 de plafond en HLM, vous venez d'accomplir le plus vieux rêve de l'homme sur 6 mètres 90 (en moyenne). Les amateurs de sensations fortes peuvent initier la manoeuvre depuis le 4e étage, mais ce n'est pas très raisonnable.
LVI - A la recherche de la nouvelle star : tous les ans, une nouvelle vedette découverte pas loin de chez vous et 15 Clowns dans les quartiers voisins.
LVII - En face de l'adversité, adoptez la philosophie du Kamikaze : le jour de l'audition de la star ac' 28, interprétez au Jury "Tiens, voilà du boudin" à pleine voix.
LVIII - Attention, grand air d'opéra et grand air du large, ne pas confondre : Carmen ne débouche pas les sinus.
LIX - Attention, « Ha, mais oui », « Ha, mais pas du tout » : choix épineux. « Ha, mais oui » met en avant votre manque de relief personnel. «Ha, mais non » vous entraîne neuf fois sur dix dans une discussion interminable et désespérante avec un crétin indécrottable.
LX - Un jeu amusant à pratiquer en grande surface, à l’instant fatidique où votre personne physique (les tympans en premier) croise le petit Kevin en train de transcender le concept de hurlement, en compagnie de sa génitrice. A) - Attirer l’attention de Kevin. B) - Pointer du doigt le rayon jouets. C) - Dire à Kevin «Tu l’as vu le gros paquet de cartes Pokétrucz ? Je te jure que je t’attends derrière les caisses pour t’en faire cadeau si tu brailles de toutes tes forces que ta mère est une grosse truie incapable de t’éduquer, et j’te parie que t’es même pas cap’, en plus».
LXI - L’univers est une source intarissable d’énigmes et de questions sans réponses, dont certaines naissent à la porte de chez nous : tenez, cette chaussette sur le fauteuil, eh bien je serais infoutu de dire depuis combien de temps elle est là.
LXII - Les astrophysiciens nous font des révélations scandaleuses en termes d’éthique sur le comportement du temps : figurez-vous que ce dernier ne s’écoule pas à la même vitesse avant-hier sur Mars et aujourd’hui par chez nous. Sur Pluton, vous êtes peut-être mort depuis 4 jours et on ne vous a mis au courant de rien : INTOLERABLE !
LXIII - Si le temps est une notion « relative », j’aimerais déménager vers un coin de l’espace où il s’écoule « relativement » plus lentement.
LXIV - « Mon royaume pour un moment de temps », aurait hululé une tête couronnée au moment de partir rencontrer le seul vrai Dieu. Personnellement, j’aurais ajouté « Pis ramenez Dédé, son jeu d’échec, et une bouteille de Côtes de Blaye, sinon on va pas tarder à s’emmerder ferme».
LXV - O temps, suspends ton vol… oui… voilà… pose-toi gentiment sur ce câble à haute tension…
LXVI - C. Baker prétend que la machine à voyager dans le temps n’est pas une impossibilité théorique : il suffit de téléporter les deux extrémités d’un trou noir à différents endroits de l’espace pour que le wormhole généré mène à différents moments du temps. Et la note d’essence du téléporteur de trous noirs alors ? Ha !
LXVII - Il a fallu des milliers d’années pour passer de Lucy à Descartes, et moins de quatre siècles pour passer de Descartes à Omer Simpson… D’Oh !!
LXVIII - L’objectivité manque à l’espèce humaine. Un faire-part de naissance objectif, ce serait un truc du type « M. et Mme Trumeau ont la joie de vous annoncer l’arrivée de leur petite larve hurlante qui éructe ses mucus et leur chie dans les mains ». C’est sûr, c’est un peu aride…
LXIX - Paradoxe de l’interaction culture - sous culture : vous, je ne sais pas, mais moi, il y a des gars comme Vincent Lagaff’ qui me donnent instantanément envie de me replonger dans la lecture de la « séance de sac » de Michaux.
LXX - Certaines personnes pensent qu’un matin ensoleillé ne peut s’accompagner que d’accords parfaits et de musique classique stricto sensu : c’est faux ! Un voisin con qui tombe dans l’escalier, musicalement, c’est post-moderne et ça fonctionne très bien aussi.
LXXI - Le Gentleman, disent nos amis Anglais, est un homme qui sait jouer de la cornemuse et qui ne le fait pas. Ha bon… même un Gentleman Clown ?
LXXII - Levez-vous et rendez-vous à la salle de bain. Allumez la lumière, postez-vous face au lavabo, et hurlez « Bonjour le monde ». Voilà, à moins que vous ne vous soyez pété l’aorte, vous venez de démontrer que le ridicule ne tue pas.
LXXIII - Aimer son prochain c’est bien. Le détester c’est mal. Heureusement que la nature humaine est ambivalente, sans quoi on serait forcés d’aimer les cons … au secours !!
LXXIV - Le jour où on découvrira le gène de la connerie, le rire cessera également d’être le propre de l’homme… Ca c’est plus emmerdant, d’un coup…
LXXV - Proverbe africain : « Rire de l’anus de son voisin n’est pas un crime » (authentique). C’est d’autant moins un crime que l’anus est sourd.
LXXVI - Attention ! Rire de l’anus de son voisin n’est pas un crime, mais rire de l’anus du prophète de son voisin nuit gravement à la santé.
LXXVII - Aimez-vous les uns les autres, mais seulement entre personnes humaines, majeures et consentantes, bordel de merde.
LXXVIII - La lecture de Deleuze dans le fauteuil d’un salon est instructive. La lecture de Deleuze sur une paire de chaussures à ressorts est ludique. Après, c’est une question d’école.
LXXIX - La roulette génétique… un coup sur mille c’est Albert Einstein ; les 999 coups restants, c’est juste Albert… réfléchissez bien avant de faire un gosse.
LXXX - Le fusil a un ou deux tubes, l’orgue en a pleins. Les tubes du fusil opèrent à l’horizontale et ceux de l’orgue à la verticale. Sinon, tout cela est très semblable, dans le fond : les deux font un vacarme assourdissant et servent à rapprocher le gars qui est du mauvais côté du tube de son créateur.
LXXXI - Avoir une bonne idée par jour, c’est pas gagné à l’avance et ça paye même plus son steak : je comprends un peu les gens qui choisissent de rester bêtes.
LXXXII - A l’instar du chat qui s’étouffe sur une croquette pour berger allemand, le pauvre est par nature incapable de goûter aux plaisirs des grands de ce monde. Tenez, moi qui ne suis pas bien riche, je ne boufferais de caviar que sous la menace d’une arme : ce truc est plus salé que la Mer morte et c’est sorti du cul d’un poisson, en prime…
LXXXIII - « Je ne sais pas où on va, mais c’est sûr qu’à force d’y aller comme ça, on va bien finir par y arriver » : j’ai perdu le nom de l’auteur de cette citation, mais je pense qu’elle date d’il y a bien longtemps. Manifestement, à l’époque, l’homme avait encore le temps de ne pas savoir où il allait.
LXXXIV - Le mythe de la caverne de Platon, c’est un peu comme un épisode du Muppett Show, en plus aride.
LXXXV - Au soir du 5 mai 2002, notre fend-la-bise de Président boutait la peste brune hors des urnes où la saloperie s’était nichée, et dans un grand élan d’euphorie, la France entière acclamait son sauveur : « Gui-gnol-Gui-gnol-Gui-gnol… »
LXXXVI - Une fois encore, si le prétendu profond respect de l’homo sapiens vis-à-vis du règne animal était autre chose qu’un pur prétexte à l’anthropomorphisation, la mouche à merde serait la meilleure amie de l’homme.
LXXXVII - C’est vrai que la lecture d’Hubert Reeves pousse à renouer avec la nature. Depuis que je me suis fait une idée du tonnage mondial de bombes A en lisant « Mal de Terre », en bon Candide, je cultive mon jardin. J’y creuse à 112 mètres de profondeur un bunker de 50 mètres carrés.
LXXXVIII - Prenez le plus triste discours du plus sérieux des hommes politiques, prononcé au pire moment, et passez-le en accéléré. Le gars qui arrive à se retenir de rire, alors là, je lui dis Monsieur…
LXXXIX - A mes heures perdues, quand je suis en quête d’un éclat de rire facile pour tuer la monotonie, j’imagine la tête du scientifique qui réalisera qu’il vient de passer 50 ans à accoucher d’une machine à décrypter le langage animal, pour entendre un Hamster lui dire « Con d’humain, va ».
XC - Si je suis forcé de voir mon existence défiler devant mes yeux avant de mourir, même en accéléré, j’espère que le monteur aura coupé les moments passés à me beurrer une biscotte tous les matins ou encore tous les moments où je me suis coupé les ongles, sinon on est pas rendus.
XCI - Enfant, j’ai une et une seule fois dérobé un gâteau sec dans la réserve de ma grand-mère. Je suppose que tout être humain à sa part de ténèbres et de secrets sordides à porter.
XCII - Allez, on dit que pendant 5 ans on centralise les efforts pour que tous les humains de la planète aient l’occasion de se rencontrer une fois et de se mettre une claque dans la gueule, à tour de rôle. Après, on dit que c’est fini pour de bon, que tout le monde fait la paix et on repart VRAIMENT sur des bases saines… hmm ?...
XCIII - Le Quiz du misanphilanthrope (voir encart à propos) : Méritez-vous des baffes ?
-a) Vous pensez mériter des baffes.
-b) Vous êtes persuadé(e) de ne rien avoir d’une tête à claque.
-c) A bien y réfléchir, vous n’êtes sûr(e) de rien.
* Vous avez une majorité de –a) : il faut être stupide pour se morigéner de la sorte, vous méritez une baffe, ça vous fera chougner pour quelque chose.
* Vous avez une majorité de –b) : le doute n’est pas permis, une telle autosatisfaction mérite une bonne paire de claques dans le bec, non mais.
* Vous avez une majorité de –c) : la mollesse de vos opinions trahit votre paresse à la réflexion, vous devriez vous appliquer à vous-même un taquet tonique dans le museau pour vous réveiller.
XCIV - Addendum au Quiz précédent : de toute façon, pour peu que vous ayez lu le premier Opus, vous avez passé au moins 20 minutes à lire ce blog, vous êtes en retard chez le dentiste, vous êtes vraiment une buse et vous méritez définitivement une claque.
XCV - J’ai envie d’ouvrir un bar qui s’appellerait « Aux gens médiocres » : j’aurais pas de clientèle, mais appeler « Aux amis de la poésie » un bouiboui à viande saoule, jamais.
XCVI - Cela étant dit, il y a plus de poésie dans un bouiboui à viande saoule que dans un bureau d’expertise comptable, preuve par neuf que tout est relatif.
XCVII - Plus j’y réfléchis, plus je me demande où la poésie survit encore, sinon dans les bouibouis à viande saoule.
XCVIII - Pour briser un cercle vicieux, il faut introduire un élément de surprise. Je propose que le prochain Président de la République soit tiré au hasard comme au Loto. On ne peut pas savoir tant qu’on n’a pas essayé…
XCIX - Faut pas pousser Mémé dans les orties, à moins qu’elle ait des problèmes de circulation sanguine… là, c’est de l'altruisme.
C - Bryan est intenable ? Il néglige ses devoirs et fait l’avion alors qu’il n’a même pas d’hélices, ce crétin ? Prenez un air solennel avant de déclarer : « Tu sais, une souris, ça vit deux ans, pas plus ou rarement. Mickey, il a 78 ans… c’est déjà très long pour un rongeur, mais tu sais, les miracles ça ne dure pas éternellement ». Laissez agir.
CI - Bryan est intenable ? Depuis que vous lui avez dit que Mickey allait mourir, il vous fait une crise d’angoisse, trépigne, bégaye pire que Woody Allen, hulule en mouchant force morve et il est 16h45 à peine. Ha, ben ouais, mais bon...
CII - C’est effroyable… si je ne trouve pas un moyen de ruser le sort, cette chaussette sur le fauteuil restera éternellement une chaussette en voie de pétrification sur un fauteuil en voie de pétrification, et moi qui pense, je vais CREVER UN JOUR !! TROUVER L’IDEE, VITE !
CIII - Mars, et ça repart… mais y faut quand même s’y prendre avant l’extrême-onction.
CIV - Je n’ai pas changé, je me suis juste déguisé en vieux.
CV - J’ai enlevé mon nom sur toutes mes affaires, sur ma boîte aux lettres, sur la porte de mon appartement, sur l’interphone, sur tous les signes extérieurs de ma présence. Mon existence est purement administrative, et c’est PAR l’administration que la mort devra me trouver le jour venu… J’ai gagné 15 ans de rab’ à coup sûr.
CVI - C’est la tortue, la véritable reine de la création, plénipotentiaire au vrai sens du terme. Quand l’huissier de justesse arrive pour saisir les biens, elle rentre la tête et les pattes… et sonne, mon con !
CVII - Si lors d’une soirée mondaine on me présentait Hubert Reeves, le monsieur qui a écrit « Patience dans l’azur », alors que moi j’ai écrit les pensées d’Herald Wladymeer, je pense que je me présenterais comme un plombier… qui s’est perdu… ou j’inventerais un truc.
CVIII - Raymond Letruve est l’inventeur auquel on doit, ou plutôt auquel on ne doit pas le Biniou à réaction. Le seul prototype fût construit dans une remise très à l’écart de toute civilisation, et le cadavre de Letruve, pulvérisé au premier essai en tentant un Fa dièse, n’a jamais été retrouvé… L’humanité est sauve.
- OPUS TROISIEME -
CIX - Vous avez un gros besoin de rire d'un prophète sans risquer une seconde édition du 11 septembre ; riez de Bouddha : à priori, il y a peu à redouter d'une escadrille de bonzes en lévitation se jetant sur la tour Montparnasse...
CX - Le jour ou le Christ a présenté aux apôtres un excellent Côtes-du-Rhône en disant "Buvez, ceci est mon sang", il a fallu retenir un gars qui arrivait avec une canule et un maillet à percer les fûts. L'humanité, tu lui files le petit doigt, elle te bouffe l'épaule avec.
CXI - Vous avez un truc à raconter à vos amis, mais vous avez peur (certainement à raison) que cela n'intéresse personne : commencez par agiter les bras et débutez votre phrase par "Incroyable, fantastique, inouï,".
CXII - En venir aux mains lors d'une discussion est parfaitement déshonorant, à moins qu'il ne s'agisse d'une discussion avec un sourd-muet.
CXIII - L'arme secrète des fanatiques de Mahomet, c'est un réseau terroriste tentaculaire. L'arme secrète des fanatiques de Jésus, c'est les Scouts de France... Pauvre Jésus, les mécréants n'ont pas fini de se payer sa fiole.
CXIV - HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HA !! Pardonnez mon fou rire nerveux : je préparais une réflexion sur le couple, quand, sur un flash de ma conscience malade, je fus dans une vision saisissante le témoin involontaire des ébats amoureux de François Hollande et de Ségolène Royal. Ca a tout cassé net.
CXV - Dans l'espace, il n'y a pas de points cardinaux, pas de gauche, de droite, de dessus ou de dessous, pas de haut, ni de bas... Tu dois faire super gaffe où tu poses tes affaires, sinon tu ne les retrouves jamais.
CXVI - Un D.J. quelconque a dernièrement repris le générique de Collargol en version techno. Je demande la rédaction immédiate d'une Fatwa : Collargol est le prophète des abeilles, il y a des trucs avec lesquels on ne peut pas déconner, bordel de merde !!
CXVII - Il ne faut pas parler du Tibet à un ministre chinois, ça le fâche tout ROUGE, cette couleur parfois si proche du brun.
CXVIII - Déprimé(e) ? Prenez un 33 tours d'une chanson triste à l'extrême et passez-le en 45 tours.
CXIX - A défaut de révolutionner la pensée, je fabrique une machine à la découdre (la pensée). Je ne sais pas encore bien à quoi ça peut servir à l'humanité, mais bon, ce sera là si quelqu'un en a besoin.
CXX - Une semelle de 43 sur un cafard, ça fait *sprotch*. Un éboulement en montagne sur un humain, ça fait *sprotch* pareil. On est bien peu de choses, mon vieil Hector.
CXXI - Notre dette nationale nous mène droit à la mise sous tutelle : dans pas longtemps on pourra plus dire Europe de l'Est et Europe de l'Ouest... Toute l'Europe sera l'Europe de l'est. Il va falloir bouger les pôles pour que l'Europe se trouve à l'Est de la terre... ça va être un bordel monstre...
CXXII - Ha-ha-ha, Ho-ho-ho, Hu-hu-hu ... Voilà, nul ne saurait dire si je rigolais de l'ongle incarné de Bouddha, de la barbe de Mahomet ou du dernier Woody Allen... preuve incontestable qu'il n'est pas interdit de rire du prophète : il est juste interdit de préciser que c'est de lui qu'on rigole.
CXXIII - Si la montagne ne vient pas à toi, consulte les écrits de Confucius. Si la montagne vient à toi, consulte un spécialiste.
CXXIV - Après la mort, les âmes pures s'élèvent vers un lieu hors du temps et l'espace, où coule le miel et où les hot-dogs sont gratuits. Les âmes impures, elles, partent vers les cercles de l'enfer, du côté de Villetaneuse.
CXXV - 82% des français ont voté pour un escroc qui promettait de faire tout ce qui est en son pouvoir pour se faire mettre en prison s'il était réélu... La candeur des foules imbéciles ne vaut pas son poids en or, mais elle vaut son poids en bulletins de votes, c'est mieux que rien.
CXXVI - 82% des français ont voté pour un escroc qui promettait de faire tout ce qui est en son pouvoir pour se faire mettre en prison s'il était réélu... Il est comme ça, le Français : quand il faut que justice soit faite, il met le PAQUET !
CXXVII - Dans l'espace, il n'y a ni haut, ni bas, ni gauche ou droite, ni rien de ce que nous y avions détaillé précédemment. Si tu rencontres un Néerlandais, eh ben t'es drôlement emmerdé pour lui expliquer où se trouve l'office du tourisme, même si t'as fait Néerlandais langue vivante I.
CXXVIII - A mesure que le temps passe et que la science progresse, il devient évident que la vie intelligente existe ailleurs, qu'elle peut avoir établi sa logique de pensée sur des critères qui nous sont parfaitement étrangers, et que toute rencontre, en l'absence d'une préparation adéquate, pourrait être fondamentalement déroutante pour chacun des deux partis. Moi, dès aujourd'hui je m'entraîne, je pars pour le Japon.
CXXIX - Oui-Oui-Oui !!... Non-Non-Non !!... Voilà, je viens en concentré de vous faire une manif' ET une contre manif' en règle (démocratie oblige), et comme toujours, ça n'a strictement RIEN changé à la merde dans laquelle vous et moi sommes, mais ça valait la peine d'essayer.
CXXX - Quelqu'un m'a demandé où j'allais chercher tout ça... J'ai essayé d'y réfléchir, résultat, ça m'a tué l'écriture des semaines... C'est fini, plus jamais je pense avant d'écrire une pensée.
CXXXI – « Les petits trucs mous qui gigotent, c'est pratique pour accrocher les chats »... En me basant sur certaines croyances populaires ayant trait à la spontanéité de la pensée, je me demandais si en mettant les mots parfaitement au hasard, et en les écrivant d'une traite, on pouvait sur une intuition mystique sortir une phrase de sagesse, une vérité profonde porteuse d'un enseignement supérieur... Manifestement ça foire.
CXXXII - Dans un genre voisin, certains mystiques amateurs de paranormal prétendent que des personnes sensibles peuvent percevoir des messages de l'au-delà, dans cet exercice collectif d’écriture spontanée nommé « cadavre exquis ». J'ai essayé en compagnie de quelques âmes sensibles de ma connaissance pour le résultat suivant : "Geronimo s'acharne avec un manche à balais, sur la lune". Si un de mes lecteurs est medium, il est prié de contacter Geronimo pour le prévenir que sa conduite ne mène à rien.
CXXXIII - Si à ma mort les portes du Paradis s'ouvrent à moi et que je tombe sur un truc qui ressemble à Disneyland, je crois que je me tue... ah merde, non, c'est plus possible... Bingo, il va falloir que je reprenne un anxiolytique.
CXXXIV - Si une fois le trépas survenu, on porte pour l'éternité les vêtements qu'on portait à l'instant de sa mort, non, je n'aimerais définitivement pas être à place du type qui mourra un jour de chaud dans son costume de Casimir, lors d'une soirée "trentaine régressive".
CXXXV - J'ai dernièrement été la victime d'une surprise désagréable, d'une déception profonde... En regardant un des nombreux courts-métrages d'aventure qui passent entre les émissions de télé, je me suis rendu compte que le fameux Capitaine Iglo avait nommé son fier navire le "Fishstick". Aucun homme de mer n'aurait donné à son bâtiment un nom aussi grotesque. O, la vilenie, mon héros préféré est un putain d'imposteur !!
CXXXVI - J'ai découvert dernièrement que les petits courts-métrages qui viennent émailler les émissions de télé s'appellent des "publicités". Je ne sais toujours pas à quoi ça sert, mais c'est rudement mieux que les séries. La nana, elle a un problème existentiel, son linge est dégueulasse... Eh ben en 18 secondes, un gars lui explique qu'il faut de la lessive et c'est marre. Dans une série, il faut 15 saisons réparties sur trente ans pour qu'elle la trouve, sa saloperie de baril.
CXXXVII - Sur sa tombe, le plus célèbre des créateurs de Cartoons américain a fait graver "That's all folks". La vache, c'est fort. Moi j'ai réfléchi, je pense que je mettrai juste "Merde à celui qui le lira". Les cons s'en offusqueront et c'est tant mieux. Les gens lettrés qui savent lire entre les lignes, ceux qui savent que dans le noble métier du théâtre, merde signifie "Bonne chance", les amis des mots qui jouent, comme moi, avec : ceux-là m'en seront reconnaissants. Vu l'état du monde aujourd'hui, c'est qu'il en faudra de la chance, à ceux qui me survivront.
CXXXVI - La pensée est un exercice solitaire qui se pratique dans l'errance. Une errance vers la cuisine et je ponds un truc rigolo sur le boeuf bourguignon ; une errance vers les chiottes et je fais un truc sur les politiciens...
CXXXVII - Je dois avoir un regard qui dit "Essaye de me réveiller aux aurores au son du cuivre, et ton clairon, je te l'enfonce dans la gorge avant de chier dans le cornet". Autrement, je ne vois pas comment le gars des trois jours a pu d'un seul coup d'oeil déterminer qu'il devait m'exempter.
CXXXVIII - C'est celui qui le dit qui y est, voilà un non-sens type : je viens de le dire et pourtant, je l'suis pas et j'y suis pas... Ou alors je défie quiconque de me dire où je suis ou qui je suis après l'avoir dit. Des volontaires ?
CXXXIX - On dit que la peur donne des ailes, et pourtant, on n’a jamais vu personne s'envoler, même en cas de nécessité vitale. Ha oui, mais c'est qu'on n’a jamais dit que la peur te donnait les PLUMES avec...
CXL - J'ai la preuve absolue que la peur ne donne pas d'ailes : les poulets n'ont pas PLUS d'ailes depuis le début de l'épidémie de grippe aviaire.
CXLI - J'ai décidé de me faire psychanalyser chez un monsieur qui fait ça aux gens. A la première séance, je l'ai senti désappointé. A la seconde, la dépression pointait sur ses traits. A la troisième, ses signes vitaux étaient imperceptibles et c'est moi qui essayais de lui expliquer comment décrocher des anti-dépresseurs par l'étude des trous dans le gruyère. Aux dernières nouvelles, il est parti dans une lamaserie, au Tibet.
CXLII - J'ai un jour été pris d'une passion, que dis-je, d'une pulsion aussi brutale qu'impérieuse pour la pratique de la pétanque, jusqu'au moment où on m'a expliqué que le but du jeu n'était pas d'éliminer l'équipe adverse "physiquement", avec les boules. O, la déception cosmique.
CXLIII - Entendu à l'instant sur Arte "...un reportage sur la vie du petit Basilio, 14 ans, au fond d'une mine d'argent meurtrière". Saloperie de crevure de mine d'argent meurtrière de merde, avec ses sales petits étais puants !!... Encore heureux que le mec qui envoie Basilio là-dedans est un philanthrope soucieux de fournir un travail au gamin, ça compense la monstruosité de la mine.
CXLIV - Les premières grandes démystifications surviennent tôt dans l'existence... Super Hamster *tadaaa* grignote la prise de cou-rant *tagadaaaa*, et quelques instants après, les super héros n'existent plus...
CXLV - De bon matin, dans la brume funeste des gaz d'échappement et malgré les quelques guenilles de sommeil qui s'accrochent à l'esprit, le cerveau ne peut déjà s'empêcher de travailler aux matières transcendantales. Un flot de stimuli visuel perce toute défense et frappe la rétine. Les visages, les expressions et les postures s'imposent à l'oeil qui pense, et là, les questions métaphysiques s'enchaînent "D'où vient l'homme ?", mais surtout "Qui a chié dans ses Corn-Flakes, ce matin ?".
CXLVI - Plus je bois, moins je fais gaffe à ce que j'écris. Si je ne me surveille pas un brin, un soir de grosse cuite, je vais finir par écrire un truc intelligent et je devrai pratiquer un suicide rituel aussitôt que je m'en apercevrai.
CXLVII - Hier soir, j'ai vraiment cru entrer en lice pour une rencontre du troisième type. En fait non, c'était un voisin bourré, déterminé dans la dernière extrémité de la détermination à rentrer chez moi au lieu de rentrer chez lui. J'ai raccroché au nez du mec de la Nasa et j'ai appelé les flics.
CXLVIII - Un prétendu attaché culturel est venu chez moi et m'a dit sommairement : "J'ai capté ton blog grave, c'est trop frais, ta vibe est complètement on-line avec le mood du temps, faut qu'j'en cause au Maire". Je n'ai rien compris, mais le "Je vais le dire au maire" ne m'a pas échappé. Je l'ai poussé dans l'escalier, ce sale petit fayot.
CXLIX - Je poursuis, je persiste et je signe une fois par Opus : si le prétendu profond respect de l'homme pour le règne animal était autre chose qu'un pur prétexte à l'anthropomorphisation, Gontran le morpion serait aussi populaire que Maya l'abeille. Gonnn-traaann, le mor-piooon *tagada* Le copain qui vit dans ton fiooon *tagada-tsoin-tsoin-hür-hür*... Convaincus ?
CL - La diététique préconise quand on a pas faim à l'heure du souper de se forcer quand même à manger un peu. C'est ridicule (puisqu'on vous dit qu'on n’a PAS faim) et c'est brûler les étapes. Moi, quand j'ai pas faim, je commence par l'apéritif. Tant que j'ai pas faim, je prolonge l'apéritif. Après, je vais me coucher. Qui dort dîne.
CLII - Les nourritures spirituelles vont bien avec les spiritueux. Encore une fantaisie étymologique ma foi fort plaisante.
CLIII - A 16 ans, on se dit que c'est marrant le métal, que ça réveille et que ça passera avec l'age, et curieusement, à 35, on s'aperçoit au détour d'une cerne profonde qu'on en écoute toujours, et qu'en plus, la chanson "Midlife crisis" de Faith No More a pris un sens tout nouveau.
CLIV - Si les pleurs d'un enfant tuent un ange, la population d'anges au Paradis doit avoisiner la population humaine en Sibérie.
CLV - Allez ! On se remotive ! On rigole ! On allume la télé à l'heure des émissions de divertissement ! Ouais, c'est lagaff' ! Vite un antidépresseur ! Youpi, au lit !
CLVI - Certaines agressions entraînent une réaction inversement proportionnelle du corps défendant. Quand je vois un débat politique, plus les types s'énervent, plus je m'endors. C'est bien foutu l'organisme.
- OPUS QUATRIEME -
CLVII - Avec l’habitude, certains détails poétiques de la vie perdent de la saveur, de la consistance. Par exemple, sous Giscard d’Estaing, avec l’habitude, on a oublié qu’un grand chauve cagneux qui arrive vers toi en disant : « Moi, c’est Valérie », c’est d’un surréalisme qui frôle la magie.
CLVIII - La plus belle princesse au monde ne peut donner que ce qu’elle a, nous dit la sagesse populaire. La princesse la plus laide du monde, elle peut pas donner plus que ce qu’elle a non plus, mais elle fait pas son intéressante comme l’autre grue.
CLIX - J’ai repris les plans du biniou à réaction dont il était fait mention dans le second opus. Si je ne me tue pas au premier essai comme mon prédécesseur, je promets à l’humanité une plaie biblique.
CLX - Alors, le prophète harangua la foule en ces termes : « Alors, viendront les vagues et avec elles les Hydres et Léviathans qui viendront manger la terre et les hommes de la terre, et voilà pour eux. Aztargrüm sortira du néant, accompagné des myriades portant son sabre à 77 lames, et ils sèmeront la tourmente. Tout ça, et en plus, Castaldi animera une émission de télé ».
CLXI - Les prédicateurs de fin du monde sont de plus en plus nombreux. Or, les faits sont là, ils ont de moins en moins de chances de se planter. Paco Rabanne n’est pas un fou, c’est juste un gars qui a mal choisi son moment.
CLXII - Se gratter en public une couille qui démange, c’est pas bien glorieux, mais c’est humain et c’est d’une banalité affligeante. Se gratter en public une couille qui ne démange pas, c’est du dandysme.
CLXIII - Desproges disait que passer pour un con aux yeux d’un imbécile est un plaisir de gourmet. Il en est mort, de dire des trucs intelligents, Desproges. Faut se méfier de l’intelligence. J’ai l’impression confuse que plus un être se révèle intelligent, plus il doit se sentir en proie à une solitude cancérigène.
CLXIV - Apparemment, il semblerait bien que rigor mortis et réactions post mortem aidant, le gars qui vient de mourir, parti ou pas en laissant un dernier mot d’esprit, laisse également derrière lui de vieilles traces de frein au fond de son slip kangourou. Ca complique la donne. Il ne s’agit plus simplement de partir en laissant au passage un aphorisme immortel, il s’agit de trépasser en trouvant un moyen de se chier dessus avec classe, de manière à marquer les générations futures. Comme si c’était pas assez compliqué comme ça de crever tout court.
CLXV - C’est curieux, hein, quand un de nos proches a un bon gros cancer, on peut essayer de faire le clown autant qu’on veut, c’est souvent le clown blanc qui se manifeste et rarement l’auguste.
CLXVI - Un verre, ça va. Trois verres, bonjour euh… Bonjour, les verres, c’est sympa d’être venus à plusieurs.
CLXVII - « La foule des humains est un faible troupeau, qu’effroyable pasteur, le temps mène au tombeau », et le pire, c’est que le temps te fait passer par Châtelet RER aux heures de pointe.
CLXVIII - Dans notre paysage audiovisuel, la violence l’emporte sans nul doute possible sur l’esprit. C’est d’une logique implacable. Le gladiateur se bat à coups d’épée scintillante. Le mathématicien se bat à coups de théorèmes imbitables : ça passe beaucoup moins bien à l’écran, forcément.
CLXIX - Bon, les enfants, on a un monde à sauver, on se remonte, les manches un grand coup, on met les vêtements qu’on a pas peur de saloper, on regarde la liste, on prend des calmants et hop, au lit.
CLXX - Allez, si on considère que l’autosuggestion a des chances de fonctionner, pour peu qu’on se fixe un but raisonnable, on se cherche tous un superpouvoir CREDIBLE, on monte une guilde et on sauve le monde. Pour donner l’exemple, je commence : Je suis Herald W. le héros qui peut… attendez… … … ça va venir…
CLXXI - La disparition de l’espèce humaine est un gros problème pour l’esprit qui la pense. Une bonne solution, c’est la misanthropie, mais elle ne résout qu’une moitié du problème. Avec la misanthropie, la disparition de l’humain, tu t’en tamponnes le coquillard, mais comment tu fais pour ne pas disparaître avec lui, hein, gros malin ?
CLXXII - Et voilà, tu fais le pitre pour faire marrer une fille, résultat, le seul à être plié de rire, c’est le gars qui te fait une radio à l’hôpital Bichat. Bien joué, Caliméro-Dom-Juan.
CLXXIII - Quand on fait la somme de toutes les conneries qu’on peut dire, faire, et entendre dans une vie, on se dit que tant qu’elle prête à rire, Dieu doit aimer la bêtise, sans quoi il nous aurait fait différents. Ca rassure.
CLXXIV - Certaines personnes savent chanter n’importe quoi avec une gaieté perfide et communicative. Quand Trenet chante « Soudain mon cœur fait BOUM ! », on oublie que la plupart du temps, quand un cœur fait boum, c’est un infarctus du myocarde.
CLXXV - Quand je pense que des gars osent nous dire dans le blanc des yeux que dans quelques temps, l’espérance de vie de l’espèce humaine avoisinera les 500 ans, et que nous au mieux on va crouler a 75, ça file envie d’arrêter net de faire des gosses… Et là, tu l’as où, ton espérance de vie, enfant gâté de merde ?
CLXXVI - Je reviens sur ce que j’ai dit précédemment. 500 ans d’espérance de vie, c’est potentiellement 475 ans passés à supporter un beau-frère con tous les dimanches. C’est pas forcément une destinée enviable.
CLXXVII - Par ailleurs et pour en terminer une bonne fois avec le sujet, les petits malins qui pourront vivre 500 ans devront, en tenant compte de la conjoncture actuelle, cotiser en moyenne 1300 ans pour payer leur retraite. Ca promet d’être drôle.
CLXXVIII - Coin-coin le p’tit canard *tugudu* Pan-pan le gros concon *tsoin-tsoin*… Non, même en le chantant, il n’existe pas de moyen indolore d’expliquer la chasse aux enfants …
CLXXIX - Autour d’un verre, un ami et moi devisions dernièrement de nos avenirs respectifs et il m’apprit qu’il comptait bien avoir une fille et un fils, qu’il prénommerait Pétugnasse et Dartafian. Je lui ai dit : « oui, mais Pétugnasse, ce sera le garçon ? ». Il a répondu : « Bien entendu ». Bon, je suis pas complètement seul sur terre.
CLXXX - Si on peut quitter cette vallée de larmes avec UN seul objet fétiche pour tuer le temps dans l’au-delà, je pars avec un clairon et je peux vous promettre que le « silence profond des espaces infinis » va en prendre un coup dans le museau.
CLXXXI - Sur une chaîne, le spectacle de la vie conceptuellement concentré dans un plan fixe sur une cellule humaine en train de se diviser. Sur la chaîne d’à côté, le pétomane masqué dans son costume vert. Entre les deux chaînes, une sorte de vide galactique.
CLXXXII - Mission to mars, c’est un film qui t’explique qu’à un chromosome près, on ne serait pas copains avec les Martiens, mais heureusement, en fait, tout va bien. Ca rassure tout ceux d’entre nous qui ont des copains Martiens.
CLXXXIII - Oui, j’aime la viande. Non, j’aime pas la chasse. Oui, l’espèce humaine me ressemble. Non, on n’est pas sortis de l’auberge.
CLXXXIV - La nuit dernière, j’ai rêvé que je me cuisinais un truc, qu’au moment de le manger, le téléphone sonnait, et qu’une fois le téléphone raccroché, mon repas avait refroidi. Je crois que je raconte tellement de conneries la journée que je ne suis pas foutu de faire un seul vrai rêve absurde, la nuit.
CLXXXV - Dans le cadre de mes activités créatrices pour améliorer le devenir de l’espèce humaine, je travaille actuellement au développement des règles d’un sport nouveau que j’ai nommé « Pétanque au prisonnier ». Tout ce que je peux vous en dire, c’est que ça ne sera pas pour les petites natures.
CLXXXVI - Dernièrement, des mecs qui ont trois fois mes vacances et deux fois mon salaire avec cinq fois moins d’ancienneté se sont rendu compte que leur corps de métier ne leur offrait pas de « primes » (peut-être parce qu’il n’y avait pas lieu ?). Ils ont braillé tellement fort qu’on leur a donné une « Prime d’absence de prime ». J’aurais voulu créer un intitulé aussi con que je n’y serais jamais parvenu. Tremblez, la fin des temps est proche.
CLXXXVII - Et si on jouait à « claque-museau » ? Et voilà, le manque de curiosité type qui caractérise l’humain. Personne ne sait encore en quoi consiste claque-museau, et personne n’a envie d’y jouer avec moi. C’est désespérant.
CLXXXVIII - On a voulu m’embobiner dans un jeu de rôle en ligne. Il y avait des Guerriers, des Archers, des Moines, des Bardes, et toute une chiée de trucs parfaitement abscons. Moi, j’ai dit que j’allais jouer un Messie. On m’a dit : « Y en a pas ». Alors j’ai dit « Un Plombier, comme ça au moins j’aurais la thune ». Mais là encore, nenni. Ca a commencé à m’énerver, alors j’ai dit : « Ce sera un Barde responsable du marketing senior chez Total, ou RIEN ». Une haie de sourcils froncés m’a persuadé qu’il était l’heure de me rentrer chez moi.
CLXXXIX - Quel est l’intérêt des plans épargne et des caisses complémentaires de retraite, quand on sait que la fin du monde est potentiellement pour après-demain. Personnellement je préfère passer ma retraite à faire la manche avec ma guitare dans un monde qui existe encore, que de disposer d’une retraite confortable dans un monde qui n’existe plus.
CXC - « Si vous refusez d’abroger le projet, je me retiens de respirer ». Prudence, derrière la naïveté de cette proposition, se trouve potentiellement la méthode de contestation la plus efficace qui soit, et c’est juste une question de pronoms réfléchis. Regardez bien : « Si vous refusez d’abroger le projet, je VOUS retiens de respirer ». Crac, d’un coup, ça marche.
CXCI - La dernière vraie GROSSE colère de Dieu, c’est Sodome et Gomorrhe. Tout patient qu’il soit, un Dieu s’énerve en moyenne tous les 2000 ans. Je ne sais pas ce que ça vous dit, mais moi je m’intéresse à la maçonnerie. Pas la Franc-maçonnerie, non, juste celle qui permet de maçonner un Bunker, dans son jardin.
CXCII - Un lecteur m’a confié apprécier mes « aphorismes »… N’importe quoi : un aphorisme, c’est un genre de sale bête avec des dents pointues, une tête triangulaire et des griffes… qui… euh… non ? Ha bon, au temps pour moi.
CXCIII - « J’ai du bon tabac dans ma tabatiè-reu, j’ai du bon tabac, tu n’en auras pas ». Que voilà une lénifiante comptine, pour apprendre tôt à l’enfant à quelle espèce il appartient.
CXCIV - J’ai lu ce blog en me mettant dans la peau d’un gars qui ne l’avait pas pondu, j’ai donc arrêté net de l’écrire tellement je trouvais ça con, mais bon, on ne peut pas rester indéfiniment dans la peau d’un autre gars, alors j’ai replongé.
CXCV - Les Egyptiens, pour les grandes occasions, mangeaient avec un squelette à table ou se représentaient ainsi après coup. Parce que tant qu’on est en vie, c’est bon de narguer la mort. Parce qu’une figue bien mûre, elle est meilleure quand on la mange devant un gars qui n’a pas les moyens de se l’offrir, et j’en passe. C’est à se demander si ce ne sont pas les Egyptiens qui l’ont écrite, cette comptine qui parle de tabac, de tabatière etc…
CXCVI - Bon, j’ai essayé le truc du squelette… pour voir. N’ayant pas les moyens de m’offrir un squelette, ni même le genre modèle plastique pour cours de sciences naturelles, j’ai posé à mes côtés un bonhomme O-cedar datant de mes études de plasticien. Croyez-moi si vous le voulez, mais ça n’a strictement RIEN changé au goût de mon cassoulet. Les Egyptiens étaient des snobs, et c’est tout.
CXCVII - J’ai ma pensééééeee qu’est dé-cousssuuuee- Si ça continue, on verra l’trou d’ma cul-tu-reuu… J’ai ma pensééééeeee, qu’est décousuuueee- Si ça continue on verra l’trou d’mon « su » (à chanter sur l’air de « Mon pantalon... »)
CXCVIII - Voilà… d’ici quelques heures, la vie m’aura encore pris un être cher. Ca devient sans surprise. Approche le jour où plus rien sur cette terre n’arrivera à me soutirer une larme. En attendant, je fais comme tout le monde, j’ai mal.
CXCIX - Une parole, une idée, ça rentre dans n’importe quel espace, aussi petit soit-il. Quelle que soit la pression d’une main sur la main d’une personne chère dormant de son dernier coma sur un lit d’hôpital, il y a tout l’espace nécessaire entre les paumes pour y loger l’océan des choses qu’on a pas eu le temps de se dire.
CC - Méfions-nous des mots en deux lettres. Il y a un gouffre sémantique dangereux, entre deux simples articles déterminants comme UN et LE. UN cafard, ça s’écrabouille. LE cafard, c’est lui qui vous écrabouille.
CCI - Attraper la scarlatine, attraper une méningite, un cancer ou la peste, c’est pas que ce soit du flanc, mais de toute façon, c’était foutu le jour où on a attrapé la vie.
CCII - Un bref dialogue avec la mort :
- Allez Wladymeer, plie tes gaules, c’est ton tour.
- Sauf votre respect, il doit y avoir erreur, je suis bien trop jeune.
- Ils disent tous ça.
- Oui, mais là j’insiste, quand même, vérifiez, quoi…
- Ah tiens, oui, je me suis gouré de prénom, dites donc, c’est un proche à vous. Soulagé ?
- Stricto sensu, pas authentiquement, non…
- C’est moi ou vous y mettez une mauvaise volonté crasse ?
CCIII - Prenons l’agent de police en train de nous verbaliser, collons-lui mentalement un nez rouge : ça marche… c’est foutu, mais dans la bonne humeur. Prenons le fonctionnaire des pompes funèbres, collons-lui mentalement… un… non, ça ne marche pas.
CCIV - Alors bon… les gars y sont là, dans la fameuse « vallée de larmes » proverbiale, à travailler comme des bourriques, à exister, à se prendre le crâne, à regarder leurs parents crever d’abord et les amis ensuite, des fois l’inverse. Qu’est-ce qui font les gars ? Ben, dame, y boivent le coup.
CCV - C’est le dernier qui a parlé qui a raison a-t-on coutume de dire. La mort parle peu, mais jamais pour ne rien dire, et toujours… toujours en dernier.
CCVI - Levez un instant les yeux au ciel et dîtes « Pourquoi ? ». Tendez l’oreille en guettant la réponse et profitez du fameux « silence profond des espaces infinis ».
- OPUS CINQUIEME -
CCVII - J'ai trouvé le métier d'avenir, c'est réparateur de planète cassée, et j'ai déjà ma phrase clé : "Ah, mais ma petite dame, c'est qu'avec le devis et la main d'oeuvre, ça va vous faire bonbon".
CCVIII - Conscient que des heures sombres nous attendent, j'ai offert mes services de génie militaire débutant à l'armée de mon pays. Je leur ai proposé la création d'un corps de scaphandriers-cyclistes, un bataillon dont l'arme secrète serait l'élément de SURPRISE. Croyez-moi si vous voulez, mais ils ont refusé ces béotiens.
CCIX - Etat du monde : le jour où la peur donne vraiment des ailes, je serai chef d'une belle escadrille de trouillards en proie à un effroi profond et authentique.
CCX - Certains personnages se plaignent volontiers de ne toujours pas avoir de voiture volante au 21e siècle. A ceux-ci, je déclare solennellement : "Commence par apprendre à conduire ta voiture qui roule, parce qu'avec tes 50% de malus, je te sens mal engagé aux commandes d'un Boeing".
CCXI - Eh oui, 21 siècles et toujours pas de voiture volante. Rien de grave ; prenons de l'avance sur le véhicule d'avenir qui suivra la voiture volante : la fusée, qui permet de voler vite, très vite, et haut, très haut, pour se tirer loin, très, très loin d'ici.
CCXII - O tempora, O mores. C'est comme ça que les latins se disaient "Bé oui, c'est comme ça ma brave dame".
CCXIII - Société : si la peur donne des ailes, elle devrait me fournir les réacteurs avec, et un plein de kérosène, parce que j'ai TRES peur.
CCXIV - Si la voiture volante n'existe pas, c'est parce que la réalité ne tolère pas les paradoxes, et que celui de la voiture volante est qu'elle arrête le temps. Et si : en effet, si vous mettez des voitures volantes en circulation, c'est tous les jours le 11 septembre.
CCXV - La nature fait évoluer les espèces en fonction de leurs besoins. Avant, pour se poser sur les antennes hertziennes, les oiseaux avaient des pattes. Bientôt, grâce à la prolifération des paraboles, ils auront des ventouses.
CCXVI - Si la nature a transformé les grands fauves en chats, c'est parce qu'après avoir bouffé un village entier, les tigres à dents de sabre ne trouvaient pas de cuisse à laquelle se frotter pour se faire gratter dans le cou.
CCXVII - Si la nature a transformé le singe en homme, c'est parce qu'il lui fallait du challenge, un adversaire de taille. La nature, à l'instar de l'homme qu'elle a créé, a les yeux plus gros que le ventre, c'est un fait.
CCXVIII - Il a fallu l'énergie d'une étoile à neutrons et toute la mécanique céleste de l'univers pour créer d'abord les atomes du gars qui allait inventer le décapsuleur, puis des milliards d'années pour créer sa conscience. Pendant un moment au moins, toute l'énergie de l'univers s'est concentrée au même titre que pour le reste autour du futur bien-être des buveurs de bière. On se sent moins seul.
CCXIX - Création d'atomes à partir de quarks ou qu'en sais-je. Evolution de la matière sur l'échelle de la complexité, jusqu'à apparition de la conscience. L'univers s'occupe à tout un tas de trucs parfaitement abscons, voir imbitables. Heureusement, on invite rarement l'univers à dîner pour causer hobbies.
CCXX - Ayant quelques questions d'ordre général à lui poser, j'ai essayé d'appâter Dieu dans mon appartement. J'ai ouvert un camembert à coeur, j'ai dispensé généreusement sur une assiette d'épaisses tranches de pain aux noix, puis, j'ai versé dans une carafe à large cul un divin nectar breveté par un subordonné à lui, un certain St Emilion. Le meilleur de sa création était là, et il a résisté à l'envie de venir. Il est balaise, Dieu.
CCXXI - Il y a un saint du pinard. Il s'appelle Emilion. Pour lui avoir donné un nom pareil, il est permis de supposer que ses parents aussi aimaient le pinard, y compris entre les repas.
CCXXII - Trouvez-vous des toilettes publiques SANS dame-pipi, mais invitant par écrit à bien vouloir laisser les lieux dans l'état où vous les avez trouvés. Observez l'état des lieux. Remplacez "les lieux" par "la planète". C'est ça, on est tous foutus. Allez donc boire un coup.
CCXXIII - Si jamais m'échoit un fils, je le fais baptiser Chignan-Cloud, illico. J'aimerais bien voir la tête du curé tentant de refuser, c'est que des noms de saints...
CCXXIV - Si certains bourgeois appellent encore leurs enfants Sixte, Eudes ou Gersant, c'est qu'ils cherchent simplement à démontrer à leur manière qu'eux aussi, comme les pauvres, aiment bien faire les guignols.
CCXXV - Lifting : faut pas commencer trop tôt, sinon à soixante ans, t'as les sourcils dans la raie du cul et ça démange.
CCXXVI - Voilà, en quatre opus et demi, je viens de vous condenser 33 ans de conneries dites, pensées, écrites... A partir de là, on entre dans la connerie inconnue, la bêtise vierge et sauvage, la stupidité qui reste à dire... De mon point de vue c'est exaltant... bon, on s'exalte avec ce qu'on a, hein...
CCXXVII - Allez, on se sert un vert de Nuit-Saint-Georges, on éteint la lumière, on place sur la platine vynil l'immortelle sonate au clair de lune... J'ai dit on éteint la lumière, comment se fait-il que... Ha merde, oui, il est midi... bon, c'est raté.
CCXXVII - Sachant que c'est vraisemblablement une guerre qui verra sa fin, et qu'il faudra lui rendre un hommage qui corresponde au contexte, ça va être super dur de construire un drakkar assez gros pour faire un enterrement viking à la terre.
CCXXVIII - La phrase exacte, c'est "heureux les pauvres et les simples EN esprit, car le royaume blah-blah.." ; c'est à dire ceux dont l'esprit se satisfait de choses "simples". Ceux qui ne sont pas en train de pleurer sur la Ferrari qu'ils n'auront jamais ou les numéros du LOTO qu'ils n'ont pas trouvés. J'ai comme dans l'idée que si tu arrives au royaume des cieux, t'as pas à faire la queue longtemps pour y entrer, y a pas foule.
CCXXIX - Dans le champ lexical cinématographique, le lifting est une roulette russe. Quelquefois, on enlève les bandelettes et "La Momie" révèle "Cendrillon" (sur le retour, mais admettons) ; d'autres fois on enlève les pansements, et après "La Momie", c'est "La vengeance de la Momie", pas de bol.
CCXXX - Au cinéma, le méchant type, la crapule, le bandit, le salaud que le gentil aura sa peau, est toujours (ou souvent) un genre d'apprenti ultradespote (appelons-le Jean-Edmond-Rudolf) qui, par une invention de son invention (forcément), compte bien asservir la population du monde et réduire le statut de l'humanité à celui de bétail, avec lequel il satisfera à ses ambitions mégalomanes. Observez la foule qui sort du cinéma, offusquée de l'insulte faite à son intelligence et y allant de son "débile"... "personnages manichéens"... etc. Eh bien croyez-le ou pas, mais tout ces surdoués, aux prochaines élections, ils vont voter, et ce quel que soit leur parti de prédilection, pour un clone de Jean-Edmond-Rudolf.
CCXXXI - Les Latins font à mon sens partie des premiers esprits à avoir pris conscience des vicissitudes de l'existence. Preuve en est un proverbe comme "Sic transit gloria mundi", qu'on peut grossièrement traduire par : "Un jour le miel, un jour l'oignon, et aujourd'hui, tu l'as dans l'oignon".
CCXXXII - Une ballade en forêt : regarde loupiot, le joli chevreuil qui... BANG.. euh mauvaise pioche, regarde loupiot la jolie voiture à papa, comme on va rouler vite dedans, pour aller terminer la journée dans un parc d'attraction.
CCXXXIII - "Oui, bon, enfin bref". Retenez bien ces quatre mots, c'est la formule non verbale la plus courte et peut-être la moins humiliante pour dire : "C'est d'accord, je me suis planté sur toute la ligne et la logique implacable de votre contrepoint a définitivement mis en avant les faiblesses sévères de ma pathétique argumentation". Oui, évidemment, tout le monde se rend un peu compte que ça signifie la même chose, mais bon, c'était à vous de ne pas dire de connerie en premier lieu, aussi, vous êtes drôle, vous.
CCXXXIV - Devinette juridique : Kevin a été jouer dans le mazout et les jolies tâches indélébiles qui en résultent ont de bonnes chances d'être un cancer de la peau précoce. Qui poursuivre : Shell Oils ou le Club Mickey ? Réponse : C'était une question piège, ha ha ha ! Mickey et l'autre pollueur ont une armée pléthorique d'avocats qui démontreront au jury que c'est de votre faute si vous êtes allé à la mer en hiver au lieu d'aller à la montagne comme tout le monde, et qui vous feront cracher des sous pour diffamation.
CCXXXV - J'ai pensé à essayer de classer mes idées dans des dossiers, ordonnés dans des boîtes avec des petites étiquettes les classant par ordre. A la deuxième étiquette, j'ai pris le tout et je l'ai mis dans une grande boîte nommée "En chantier". A y est, j'ai fini.
CCXXXVI - Je vous le dis comme je le pense, la mort comme point d'orgue à une existence humaine qui a pris goût à cette même existence, c'est quand même bien du tracas.
CCXXXVI - Cinq semaines sans écrire, c'est comme un traversée du désert. Des fois t'en reviens en ayant trouvé Dieu, des fois t'en reviens avec le matériau type trouvable dans le désert : rien.
CCXXXVII - C'est pas bien compliqué l'univers, je vais vous l'expliquer en deux mots, regardez : l'univers, c'est un tout qui s'étend à l'intérieur d'un rien. Jusque là, vous suivez... non ? Bon reprenons depuis le début : "l'univers, c'est un tout qui...", non ça ne va pas marcher non plus, mais vous êtes désespérants, aussi...
CCXXXVIII - Une ballade en forêt II : Eh oui loupiot, le petit truc rose qui braille dans les oreilles de Babar veut t'emmener chez les extraterrestres. Papa avait bien dit : "On ne met pas les mains à la bouche après avoir tripoté le joli chapeau à points jaunes de Monsieur Champignon" ; c'est bien fait.
CCCXXXIX - La capacité de rire des choses graves, c'est bien pratique et ça revient à faire montre d'un esprit précurseur. En effet, bientôt, on n’aura plus QUE des choses graves pour se fendre la poire.
CCXL - La scène défie toute forme de décence : l'enfant souffre manifestement. Il laisse de toute sa force d'inertie un adulte traîner le poids mort de son corps apparemment trop meurtri pour continuer de marcher. Ses hurlements de martyr plongeraient le plus insensible des hommes dans un effroi profond, mais moi je ris à pleines dents en les pointant du doigt, lui et son crétin de géniteur. J'ai oublié de préciser qu'on était au rayon jouets du supermarché de mon quartier et pas en Serbie ou ailleurs.
CCXLI - Les oiseaux volent, comme le temps, à cette différence que lui ne s'arrête jamais. C'est comme ça que je me suis intéressé à la communication animale. J'essaie de pousser les oiseaux à persuader le temps d'arrêter ses conneries.
CCXLII - Son Low-fi crachotant les feux rasants d'un crépuscule de mai. Certaines soirées ressemblent à des Haïkus un rien surréalistes, mais en fait, c'est juste l'alcool.
CCXLIII - Allons au tombeau, mais allons-y en CHANTANT ! Les muets peuvent taper dans les mains, l'important c'est de participer.
CCXLIV - La batterie fait tout... Face au public, c'est un instrument de musique. Face aux voisins, c'est un instrument de coercition.
CCXLV - Faites l'amour, pas la guerre, ça fonctionne bien jusqu'au moment où on est tellement nombreux qu'il faut six fonctionnaires pour touiller le café du maire, que la démographie tord le nez et que l'économie fait du saut à l'élastique sans élastique... là, forcément... une bonne guerre...
CCXLVI - Saisissez-vous d'une batte de base-ball et tendez la jambe contre le dossier d'une chaise, à mi hauteur, tel un improbable karatéka. Levez la batte loin au dessus de la tête et abattez-la sans ménager votre effort sur votre genou. Ha oui, ça fait très mal, hein ? Oui, vous vous promettez bien de ne plus jamais faire un truc aussi stupide... et pourtant, aux prochaines élections, vous allez encore voter pour un gars… et lui, on n'ose même pas dire où il va vous la mettre, la batte.
CCXLVII - Cigareeeetttes, and wiiiiss-kheeyyy and wiiild-wild women... J'ai dit "Wild-Wild Women"... bon... Cigareeeetttes, and wiiiiss-kheeyyy and tééééléééévision...
CCXLVIII - Je suppose sans me vanter que le seul courage véritable, ça peut consister à écrire un truc comme la pensée précédente, sachant qu'en toute connaissance de cause, Me Wladymeer cherchera à me mettre une tarte aussi tôt qu'elle l'aura lue.
CCXLIX - J'ai cherché un moyen de réduire mot par mot ma pensée, pour en arriver à un message très bref, condensé et riche de sens, que je pourrais ainsi apprendre dans toutes les langues du monde, de façon à en faire profiter l'humanité entière. Pour l'instant, j'en suis arrivé à 2 mots : "Au secours".
CCL - Un Baptiste m'a accosté en me demandant si j'avais conscience que Jésus était mort pour moi et que je devais payer pour le salut de mon âme... Je lui ai répondu que puisqu'il était question d'expiation, j'allais à défaut de sauver mon âme sauver la sienne, par altruisme, à grands coups de gifles. Il a instantanément cessé d'essayer de susciter en moi une vocation de mystique... l'homme de peu de foi.
CCLI - A la dernière visite des témoins de Jéhovah, j’ai accueilli ces derniers à grands cris de joie et les ai invités à rentrer chez moi, les informant que leur présence fraternelle me changerait les idées de la perspective de ma mort prochaine, liée à une surinfection pulmonaire mortelle, ultra contagieuse, contre laquelle je ne me soigne pas, conformément aux commandements. Vous y croyez si vous voulez, mais j'ai pris le thé seul.
CCLII - Oui, je sais, c'est pas très très bien de se moquer de la religion des autres, mais j'ai été baptisé au champagne, alors foutu pour foutu...
CCLIII - Allez Wladymeer, ton oeil rougeoie comme un soleil couchant, ta gueule baille comme une godasse trouée, C'est l'heure d'aller évacuer les eaux usées avant d'aliter tes os usés.
CCLIV - Le nez sous la couverture, j'observe les coins de plafond, les angles des murs marquant les limites de ma tanière, je me dis que si j'étais capable de multiplier cent milliard de fois ces dimensions dans une parenthèse comportant un exposant d'une centaine de zéros, j'aurais une véritable idée de la taille de l'univers et de ma place dedans, mais voilà, j'ai toujours été nul en maths... allez, rideau...
- OPUS SIXIEME -
CCLV - L'humain aime brûler les étapes, il est en train d'essayer de créer un langage des signes pour communiquer avec les gorilles, alors qu'il n'a même pas encore créé un langage pour bébés, auxquels il serait pourtant capital de pouvoir faire parvenir des informations basiques comme : « Tu peux toujours brailler, c'est le même tarif ».
CCLVI - Vous avez tous un collègue qui vous gonfle les lendemains de tannées footballistiques nationales, au mépris total de votre manque d'intérêt foncier pour cette matière, en y allant deux heures durant de son gai refrain sur « le prix qu'on les paye, la honte des gros nuls, cette action loupée à la 38e minute », etc. Renversez ostensiblement votre café sur sa chemise propre. Voilà : maintenant, il va vous saouler pour une raison valable.
CCLVII - Plus on se déplace vite, plus le temps passe lentement (scientifiquement démontré... si, si). Au-delà d'une certaine vitesse théorique, le temps cesse d'exister. Théoriquement, en vous entraînant tous les jours pendant les pauses déjeuners à courir à deux fois la vitesse de la lumière, vous avez une chance d'échapper à l'épineux problème de vos propres obsèques. Pas la peine de me dire merci.
CCLVIII - Le règlement d'un conflit par l'humour devrait toujours prévaloir sur la violence, c’est entendu, mais si par malheur la tarte à la crème vient à échouer, prenez le temps d'essayer la tarte aux phalanges.
CCLIX - C'est au moment où nulle responsabilité ne repose sur leurs épaules que les humains se parent de différents oripeaux à l'effigie du « Che », et c'est techniquement quand ils commencent à payer des impôts et à se faire exploiter pour de bon qu'ils se déguisent tous en sosies du prince Albert fringués chez Tati. Ou la phrase précédente contient un vieux paradoxe, ou les humains entretiennent avec le concept de rébellion des rapports qui me dépassent.
CCLX - Ce n'est pas que l'humain soit au-delà de la rédemption : c'est que la rédemption est un problème statistique. En effet, pour quatre vingt dix huit millions de jeunes révoltés qui deviennent banquiers au bout du compte, on ne trouve statistiquement qu'un DRH qui devienne subitement punk routard.
CCLXI - Si t'avais des plumes au cul, des réacteurs et des aileus - Tu volerais plus vite que moi, et tu serais immortelleu... C'est la petite chanson narquoise du temps qui passe...
CCLXII - Aux prochaines élections, je vote Raël. De toute façon, on sait que le Président ne sert à rien, c'est le premier ministre qui s'y colle, et là, il va au moins nous falloir un 1er ministre extraterrestre pour nous sortir de la mouise.
CCLXIII - Le bon fromage bouche les artères, c'est un fait avéré. Ha oui, mais le bon pinard les débouche, c'est connu aussi. Comme quoi, c'est bien foutu, l'univers.
CCLXIV - Si on avait un moyen de propulser les cons en orbite pour s'en débarrasser, de loin, la Terre ressemblerait à Saturne.
CCLXV - Tout compte fait, mieux vaut qu'on invente cette machine à propulser les cons dans l'espace le plus tard possible, sans quoi, toute l'humanité pourra chaque année apercevoir le passage de la comète Wladymeer, au grand dam de la comète en question.
CCLXVI - Sarkozy parlait dernièrement de "Géants noirs qui effrayent les gens". Il faut expliquer à ce cher Nicolas la loi de la relativité. Quand tu vois un géant, peut-être que ça n'en est pas un : c'est peut être un type normal que tu vois grand parce que t’es un nabot.
CCLXVII - Tant d'hommes passent sans le voir à côté de leur vie. Ils disparaissent un jour, souvent sans réaliser la cruauté des souffrances qu'ils se sont infligés à eux-mêmes pour rien. Ainsi, à essayer de voler dans la cour des aigles teigneux fringués chez Smalto, Sarkozy ne saura jamais à quel point sa vie aurait pu être heureuse, dans un joli costume à rayures rouges et vertes assorti d'un chapeau à grelots.
CCLXVIII - L'hypocrisie de la gauche me donne envie de voter au centre. La mollesse du centre me donne envie de voter à droite. Le libéralisme de la droite me donne des ulcères. Au bout du compte, je vais revenir à mes idéaux profonds et voter Goldorak ou Babar... J'aurai l'air con, mais ma conscience pour moi.
CCLXIX - Sarkozy se présente comme un homme aimant les défis, et sur ce point, il est impossible de le contredire. Tenter la présidence quand on a la taille de Napoléon sans le talent, une idéologie estampillée "Le Pen light", et qu'on porte à deux lettres près le patronyme d'une tumeur célèbre, ça donne le droit de causer défi...
CCLXX - Notre Président doit bien regretter de ne pas avoir 75 filles à marier. C'est qu'avec le nombre de casseroles qu'il a au cul, il y aurait de quoi en faire, des trousseaux.
CCLXXI - En passant au supermarché voisin de mon lieu de domiciliation, j'ai croisé un type, qui d'un mouvement de bras abscons adjoint d'une injonction verbale appropriée, faisait savoir à sa dulcinée qu'elle devait « prendre des machins, là », parce qu'il avait « envie de bouffer des machins, ce soir » (sic dixit). Je lui ai conseillé de se les bouffer avec une sauce bidule... Son regard m'a instantanément découragé de poursuivre plus avant cette amorce passionnante de discussion gastronomique.
CCLXXII - Grâce au Darwin d'or, on sait désormais que dans certains cas, et contrairement à ce que la sagesse populaire prétend, le ridicule peut tuer. Le tout, c'est de mettre le paquet.
CCLXXIII - Et maintenant, une pensée émue pour l'homme qui voulait propulser sa voiture avec des fusées d'appoint miniaturisées à partir de plans de la NASA. Un cratère de huit mètres atteste de la véracité de la pensée précédente.
CCLXXIV - J'aime bien l'expression "Sagesse populaire", censée rendre aux petits Plébéiens que nous sommes une certaine dignité. Le problème de la sagesse populaire, c'est qu'elle dit beaucoup de conneries.
CCLXXV - Cela étant dit, la sagesse aristocratique dit beaucoup de conneries aussi... je suppose que ça fait un partout.
CCLXXVI - Entre nos problèmes de laïcité qui dérange et nos problèmes relatifs aux intermittents du spectacle, nous allons devoir affronter l'éventualité d'un Boeing planté dans la tour Montparnasse ET celle d'attentats pâtissiers organisés par des commandos de clowns de rue suicidaires.
CCLXXVII - Admettons qu'on soit encore à au moins 25 ans de la mise sous tutelle nationale, qui marquera notre entrée officielle dans le tiers-monde des riches. Si on veut rectifier le tir dans les 25 ans en question, on devra tous cotiser jusqu'à 133 ans, et sans retraite. Le problème, c'est que même en admettant qu'on aie tous la longévité de Jeanne calmant, 133 ans, ça dépasse d'au moins 108 ans des 25 ans en question.
CCLXXVIII - Voyons les choses du côté positif : à force de faire vivre le pays à crédit et en stéréo, dans 25 ans, la France, c'est le Brésil. Ca va plaire aux amateurs de foot. De plus, ils redécouvriront le plaisir simple et communautaire de regarder le match tous ensemble, sur le seul poste de télévision de la Favela de Malakoff ou d'ailleurs.
CCLXXIX - On peut croire à une paix future dans le monde et à une collaboration des peuples. On peut croire pour 2050 au premier plan quinquennal des Etats-Unis socialistes d'Amérique. On peut croire à l'Iran laïque, pacifiste et cosignataire d'un programme anti-nucléaire mondial. On peut aussi commencer à creuser un bunker dans son jardin... après, tout cela est très subjectif.
CCLXXX - J'allais oublier... On peut AUSSI croire au père noël, mais ça, c'est vraiment pour faire gratuitement du mauvais esprit aux seuls frais de nos respectables amis optimistes de tous poils...
CCLXXXI - Le plus malheureux, c'est de voir à quel point se révèle humainement lamentable cette génération pourtant abreuvée dès l’enfance de dessins animés mettant en avant des valeurs d'héroïsme, d'amour de son prochain et de dévotion à la cause de l'humanité. Goldorak, pardonne-leur, ils sont devenus fous.
CCLXXXII - L'aboulie la plus franche se fait sentir. L'oeil glauque, rivé sur une barre de téléchargement dont la contemplation me tient à l'instant lieu d'unique loisir, je cherche au fond d'une bière fraîche un improbable bon mot. Voici venir l'heure creuse au sens métaphysique du terme.
CCLXXXIII - Sachant qu'on est trop mous pour faire une révolution, il nous reste le choix entre une vie entière de frustration en pensant à ce que les ordures qui nous dirigent s'offrent aux frais de ceux qu’ils sont supposés servir, et une adhésion massive à une religion de type hindouiste, afin de voir un jour ces saligauds réincarnés en paillassons ou en pelles à merde.
CCLXXXIV - Le mot "élu du peuple" est devenu littéralement bouffi d'hypocrisie. S'il avait encore un sens, Nombres d'élus seraient des hommes invisibles répondant tous au patronyme virtuel de "M. Blanc", comme dans "Bulletin blanc".
CCLXXXV - Quand on dit que la réalité rejoint parfois la fiction... Regardez bien la fin de la cinquième république : y a des endroits, on jurerait "Le Parrain" de Coppola.
CCLXXXVI - Pour marquer avec fermeté la colère toute politique qui m'anime dernièrement, je pense sérieusement à demander l'indépendance et à poser par la force les frontières du Heraldistan, entre le 1er et le 3e étage de mon immeuble, porte droite.
CCLXXXVII - L'approche des prochaines élections présidentielles et de leur cortège de trahisons, de ridicules, d'alliances et de promesses faites sur l'honneur, me sensibilisent au lyrisme global de la "Grande histoire de l'humanité". Ils peuvent être fiers de leurs descendants, les sénateurs de la Rome décadente.
CCLXXXVIII - Le dossier du compte Chirac au Japon est entre les mains d'Alliot-Marie. Et crac, encore une casserole. Aucun souci pour le futur de notre président adoré, il a un bel avenir de quincaillier pour occuper sa retraite.
CCLXXXIX - Fût un temps où on pouvait dire à un voleur en herbe : "Continue comme ça et tu finiras à Cayenne". Aujourd'hui, tu lui dis quoi au gosse ? "Continue et tu finiras au conseil des ministres" ? C'est supposé le dissuader ?
CCXC - Le côté déprimant de l'écriture sous "Word", c'est ce tiret indiquant l'emplacement de la prochaine lettre, qui clignote toujours exactement à la même vitesse, alors que ta pensée, elle, clignote invariablement de plus en plus lentement.
CCXCI - La plupart des puits ont un fond. Si celui dans lequel je vais puiser toutes ces conneries en a un, et que son contenu s'épuise, viendra le jour funeste où je n'aurais même plus ma propre bêtise pour me distinguer... Qu'est-ce que je vais devenir ?
CCXCII - Un roi sans loisir est plus malheureux qu'un paysan avec un bilboquet, nous dit le proverbe. Ou la sagesse populaire dit une connerie de plus, ou il est permis de penser que le roi en question y mettait sérieusement de la mauvaise volonté.
CCXCIII - Oui, je sais, la sagesse populaire déçoit quelquefois. Ne le répétez pas, mais quelque chose me dit qu'elle boit...
CCXCIV - Je reviens de vacances prolongées au Pays Basque. C'est à peu près le même foutoir qu'en Espagne, mais chez les Basques.
CCXCV - C'est bruyant un Basque... inouï... prodigieux. Pour quantifier le phénomène, disons qu'une Andalouse armée de sa paire de castagnettes la plus meurtrière et de ses talons à claquettes assortis ne génère qu'un faible tiers du vacarme basque moyen, à la sortie d'un bar, vers quatre heures du matin ou de l'après-midi.
CCXCVI - Attention, avoir une cirrhose du foie et des acouphènes ne fait pas de vous un Basque... mais disons que c'est un bon début.
CCXCVII - Au pays Basque, dès ton arrivée à la gare, les copains de tes copains que tu ne connais pas, mais qui te considèrent déjà comme un pote attendent, et c'est foutu dès le premier soir pour ton ulcère au foie en voie de guérison. Sans parler de la journée qui suit le premier soir, du soir qui suit la journée qui...
CCXCVIII - Le seul moyen de passer des vacances peinard au Pays Basque, c'est de n'y avoir aucune relation, même lointaine, et de ne surtout jamais aller au bar, ni au restaurant, ni nulle part, en fait. Si tu vas au bar ou ailleurs, tu te fais des copains, et là boum, c'est foutu comme dans la pensée précédente.
CCXCIX - A l'heure du départ, chacun est venu, son petit sac à la main, refusant de me laisser partir sans m'avoir laissé une marque de son affection. Les cadeaux reflétant souvent la vision que les autres ont de vous, c'est avec empressement et curiosité que j'ouvris les dix sacs... avant de transférer, une larme à l’œil, les dix bouteilles dans mon sac de voyage.
CCC - Bon, voici le dilemme. J'ai une collection de bouteilles de toutes les couleurs, ramenées du Pays Basque. J'ai le coeur qui dit "Goûte" et le foie qui dit "Essaye et je te casse la gueule". Il faut dire que le foie aussi, je l'ai ramené du Pays Basque.
CCCI - A Rome, vis comme les Romains, dit le philosophe. Il aurait pas dit ça au Pays Basque : 1 - parce que vivre comme un Basque, c'est du suicide, et 2 - parce que le philosophe en question aurait peiné à sortir des bons mots avec huit grammes d'alcool dans le sang.
CCCII - Bon, Je vais arrêter avec les Basques ou je sens que mes prochaines vacances là-bas vont être beaucoup moins drôles.
CCCIII - Cueillons dès aujourd'hui les roses de la vie, mais attention toutefois, les épines de la vie refilent des trucs qui font passer le tétanos pour une vieille crampe.
CCCIV - Notons que tout ce qui rime avec "Bon" rime avec "Modération", "Malédiction", "Cancer du poumon" et "C'est bien dommage, Mme Truchon". Après ça on y voit des signes ou pas, mais j'ai personnellement l'intime conviction qu'on est là pour expier un truc...
- OPUS SEPTIEME -
CCCV - La grande ivresse de la page blanche, sur laquelle la pensée va venir se tatouer, se déverser tel un savoureux vitriol dans le sillon de la plume... Dès que l'inspiration sera là... Bientôt... La grande chienlit de la page blanche...
CCCVI - Mais non, je t'assure, ton café n'est pas infect, puisqu'il a été fait avec le cœur... bon, c'est vrai qu'au goût, on dirait qu'il a été fait avec le cul, mais c'est l'intention qui compte.
CCCVII - Trimballer sur soi en permanence un genre de petit théâtre de Guignol miniaturisé est un bon moyen de se distinguer au cours des soirées mondaines.
CCCVIII - Vous vous sentez une âme de parent musclée et l'adoption d'un jeune en difficulté vous semble un défi pour amateurs ? Adoptez des jet setters : ces gens là ont encore bien plus besoin d'être rééduqués à coups de baffes.
CCCIX - Alors bon... on dit que... bon, mettons... euh... laissez tomber.
CCCX - Dans la colère, les lois de l'emphase exigent que les insultes soient déballées par ordre croissant de gravité et d'ordurerie. Quand Cézanne, parlant des critiques d'art et autres gloseurs, les définit comme un "Tas d'enculés, de crétins et de drôles" (sic), il faut comprendre qu'un "drôle", c'est pire qu'un "enculé". Ca, c'est LE raffinement.
CCCXI - Sous couvert d'un bon mot jovial, il n'y a pas pire insulte que le "Comment ça va bien ?" joyeux de certains imbéciles matinaux. Le bonheur gonfle ces baudruches jusqu'à la hernie, et quand cette hernie crève, c'est cette question qui sort. Ce "comment ça va bien" qui contient sa propre réponse. Comme si t'avais pas le droit d'être malheureux. Comme si les raisons de ton malheur étaient à ce point gonflantes et vaines qu'on les évitait de manière préventive dès la formulation de la question. Quand on me pose cette question, j'écrase d'une manière franche le pied de l'interlocuteur et je lui réponds "Mieux, et toi ?".
CCCXII - HA HA HA HA HA HA HA HA HA !!! Je viens de voir un truc super drôle et pas vous !!!
CCCXIII - A partir de quand on a fait le tour du compteur et ça revient à zéro, en chiffres romains ?
CCCXIV - Bon, ben c'est tout pour ce soir : j'ai pas le vin mauvais, mais j'ai la bière molle... on peut pas avoir QUE des qualités.
CCCXV - Ce matin, c'est d'un calme... à croire que tous les oiseaux sont rentrés chez eux morts saouls, hier soir.
CCCXVI - Un alca-saeltzer et deux dolipranes plus tard, je pense pouvoir affirmer que la pensée précédente procède de l'anthropomorphisation la plus stricte.
CCCXVII - La violence policière est une voie de fait, et pourtant, c'est un fait, à l'arrière de l'estafette, c'est ta fête...
CCCXVIII - En théorie, tous les hommes naissent libres et égaux en droits, mais voilà, dans la dialectique commune, on n’oppose pas la "théorie" à la "pratique" pour des nèfles.
CCCXIX - Dans certains pays lointains, passées certaines latitudes exotiques, le travail, ça devient de la poésie, et attention : on est versé dans les lettres étrangères. Au Venezuela, la mine, c'est du La Fontaine : si on y trouve que des mômes de 6 ans, c'est parce que le patron sait bien que dans une galerie mal étayée de 40 centimètres de diamètre, "on a toujours besoin d'un plus petit que soi".
CCCXX - Penser sous Word ça picote les yeux... ou bien c'est la clope... ou c'est les bulles de la bière qui picotent le nez qui se venge sur les yeux... ou bien... bon, je crois qu'il est l'heure d'aller dormir.
CCCXXI - C'est là, entre deux simples draps de toile que naissent les plus formidables productions de nos esprits ; ces songes abyssaux peuplés des Léviathans émergeant des limbes de nos inconscients, prodigieuses créatures et autres agents d'assurance bariolés chevauchant de fiers pingouins sauteurs de Gagaouzie.
CCCXXII - La vie commence à manquer de sens, une grande langueur s'empare de vous, et privée de la lumière du soleil, votre âme s'étiole sous le lourd cumulus sombre d'une dépression opportuniste ? Allez prendre un bain avec un canard en plastique jaune et redécouvrez le bonheur qui fait *pouic*.
CCCXXIII - Mathématiquement, plus j'écris, moins j'en ai à dire. Moins j'en ai à dire, plus j'écris pour oublier que c'est une pensée effroyable. Sans ce foutu facteur "mort" dans l'équation, je serais pas tombé loin du mouvement perpétuel.
CCCXXIV - Oui loupiot, tu m'as avoué la bêtise et tu t'es pris une baffe alors que papa avait dit faute avouée est à moitié pardonnée... c'est parce que ta bêtise méritait une PAIRE de baffes...
CCCXXV - Le Picon bière, c'est formidable, tiens regarde, rien que le nom, t'as pas encore bu que tu rigoles déjà.
CCCXXVI - Certaines gueules de bois confinent à la téléportation d'organes : qui n'a jamais eu l'impression de se réveiller avec le foie à la place du cerveau et inversement ?
CCCXXVII - Le temps est père de tous les miracles. Regardez attentivement ce jeune individu de l'espèce humaine : les gesticulations et onomatopées codifiées qu'il emploie pour se distinguer au sein de son groupe, sa maîtrise de pas loin de 40 mots de vocabulaire au sein desquels on peut discerner des notions moralement et intellectuellement avancées comme le concept de gravité (sic :"grave !"), ou encore sa capacité à associer des symboles complexes pour créer des mots de trois lettres sur son portable, non au mépris de toute grammaire et de tout orthographe comme l'affirment certaines mauvaises langues, mais au prix de la réinvention créative de ces institutions obsolètes !! S'il sait accomplir tous ces prodiges, c'est que pas loin de 20000 ans d'évolution le séparent de Lucy, eh oui ma brave dame.
CCCXXVIII - L'ambivalence de la nature humaine est démontrable par la parabole de la boule de gomme Haribo. En effet, si vous et moi sommes à priori de sympathiques larrons (vous, j'en suis moins sûr, mais bon, mettons), face à un schtroumpf en gomme alimentaire, nous avons tous une âme de Gargamel. CQFD.
CCCXXIX - En causant de schtroumpfs, celui que vous détestiez le plus, c'est a) Le schtroumpf à lunettes, b) Le schtroumpf coquet, c) Le schtroumpf grincheux ? Attention, la réponse a) fait de vous un skinhead, la réponse b) un homophobe et la réponse c) un crétin vêtu d'un t-shirt à smiley. Il n'y a pas de joker. Prenez votre temps.
CCCXXX - Pour ponctuer ce triptyque schtroumpfesque, saluons la pudeur de Peyo et son art de suggérer le drame sans jamais verser dans la représentation visuelle sordide. Parce qu'on rigole, on déconne, mais le schtroumpf coquet, qu'est-ce qu'il a dû prendre avant l'apparition de la schtroumpfette.
CCCXXXI - J'ai comme un creux momentané d'inspiration. Vous n'avez qu'à reprendre au début de l'opus un : je suis certain que vous n’avez pas retenu la moitié de mes judicieux préceptes.
CCCXXXII - Le gars qui est revenu au début de l'opus un en se disant "ha oui, zut, c'est vrai, il faut que je révise", il peut me contacter : j'en fais mon légataire universel ou je le demande en mariage. Statistiquement, je n’ai pas le sentiment de prendre un risque inconsidéré.
CCCXXXIII - C'est la pensée de la demi bête, comprenne qui peut. C'est aussi ce que les médecins romains disaient à leurs patients : "Ditatis CCCXXXIII".
CCCXXXIV - En réponse à un lecteur malade du foie qui m'accable de reproches, et sur assignation du tribunal, je dois vous signaler qu'en AUCUN cas, vous ne pouvez consommer la saucisse-copain de la pensée LI après encrage. J'ai bien tenté d'expliquer au juge que le plaignant était un grand malade, dans la mesure où il était foutu de bouffer un copain, mais vous connaissez la loi.
CCCXXXV - Les vrais dépressifs meurent au fond d'un lit sans parler de leur enfer : ils sont muets depuis longtemps, et on ne peut pas les aider parce qu'ils sont également sourds. Les faux dépressifs vont causer de leurs petits tracas à la télé, à la radio, engoncés dans un spleen dont ils ont fait un habit d'apparat. Fort heureusement, il est possible de les aider. A tous les bourgeois anorexiques, à tous les jet setters déprimés d'avoir tout vécu trop vite et sur le point de nous pondre un énième "Hell", je conseille la lecture de mon prochain ouvrage intitulé "Comment j'ai retrouvé le moral en allant jouer sur l'autoroute avec les gros camions".
CCCXXXVI - Dernièrement, à mon lieu de travail, la dernière expression en vogue pour exprimer à un collègue qu'il est en droit de prendre congé ou encore de se taire est : "Tu sais que tu peux aller visiter gratuitement ton anus à Disneyland ?". Ne me demandez pas combien de verres on avait bu quand c'est sorti, j'ai pas la mémoire des chiffres.
CCCXXXVII - Instant nostalgie sur cet hiver tiédasse qui se profile. Où sont les boules de neige de mon enfance dans la cour de récré'... avec des cailloux dedans, pour les cons et les fayots. La vache... Ce que j'ai pu en manger des boules de neige pleines de caillasses...
CCCXXXVIII - On m'a conseillé le sport pour lâcher la clope. Bon, je fais du vélo tous les matins. Effectivement, je respire mieux, mais j'ai envie de tuer au moins trois automobilistes par jour et j'échangerais volontiers mon vélo contre un tank ; l'automobiliste étant un malade des nerfs contagieux... A l'arrivée, j'ai juste l'impression que la crasse a quitté les poumons pour aller se planquer dans le cerveau.
CCCXXXIX - Ca y est... les élections qui se profilent ont officiellement cessé de susciter en moi toute envie de rire, pour laisser place à une trouille bleu marine.
CCCXXXX - En regardant le dernier débat entre les têtes de gondoles socialistes et "divers gauche", vers lesquelles ma sensibilité naturelle est supposée me pousser en temps normal, j'ai été pris de panique et j'ai immédiatement appelé le 911, à New York (j'ai vu des gens faire ça, à la télé), en leur donnant une description précise du sinistre. On m'a demandé si c’était une plaisanterie ; j'ai répondu « Mais non ! C'est une catastrophe, c'est bien pour ça que j'appelle ! ». On m'a raccroché au nez... Solitude...
CCCXLI - Dans la série des dictons voués à une disparition certaine, faisons nos adieux à l'expression « Bon an, mal an » qui devrait très prochainement devenir « Mal an, mal an ».
CCCXLII - Un chevalier était lié à un code de l'honneur qui lui demandait d'avoir un port de tête altier, d'être chaste, vertueux, et de maîtriser sa peur en toute circonstance, sous peine de voir sa mémoire salie à tout jamais. C'est qu'un pet de trouille, avec une armure en fer comme caisse de résonance, ça te forgeait une réputation de musicien d'avant-garde jusqu'au royaume voisin...
CCCXLIII - A la politique comme à la guerre, tout est question de stratégie et d'armes. Parmi les stratégies nouvelles, saluons celle de Lionel Jospin, la "candidature à mèche courte" : le temps que tu te rendes compte qu'il est là, pan, il s'autodétruit et il disparaît. J'ai pas encore tout saisi à l'intérêt de la manœuvre, mais bon...
CCCXLIV - Les candidats socialistes sont partis se départager au Zénith, comme pour les finales de la Star Ac'. Ca va d'ailleurs se passer un peu pareil : il va falloir voter pour celui qui chante le moins faux, à défaut d'en trouver au moins un qui soit vraiment taillé pour le métier.
CCCXLV - La mode "vintage" est de retour : une bonne occasion de revoir un peu nos valeurs éducatives. Cette année, offrez à vos enfants un noël "vintage" : une orange et un mistral gagnant... et une tarte dans le museau s'ils râlent.
CCCXLVI - Petit Papa Nooo-ël, quand tu descendras du ciel, pour faire tes jouets, va pas t'faire chier la pine, *tadadaaa*, recrute donc - plein d'petits enfants en Chiiiiinne... Tous en chœur !...
CCCXLVII - Les traditions varient d'un pays à l'autre. En Chine, on n’offre pas de jouets aux enfants, à Noël. Bizarre ? Pas du tout : si vous aviez un copain boucher, vous lui offririez un steak, vous ?
CCCXLVIII - J'ai rapidement parcouru un écrit retraçant les plus belles phrases de sagesse de Bush. Ce mec est un génie... j'ignore pourquoi j'écris encore. C'est vrai : quand on fait exprès de dire des conneries, voire qu'on passe des heures à méditer pour pondre un truc stupide, on se sent peu de choses face à quelqu'un qui fait mille fois plus fort aussi spontanément.
CCCXLIX - Dans la série des mecs très fort, je me dois de saluer le gars de "Ask-a-ninja.com", mais je lui signale que pour ninja qu'il soit, il ne répond qu'aux questions de son public. Sur "Ask-a-Wladymeer.com", moi, je vais jusqu'à donner aux questions que personne ne se pose des réponses dont tout le monde se fout... HA !
CCCL - Et dans la série des mecs vraiment super forts, chapeau bas aux éléphants du PS qui... ha oui, mais ça, en fait, c'est pas drôle du tout... c'est plutôt une catastrophe nationale... Les lecteurs auront rectifié d'eux-mêmes.
CCCLI - Je vois des mecs de droite qui sourient... J'attends juste qu'on aie pire que Chirac, dans le genre droite, pour voir à quelle profondeur les mecs en question auront réussi à enfouir leur sourire dans leur anus.
CCCLII - Bon, d'accord, voter Babar, c'est bon pour les ados révoltés, c'est inutile, ça compte comme vote blanc, c'est irresponsable etc... Oui, mais si on vote TOUS Babar, alors ? (regard interrogateur à gauche... à droite...)
CCCLIII - Petites perles d'humanité récoltées dans un jeu en ligne dont je tairai le nom : Avec ma bulle d'invulnérabilité, je te chie dans le nez, sale... (*Mort soudaine ou MS*) T'inquiète, je maîtr... (MS) Je suis sûr qu'il est pas aussi balaise que... (MS) Ha ha ha ha ha h... (MS) Alors, t'es dans la merde, hein, t'es dans la merde... oh merde... (MS) Ha mais non... (MS) - (en groupe) Putain, mais qu'est-ce que vous avez tous à crever comme... (MS) C'est quoi ce gros truc... (MS). Bon, je vous garde les autres pour plus tard ou on y est encore demain.
CCCLIV - En parlant de jeu en ligne... Quand je vois la tétrachiée de trucs à faire pour sauver le monde des pixels, je vous raconte pas le bordel que ça va être si jamais on décide de sauver le vrai monde.
CCCLV - Vous m'avez cru mort et je suis revenu... Une septième fois... Vous allez me croire remort et je rereviendrai... Oui, "I'll be back" ça sonne mieux en plus court, mais moi au moins, je ne suis pas un gros pitre de veau aux hormones homophobe, neocon, et gouverneur d'un état d'Amérique.
- OPUS HUITIEME -
CCCLVI - J'ai appris dernièrement qu'un Pape, en certaines circonstances qui m'échappent, peut, à l'instar de la limonade, faire des bulles. (*Prend la pose et l'expression du Penseur de Rodin, perdu dans d'improbables tentatives de représentations mentales de la scène*).
CCCLVII - L'autre question, c'est par où on souffle dans un Pape pour qu'il fasse des bulles ?
CCCLVIII - Apparemment, une bulle papale, ça peut "changer le monde". Y doit y avoir une question de coup de main, parce que Raymond Barre, en son temps à l'assemblée nationale, des bulles, il en a fait plus d'une et ça n'a jamais rien changé à rien.
CCCLIX - Lobo veut tester mes textes devant un public, alors que sur son blog, à la question "Qu'est-ce qui vous fait rire chez Wladymeer ?" il a eu 0 réponses. Je crois que le côté Kamikaze de ce garçon est un truc qui me le rend encore plus sympathique.
CCCLX - Bon, en même temps, si je reconnais qu'avec mes deux lecteurs les années d'affluence, je n'écris pour personne d'autre que moi, est-ce que ça ne fait pas de tout ça un truc un peu narcissique...
CCCLXI - ...
CCCLXII - Hmmm ...
CCCLXIII - Bah, peut-être que oui, mais j'ai déjà eu de bien meilleures raisons de me taire et je ne l'ai pas fait pour autant... On ne se refait pas, hein ? Reprenons.
CCCLXIV - J'ai entendu dire certains écrivains que trouver un titre était parfois l'étape la plus pénible du roman, le reste venant tout seul. Moi des titres, j'en ai plein : "Pas de saucisses pour John Kaiser", "Les fistules de l'exploit", "Comme un concombre dans la nuit"... Dans mon cas, le problème, c'est plutôt ce fameux "reste" qui vient tout seul chez les romanciers.
CCCLXV - Je viens de me relire tour à tour "L'heure de s'enivrer" d'Hubert Reeves et "La mort est mon métier" de Robert Merle. J’ai peur de m'être chopé un chaud et froid mental. C'est un peu comme un rhume de cerveau, en plus métaphysique.
CCCLXVI - "La solitude du coureur de fond"... Ca pourrait être pire, tiens : la "solitude du coureur de fond, en Corrèze, l'hiver". Là d'accord, y a de quoi se flinguer.
CCCLXVII - En partant de là, c'est vrai qu'on peut toujours trouver pire, tiens : "La solitude du coureur de fond en string, poursuivi en plein Himalaya par un yéti sodomite". D'accord, là, je grossis un peu le trait.
CCCLXVIII - Mais en suivant le chemin un peu plus loin, on en arrive à la "Solitude biologique", pas celle du coureur de fond, ni celle du plombier zingueur en particuliers : celle de tout le monde. Juste la solitude d'être soi. Celle qui murmure : "Tu es bien entouré ? Appuyé et soutenu par cet entourage ? Aimé et heureux ? Eh bien un jour, tu vas crever ; tout le soutien et l'amour de ces gens n'y changera rien, et sur ce, passe une bonne nuit".
CCCLXIX - Tiens, je suis à peu près certain que je tenais une idée "marrante" y a pas une minute... Perdue... Je crois que les trous de boulettes sur mon pull ne sont rien en comparaison des trous de boulettes dans mon cerveau. Les idées, elles tombent dedans...
CCCLXX - Intolérable, je me suis chopé un torticolis de menton et d'oreilles qui passe par la glotte : ça existe même pas et MOI j'arrive à l'attraper... mais c'est un cauchemar !
CCCLXXI - Qui a dit que les super héros n'existent pas... "Supeeer-Whiskyyy *ta-ga-daaaa* Pète sa gueule au torticolis mu-tannnt".
CCCLXXII - "Super Whisskyyyy *ta-ga-daaa* m'a filé une migraine monu-mentaaale"... Bon, Super Doliprane, j'espère que t'es aussi balaise que tu le prétends.
CCCLXXIII - J'ignore où exactement le nerf est coincé, mais je suspecte un truc dans le haut de la nuque. La grosse question est "comment cette saloperie arrive à me faire mal jusque dans l'ongle du gros doigt de pied" ?
CCCLXXIV - Si vous avez raté les épisodes précédents : "Après avoir pété son museau au torticolis mutant, Super Whisky se retourne contre notre héros, qui appelle Super Doliprane. Sur le terrain, Super Doliprane s’avère être une tapiole incapable en costume jaune. Après avoir appelé Super Pétard à son secours, en dépit des voix qui lui disaient "c'est pas une bonne idée", notre héros Super Malade va-t-il enfin se décider à appeler Super Médecin de nuit, au risque d'avoir l'air Super Con ?
CCCLXXV - En fonction du bras que je bouge, j'ai mal derrière la nuque, ou devant, dans le menton ou le sternum. Ce torticolis, si c'en est un, il est tellement pas logique que j'ai peur qu'il fasse mal à un voisin si je bouge une jambe.
CCCLXXVI - D'un autre côté, y a plein de cons parmi mes voisins. Réflexion faite, quand je compte le nombre d'autistes, qui silencieusement me laissent comme un merdeux avec mon sourire et mon bonjour, sous prétexte que mon look les intrigue, je danserais volontiers le smurf, là... si ça ne me faisait pas tellement mal à moi, en premier lieu.
CCCLXXVII - Bon, j'en connais une qui ne doit plus se sentir péter, depuis qu'elle a été désignée candidate officielle de son parti. Seulement voilà, elle est la 1ere personnalité d'un parti de 240000 personnes, alors que celui de Sarko en compte 300000. Attention, Séguignolène ! Dans ton dos ! Le vilain gendarme !!
CCCLXXVIII - L'affaire Clearstream c'est un peu comme ce jeu d'Intervilles où les gars se balancent une bombe et où celui qui l'a dans les mains quand elle pète a perdu. Je vous l'accorde, la comparaison n'est pas flatteuse pour la 5e République.
CCCLXXIX - A moins d'un mois de me retrouver vraisemblablement au chômage, est-il toujours aussi simple de trouver des trucs marrants dans les coins tordus de mon cerveau ? A bien relire le début de cette pensée, ça me paraît déjà curieusement mal barré.
CCCLXXX - C'est l'occasion de revoir un certain nombre de vérités. Tiens, l'employé des pompes funèbres de la pensée CCIII, que tu lui colles un nez rouge, qu'il te fait pas marrer... Eh ben le préposé de l'ANPE que j'aurai bientôt en face de moi, avec un nez rouge, il me fera pas marrer non plus. Il se sent moins seul, l'employé des pompes funèbres.
CCCLXXXI - Cinq ans de chômage au sortir des études, dont trois au RMI et deux en dépression profonde et lourdement médicamenteuse. Deux ans de boulot, et potentiellement un retour à la case départ. J'ai comme la vague impression que je n’arriverai jamais à l'âge du noble papy qui me tient lieu d'avatar.
CCCLXXXI - Je n’arriverai jamais à son âge, mais là, dans le miroir, j'ai déjà sa tronche. Je me demande si je dois considérer ça comme un genre de compensation.
CCCLXXXII - C'est bon, des fois, de rouvrir les vieux placards de son enfance... *OooOoOohhh mon vieux Nounours*... *OoOoh mon vieux Doudou*... *OoOooh, mon vieux Lexomil* Ha non, ça c'est le placard à pharmacie. Bon, de toute façon, c'était aussi l'heure d'aller fouiner dans ce placard là. Chier.
CCCLXXXIII - Ca y est... J'ai trouvé mon superpouvoir de la pensée CLXX. Je suis Herald Wladymeer, le héros qui résiste tellement à toutes les molécules connues que même un camion de valium ne suffit pas à m'endormir. Bon, je ne suis pas certain que ce soit bien utile dans une guilde, pour sauver le monde...
CCCLXXXIV - Alors oui, je vous vois venir, si le camion de Valium me roule dessus, je serai tout de suite beaucoup plus calme. En même temps, si on va par là, y a pas mal de trucs pas étudiés pour qui peuvent avoir de puissantes vertus anxiolytiques, hein.
CCCLXXXV - Une idée en entraînant une autre, je revois Jacques Villeret dans "Papy fait de la résistance", éructant qu'il ne va pas tarder à distribuer des petits bonbons au cyanure, après quoi "tout le monde sera beaucoup plus calme". Et là, j'ai envie de dire "Prems".
CCCLXXXVI - Si la plupart des héros de l'enfance sont insensibles au temps et ne vieillissent pas avec leur public, c'est pour lui épargner la vision... je sais pas moi... d'un Caliméro adolescent et SDF, qui oublie dans son héroïnomanie toutes les injustices subies tôt dans l'enfance, et avec lesquelles on l’a forcé à faire rire trois générations de gosses, par exemple.
CCCLXXXVII - Quand on parle chômage, y a toujours un crétin qui te parle de "rebondir". Je lui réponds en général que ses parents ont eu bien de la chance de pondre un môme en caoutchouc : c'est pas commun.
CCCLXXXVIII - Détail curieux : le mec jovial et tonique qui te conseille d'apprendre à rebondir, en général, lui, il est jamais au chômage ou sur le point de l'être.
CCCLXXXIX - L'explication était sous le bout de mon nez. Si le mec qui te donne ce genre de conseils n'est jamais lui-même au chômage, c'est souvent parce que c'est son métier d'apprendre aux chômeurs à rebondir : ça s'appelle un "coach" ou quelque chose comme ça. Un boulot dans lequel tu n'as jamais à mettre tes principes en action, sachant qu'avec la demande, t'es pas près de t'y retrouver, toi, au chômage.
CCCXC - Le sommeil... le seul truc qui peut soulager dans ces cas là, et forcément, le seul truc auquel t'as pas droit dans ces cas là. Pourquoi ça tombe tellement sous le sens, mon cher Murphy ?
CCCXCI - On dit rira bien qui rira le dernier. Avec ce qu'elle doit se marrer, elle ne peut pas être de si mauvaise compagnie que ça, la Camarde.
CCCXCII - Le tout, c'est de savoir si elle a le rire communicatif.
CCCXCIII - Le monde du travail est un grand cirque dans lequel ne se produisent que des clowns tristes et des funambules. Les clowns tristes, c'est les politiciens, et les funambules... ben c'est le reste.
CCCXCIV - Les pauvres cachent la misère de leur éducation comme ils le peuvent : derrière le prétexte fallacieux des contingences pécuniaires qui les poussent à préférer le pâté hénaff au foie gras, ils tentent simplement maladroitement de dissimuler le manque de goût profond qui les caractérise souvent.
CCCXCV - Attention, il ne s'agit pas de sombrer dans les généralisations faciles. Certains pauvres savent donner l'exemple. J'en connais un qui sait même différencier à la simple odeur un foie gras de canard banal cuit dans un mauvais Cognac, d'un foie gras d'oie cru au sel de Guérande. A tous les pauvres qui souhaitent tirer un trait sur leur ignorance gastronomique foncière, à tous ceux qui décident de lutter pour élever les valeurs de leurs papilles gustatives, j'adresse ce grand cri : "Faites comme mon pote Dédé avec son foie gras, chourez-le".
CCCXCVI - Et essayez de planquer une bouteille de Chablis dans la poussette du petit, vous verrez, ça va bien avec.
CCCXCVII - Si, consécutivement à une brillante initiative de l'ANPE qui aura su, à son sens, exploiter mes talents de traducteur, je me trouve à être le vigile du supermarché en question, j'aurai certainement un de ces accès de cécité lié à mon grand âge.
CCCXCVIII - Un bonheur n'arrivant jamais seul, je trouve depuis quelques temps des petits points de sang dans mon mouchoir, tous les matins, quand je me mouche. J'essaierai ultérieurement de faire un truc marrant avec ça, mais une fois encore, j'ai l'impression curieuse que c'est pas forcément gagné à l'avance.
CCCXCIX - Note : si c'est un cancer du nez, avec le nombre de conneries que j'ai pu raconter, on pourra toujours appeler ça le "Syndrome de Pinocchio-Wladymeer"...
CD - Ca c'est un chiffre romain qu'il est bien, quand on est comme moi mélomane.
CDI - Ca c'est un chiffre romain qu'il déprime, quand on est comme moi sur le point d'aller pointer au chomdu.
CDII - Contrat à Durée Intentionnellement Indéterminée. L'avenir du CPE. Vous ne pensiez quand même pas qu'ils avaient vraiment lâché l'affaire, au moins ?
CDIII - Si j'apprends la même semaine que je me suis chopé un crabe et le chômage, la sécurité sociale va tourner de l'œil quand je vais lui présenter la note d’anxiolytiques.
CDIV - Le pire, c'est que si c'est pas un cancer : un, j'aurais l'air con, et deux, je devrai en déduire que c'est juste de l'hypocondrie : la pire de toutes les maladies, puisque c'est toutes les maladies à la fois.
CDV - Les initiales de Connerie De Vie ? Oui, je sais, le "coach" de la pensée CCCLXXXIX me dit "Non, c'est les initiales de "Comment Devenir un Vainqueur". Cette fois-ci, je crois qu'il va la prendre, sa baffe.
- OPUS NEUVIEME -
CDVI - La science se félicite d'avoir réussi à mettre au point des "ordinateurs à logique floue" (sic). Moi, ça fait des années que je suis doté d'un cerveau à logique floue, mais à en croire l'absence de réponse à mes courriers répétés, il semblerait que Science & Vie s'en contrefoute.
CDVIII - Moi, tu me laisses essayer de régler un problème de Windows, ton ordinateur, j'en fais tellement un ordinateur à logique floue qu'il voit plus l'intérêt de démarrer. Pourquoi sens-je confusément que le mec de l'ANPE va ricaner bêtement si j'essaye de lui vendre ça comme une compétence d'expertise scientifique ?
CDVIII - Pour oublier quelques instants l'angoisse profonde dont sue abondamment l'existence, rien de tel que l'engloutissement total de l'esprit dans la réflexion, autour de quelque substantifique moelle cinématographique lourde d'enseignements. A l'instant, j'hésite encore entre "Les choses de la vie" de Godard et "Lethal Ninja" de... d'un gars.
CDIX - La créature m'observe, l'oeil torve, rivé sur moi. Entre ses deux joues tendues comme des abcès prêts à craquer, petites fesses de visage rougies par l'effort, s'agite le petit hémorroïde de sa langue, avec laquelle elle simule force pets. Pas de doute possible, c'est bien un petit humain.
CDX - Villepin se targue de sa forme physique éblouissante et confesse avoir mis à profit la courte pause qu'on lui a accordée pendant ses 17 heures d'audition pour "faire des pompes". Bon, il serait ministre des sports, je dis pas, mais là, qu'est-ce que ça peut bien nous foutre ?
CDXI - J'en sors pas, de cette histoire de pompes. Imaginons la scène un instant. 8 heures d'audition, 100 pompes, 8 heures d'audition. C'est moi qui vois le surréalisme partout ou il faut vraiment lui proposer une carrière d'artiste d'avant-garde, genre "performer" ?
CDXII - Et si c'était pas lui mais la France entière qui était sujette à une crise majeure, il ferait quoi ? Des poids et haltères ?
CDXIII - On peut comprendre que certains politiciens soient plus avides de pouvoir que d'autres, et n'hésitent pas à tremper dans des affaires louches, la fin justifiant les moyens. T'imagines que tes parents t'aient appelé(e) "Galouzeau" (Galouzette ou Galouzine si t'es une frangine) ? T'aurais pas le sentiment d'avoir une revanche à prendre sur la vie depuis le jour de ton baptême ?
CDXIV - Non, sans blague, il faut avoir de dangereuses pulsions sadiques pour filer un prénom pareil à la chair de sa chair. A moins qu'on soit persuadé en tant que parent qu'on tient plus à le voir faire de la figuration au Muppet Show qu'au conseil des ministres. Entre nous, heureusement que ça a foiré. S'il avait animé le Muppet Show comme il anime la vie médiatique française, y aurait eu des suicides chez les enfants.
CDXV - Raffarin, tentant dernièrement de rebondir sur le "Oui mais..." de Giscard en 81, a lancé un grand "Oui plus" à Nicolas Sarkozy. "Oui plus" ??? J'ai les synapses qui se touchent ou c'est lui qui a oublié l'heure de ses gélules ?
CDXVI - D'après le Canard Enchaîné, le même individu aurait affirmé il y a peu de temps que "Si on met la voiture France à l'envers, on ne pourra plus rebondir". Je crois que ça répond à la question de la pensée précédente.
CDXVII - Note : il a bien de la chance d'être né à notre siècle, et pas à celui du bel esprit, le père Raff'. C'est qu'avec un bon mot de cette envergure à table, tu pouvais partir avant le dessert en demandant aux serviteurs s'ils n'avaient pas deux mètres de corde et une poutre solide dans la cagna.
CDXVIII - "Timeo danae et dona ferentes". C'est comme ça que les Latins disaient "Attention, quand un gusse paraît trop poli pour être honnête, il est peut-être en train de te beurrer la rondelle avant d'y introduire les plus improbables des objets contondants". Ils étaient forts pour causer en peu de mots, les Latins.
CDXIX - C'est plus fort que moi, je suis hanté par cette histoire de voiture à l'envers qui rebondit pas. Quelqu'un doit expliquer à Raffarin que Lautréamont n'était pas un politicien et qu'essayer de le plagier ne le mènera à rien... enfin, pas sur le plan politique.
CDXX - Je vais adresser un courrier à J-C Van Damme pour lui demander s'il a compris quelque chose à cette histoire de bagnole. Le style du bon mot ne lui est pas étranger, alors on ne sait jamais...
CDXXI - Si quelqu'un parmi vous à l'habitude de rebondir dans sa voiture, tout ce que je peux lui conseiller, c'est de changer les amortisseurs, mais ça n'explique pas le bon mot de Raff. Si quelqu'un parmi vous rebondit en dehors de sa voiture, j'ai peur qu'il s'agisse d'une affaire de spécialiste qui dépasse mes compétences, comme les bons mots de Raff.
CDXXII - Vérité profonde entendue à l'instant dans un nanar M6 : "Les insectes n'ont pas d'organes qui ne servent à rien". C'est pourtant vrai que certains humains ont des organes qui ne servent à rien. Tiens, regardez, les chasseurs, ils ont des cerveaux, comme nous autres, et pourtant...
CDXXIII - Bon, certains répliqueront qu'au su de ce que je fais du mien (de cerveau... suivez un peu), c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité. Honnêtement, je ne peux pas leur donner tort ; mais moi, à la différence des chasseurs, je ne laisserai qu'un cadavre derrière moi : le mien.
CDXXIV - Puisqu'on n'est pas grand chose sans un maître à penser, un mentor dont on peut publiquement se réclamer, disons que j'essaie de devenir le Ed Wood de la pensée postmoderne.
CDXXV - Deux bouts de carton, un peu de plastique, une vieille ficelle, et crac... une pensée à moins d'un Euro. Si vous trouvez des pensées moins chères que celles de ce blog, je vous rembourse la différence.
CDXXVI - On m'a dit que le chocolat avait de puissantes vertus antidépressives. J'en ai bâfré au quintal et là, je suis tellement joyeux que je crois que je vais vomir toute la nuit.
CDXXVII - Les sessions d'enregistrement, c'est la crise d'angoisse assurée : le fameux "syndrome de la touche record". Sans parler de monter sur scène. C'est ça qu'est bien dans le hobby de musicien : la possibilité d'angoisser pour d'autres trucs que ceux qui te pourrissent la vie au quotidien.
CDXXVIII - Un pote m'a dit que dépasser ses limites, ça passait par la prise de risques. Il faut se confronter au danger, affirmait-il ; "courir avec les loups, nager avec les requins"... Bon, je vais commencer par m'entraîner en allant éternuer avec les pingouins.
CDXXIX - Non seulement ma bonne étoile est une incapable, mais en plus, avec la tétrachiée de consoeurs à elle accrochées aux cieux, je ne sais même pas sur laquelle gueuler.
CDXXX - C'est au moment précis où l'absence de nourriture spirituelle se fait sentir que s'affiche sur mon écran de télévision "Cobra Alert : retour vers l'enfer", en lettres de feu faites au briquet, budget oblige. Il y a un Bon Dieu pour les hommes d'esprit.
CDXXXI - Me Wladymeer, qui doit secrètement tester mes compétences potentielles de père, fait parfois l'enfant. Elle m'a demandé pas plus tard que l'autre soir de lui raconter une histoire, au moment d'aller au lit. J'ai flairé le piège ninja illico, alors plutôt que de tomber dedans en lui demandant d'aller se faire dépister d'un éventuel Alzheimer précoce, je me suis plongé à fond dans le rôle et je lui ai improvisé la merveilleuse histoire de "la petite fée qui puait du bec". Comment a-t-elle pu avoir le front, le lendemain, de me répondre que "c'est peut-être pas encore le bon moment pour un gosse".
CDXXXII - Comment lui expliquer que si elle attend que je mûrisse, on fêtera certainement les quinze ans du petit quelques mois après notre 300e anniversaire de mariage.
CDXXXIII - Peu de gens savent qu'il existe des noces en dehors des limites fixées par les noces de coton (1 an) et les noces de chêne (80 ans). Avant les noces de coton, il y a les noces de nitroglycérine, et après les noces de chêne, il y a les noces de carbone 14.
CDXXXIV - Prodigieux, inouï, fantasmagorique, et je pèse mes mots. Je suis en train de regarder un Nanar allemand, dans lequel un des méchants s'appelle Gerhard Schröder. Je recommencerai à respecter les nanars français le jour où un mec pond un scénario dans lequel le maître ninja maléfique s'appelle Jacques Chirac.
CDXXXV - Sur mon clavier, il y a toutes les lettres de l'alphabet, et avec elles, tous les mots que je peux écrire avec, et toutes les phrases à composer subséquemment. Eh ben j'ai beau le regarder depuis une demi plombe, rien...
CDXXXVI - Toujours rien.
CDXXXVII - Cette catin d'inspiration a du se planquer ailleurs, la traînée... Je l'ai déjà vu s'embusquer dans une chaussette (Opus 1 ou 2), le problème, c'est qu'avec le foutoir qui règne ici depuis que Me Wlad est partie en vacances, je peux la chercher jusqu'aux calendes proverbiales.
CDXXXVIII - A l’instant, mon cerveau a le cul posé sur un plan de réflexion à angle nul. J'ignore si c'est bien parlant pour vous autres, mais pour moi, c'est aussi limpide que synonyme d'un désarroi certain.
CDXXXIX - J'ai été mener moi-même les investigations dans mon cerveau pour y déterminer la cause de cette inactivité soudaine, et pousser un coup de gueule tout patronal. Je n'y ai trouvé que deux neurones et une synapse qui tapaient le carton, alors je suis resté faire une belote, j'ai payé trois fois la tournée parce qu'elles trichaient, j'ai décidé que ça suffisait, je suis revenu, et j'ai complètement oublié ce que j'étais parti chercher. Bah...
CDXL - En prime, chemin faisant, il semblerait que j'ai perdu mes clés dans mon cerveau. Je vois déjà le regard blasé du gars des urgences quand je vais lui expliquer que ça n'arrive qu'à moi.
CDXLI - En même temps, quitte à se taper le cas de la soirée en tant qu'interne aux urgences, il vaut mieux aller décoincer des clés dans un cerveau qu'une tour Eiffel dans... enfin bref...
CDXLI - Une idée en entraînant une autre, si vous voulez découvrir où sont passées toutes les promesses électorales qui disparaissent d'ordinaire mystérieusement au lendemain des élections, j'ai peur que vous soyez forcés d'aller vous faire examiner par un proctologue.
CDXLII - Tant qu'on en est au rayon des objets divers coincés là où le soleil ne brille jamais, autorisons-nous une pensée émue pour le praticien qui a du, d'après ses confessions, extraire un Rubik-Cube d'un patient amateur d'expériences exotiques. D'un coup, la chanson paillarde intitulée "Dans ton cul, on s'amuse bien" prend un sens nouveau.
CDXLII - Oui, ne dites rien, moi aussi j'ai compris en relisant mes trois dernières pensées où mon inspiration était partie se planquer... *Soupir las*.
CDXLIII - Après examen approfondi, il apparaît que je présente les symptômes de 373 maladies connues, et d'une vingtaine de maladies extra-terrestres non répertoriées. Y a-t-il un docteur, dans l'assistance ? Non ? A défaut, y a-t-il un patron de bar dans l'assistance ?
CDXLIV - C'est bien simple, j'ai a peu près autant de maladies qu'il y a de conneries dans ce blog. De là à établir un lien...
CDXLIV - Nos lettres de licenciement économique fraîchement pliées en poche, nous rentrions à petit pas de la boulangerie où nous avions pris de quoi déjeuner, pour soigner le squelette de travail qui nous restait. Il a dit que ça allait être la relecture la plus pénible de l'année. Je lui ai répondu que ça allait être l'année la plus pénible de l'année. J'ai cru que j'allais vomir mon sandwich avant de l'avoir mangé...
CDXLIV - Si un Dieu grec devait incarner le marché du travail, je crois sans nul doute qu'il s'agirait de Saturne. Celui de Goya, pour être précis.
CDXLV - Au regard des cernes qui couronnent mes deux superbes cocards d'épuisement semi permanents, j'ai le sentiment que les songes des nuits dernières sont peuplés de Horlas maupassantins. Encore une chance que je ne me souvienne jamais de mes rêves.
CDXLVI - Ah tiens, si... une trace du rêve de la nuit dernière... un évènement mystique... la main d'une intelligence supérieure qui m'insufflait une vérité universelle... un message à transmettre à l'humanité... Henri Guibet en deltaplane... un poireau... une bicyclette... Tant pis...
CDXLVII - Dans un autre rêve il était question d'un joueur de ping-pong solitaire qui venait de gagner son cinquième service d'affilée, après une balle d'engagement forcément peu disputée, et qui avait quand même l'impression de perdre la partie. Certainement un truc freudien en rapport avec la perspective du chomdu.
CDXLVIII - Les chiffres, quand ils vont dans le bon sens, comme les chiffres romains de ce blog, je n’ai pas de problème avec eux, mais putain, ce que je peux haïr les comptes à rebours.
CDXLIX - La vache, j'ai eu une sorte de flash affreux. J'ai compris un instant l'histoire de la bagnole à l'envers qui rebondit pas. J'ai cru qu'il allait y avoir une fissure dans l'espace-temps et que c'était la fin de l'univers connu... et puis paf ! C'est passé et ça ne veut à nouveau plus rien dire. Vous avez eu du bol.
CDL - C'est incroyable les chiffres romains. Des fois, les chiffres plus gros, eh ben ils sont plus petits que les chiffres plus petits, qui sont plus gros... enfin plus longs... Bon, il doit être l'heure d'aller au lit, là.
CDLI - Au pieu, quand ta première pensée une fois la loupiotte éteinte est "Qu'est-ce que je fous là ?", y a pas de doute possible, la nuit est mal engagée.
CDLII - Essayons de compter les moutons... 1 mouton, 2 moutons, 3 mou... Mais où ils vont tous comme ça, ces cons de moutons ? Ils suivent un chemin, je vois un gros bâtiment... Ha merde, l'A.N.P.E., je l'aurais parié. Bon, comptons les marmottes...
CDLIII - Voilà, j'ai officiellement passé une très mauvaise nuit en compagnie d'un million deux cent quatre vingt mille huit cent quatre vingt quatorze marmottes... Demain, je compte les coups de marteau dans la tête. Si je dépasse deux, c'est que je ne mets pas assez de coeur à l'ouvrage.
CDLIV - On peut toujours dire que je raconte des conneries sur les héros de notre enfance qui tournent mal, genre Caliméro. N'empêche qu'à la télé, dans une bande-annonce aperçue à l'instant, je viens de me rendre compte que Frodo le Hobbit est devenu un Hooligan... Alors ? Qui fabule ?
CDLV - Le moins qu'on puisse dire, c'est que trouver du boulot, c'est la lutte, terme soft volontairement choisi pour ne pas rentrer plus avant dans le champ lexical guerrier. Pour tout dire, à l'heure de retourner voir à l'ANPE si j'y suis, je me demande si je dois prier Dieu ou Odin.
CDLVI - Les voilà, nos petites vies, incarnées dans ces petits tas de viande nimbés de la lumière crue des réverbères de par chez eux ou d'ailleurs. Comment en arrive-t-on individuellement à s'attacher autant à aussi peu de chose ?
- Interlude & Addendum rectificatif -
Etant pour une raison technique qui m'échappe dans l'incapacité de répondre aux commentaires sur mon propre blog, je me vois dans l'obligation de rédiger une note, consécutivement à l'intervention de Léo. En effet, après vérification, les "Choses de la vie" ne sont effectivement pas une oeuvre de Godard. Il fallait donc lire en CDVIII ... "J'hésite entre les choses de la vie, d'un gars, et Lethal Ninja de... d'un autre gars".
- OPUS DIXIEME -
CDLVII - Si la dernière pub "écureuil" mettant en scène une poignée de Hippies qui crache soudain sur son mode de vie et oublie un pote en route pour se ruer vers le capitalisme, comme une bande de cadres du MEDEF en rut est tout sauf drôle, ce n'est pas parce qu'elle glorifie le pognon et le place au dessus des valeurs humaines. Ce n'est pas parce qu'elle termine de trépaner des jeunes qu'elle représente déjà comme des débiles légers. C'est juste que la scène ressemble trop à la vie réelle.
CDLVIII - Ce n'est pas que ma motivation vacille à tenter d'éclairer les masses de mes "bons mots", mais j'ai un peu l'impression de prendre mes désirs pour des lanternes, puisqu'on cause éclairage, à défaut d'avoir plus d'une vessie sous la main pour respecter l'expression au pied de la lettre.
CDLIX – Pourtant, ce blog part vraiment d'une bonne intention... Oui, c'est ça, comme beaucoup de trucs qui ne servent à rien. Je n’ai jamais dit que c'était antinomique avec la pensée précédente...
CDLX - Il est dit dans les signes qui annoncent l'apocalypse que "l'agneau dormira aux côtés du lion". Sachant que l'apocalypse est pour bientôt, à mon avis, c'est une parabole ou une métaphore pour parler du spectacle de Dieudonné devant les dirigeants du FN.
CDLXI - Au commencement était le verbe, mais on n’a aucune idée de ce qu'il racontait, à l'époque. Ce qu'on peut assurer, c'est qu'à la fin, il n'y aura également plus que le verbe : une phrase courte, du style "Et merde !" qui résonne dans l'espace.
CDLXII - Ou c'est moi ou la perspective du chômage me rend de plus en plus productif. C'est effroyable : je crois que je viens d'inventer une machine à transformer l'angoisse en bêtise !
CDLXIII - Le tout, c'est de faire comme Magneto dans les X-men et de construire cette machine à échelle géante, pour qu'elle contamine la terre entière. Bombes au pop-corn, commandos de clowns, elle va être terrible, la troisième guerre mondiale... si je termine les plans à temps...
CDLXIV - En fait, cette machine, ce serait Cerebro, pour ceux qui connaissent, sauf qu'il serait branché sur mon cerveau, et pas sur celui du professeur Xavier. Bon pour l'instant, j'ai tapé "piratage + plans Cerebro" sur Google, mais rien. Quelqu'un a une suggestion ? C'est vraiment important, je vous assure... Personne ?
CDLXV - Quand je pense que sur un forum, un mec demande pourquoi Actarus fait un tour pour rien quand il se transfère dans le cockpit de Goldorak : il obtient 127 réponses... Et moi, je pose une question élémentaire pour sauver le monde, et le monde, eh ben il s'en fout.
CDLXVI - Ce n'est pas très raisonnable, cette aboulie, hein, parce que quand on cause fin du monde, ça veut dire que c'est valable pour vous AUSSI, d'abord.
CDLXVII - Il n'y a pas qu'un seul Saint du vin ! Un certain Julien fait de la concurrence à Emilion, pendant qu'un certain Georges résidant près des côtes de Nuits compte les points. Moi je croyais qu'il n'y avait qu'un seul Saint par truc à sanctifier. Bon, en même temps, c'est vrai qu'on cause pinard, là... je comprends qu'ils soient plusieurs à se tirer dans les pattes pour le poste.
CDLXVIII - Et côté concurrence, ils n'ont encore rien vu, les pauvres... Attendez un peu que j'arrive là haut, et commencez à vider vos bureaux en attendant... har har...
CDLIX - Je savais pas pourquoi, mais malgré son ergonomie aboutie, je me sentais de plus en plus mal assis sur mon formidable siège de travail, ces jours derniers. Et puis j'ai compris... c'est parce que c'est un siège éjectable.
CDLX - Pique et pique et collégram, bourre et bourre et ra-ta-tam, ce se-ra toi qui se-ra pré-si-dent... Oh non merde, pas lui... euh... Mais co-mme le roi et le reine ne...
CDLXI - Qu'est-ce que c'est un élu du peuple ? L'âme naïve est tentée de répondre "c'est celui que le peuple appelle de ses voeux". En fait, tout le monde sait bien qu'on vote toujours pour un gars qu'on ne peut pas encadrer, simplement parce que l'autre est pire.
CDLXII - La "Bravitude" n'est pas un barbarisme. Comme l'explique Jack Lang à la place de l'intéressée, c'est un néologisme puissant qui évoque la "plénitude du sentiment de bravoure". En d'autres termes, un candidat ne se trompe jamais, n'est jamais fatigué, mais surtout, ne se trompe jamais. C'est vous les imbéciles analphabètes, pas le candidat. Pauvre candidat, seul génie de la langue face à la France illettrée. Vous avez encore de la chance qu'il ou elle s'intéresse à vous : c'est vraiment de la confiture aux cochons.
CDLXIII - Et n'allez surtout pas dire qu'on nous prend pour de braves cons... c'est juste que le futur gouvernement voit de la bravitude dans notre connitude.
CDLXIV - Le pire de tout, c'est que je crois qu'il a raison.
CDLXV - Pour couper court à tout commentaire vexé concernant la pensée précédente, si vous êtes persuadé(e) de ne pas être un(e) brave con(ne), allez l'expliquer au gouvernement, pas à moi : c'est sans objet, et en plus, je suis d'un naturel sceptique.
CDLXVI - Mais non, je ne suis pas fondamentalement méchant : je vous aime bien, dans le fond. Bon, d'accord, pas tous.
CDLXVII - Et puis qui aime bien châtie bien, là ! C'est dire si je vais en aimer certains très fort, dans les temps qui viennent. Surtout à deux doigts des élections.
CDLXIX - Pour avoir voyagé au moins une fois en Boeing, je peux assurer que le voyage dans l'air et dans l'écriture fonctionnent de manière analogue : y a des trous dedans.
CDLXX - Une voix intérieure me dit "dans le gruyère aussi y a des trous, et il n’en fait pas un fromage, le gruyère". Maintenant, j'hésite entre écrire un essai narrant la supériorité du gruyère sur l'écrivain dans la dignité face à la panne d'inspiration ou écrire à Carambar pour savoir combien ils payent leurs vannes pourries, à l'unité.
CDLXXI - Ce n'est pas que je sois prêt à me prostituer, mais bon, chômage oblige, si Carambar paye gras, j'ai un blog entier à leur vendre. Bon d'accord, y a des blagues qui vont faire pleurer les enfants...
CDLXXII - Dernièrement, j'ai retrouvé au hasard des bouquinistes un recueil des meilleures blagues de Christian Morin. J'ai dû réussir à en lire trois avant d'avoir envie de me tuer. Si je ne suis pas le seul à vivre occasionnellement ce genre de trucs, je devrais peut-être fermer ce blog avant d'avoir des morts sur la conscience.
CDLXXIII - On est d'accord, à bien les regarder, ils ont tous des tronches et des discours de faux culs, on va être forcés de faire croire à l'un d'entre eux qu'on l'aime en votant pour, et vue d'ici, la démocratie commence à ressembler à une vaste pantalonnade. Il nous reste cependant un droit inaliénable qui sauve tout... On peut bouder.
CDLXXIV - Si on s'y colle tous maintenant, il nous faudra quand même 300 ans pour tricoter un pull à la terre en vue de l'hiver nucléaire qui nous guette d'ici quoi, pas plus d'un siècle ? C'est moisi, non ?
CDLXXV - J'ai ici une réponse de Carambar qui me dit qu'ils n'ont aucune envie de créer une ligne de produits "Carambar pour les moins jeunes légèrement dépressifs". Bon, voyons voir si l'almanach Vermot sera plus visionnaire que ces béotiens.
CDLXXVI - Non, sérieusement, je suis certain que je ne suis pas la seule créature de Dieu à bouffer des Carambars pour faire passer le goût du Lexomil. Vous m'avez abominablement déçu, Monsieur Carambar.
CDLXXVII - Un lecteur me fait savoir qu'il a trouvé sur le blog d'un jeune du MPF des pensées beaucoup plus cheap que les miennes, et il demande à être remboursé de la différence, conformément à la promesse CDXXV de l'opus précédent. Oui, mais c'est triché, là... j'ai pas dit d'aller chercher dans les poubelles, non plus...
CDLXXVIII - Dans pas longtemps, je sens qu'aux références douteuses de ma culture générale quasi factice et autres fautes d'orthographe vont venir s'ajouter les erreurs grossières de chiffres romains. C'est pas de la tarte les lois de l’entropie appliquées au blog.
CDLXXIX - Les lois de l’entropie affirment entre autres choses que plus une structure évolue, gagne en ampleur et en complexité, plus elle voit germer en elle les graines de sa propre déliquescence. Ca vous rappelle un peu la condition humaine de groupe ? Et après ça, on va encore dire que c'est moi qui vois le mal partout...
CDLXXX - Dire que je vais mourir avant de savoir s'il y a de la vie intelligente ailleurs dans l'univers et si elle sait jouer au ping-pong, tiens, ça me déprime, je vais boire un coup. Et vous, c'est quoi votre excuse ?
CDLXXXI - J'en entends un qui dit "Quand j'étais petit, j'ai été malade"... Oui, c'est une excuse qui se tient, ça me paraît valable... Allez, ramène ta fraise, la première tournée est pour moi.
CDLXXXII - Bon pour égayer les choses, on va plus parler d'élections, mais de grand jeu du "Qui qui gagne". De fond, ça ne change pas grand chose, notez. On ne sait pas encore qui d'entre eux va gagner, mais on sait déjà qu'on a tous perdu.
CDLXXXIII - Si je devais tracer un arbre généalogique de ma lose littéraire, je dirais que la panne d'inspiration est la cousine Germaine de la flemme profonde.
CDLXXXIV - Ils sont tous en train de nous raconter qu'il faut qu'on respire, qu'ensemble tout est possible, que demain ce sera vachement mieux, et qu'on va résoudre une dette représentant 66% du P.I.B. en baissant les impôts, sans saigner le service public... Oui oui oui, et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier allu, et alors... Qui a rigolé !!??
CDLXXXV - Avant de tenir des propos manichéens et tranchés sur le règne animal comme "Un écureuil, c'est mignon, et une veuve noire, c'est de la saloperie", essayez de vous faire un découvert de 500 balles à la caisse d'épargne. Après, on recause écureuils...
CDLXXXVI - Ha... J'en entends un qui dit "Et moi, y a six mois, j'ai été mordu par une huître, je m'en suis jamais remis"... C'est un peu miteux, comme excuse, mais ça ira pour cette fois. Allez viens, je suis avec le gars de la CDLXXXI, profites-en c'est son tour de raquer.
CDLXXXVI - Ha tiens, un communiqué de presse m'apprend que François Bayrou a confié à un proche être persuadé qu'il est destiné à la présidence, depuis que la Sainte Vierge lui a annoncé la bonne nouvelle en personne. Bon, il a vu la Vierge, ça, c'est certain... Après, j'y vois pas les mêmes choses que lui, mais ça doit être une question d'interprétation des signes.
CDLXXXVI - Une pensée en entraînant une autre, je suis taraudé par le doute... Depuis quand les psychotropes sont christiano-démocratico-compatibles ?
CDLXXXVII - Sur le divan d'un expert en esprits tordus, j'ai appris à mettre un nom sur mon rapport aux fromages, pinards et autres viandes en sauces. Ca s'appelle une "monomanie". Mon cholestérol, mon foie et moi, on était tous contents de l'apprendre ; on s'est senti moins cons... On a fêté ça avec un bon Côtes de Nuits sur un boeuf Strogonoff.
CDLXXXVIII - Bayrou, au début, il pouvait bien dire ce qu'il voulait, c'était "le chien aboie et la caravane passe". Maintenant que les autres commencent à le prendre au sérieux, c'est le chien qui passe et la caravane qui aboie : on aura tout vu, dans la 5e République.
CDLXXXIX - La loi de la sélection naturelle dit, en gros, que ce sont les individus les plus génétiquement aptes d'un groupe animal qui dominent ce dernier. Ca fonctionne pas mal, dans l'ensemble, sauf chez l'humain. L'humain, il lui faudrait un genre d'Hubert Reeves comme président, et on va avoir au choix... bon, ça y est, j'ai la migraine.
CDXC - Dans le genre société qui vit à crédit pour s'auto-payer pendant 25 ans, on aura vraiment bu le calice jusqu'à la lie, et sans vomir. Reste une gueule de bois plombée et assez paradoxale : c'est pas ceux qui ont trop picolé qui l'ont, c'est leurs gosses.
CDXCI - Je propose qu'on poursuive un peu l'opération, et que ma génération vive encore à crédit, avec une retraite et tout et tout, et que ce soit la génération suivante qui paye. Comment ça, quelle honte ? On a toujours fait comme ça ! La vraie honte, c'est pas ce que je propose, c'est surtout de faire des gosses, quand on voit où on va.
CDXCII - Bon, je réalise que la pensée précédente était valable tant qu'il s'agissait de vos gosses. Maintenant que j'en veux aussi, il va me falloir revoir un peu ma copie. C'est emmerdant, je l'aimais bien, mon plan...
CDXCIII - A défaut de trouver un plan pour sauver le monde, il faudrait peut-être que je me mette à un plancher sur un projet pour sauver ma gueule. Ca rend un rien égoïste le chômage...
CDXCIV - ... Voire aigri.
CDXCV - Tiens, mon reflet sur l'écran me dit que le chômage, ça rend également laid. Oui, dans mon cas, c'était déjà comme ça avant, mais là, je parle d'une autre laideur. Celle qui fait que tu détournes les yeux de Brad Pitt quand c'est juste un humain qui lui ressemble, au milieu d'une file de RMIstes massée en façade de l'ANPE de ton quartier.
CDXCVI - Sans parler de la laideur de Brad Pitt quand il te demande une pièce ou un chèque resto au détour d'un wagon, mais bon, j'anticipe de quelques mois sur mon problème suivant.
CDXCVII - Le plan B, ce serait de réussir à faire fortune avec mon groupe... de... ... death-metal... *tousse*. Bon, alors le plan C... voyons voir, le plan C... ...
CDXCVIII - Histoire d'abréger, passons directement au plan Z, qui dans l'immédiat, consiste à... trouver un alphabet de plus de 26 lettres...
CDXCIX - Que ceux qui aiment se goinfrent tant que c'est "drôle", parce qu'au rythme auquel j'écris, et compte tenu de l'aspect de ma vie en date de la prochaine fournée, cette dernière risque de sentir le rance, si tant est qu'elle soit consommable sans risquer l'empoisonnement.
D - Manifestement, arrivés à 500, les Romains en ont eu aussi marre que moi des chiffres à rallonge. La flemme est parfois un moteur du progrès, c'est indéniable.
DI - Au rythme de 500 bêtises l'année, je renonce à l'exploration de la connerie humaine. Je doute déjà de parvenir à faire le tour de la mienne en une vie.
DII - Grâce au passé communiste de ma ville, j'ai l'insigne honneur de résider rue Gabriel Péri. Un double honneur en soi, dans la mesure ou moins célèbre que Jaurès ou Blum, c'en est toujours un que Sarkozy n'aura pas souillé en le citant.
DIII - L'humour est la politesse du désespoir, affirment certains. Quand un type comme Franquin se suicide après t'avoir fait rigoler, c'est qu'il était trop poli pour être honnête.
DIV - Sans parler d'Achille Zavatta. C'est assez biblique, en y réfléchissant. Je n'aurais pas été surpris de trouver une phrase du style "Et des clowns se donneront la mort", au milieu des signes annonciateurs de l'Apocalypse.
DV - C'est long quatre jours. C'est court quatre jours. Le temps qui précède une exécution sommaire ou le chômage, c'est toujours trop long et trop court à la fois.
DVI - J'ai la grosse idée, là. Vous savez que l'espace et le temps sont intimement liés, dans la mesure où on parle d'espace-temps ? En d'autres termes, commencez par cesser d'exister dans l'espace, et qui c'est qui l'a dans son cul ? Le temps ! Finis, les problèmes d'obsèques. Comment ça, vous n'êtes pas avancés ? Tas d'ingrats que vous êtes...
DVII - Puisque c'est comme ça, je vais me coucher alors que j'ai même pas sommeil. Bien fait pour vous.
- OPUS ONZIEME -
DVIII - L'univers c'est un genre de yoghourt à l'espace-temps, avec des vrais petits bouts d'antimatière, dedans.
DIX - Tentons une thérapie par confrontation à la réalité. Regardons les choses en face. Tout ce que j'apprends, tout ce que je deviens par là même, tout ce que je construis, un jour, ça va se terminer sur un grand rien. Ca, et en plus, ma voisine d'en dessous s'est encore endormie devant la télé en laissant le volume sur "Versailles".
DX - Observons un paradoxe édifiant. Ostensiblement déprimé, laissez une connaissance faire en ses termes preuve d'humanité en vous demandant comment ça va. Répondez par un haïku surréaliste composé dans l'instant, façon : "Les entrailles du poisson fraîchement éviscéré, entre deux tranches de pain tartinées de pus"... Laissez agir sans agiter. Votre état est beaucoup plus sérieux qu'escompté et pourtant, notre altruiste a brutalement bien mieux à faire que de vous aider. Un petit dessin vaut mieux qu'un long discours. Surtout quand on cause de trucs chiants et par nature indéfinissables comme les paradoxes.
DXI - Tiens, la thérapie par l'Haïku surréaliste... pas encore essayé... Hmmm... "De petites suées rances en cette nuit opaline, le parfum de la vie aux fragrances d'urine". Je ne me sens pas franchement mieux, mais j'ai déjà un titre : "Chômage".
DXII - Je viens d'observer une dalle de parquet pendant vingt bonnes minutes. Elle n'a pas bougé d'un centimètre. Dans la catégorie "maîtrise de la force", je peux tout de suite rayer "Jedi" de ma liste de recherches d'emploi.
DXIII - En même temps, certains soirs, mon parquet bouge, mais c'est pas la force, c'est l'alcool.
DXIV - Fermons les yeux quelques instants. Rouvrons-les. Rien n'a changé. C'est la preuve qu'il va tout de suite falloir passer à une méthode impliquant une dépense d'énergie supérieure à celle de la tentative précédente. Ca m'épuise à l'avance.
DXV - Pince-mi et pince-moi sont sur un bateau. Pince-mi tombe à l'eau. Qu'est-ce qui reste ? Un gars avec un nom improbable qui n'a peut-être pas la conscience tranquille.
DXVI - "Pince-mi" et "Fonce à la pharmacie me chercher du collyre" sont n'importe où. Je viens de me foutre inexplicablement une goutte de Tabasco dans l'oeil en essayant de déboucher le goulot obstrué, et dans l'hystérie de la souffrance, j'ai tué ce con de Pince-mi. Qu'est-ce qui reste ?
DXVII - "Pince-mi" et "Tu peux aller boire un coup avec tes potes" sont dans un bateau... Comment ça, mes gros sabots ?
DXVIII - "Pince-mi" et "Puisque c'est comme ça je reste ici, mais on s'ouvre le Bourgueil" sont dans une situation dangereuse générique. Pince-mi a objectivement un physique de victime, qu’est-ce que t’en dis ?...
DXIX - Pince-mi et Pince-moi commencent à me gonfler...
DXX - ...Pince-mi tombe à l'eau, et Pince-moi saute pour le sauver... Attention Pince-moi, le requin... et voilà une, non, deux bonnes choses de faites, on va pouvoir passer à autre chose.
DXXI - L'univers, c'est un tout qui fabrique des étoiles, qui elles-mêmes fabriquent du tout... Je sais, on s'est un peu éloigné de Pince-mi et Pince-moi à vitesse de distorsion : je ne suis pas sûr de bien suivre moi-même.
DXXII - Si on considère que tous les atomes qui nous constituent sont nés de manière similaire au coeur d'une étoile, cela signifie stricto sensu que nous sommes tous consubstantiellement frères et soeurs... ce serait presque beau, si ça ne faisait pas de nous au même titre les frères et soeurs des cailloux, des poireaux, des boîtes de thon, et de tout ce qui est constitué d'atomes... là, ça fait quand même une grosse famille...
DXXIII - Et voilà, tu t'endors en lisant Reeves, tu te lèves plein d'espoir, de poésie, et résultat, après avoir passé vingt minutes en leur compagnie dans les transports en commun, la seule poésie que t'inspirent tes frères et soeurs universels, c'est une envie galactique, sidérale, de leur coller des baffes cosmiques.
DXXIV - Et même... Quand on en voit certains, on se sent carrément plus frère avec le poireau ou la boîte de thon.
DXXV - Je dis le poireau ou la boîte de thon, mais j'aurais pu dire les gravillons. Mon but implicite n'était pas de dénigrer les gravillons, qui me sont en ce moment infiniment plus sympathiques que grosso merdo 55% des votants ayant participé aux dernières élections.
DXXVI - Oui, bon, d'accord, c'est pas très honnête : quel qu'ait pu être le résultat, j'aurais forcément terminé fâché avec du monde.
DXXVII - A partir de là, pour synthétiser les cinq pensées précédentes : soit on considère qu'il n'y avait pas un candidat correct au sens humain du terme, et que les gens ne pouvaient de toute façon PAS bien voter, soit ils se sont tous sentis légitimement représentés, et on considère alors que ce gobelet en plastique à côté de mon clavier est "l'entité" la plus sympathique de ce pays, au sens universel de la matière, ça va de soi. Ca va pas être facile de trancher.
DXXVIII - De toute façon, tant qu'on ne laissera pas les vrais problèmes aux spécialistes et qu’on n’aura pas entre autres proposé le Ministère de l'environnement et du développement durable aux Watoos-Watoos, j'aurai un peu l'impression qu'on se fout de nous.
DXXIX - Comment ça les Watoos-Watoos se sont fait bouffer par une huître ?? Bon, ben alors flèche bleue, le serpent... mais si, enfin : "Falut les vécolozistes !" Quoi ? Un sac à main bleu ? Mais c'est horrible...
DXXX - Non, mauvaise réponse, mais tu le fais exprès aussi... tu m'as entendu dire "Pince-mi" et "Fonce à la pharmacie me chercher du collyre" et "Démerde-toi" sont dans un bateau ?
DXXXI - Je suis en contemplation depuis vingt minutes devant un angle de mon plafond. J'ai beau l'interroger du regard, chercher dans la perfection de sa géométrie une réponse à la grosse énigme de l'univers, il ne me répond pas. C'est un angle obtus.
DXXXII - Promenade en forêt III : Oui, Loupiot, papa te plante un bic quatre couleurs dans la gorge, et c'est bien fait. Ca s'appelle une trachéotomie artisanale : papa avait dit "On ne va pas jouer dans la maison de Maya l'abeille".
DXXXIII - Métaphorisons l'inenvisageable, c'est le meilleur moyen de visualiser l'inconcevable. Dieu, par exemple, rentre difficilement dans notre champ d'appréhension, à moins qu'on le visualise comme un cocktail composé de trois volumes d'équerres, deux volumes de compas, cinq volumes de verbe, et une bonne centaine de volumes de silence.
DXXXIV - C'est fou ce que la vie pendant le chômage ressemble à la vie avant le travail. La jeunesse en moins.
DXXXV - Je crierais volontiers "Au secours !" mais à cette heure, la seule aide que je recevrais serait une visite des schmidts faisant écho à une plainte pour tapage nocturne.
DXXXVI - Ha, tiens, si vous n'avez pas encore essayé, l'acupuncture pour arrêter la cigarette : c'est génial. Décontractant et tout, un pur moment de volupté. Et c'est encore meilleur avec une clope.
DXXXVII - D'ailleurs, tant qu'on cause décontraction : quelqu'un sait-il s'il existe un genre de "voie du milieu" entre le Lexomil et les tranquillisants pour éléphants ?
DXXXVIII - Si j'avais le piano à cocktails de Vian assorti du pianiste, je ne sais pas si l'air de mon temps lui inspirerait un truc qui a "tout à fait le goût du Blues", mais je suis persuadé que ce serait imbuvable.
DXXXIX - Quelqu'un connaît un truc contre les envies de se foutre par la fenêtre ?... Emménager au rez-de-chaussée... oui... pas bête...
DXL - Il paraît que le vrai Nanar ne peut être que le fruit d'un accident, et qu'en essayant d'en faire un volontairement, on arrive au mieux à une parodie triste et insipide. Aimant le défi, je suis quand même en train de m'atteler à l'écriture d'un script ayant pour titre "La dimension des Ninjas". S'il y a des volontaires pour faire de la figuration...
DXLI - Le scénario parle d'une porte menant vers une dimension parallèle exclusivement peuplée de Ninjas. Pour le casting, il me faut donc un épicier-ninja, un plombier-ninja, un chauffeur de taxi-ninja, pleins de fonctionnaires-ninjas, une chorale d'enfants-ninjas, un paquet de grands-mères ninjas (éventuellement avec leurs époux-ninjas ou des veufs-ninjas rencontrés en speed dating), des patissiers-ninjas, etc. N'hésitez pas à vous présenter en compagnie de vos animaux domestiques : nous avons besoin de trois téckels-ninjas, de canaris-ninjas, et de beaucoup, beaucoup de pigeons-ninjas pour les scènes en extérieur ville.
DXLII - Bon, j'ai regardé brièvement le budget à débloquer pour le caméscope. Il va donc s'agir d'un roman-photo intitulé "La dimension des Ninjas"... voire d'une nouvelle sur papier.
DXLIII - Sentant le projet qui allait traîner en longueur pour ne déboucher sur rien, j'ai abrégé les choses. Dans mon salon, devant un public composé d'un ours en peluche et d'un Big Jim, j'ai effectué une performance artistique intitulée "La dimension des ninjas". J'ai mis un jogging noir, et je me suis enturbanné la tronche jusqu'à ne rien voir. J’ai avancé droit devant moi en multipliant les coups à l'aveuglette. J'ai tapé pied nu dans le billard, je me suis mis de la pommade, et je suis retourné écrire. Voilà.
DXLIV - L'inactivité du chômage et l'ennui qu'elle entraîne génèrent décidément des phénomènes curieux.
DXLV - Une partie des informations stockées sur Internet étant relayée par satellite, il m'est permis d'espérer qu'une forme d'intelligence supérieure curieuse reçoive ces mots, en tendant l'oreille. Alors voilà, c'est Herald Wladymeer, en direct de la terre, qui vous fait savoir que si vous êtes parmi nous ou sur le point de nous contacter, que vous êtes animés de bonnes intentions, que vous avez des trucs qui peuvent intéresser nos dirigeants ou encore que vous êtes comestibles : fuyez aussi vite que vous le pouvez.
DXLVI - En revanche, si vous restez à bonne distance, en orbite lointaine, on vous promet un feu d'artifice nucléaire pour dans trois cent ans au plus, que vous serez pas venus pour rien. On n'est pas fréquentables, mais on a le sens du spectacle.
DXLVII - Je suppose que pour une forme d'intelligence supérieure, nous observer longuement au télescope, ça doit donner un peu l'impression de regarder "Gremlins" en boucle.
DXLVIII - Histoire de s'éviter la honte d'un simple constat d'auto-extinction le jour où les extraterrestres passeront nous rendre visite, je propose, avant de lancer joyeusement l'holocauste nucléaire, qu'on fasse bâtir à l'intention des extraterrestres en question un monument à l'épreuve des bombes, genre pierre de rosette en plus grand, sur lequel on lira dans toutes les langues : "C'était juste pour déconner entre nous, on appelle ça le Grand guignol, vous êtes des extraterrestres, vous pouvez pas comprendre". On ne sera pas là pour le voir, mais l'honneur sera sauf, si les extraterrestres ont le sens du second degré.
DXLIX - Et on pourra ajouter en Post-scriptum "D'ailleurs, vu le taux de radiation des lieux au moment où vous lisez ces lignes, si vous ne savez pas ce qu'est le Grand guignol, mais que vous avez des cheveux, des dents, des ongles, ou des trucs extraterrestres qui y ressemblent, vous comprendrez vite en les regardant tomber dans quarante huit heures au plus, surtout si vous avez le sens du second degré. Avec les compliments de la civilisation humaine, bien à vous, etc.".
DL - Les Bonobos gèrent tous les conflits par le sexe pour éviter les dégâts collatéraux. Les Gorilles préviennent toujours avant de taper pour de vrai. En fait, bien peu de singes sont animés d’intentions aussi agressives que les nôtres. Darwin ne s'est pas vraiment planté en décrétant qu'on descendait des singes. Il a juste oublié de préciser qu'on descendait des plus cons.
DLI - On est d'accord, à priori, c'est foutu pour nous, mais on peut encore chercher à sauver ce qui peut l'être. Si vous cherchez une B.A. simple à accomplir : placez-vous nuitamment à votre fenêtre, une lampe de poche tournée vers le ciel, et en morse, loupiottez "Barrez-vous vite, ça va partir en sucette à large échelle, ça risque de tacher".
DLII - Si un extraterrestre tient à son vaisseau autant qu'un cadre supérieur tient à sa Xantia, l'argument "Ca risque de tacher" peut porter.
DLIII - C'est vrai que toute considération morale mise à part, un holocauste nucléaire peut avoir une certaine gueule, un côté grandiose. Le problème, c'est que la forme de vie intelligente la plus proche de nous résidant certainement à quelques années lumières, on risque de peiner à entendre les applaudissements.
DLIV - Ecole des fans de l'humanité : l'humain, tu lui files la radioactivité, il te fait le scanner médical et la bombe A. Comment tu veux lui donner une note, à la fin ?
DLV - *Lève un petit panneau sur lequel est imprimé un "2"*... Je sais, c'est pas "forcément" mérité, mais ça défoule.
DLVI - Tiens ! Un flash ! Une petite parabole apocalyptique de dernière minute avant clôture d'Opus : Heureux les nageurs sportifs spécialisés dans la haute mer, car la fonte des pôles va leur donner raison.
DLVII - Et sur ce, bonne nuit Nicolas, bonne nuit Pimprenelle... Ha ? Il est déjà cinq heures du matin ? Heu... Bonjour Nicolas, bonjour Pimprenelle, Nounours a encore abusé de la caféine et des anxiolytiques...
- OPUS DOUZIEME -
DLVIII - J’ai dernièrement passé une nuit aux urgences avant d’enchaîner une matinée à l’ANPE. Les deux endroits font tellement ton sur ton qu’à la sortie de l’ANPE, j’ai failli demander combien je devais pour la consultation.
DLIX - Je sais qu’en cas de traumatisme violent, la victime peut statistiquement adhérer subitement à la cause de son bourreau. On appelle ça le syndrome de Stockholm. J’ai dû passer à côté : je n’aime pas plus les politiciens depuis que je suis au chômage.
DLX - Demain est un autre jour : que voilà une pensée rassurante pour le gars qui va mal. Comment, ça t’angoisse ? Ha, tu vas bien et tu préfères que ça ne change pas… je comprends. Ben t’as qu’à te dire que demain est un autre jour parfaitement semblable à aujourd’hui. En plus, c’est bien plus proche de la réalité que « Demain est un autre jour », mais ne va surtout pas le dire au gars qui déprime.
DLXI - D’ailleurs c’est bien simple, ça me pourrit tellement le moral… tiens, je vais tout simplement décider que je n’ai rien entendu de ce que je viens de dire.
DLXII - La vie fait toujours bien les choses. C’est maintenant que j’ai par définition tout le temps pour écrire que je me sens à peu près aussi creux qu’un mot d’esprit de Vincent Lagaff’.
DLXIII - Tiens, détail amusant, Word me signale « Lagaff’ » comme une faute. Ce n’est pas faux en soi, c’est juste que la programmation rudimentaire de Word l’empêche de distinguer la faute d’orthographe de la faute de goût.
DLXIV - “Do you want to add “Lagaff’” to your custom dictionary ?” Quoi, faire entrer Lagaff’ dans un dictionnaire, fusse-t-il virtuel ? Et pourquoi pas à l’académie française ? Mais t’es pas simplement mal programmé, Word, t’es un grand malade !
DLXV - Je sais, c’est pas très bien d’aimer les objets, mais la relation que j’entretiens avec mon ordinateur est presque aussi belle que l’amour qui lie un pizzaïolo ambulant à son estafette.
DLXVI - Faute de pouvoir aimer l’humain, on aime ce qu’on peut.
DLXVII - Bon, c’est vrai, mes chiens sont super biens aussi. Et même bien mieux que pas mal d’humains et d’objets. Le seul hic, c’est l’absence d’interface permettant de relier un chien à Internet.
DLXVIII - Et c’est bien le seul hic, parce qu’en dehors de ça, comme outils de correction orthographique et grammaticale, par exemple, mes chiens sont carrément plus doués que Word.
DLXIX - Ha ! Une réaction : j’ai ici une lettre d’un nerd qui m’affirme avoir tenté à plusieurs reprises de connecter son chat à Internet, depuis qu’il a remarqué que le félin en question était équipé d’un « genre de prise USB ». Pauvre bête, que quelqu’un appelle immédiatement un vétérinaire spécialisé en proctologie animale.
DLXX - Ce n’est pas que je sois envahi par la paranoïa, mais j’ai un peu la trouille que la moindre recherche Google ciblée ne fasse apparaître ce blog comme un pur instrument de propagande subversive crypto-anarcho-surréaliste. Sachant à quel point on dérange les RG pour peu de choses, cet an dernier, je vais devoir réagir sur les pensées suivantes, histoire de faire varier les mots clés qui feront réagir les moteurs de recherche.
DLXXI - La gentillesse, c’est très bien.
DLXXII - Tout ce bonheur, ça alors, mais que je suis content d’être heureux.
DLXXIII - Encore deux comme ça et j’y reste… et il m’en reste… plus de 500 pour équilibrer ? Bon, condensons.
DLXXIV - Le Président, il est super, j’aime autant le Président que j’aime les fleurs, les mygales et tout ce qui vit. Je suis un barbu, mais un bourgeois, pas un hirsute, et surtout pas anarchiste pour deux ronds, et le système, je l’aime aussi, il super comme il est, faut surtout toucher à rien... (ça va pas aller, condenser, condenser)… heu… Gentillesse, fleurs, amour, beauté, amitié, soumission civile, pro libéralisme, Dieu sauve la patrie, le MEDEF, et notre Président… euh, joie… euh…vivat, hourra, youpi, rectum… zut, raté.
DLXXV - Bon, et maintenant, je devrais supprimer les éléments compromettants… c'est-à-dire tout le reste de ce blog…
DLXXVI - ...
DLXXVII - Les psys affirment qu’une famille s’articule autour du plus névrosé. En termes profanes, c’est le plus névrosé qui « fait la loi »... Force m’est de constater que cette hiérarchie existe également entre les névroses d’un seul et même individu. Par exemple là, ma paranoïa (fictive, à dessein clownesque) est bien moins forte que ma flemme (réelle et sans finalité nécessaire)… et donc, bien évidemment, j’efface rien du tout. CQFD.
DLXXIX - De toute façon, c’est l’heure du nanar M6… autant dire qu’en termes de flemme et de contre productivité, je risque de battre des records.
DLXXX - L’amateur de nanar type ne peut être qu’un homme d’esprit ou un grand malade. Cette déduction procède d’une analyse des finalités de l’auto infliction de nanar, qui sont au nombre de deux : une bonne rigolade ou une lobotomie artisanale.
DLXXXI - Entendu à la télé à l’instant : … Les astronautes viennent de se poser avec succès en Floride. N’importe quoi : un astronaute, ça se pose avec succès sur la lune, pas en Floride, sinon y a qu’à prendre le train pour être un astronaute.
DLXXXII - Ha ? En fait, ils revenaient de la lune après 13 jours de mission dans l’espace ?… Oui, alors bien sûr, si on commence à finasser sur les mots... quelle mauvaise foi, ces astronautes…
DLXXXIII - C’est dommage. Je prends le métro tous les jours pour aller d’un point à un autre, et je me disais qu’au prochain entretien de mise à jour de mon profil à l’A.N.P.E., j’aurais pu ajouter « Astronaute », histoire de me donner une certaine contenance… Bah…
DLXXXIV - Y aurait peut-être une solution alternative qui consisterait à demander un diplôme d’astronaute à mon psy… Faut dire que ça fait un moment qu’il me voit naviguer en hyperespace…
DLXXXV - Ou alors je vais direct à la NASA et je discute poireaux et enclumes dix minutes avec un ponte local. Le risque étant alors de passer moins facilement pour un astronaute que pour une forme de vie extra-terrestre.
DLXXXVI - Ou alors je reste chez moi et je commence à chercher du boulot…
DLXXXVII - …
DLXXXVIII - Bon, alors où se trouve la succursale de la NASA la plus proche de mon lieu de domiciliation ?
DLXXXIX - Ha ! J’en entends un qui dit « Et moi, un jour, mes parents ils m’ont paumé à la Foire aux pétoncles »… Bon, t’es à la bourre de deux opus, mais ça ira pour cette fois, qu’est-ce que je te sers ?
DXC - Trouver les mots pour dire à quel point je commence à peiner à me forcer à rire de ma vie et à essayer de vous faire sourire avec, c’est pas simple… Trouver des mots rigolos pour le dire… fatalement…
DXCI - En même temps, pour rester sur une note positive, si tant est que j’ai fait le tour de la bêtise joyeuse, je suis sûr que je peux encore déblatérer pas mal de temps sur la bêtise triste.
DXCII - A vrai dire, nature humaine aidant, il semblerait même que la bêtise triste soit un sujet d’inspiration potentiellement inépuisable.
DXCIII - J’ai eu beau essayer de lui attribuer tous les avatars possibles et imaginables, il n’en est pas un qui protège l’assistant automatique de Word des pulsions meurtrières que j’éprouve à son endroit, eut égard à ses apparitions aussi déplacées que fréquentes et inopportunes. J’ai eu envie de tuer le petit chien… J’ai eu envie de tuer le robot, et là… j’ai envie de tuer un trombone… c’est aussi ridicule que pathétique.
DXCIII - Pour en revenir à la hiérarchie des névroses, là, c’est l’énervement qui ne va pas tarder à détrôner la flemme, et me donner la volonté nécessaire pour me plonger une bonne fois dans l’interface utilisateur de ce truc…
DXCIV - … Et tuer le trombone…
DXCV - Bon… voilà… il était sous mon doigt… sous ma botte… à un clic de la destruction, à un clic du retour au néant du cerveau de son créateur… Une simple option à désactiver… J’ai… J’ai pas pu tuer le trombone…
DXCVI - Comme quoi, dans le genre pathétique, on croit avoir touché le fond… et puis…
DXCVII - Tiens, depuis une demi heure, il semblerait que le trombone soit en proie à une certaine timidité : la créature se terre… « Objets inanimés, possédez-vous une âme ? ».
DXCVIII - …
DXCIX - Dites-moi que c’est pas possible, en vrai, que le trombone il ait compris que j’allais le tuer et qu’il se cache maintenant… je commence à avoir un peu peur de taper des trucs sur mon clavier.
DC - Et la voilà, quand on la croyait morte, la bêtise joyeuse…fière, sauvage ; la bêtise des âges farouches, indomptable, renaissant de ces cendres telle un improbable phénix. Encore un peu de pratique et j’arriverai à me pendre en me fendant la gueule.
DCI - Ha… j’oubliais ma directive personnelle à caractère pratique N° 38-a : le suicide est une option proscrite, car non constructive. Flûte alors…
DCII - Qui plus est, sachant que c’est quand même en bonne partie à cause de nos dirigeants que j’en suis là où j’en suis à l’heure actuelle, il convient d’y adjoindre la 38-b : le suicide ne sert que l’ennemi.
DCIII - Enfin, en vertu de ma grande lâcheté naturelle, il est nécessaire d’inclure la directive N°38-c : le suicide, ça peut faire super mal et en plus, tu peux y rester bêtement pour de vrai, alors que tu demandais juste maladroitement un câlin … Brrrr…
DCIV - Avertissement : les loopings, vrilles et diverses cascades mentales effectuées dans ce blog sont exécutées par un professionnel de haut vol rompu à ces disciplines. Pour votre propre sécurité, n’essayez en aucun cas de les reproduire chez vous.
DCV - Addendum rectificatif : une coquille s’est glissée dans la pensée précédente. Il ne fallait pas lire « rompu à ces disciplines » mais « rompu par ces disciplines ». Les lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes…
DCVI - … et auront d’autant mieux compris l’intérêt de ne pas imiter le professionnel de haut vol susmentionné.
DCVII - Les maladies qui rendent malpoli : aujourd’hui, l’infarctus du myocarde. Prenez le plus éduqué des hommes et collez-lui un infarctus au milieu du repas. Et bien avec un relâchement quasi gaulois, l’individu plonge la tête entière dans son assiette de vermicelles, au mépris de toute forme d’autodiscipline et au risque assumé de passer pour un rustre.
DCVIII - Tiens, ça s’est remis à causer en Fridolin sur la cinquième : trop tard pour arrêter le café… En général dès que j’entends l’allemand ou les cors de chasse, je comprends d’instinct que ma nuit de sommeil est foutue…
- OPUS TREIZIEME -
DCIX - 6e mois de chômage… rédaction de l’opus « 13 » contenant la vérité « 666 », dont je m’aperçois à l’instant qu’il aura été publié le 11 septembre… J’ai beau ne rien avoir d’un chantre de la superstition, j’ai comme une grosse envie de retourner me coucher.
DCX - Je vous promets que ça n’avait rien de calculé ou de prémédité… C’est peut-être précisément pour ça que ça m’effraye un peu.
DCXI - En plus, ce matin, un pote incrédule a pris la peine de me téléphoner pour m’annoncer qu’il avait trouvé un poil vert dans sa barbe… Après, on y voit des signes… ou pas…
DCXII - Je viens de passer dix minutes avec les bras croisés et les sourcils froncés, mais manifestement, ça n’impressionne pas l’inspiration.
DCXIII - *Fronce les sourcils plus fort*
DCXIV - Note pour plus tard… Froncer les sourcils longtemps ne permet pas d’attraper l’inspiration. Une bonne migraine, en revanche...
DCXV - Puisque c’est comme ça, je vais retourner devant ma télé m’abrutir d’une manière générique, en mâchonnant sans conviction des produits chocolatés. Et je vous prie d’y voir un geste « politique » ; une forme de protestation subtile face aux vicissitudes de l’inspiration.
DCXVI - C’est aussi ce que j’ai répondu au gars de l’ANPE qui me parlait des mes projets immédiats… à cette différence qu’il s’agissait dans le contexte d’une « forme de protestation subtile face aux vicissitudes du marché du travail ».
DCXVII - Notez bien l’équation suivante, elle vous sauvera à de nombreuses reprises, comme détaillé en fin d’équation « Chocolats + Télé = Protestation subtile face aux vicissitudes de « X » ( X remplaçant tout et n’importe quoi, pour peu que ça vous emmerde).
DCXVIII - Alors, non, en effet, « X » ne peut pas remplacer « les vicissitudes de votre rapport poids/taille ». C’est ce qui fait de l’équation précédente une règle et pas un axiome.
DCXIX - Un mathématicien s’est amusé à « démontrer » qu’un objet projeté n’atteint jamais sa cible, puisque dans un intervalle de temps « t », il ne fait que réduire de moitié la distance qui le sépare de la cible susmentionnée. Il en va de même pour l’intervalle de temps suivant, et ainsi, de moitié en moitié, de division en division d’un espace toujours divisible, le projectile ne touche jamais. J’ai essayé de l’expliquer à Me Wladymeer. Au bout de cinq minutes, elle m’a dit que c’était ridicule, j’ai dû répliquer par un truc vexant, et sa main s’est mise à parcourir un espace, qui pour « éternellement divisible » qu’il soit, ne l’a pas empêchée de venir me claquer le beignet, à ma grande surprise.
DCXX - Du coup, je suis en train de rechercher les coordonnées du mathématicien en question, sur Internet. En effet, moi et un gros bâton, on a une contre-proposition à sa théorie, qu’il nous tarde de lui formuler en termes simples.
DCXXI - Et je suis à peu près persuadé que là encore, il y a de l’équation sous-jacente, genre « bâton + moyen de transport = protestation subtile, encore qu’appuyée, face à « X ».
DCXXII - C’est assez curieux, en y réfléchissant, cette fascination qu’exercent sur moi les maths et la physique, quand on sait qu’au meilleur de ma forme, j’ai plafonné respectivement dans ces deux matières à 0.5 et 0.75 de moyenne sur l’année, en terminale.
DCXXIII - Il faut dire que j’avais choisi une filière littéraire… Signe avant-coureur d’une personnalité parfaitement autodestructrice en gestation, il faut croire.
DCXXIV - Lyophilisez trois grammes de stress en le torréfiant à la chaleur de vos sudations nocturnes, et trois grammes de spleen que vous prendrez le soin de laisser sécher à l’air du temps. Laissez infuser quelques mois dans une eau tiédasse, savourez le goût de la vie, et appelez promptement le centre anti-poison le plus proche de votre lieu de domiciliation.
DCXXV - J’ai inventé un jeu qui s’appelle « Et pourquoi alors ». Le problème, c’est qu’on perd souvent… regarde… « Et pourquoi alors que tout ça est tellement injuste ? »… T’as la réponse ? Non ? Eh ben voilà, t’as perdu…
DCXXVI - Du pain et des jeux… le mot d’ordre n’a pas changé : l’île de la tentation, c’est toujours les jeux du Cirque… mais non, pas le Cirque avec les clowns… encore que…
DCXXVIII - Sur une note moins gaie, ça signifie quand même que la race des seigneurs nous tient en place avec les mêmes subterfuges grossiers depuis pas loin de vingt siècles. A vingt ans de retard, t’es considéré comme lourdement attardé mental… à vingt siècles…
DCXXIX - En même temps, tant que vous ne vous fédérez pas pour sanctionner le fait qu’on fasse insulte à votre intelligence, comment voulez-vous que les médias se doutent que vous en possédez une ?
DCXXX - Bon, il faut dire que dans ce genre, d’émissions, on fait d’abord insulte à l’intelligence de ceux qui ont le manque de goût de s’y afficher… Du coup, c’est facile d’oublier qu’on fait également insulte à la vôtre.
DCXXXI - Il va falloir que je m’arrête là pour ce soir, sans quoi l’opus 13 va sortir trois jours après l’opus 12. J’ai quand même un standard de dilettantisme à respecter, si je ne tiens pas à me discréditer parfaitement auprès de mes trois lecteurs.
DCXXXII - Un grand singe qui cavale dans la savane… Un grand singe qui décide de marcher sur deux pattes… Un grand singe qui découvre les propriétés du triangle d’or… Un grand singe qui va sur la lune… Un grand singe qui appuie sur le bouton rouge, et hop… un grand singe qui cavale dans la savane…
DCXXXIII - En bouclant la pensée précédente, j’ai ressenti un certain vague à l’âme et une grande solitude m’envahir. C’est là que le trombone disparu depuis l’Opus précédent m’est apparu pour me signifier qu’il ne trouvait pas d’interface de dictionnaire norvégien. Quand l’incompétence confine à la poésie… Dire que j’ai failli tuer une entité aussi attentionnée.
DCXXXIV - Maintenant, c’est promis, chaque fois que je lancerai Word, je causerai cinq minutes avec mon copain le trombone… je lui demanderai comment ça va… et… si ça va… tout ça…
DCXXXV - Engourdi par le désoeuvrement, je me suis infligé en compagnie de quelques esthètes de ma connaissance le dernier Mel Gibson. Agacés par divers facteurs, nous avons rapidement commencé à réinterpréter les dialogues et à resituer l’action. Notre script s’intitulait « Apocalypto et ses copains vont au ski » ; malheureusement, on avait que la moitié du film, et ce dernier s’est interrompu net devant la grande pyramide sacrificielle. Du coup, ça s’est arrêté juste au moment où ils avaient trouvé le remonte-pente… quelle déception…
DCXXXVI - Dans la foulée, nous avons visionné « Spiderman 3 organise un pique-nique » (une chronique de mœurs dramatique néo-réaliste, tournant autour des réactions jalouses de ceux qui n’ont pas été invités au pique-nique), ainsi que les Transformers dans « Maman ! Papa s’est transformé en camion », la suite de « Chérie, j’ai robotisé les gosses ».
DCXXXVII - En fait, il n’existe aucune production cinématographique intrinsèquement nulle : il n’y a que des œuvres subtiles que nous ne sommes pas toujours capables de lire entre les lignes.
DCXXXVIII - Même « Dumb & Dumber », si t’intitules ça « Les réincarnations de Kant et Descartes prennent des vacances », ça prend une autre gueule. Bon, le titre est un peu long, et pour refaire les dialogues, si tu séchais la philo en terminale, polope.
DCXXXIX - Et puis quel bonheur de s’improviser les commentaires simultanés de Frédéric « Bonsouââr » Mitterrand, en temps réel…
DCXL - Une idée en entraînant une autre, si les ondes hertziennes ont mené un film de Max Pecas jusqu’aux confins de la galaxie, les extraterrestres vont faire une drôle de tête après avoir décrypté les infos de leurs radars.
DCXLI - Remarque, entre les images et les sons véhiculés via ondes hertziennes, qui saurait dire laquelle de nos célébrités a marqué la première de ses performances une autre civilisation intelligente que la nôtre, et quelles déductions la civilisation en question en aura tirées ?
DCXLII - Si c’est Lara Fabian, Mireille Matthieu, un impétrant de la Star Ac’ ou une « chanteuse à voie », et que les extraterrestres ne comprennent pas les paroles mais qu’ils se fient au ton, ça a peut-être été pris comme une déclaration de guerre, et on le sait même pas…
DCXLIII - Je vois d’ici l’atterrissage de la soucoupe, le truc indéfinissable qui en sort, et qui avec les informations hertziennes fragmentaires dont il dispose et le décalage temporel, s’adresse à nous, genre : « Hu-mains, me-nez-moi-à-vo-tre-chef su-prême, le-pui-ssant-Lé-on-Zi-trone ».
DCXLIV - S’ils ont reçu un match de foot, c’est pas forcément foutu à l’avance… il faut surtout prier pour qu’on ait pas filmé les tribunes ce soir là, sinon en moins de deux, c’est la Guerre des mondes.
DCXLV - C’est le même chiffre romain que celui d’avant, mais avec une lettre en moins.
DCXLVI - Les Egyptiens pensaient que l’âme des morts devait traverser le cosmos à bord d’un bateau (on peut déjà s’interroger l’efficience du canoë comme fusée intersidérale) ; et pour ce faire, ils enterraient le fameux bateau. Là encore la logique de la fusée qu’on enterre avant de la faire décoller m’échappe un peu…
DCXLVII - …M’est avis qu’en ces temps reculés, intemporalité des vices humains aidant, le papyrus ne servait pas qu’à écrire des trucs dessus… on pouvait déjà rouler des trucs dedans.
DCXLVIII - Remarque, dans la plupart des religions, certains principes restent, en l’absence d’un commentaire éclairé, relativement abscons. Par exemple, le Mahabaratta dit (en gros) « Au commencement étaient le feu et la musique ». Si personne ne t’explique, tu pourrais penser que Shiva a créé l’univers avec des allumettes et un banjo.
DCXLIX - Ca, c’est un chiffre romain qui est super dur à prononcer, si tu le prends pour un mot, même en Basque.
DCL - La tristesse sait à différentes échelles faire feu de tout bois. Si elle naît principalement dans un acte contemplatif, elle compense par la diversité des sujets qui la suscitent. Ca va de la contemplation de l’humanité à celle d’un sachet de M&M’s vide… c’est dire la largeur du spectre.
DCLI - Authentique !! En implantant des séquences d’ADN arachnide à un fœtus d’ovidé, des messieurs inventifs ont créé une chèvre dont le lait ressemble à une toile liquide, qui comparée aux dérivés de caoutchouc, est « beaucoup plus souple et résistante »… poil aux mamelles mutantes...
DCLIII - L’article ne dit pas si le mec s’est fait piquer par la chèvre en essayant de la traire.
DCLIV - J’imaginais un instant la genèse de Spiderman basée sur une piqûre de ce genre de bestiau. J’ai dans l’idée que le fameux héros aurait eu un look moins porteur.
DCLV - Quoi !? Un scout perdu dans les bois a besoin d’un polymère ultra souple et résistant pour remplacer sa toile de tente déchirée avant l’averse !? C’est un travail pour Spiderchèvre… Hmm… non, définitivement inexploitable…
DCLVI - Comment taper un trois en maths au bac, en tentant de rester poli sur une question ayant trait aux particularités d’un triangle abscons. Madame, c'est-à-dire que si je vous en parle comme ça me vient, le triangle, il va rentrer chez sa mère en pleurant et ça va faire toute une histoire…
DCLVII - …Du coup, c’est moi et ma bonne éducation qui sommes rentrés chez notre mère en pleurant…
DCLVIII - Certains historiens affirment que la flemme est un des moteurs du progrès. Là encore, il s’agit d’une règle, et pas d’un axiome. Par exemple, là, ça fait trois jours que je regarde le chiffre « DCLVIII » en chien de faïence chaque fois que je suis pris d’une velléité de lancer Word, et que je me dis que je suis pas prêt de voir le « DCLIX »…
DCLIX - … Tant il est vrai que regarder des gobelins faire du rodéo-mouton dans Overlord est plus ludique, à défaut d’être constructif, que contempler la vacuité de mon existence s’étaler dans le blanc de la page.
DCLX - En même temps, la flemme fait toujours avancer d’une manière ou d’une autre. C’est la flemme d’écrire qui me pousse à sculpter ou à dessiner. C’est la flemme de sculpter ou de dessiner qui me pousse à composer et à travailler la batterie et la guitare. C’est la flemme de mixer les batteries de l’album de mon groupe qui me pousse à écrire à l’instant. Tout est relatif.
DCLXI - Cet Opus commence d’ailleurs à être singulièrement plus long que les autres. C’est dire à quel point j’ai la flemme de faire autre chose.
DCLXII - Et c’est la flemme de tout ça qui va me pousser à chercher un nouveau boulot chiant. Si on n’est pas confrontés à l’instant au grand-père de tous les paradoxes, je veux bien manger mon dossier de demandeur d’emploi dans la minute.
DCLXIII - Ah tiens, en parlant de prospections d’emploi, j’ai enfin reçu une réponse de l’almanach Vermot qui me fait savoir que le directeur du personnel s’est pendu, après avoir reçu ma lettre de motivation et des morceaux choisis des fournées précédentes. La réaction est plus « marquée » que chez Carambar. De là à dire que c’est encourageant…
DCLXIV - Le seul truc plus fort que l’ennui, c’est la fatigue. Si vous vous ennuyez à mourir, faites mille deux cent pompes et allez dormir.
DCLXV - Je viens d’inventer un nouveau jeu qui s’appelle « Regarde le coin du bureau ». Contrairement au « Et pourquoi alors ? », j’arrête pas de gagner. Ca fait même vingt minutes que je gagne sans discontinuer, mais bon dieu, ce que je m’emmerde.
DCLXVI - Connaissant sa valeur symbolique en numérologie, je pensais faire un truc un peu chiadé pour cette pensée, et puis non, en fait.
DCLXVII - Parce qu’en même temps, s’il suffisait de dire à son cerveau : « maintenant, tu vas me sortir un truc chiadé », il n’y aurait que des génies sur terre, et ça ferait un peu désordre.
DCLXVIII - On m’a conseillé de lire « L’élégance du hérisson ». Je crie au plagiat dès le titre : mes six derniers mois de vie sont une performance artistique permanente intitulée « Le raffinement du mollusque ».
DCLXIX - Il va vraiment falloir que je me crée une pensée générique de fin, façon « that’s all folks », histoire de cesser d’avoir à tenter de boucler de manière cohérente des recueils qui conchient intrinsèquement toute forme de cohérence.
- OPUS QUATORZIEME -
DCLXX - Fut un temps où dans une certaine mesure, ce que tu gagnais à bosser trois jours par-ci (ou par-là) n’était, en dessous d’un certain plafond, pas déduit de tes indemnités chômage. Aujourd’hui, si tu bosses, tant mieux pour toi, tout est soustrait de ce que tu touches en ayant légitimement cotisé pour. Au temps pour la « France qui travaille plus pour gagner plus ».
DCLXXI - Je commence à me dire que je vais faire partie de la « France qui ne se lève pas pour gagner la même chose ».
DCLXXII - A quoi voit-on qu’un individu est en train de vous bourrer le mou, derrière une apparente hyperactivité à votre service. Résoudre les problèmes que notre Président doit résoudre, c’est trois jobs à plein temps. Se montrer autant qu’il le fait, c’est trois autres jobs à plein temps. En dehors d’une pieuvre employée au tri postal, personne ne fait correctement six jobs à plein temps simultanément.
DCLXXIII – Manifestement, l’état n’a pas encore prévu de régler nos problèmes de dettes en allant prendre le pognon là où il est. Bolloré ne prêterait pas son Yacht à un type qui s’apprête à lui chier dans les bottes.
DCLXXIV - Alors c’est sûr, nous regarder côte à côte le père Bolloré et moi, ça fait un peu vieux cliché du pauvre qui ronchonne à côté du riche qui se marre. Faut voir le positif : la France d’avant et la France d’après vont pouvoir marcher main dans la main. Plus tranquille que ça, une « rupture » ça s’appelle une « continuité »… oui, je sais, normalement, c’est antonymique.
DCLXXV - Maintenant que j’ai tapé mon quart d’heure de colère, on va pouvoir reparler de tout et de n’importe quoi, en allant du génie du créateur aux mœurs de la mouche à merde de nos contrées… Nous éviterons cependant dans un souci qualitatif d’évoquer tout ce qui se situe en dessous de la mouche à merde sur l’échelle de l’évolution ; c'est-à-dire qu’il ne sera plus fait mention des politiciens, je vous le promets.
DCLXXVI - Ca fait trois fois que j’écris un truc et que je l’efface dans la minute, et ça n’a rien à voir avec la nullité du propos : la nullité ne m’a jamais arrêté dans mon geste. C’est plutôt éthique. Je crois bien que je me suis chopé un truc incurable… des scrupules.
DCLXXVII - Et pourtant, il a bien raison, celui qui a dit « mieux vaut en rire que de s’en foutre ». Je crois que l’histoire, c’est qu’il n’est interdit de rire de rien, tant qu’on sait rire de certains trucs seul, dans une pièce insonorisée.
DCLXXVIII - Alors, je sais que dans l’expression « déclaration universelle des droits de l’homme », il y a le mot « universelle », et qu’en regardant l’état du monde, certaines personnes se demandent où est-ce qu’elles ont raté un truc. En fait, c’est juste que les droits de l’homme ne sont pas des droits opposables. C’est juste des droits… comme dans « t’as le droit de te taire ».
DCLXXIX - En plus, avant de parler de déclaration « universelle » des droits de l’homme, il aurait déjà été bon de pondre une déclaration « mondiale » ; les extraterrestres, on s’en occupera le jour où on en verra… Parce que pour l’instant, rien que sur terre, on n’a manifestement pas tous lu le même truc ou alors certains pays ont traduit la déclaration avec Google.
DCLXXX - De plus, je ne dois pas être le seul à sauter un passage que je ne comprends pas, or dans la fameuse déclaration, le doute peut légitimement naître dès la première ligne. « Tous les hommes naissent libres et égaux en droits »… égaux à qui, à quoi ? Egaux à l’âge du capitaine ? Egaux à la somme du carré de l’hypoténuse et de la longueur de la médiane ? Autant commencer par « Tous les hommes arrêtent d’être cons dans la minute, surtout ceux qui dirigent »… ça laisse moins de place à l’équivoque.
DCLXXXI - … Aaaahh… égaux entre eux… c’est ça… Oui, vous pouvez toujours rigoler, n’empêche qu’en regardant bien l’état du monde, je ne suis manifestement pas le seul à ne rien avoir compris.
DCLXXXII - Par exemple, sous certaines latitudes, pour combler les incompréhensions, ils ont dû traduire par approximations, genre : « Ta femme naît libre et égale à la somme des côtés d’un carré, et c’est bien car les mathématiques sont une science exacte, mais si elle met sa burka de travers, tu peux demander à tes potes de lui lancer des cailloux afin qu’elle décède »…
DCLXXXIII - Comme quoi de grandes souffrances procèdent parfois d’incompréhensions toutes bêtes, dans le fond.
DCLXXXIV - A leur décharge, il faut bien reconnaître qu’ils ne sont pas les seuls à ne rien avoir compris. Tenez, nous qui consommons plein de trucs « made in China », qu’est-ce qu’on y a compris, dans le fond, à la déclaration universelle des droits de l’homme ?...
DCLXXXV - Tiens… on dirait bien que c’est pas si incurable que ça, les scrupules.
DCLXXXVI - D’un autre côté, ça signifie implicitement que ma prétendue « éthique du rire » mentionnée en DCLXXVI se trouve actuellement en vrac dans le vide-ordures. En même temps, ça faisait trois jours que je promenais avec mon éthique sous le bras et que je ne savais absolument pas quoi en foutre.
DCLXXXVII - En discutant avec un gars employé dans la production, j’ai appris que pas mal de boys bands avaient signé des contrats à 0.00000001%, et n’avaient à terme rien tiré financièrement de leurs quarts d’heures de gloire warholiens, pourtant générateurs de mannes financières obscènes. Avant on disait « Pour cent balles t’as plus rien », maintenant on pourra dire « Vendre son âme au Diable, ça paye même plus son steak ».
DCLXXXVIII - En fait, en termes de production musicale, c’est surtout qu’une grosse partie de la manne financière susmentionnée sert à payer le steak du Diable, dans un premier temps. Un bestiau pareil, il te bouffe même le gras sur le steak, et l’assiette avec. Forcément, ça laisse peu de restes pour les merdaillons.
DCLXXXIX - Je viens de retrouver du boulot, en tant que « sculpteur-modeliste ». Chroniqueur-journaliste-prof de Français langue étrangère-illustrateur-traducteur-sculpteur : les pâtissiers-magiciens peuvent aller se rhabiller. D’un autre côté, mon prochain profil de demandeur d’emploi à l’ANPE, jusqu’alors « simplement chaotique », va devenir un authentique bordel de luxe.
DCXC - Tu me diras, à l’ANPE, le jour où il faudra remettre mon profil à jour, ça en fera toujours un qui ne sera pas payé à rien foutre. En une demi-heure, il va pouvoir poser un arrêt maladie pour surmenage.
DCXCI - En même temps, je dis ça, mais le dernier gars qui s’est occupé de moi là-bas était super sympa… Hmmm… Boris, contacte mon armée de robots mutants et annule l’ordre de destruction de l’ANPE de Bagneux.
DCXCII - Et envoie-les directement, à l’Elysée, à l’Assemblée Nationale, au Conseil des Sinistres ou à la Bourse : je crois qu’on va gagner un temps monstre.
DCXCIII - Les gangstars rappeurs n’ont rien compris à leur sujet. En fait de gangsters, ils adulent des loosers genre scarface dont ils prennent les noms comme pseudonymes, bien incapables qu’ils sont d’identifier les authentiques criminels de grande envergure. La preuve en est qu’à l’heure actuelle, pas l’un d’entre eux ne s’appelle MC Lagardère ou DJ Forgeard.
DCXCIV - Ah, j’ai ici la réponse d’un rappeur indigné qui me fait savoir que si on ne trouve pas de DJ Villepin ou de MC Hortefeux, c’est parce que les rappeurs veulent des noms de « gangsters », pas des noms « d’enculés »… J’oubliais que bon nombre d’entre eux sont également homophobes.
DCXCV - Entendu à l’instant à la télé : « Le jour d’après, vous serez sur France 2 »… Les lecteurs rectifiant contrairement à l’expression consacrée rarement « d’eux-mêmes » ; je me dois de me porter en faux immédiatement : le jour d’après, vous serez tous morts.
DCXCVI - Et ce sera drôlement emmerdant pour ceux d’entre-vous qui s’étaient planifiés un petit week-end tranquille à Montargis ou ailleurs.
DCXCVII - Le propre de la société, c’est l’instrumentalisation de l’individu. On est tous une machine à faire quelque chose, volontairement ou pas. Une machine dont les effets défient parfois la raison. Tiens, prends ce rappeur qui parle de dézinguer toutes ces « faces de craie », et grâce auquel des mecs de ma génération qui portaient leur petite main « touche pas à mon pote » votent maintenant Lepeigne ou consorts : eh ben à défaut d’avoir inventé la machine à transformer la merde en beurre, la société peut se targuer d’en avoir créé une qui fait précisément l’inverse.
DCXCVIII - Et on recherche désespérément des hommes qui auraient prétendument le pouvoir de plier des petites cuillères par la pensée, alors que la vérité précédente prouve par neuf que les vrais faiseurs de miracles sont sous nos yeux.
DCXCIX - A la réflexion, je me dis que j’aurais dû employer le mot prodige, qui cause d’énormités, sans la connotation par définition positive du mot miracle. Si je dis « les effets des paroles de ce rappeur sont miraculeusement catastrophiques », ça cloche ; si je dis que « ses lyrics sont prodigieusement merdiques », ça colle.
DCC - Pourtant, certains rappeurs sont miraculeux. Tiens, prenez le Roi Heenok, que « quand il parle, il a mal à la bouche, ça veut dire que son rap goûte bon (sic dixit) »… Bon, recentrons quelques instants le débat théologiquement parlant : là, je parle d’un miracle au sens Van Dammien du terme.
DCCI - Bon c’est vrai, j’avais dit en début d’Opus « Rien qui se situe en dessous de la mouche à merde sur l’échelle de l’évolution ». Il ne devrait donc pas être plus question des rappeurs que des politiciens. Or ce qui est statistiquement valable pour un gros nombre politiciens ne l’est pas pour les rappeurs : y en a des biens, et un bon nombre. Mais pourquoi, se demande alors légitimement le lecteur interloqué, ne nous parle-t-il que de ceux qui se situent en dessous la musca domestica susmentionnée, et pas des bons ? Je prie donc le fameux lecteur de se reporter céans à la pensée suivante.
DCCII - Tout bien réfléchi, la mouche à merde est à son échelle infiniment plus utile que pas mal d’individus sur cette planète. A partir de là, si je m’interdis de parler de ce qui se situe en dessous d’elle sur l’échelle de l’évolution, eh ben je vais plus pouvoir causer de rien.
DCCIII - Qui plus est, si vous ressentez encore à son endroit quelque aversion, sachez que l’insecte en question survivra vraisemblablement en toute prospérité sur nos carcasses, bien longtemps après que nous nous soyons tous entretués. Voilà qui devrait forcer un peu le respect.
DCCIV - On nous avertit aujourd’hui sur les gamins, la télé, la violence, et les troubles du sommeil. Moi, Ken le survivant ne m’a jamais empêché de dormir. En revanche une chanson de Chantal Goya, un sentiment précoce de frustration lié à l’insulte faite à une intelligence naissante, et crac, une envie de meurtre à quoi, 8 ans et demi ? Relativisons un peu le débat.
DCCV - Je m’aperçois que pour un peu, j’aurais presque l’air de défendre la télévision. Pas du tout, en fait. Détrompez-vous de suite. La télévision, c’est super dangereux. Tenez, les émissions genre Fontaine et Bataille ou autres lofteries : vous perdez en moyenne vingt points de QI chaque fois que vous en regardez une, et personne ne vous a avertis du danger.
DCCVI - C’est vrai que je me demande parfois aussi combien vous en perdez chaque fois que vous lisez ce blog, mais bon, en fait, c’est un peu votre problème, dans le fond.
DCCVII - Après Hugh Grant dans « Trois mariages et un enterrement », Nicolas Sarkozy dans « Trois réformes bidons et un divorce ». Je vous préviens tout de suite, c’est beaucoup moins drôle et extrêmement médiocre, dans l’ensemble.
DCCVIII - Alors si, il y a un passage croustillant : c’est le moment où Claude Guéant, justifie deux jours son poste et son salaire en cherchant par monts et par vaux le nom d’au moins un gars qui ait divorcé en cours de mandat. Après « Amour, gloire et beauté », « Politique, république et show-business ».
DCCIX - Remarque, ça fait des reconversions vite trouvées : quand la République décidera de se passer de ses services, il pourra toujours bosser dans Voici : l’Elysée vient de lui offrir une formation accélérée de « fouille-merde chez les grands de ce monde ».
DCCX - Vous devez vous demander pourquoi j’en rajoute tellement avec les politiciens. C’est juste que j’ai un poil trop bu, et que j’essaye de trouver le truc vomitif qui va me permettre de me purger un grand coup libérateur. Tiens, l’affaire de l’appartement de Sarkozy classée sans suite avant enquête… Excusez-moi… je reviens de suite…
DCCXI - Quand je pense qu’un SDF vient, consécutivement à la loi sur les peines plancher, de prendre deux ans ferme pour avoir volé un parapluie, alors que le fils Lagardère… Excusez-moi… je re-reviens de suite.
DCCXII - C’est probablement le gros problème, avec le vomi. On peut décider quand ça commence, mais alors quand ça s’arrête…
DCCXIII - Et le pire, c’est que dans certains cas, en admettant que tu penses à la bonne personne, ça peut continuer de te prendre même quand t’es sobre.
DCCXIV - Quand je pense qu’un jour je vais crever, et que mes affaires, elles vont rester là, sans même avoir conscience de la chance qu’elles ont. Alors là, pas question, je brûlerai tout avant de partir. Bien fait pour ces saloperies de meubles, de papiers, de chaussettes… de… putain je suis déprimé.
DCCXV - Eh bien loi de la relativité aidant, je peux décider que cette saloperie de réalité, quand je serai plus là pour la penser, eh ben c’est elle qui cessera d’exister, haha, bien fait pour tout...
DCCXVI - Alors oui, je sais… je dis « cessera d’exister »… en fait, c’est juste un autre point de vue, d’où le mot « relativité »… elle va cesser d’exister d’une certaine manière… Oui, voilà, juste pour moi… Merde, c’est donc vraiment incontournable comme problème.
DCCXVII - Si je croyais plus que superficiellement, abstraitement à quelque chose d’autre, je me demanderais certainement si je suis attendu en bas ou en haut après ma mort. Seulement voilà, un des seuls trucs que j’ai retenu de mes leçons de science, c’est que dans l’espace, il n’y a ni haut, ni bas, juste du vide.
DCCXVIII - Y a des sujets comme ça qui donnent soif illico alors que t’as vomi y a pas cinq pensées de ça… ahurissant…
DCCXIX - Il est des moments qui se prêtent aux bilans. Essayons maintenant de synthétiser un peu tout ce qui vient d’être dit pour cerner la logique de ce blog par mots-clés. Ca donne à peu près « Univers-Politique-Physique quantique-Société-Dépression-Biniou à réaction-Chaussettes-Pluralité des aspects gênants de la mort »… Hmmm… Essayons maintenant plutôt d’aller nous mettre au lit.
DCCXX - Oh mon Dieu ! Mon visage !…Il fond… Au secours, je fonds ! Je fonds ! Ah, tiens, non, en fait c’est juste que je vieillis… Au temps pour moi… désolé…
DCCXXI - Ha ha ha ! Prodigieux ! Mon pote le trombone de Word me signale une faute à « Vieillis » et me propose de le remplacer par « vieillisse » : il a compris un truc du genre « C’est juste (il est normal) que je vieillisse »… Et philosophe avec ça…
DCCXXII - Demain, au boulot, je vais me fabriquer deux petites boules en résine polymère, peindre des yeux dessus et les coller sur un trombone qui ne me quittera plus. Et quand les gens seront méchants avec moi dans le métro ou ailleurs, je le sortirai de ma poche et je lui raconterai comme je suis malheureux.
- OPUS QUINZIEME -
DCCXXIII - Les amateurs de nanars modernes doivent se souvenir de « Mimic », ce film dans lequel une variété de « gros insectes » évolués, mais parfaitement dépourvus de morale et mus par leur seul instinct de survie, finit par muter et ressembler à des hommes pour mieux piéger et bouffer ces derniers. A bien vous regarder dans les transports en communs à la faveur des dernières grèves, j’en viens à me demander s’il s’agissait d’un film de science-fiction ou d’un documentaire contemporain.
DCCXXIV - Force m’est de constater que les textes de l’apocalypse sont incomplets. A côté des Léviathans, Béhémoths et autres improbables créatures, je ne trouve aucune mention du jeune de 18 ans qui a mis sous mes yeux deux coups d’épaule à une grand-mère avant de lui marcher dessus pour grimper dans la rame.
DCCXXV - La route des enfers est pavée de bonnes intentions. Oui… mais pas que...
DCCXXVI - Tiens un jeu marrant, avec un chiffre dont je ne précise pas la nature, un adjectif et un nom, je vous propose de deviner quel personnage célèbre j’évoque. 172 - petit emmanché. Je suis certain que ça vous parle.
DCCXXVII - Allez, un petit indice : le personnage en question veut organiser à titre de contre manifestation une « marche nationale contre les privilèges ». Son copain Bolloré, sur le Yacht duquel il passait dernièrement ses vacances, doit en faire caca bleu de peur dans son caleçon en poils de truc rare.
DCCXXVIII - C’est moi ou il commence vraiment à manquer un genre de fraction armée rouge, dans ce pays ?
DCCXXIX - C’est moi ou je commence à devenir vaguement réac’, voire facho, derrière mes allures de libertaire hirsute ?
DCCXXX - Le pire avec les salauds, c’est qu’il vous transforme en pire qu’eux, et en moins de temps qu’il n’en faut pour épeler le mot « kalachnikov ».
DCCXXXI - Ne pas oublier « nada »… ne pas oublier… « Le terrorisme gauchiste et le terrorisme étatique, quoi que tous mobiles soient incomparables, sont les deux mâchoires du même piège à cons ». Ne pas oublier, sinon mon âme est foutue.
DCCXXXII - Quand je pense que le gars de la devinette vous a fait marcher dans la rue contre des prolos qu’il vous présente comme des privilégiés… et après ça, on se demande encore comment un autre nabot célèbre a pu faire marcher tout un peuple au pas de l’oie.
DCCXXXIII - C’est moi ou l’humanité a tendance à avoir des érections incontrôlées et des raideurs dans le bras chaque fois qu’un nain teigneux s’empare d’un micro ?
DCCXXXIV - Encore une comme ça qui ne changera rien à rien et je passe une super sale nuit en m’étant encore énervé tout seul… Flegme britannique, j’en appelle à ta force, je t’invoque, puissant John Cleese, habite-moi… « And now, for something completly different ».
DCCXXXV - Je causais cet après-midi avec une copine de ma mère, astrophysicienne. Elle connaît Hubert Reeves en vrai et m’a proposé de le rencontrer, à l’occasion. J’ai failli laisser un paquet honteux au fond de mon caleçon en poils de truc pas rare.
DCCXXXVI - J’ai une inclinaison naturelle à ressentir un petit pincement au cœur, face aux exclus et aux mal-aimés. Enfin, si c’était si vrai que ça, là, je ressentirais une sympathie franche et sincère pour le petit Nicolas S., eu égard à sa cote de popularité… eh ben non.
DCCXXXVII - C’est un fait scientifique établi : on arrive tous des étoiles. Il vient de là ce sentiment de nostalgie incompréhensible qui nous étreint certaines nuits quand on lève les yeux au ciel. Ca a le parfum de la maison qui nous a vu naître et dans laquelle on ne retournera jamais.
DCCXXXVIII - En d’autres termes, on est tous des immigrés cosmiques. Entre immigrés, on devrait s’entendre. Penses-tu…
DCCXXXIX - La vie, c’est un peu comme un pudding au caca : à priori, l’intitulé est peu engageant, mais si y a plus que ça à bouffer, forcément… au bout d’un moment…
DCCXL - Alors oui, dans la pratique, la vie est comme une boîte de chocolat, y en a des bons et des mauvais, gnagnagna... La vie telle que je la vois n’est une boîte de chocolat que pour les gens qui sont allergiques au chocolat.
DCCXLI - Ah ! J’entends un rigolo qui dit « et si je suis pas allergique au chocolat ? ». C’est pas grave, continue de faire le malin : un jour, tu seras le plus malin du cimetière, comme tout le monde.
DCCXLII - Une copine un peu mystique de la personne qui a eu le bon goût de me mettre au monde a tenté de me rassurer, en me causant karma et vies antérieures. A la question « pourquoi ne se rappelle-t-on de rien ? », elle m’a répondu « c’est comme ça, c’est pour purger, passer à autre chose ». Du coup, c’est un peu comme si on crevait quand même, tout connement, non ?
DCCXLIII - Et dans le fond, est-ce que c’est vraiment rassurant de savoir qu’on est destiné à canner à mille reprises, quand c’est déjà si dur de le faire rien qu’une fois ?
DCCXLIV - Il paraît qu’on garde toutefois dans le caractère des traces de nos vies précédentes. Dans mes vies antérieures, côté « mystique générale », je devais déjà être un gars vachement sceptique.
DCCXLV - Je me demandais aussi comment j’avais pu devenir aussi misanthrope en une seule vie. Maintenant, je m’explique ça en me disant que j’ai peut-être appartenu à quarante espèces menacées d’extinction par l’activité humaine.
DCCXLVI - C’est là que j’en viendrais à me demander quel genre de sale bête j’ai pu être pour être condamné à vivre parmi les humains, sachant que par définition, la seule créature en ce bas monde qui mérite authentiquement l’appellation de sale bête, c’est précisément l’humain.
DCCXLVII - Remarque : il n’est pas impossible d’établir une corrélation entre les deux pensées précédentes. Elles sont même parfaitement compatibles, si on considère que la première espèce menacée d’extinction par l’homme, c’est également l’homme.
DCCXLVIII - Petit, j’étais plutôt jovial ; l’aigreur est venue avec l’âge. Si on garde des traces de ses vies antérieures, la prochaine, je vais carrément naître aigri.
DCCXLIX - C’est un genre de charnier d’objets de consommation. Conglomérat de clopes éventrées, de débris de papiers abscons, de mégots patibulaires écrasés dans des emballages de junk-food, au milieu desquels trône une bouteille de Smirnoff ice soudée au bureau par le sucre séché de ses dégoulinures. Me Wladymeer a pris ses quartiers d’hiver en sa terre natale de Castille : pour quinze jours, il fait nuit même le jour.
DCCL - Remarque, tout s’équilibre, au bout du compte. La veille du quinzième jour, pour terminer le ménage en temps et en heure, il fera jour même la nuit.
DCCLI - Je regardais aujourd’hui au hasard d’un trottoir sale les reflets marmoréens et changeants d’une flaque d’huile. Par chez nous, on a les aurores boréales qu’on peut et la poésie qu’on a les moyens de s’offrir.
DCCLII - Les Chinois, et maintenant, Khadafi. Bof, pas la peine que je me creuse à rédiger, vous avez tout de suite vu où je voulais en venir.
DCCLIII - J’allais pondre un truc en rapport avec la démocratie et le plus vieux métier du monde, mais à l’instant, c’est une grosse lassitude éthylique qui est bien partie pour l’emporter.
DCCLIV - Il faut dire qu’au prix d’un effort violent en mes termes, j’ai réussi à dessouder la bouteille du bureau. Il en restait dedans et j’avais pas de paille.
DCCLV - Quizz du misanphilanthrope 2 : quel genre d’angoissé êtes-vous ? Dans la phrase « Monsieur, vous êtes convoqué chez la présidente Bleuaine de Bréchet-Trabant, eu égard à vos résultats médiocres », l’élément angoissant est :
a)- Un truc freudien indéfinissable vaguement apparenté à une peur de castration.
b)- Qu’on ne choisit pas ses parents et que vous auriez pu avoir un nom aussi ridicule que le sien.
c)-Qu’il flotte autour de votre avancement une fragrance persistante de sapin.
Réponses a,b et c : si vous appartenez à la catégorie socioprofessionnelle permettant de fréquenter de près une personne dotée d’un patronyme du type Bleuaine de Bréchet-Trabant, vos angoisses, je m’en fous complètement.
DCCLVI - C’était une question piège, haha, la bonne réponse était la réponse d)-Que vous vous tamponnez le coquillard des humeurs du DRH, mais que vous allez crever un jour et que ça, pour le coup, c’est emmerdant.
DCCLVII - Quel que soit votre résultat au test précédent, je vous recommande l’application du treizième précepte du taoïsme post-confucianiste intitulé « on se calme et on boit frais ».
DCCLVIII - Si un abus du treizième précepte venait à engendrer une résultante du type ulcère, je vous recommande l’application du précepte quatorze intitulé « on se calme tout court ».
DCCLIX - Et si ça ne vous va toujours pas, il y a bien le quinzième principe intitulé « Tu veux une baffe histoire de pleurer pour quelque chose ? », mais c’est un rien aride, comme lecture.
DCCLX – Dans la métrique universelle de la portée, entre deux notes, la respiration d’une fraction d’éternité qui passe : un silence. Toute musique est musique des sphères.
DCCLXI - En général, quand j’en suis au point de pondre des trucs ressemblant à la pensée précédente, c’est que j’avance à grand pas vers une gueule de bois cubique. Ca fait un pour les sphères et un pour les cubes… égalité.
DCCLXII - Alors, l’univers, ça serait un genre de truc principalement composé de grosses masses d’information et d’entropie, s’enchevêtrant dans un système qui tend vers la stabilité, via des déséquilibres permanents. En termes intelligibles, c’est un beau bordel.
DCCLXIII - Encore heureux que nos amis créationnistes sont là pour nous dire que c’est pas grave si on comprend pas tout, vu que tout ça, c’est le boulot de Dieu, et qu’eux sont là pour te faire les commentaires. Forcément, là, pour eux, c’est même mieux si on comprend pas tout…
DCCLXIV - Un musée créationniste présente une statue façon Grévin de Moïse, qui cause américain avec l’accent de Yasser Arafat, et batifole au milieu des dinosaures. C’est dire si c’est mieux que tu comprennes pas tout, voire même que tu sois pas trop curieux des détails…
DCCLXV - Les créationnistes ont d’ailleurs leurs propres écoles, là bas. C’est un peu comme si ici, on avait laissé Gilbert Bourdin ouvrir une école dans laquelle il aurait enseigné à nos enfants comment piloter un vaisseau pour chasser les Lémuriens aux côtés de la Sainte Vierge, avec un laser tantrique du futur offert par Bouddha.
DCCLXVI - Note, moi ça me tentait plutôt, cette histoire de vaisseau et de combats spatiaux, jusqu’au moment où j’ai compris que c’est le Gourou qui pilote, pendant que toi, tu l’encourages dans une grande transe mystique au cours de laquelle tu tournes sur toi-même en bavant. Là, même bourré, j’ai flairé l’embrouille.
DCCLXVII - Pourtant, je lui ai laissé sa chance ; je lui ai dit au gars : « Tu sais pas à qui tu parles, mec, je suis un geek : mon enfance, c’est Albator. Montre-moi l’ombre d’un vaisseau spatial et je te promets de tourner tellement vite sur moi-même que la force centrifuge expulsera mon bridge hors de ma bouche »… eh ben macache.
DCCLXIX - Ceux d’entre vous qui sont les plus respectueux des usages auront remarqué que je ne vous ai pas encore souhaité la « Bonne année ». C’est parce que l’année qui vient ne sera pas une « bonne année ». Rien de personnel.
DCCLXX - Alors, objectivement, c’est vrai que la pensée précédente n’est pas une vérité pour tout le monde. Comment puis-je alors affirmer qu’elle l’est pour vous. En fait, je pars du postulat que les privilégiés en mesure de passer une bonne année à notre époque ne me lisent pas. Les cioranneries du petit peuple, ça vous gâte une sauce Gribiche.
DCCLXXI - L’obus de 120 millimètres est aux perspectives d’avenir ce que le cor de chasse est au pipeau : si on transfère ça dans un contexte sonore, il est évident que le son de l’un empêche de percevoir le son de l’autre.
DCCLXXII - La détresse d’autrui a quelque chose d’insupportable, même quand on n’est pas altruiste. On aimerait tellement qu’autrui aille bien pour être en mesure de s’épancher sur notre petite détresse personnelle.
DCCLXXIII - Bon, c’est l’heure à laquelle les voix de Morphée et de Bacchus portent plus que celle de Phil Anselmo malgré le volume : bonne nuit Nicolas, bonne nuit Pimprenelle… Tiens, la sonnette ? Ah, ça porte un uniforme et ça cause tapage… euh… Bonne nuit Nounours ?
- OPUS SEIZIEME -
DCCLXXIV - Les établissements Tussot-Gilberts vous souhaitent la bienvenue. Nous avons conscience que pour une entreprise de pompes funèbres, cette accroche n’est pas forcément la plus pertinente, mais c’est l’intention qui compte.
DCCLXXV - Encore heureux pour pas mal de monde que l’hypocrisie ne figure pas à la liste des péchés dits « capitaux ». Je pensais aux individus qui ont réservé la maison d’un petit vieux en viager et qui lui téléphonent tous les ans pour lui souhaiter une bonne année… et surtout une bonne santé.
DCCLXXVI - Par extension, encore heureux pour un peu tout le monde… ce serait un beau bordel aux enfers.
DCCLXXVII - Ce matin, j’ai vu un jeune, la quinzaine tardive, doté d’une structure capillaire laissant à penser que son père avait fauté avec une poule. Il portait à la bouche une manière de tétine lumineuse fluo qui clignotait. J’ai soudain compris ce que c’était que vieillir pour de vrai.
DCCLXXVIII - H.W. : Tu sais quoi, le petit, si on en a un, pour faire des économies sur les anniversaires, j’ai une idée du tonnerre… Une pinata en béton.
- Me W. : En plus, ça peut resservir tous les ans.
DCCLXXIX - Les établissements Tussot-Gilberts ne vous souhaitent pas la bienvenue puisque c’est inapproprié, mais on est quand même content de vous voir, surtout si vous optez pour le marbre… non, ça détonne encore.
DCCLXXX - Youpi ! Avec les établissements Tuss… Oh et puis flûte.
DCCLXXXI - Insomnie une nuit de pleine lune. Ca pourrait être le début d’un passionnante histoire, si la cause première de cette insomnie était autre qu’une série d’emmerdements à peu près aussi ennuyeux que les vôtres.
DCCLXXXII - Je peux pas m’empêcher de repenser à cette nouvelle de Buzzati, dans laquelle un chasseur de vieux se rend soudain compte dans une glace qu’il en est devenu un. Jeune, je me demandais pourquoi certains de mes aînés me regardaient comme un extraterrestre…Rhaaa, cette tétine lumineuse… mais prévenez la N.A.S.A, quoi !
DCCLXXXIII - De la vie intelligente ailleurs dans l’univers ? Statistiquement, pourquoi pas… De la vie intelligente ici ?? Alors… ne nous perdons pas en conjectures, voulez-vous ?
DCCLXXXIV - De la vie intelligente dans ces pages ?... Dédé, j’en tiens carrément un qui a bu !
DCCLXXXV - Les établissements Tussot-Gilberts vous disent un truc bien. On sait, formulé comme ça, c’est un peu étrange, mais quoi qu’on dise d’autre, on va passer pour des gros hypocrites.
DCCXXXVI - La toux grasse prolongée est aux perspectives d’avenir ce que le nuage ourdissant une foudre est au gars qui sieste sous la futaie : s’il fallait miser du fric sur l’issue de l’histoire, y aurait pas grand monde pour parier gros.
DCCXXXVII - Je ne suis pas particulièrement « échaudé » par la perspective de la mort. Par définition, d’ailleurs, la mort est plutôt un truc qui aurait tendance à refroidir.
DCCXXXVIII - D’ailleurs, rien que d’y penser, on se caille une meule. Je vais aller mettre une laine, ça fera toujours une pensée d’écrite à peu de frais.
DCCXXXIX - Les nuits de pleine lune sans sommeil. Le blues que tu trimballes, quand t’es pas un loup-garou…
DCCXC - Des étoiles blafardes, accrochées aux extrémités de tiges de fer tordues, érigées comme d’improbables potences. Des trottoirs et des murs qui répercutent le ronronnement bleu marine des échos nocturnes. Ma ville.
DCCXCI - C’est typiquement l’heure où il convient d’adjoindre à la laine évoquée plus tôt, une décoction chaude générique ; n’importe laquelle, pour peu qu’on puisse mettre du whisky dedans.
DCCXCII - Un café, par exemple.
DCCXCIII - Qui vient de dire « Et si tu y adjoints un Lexomil, tu découvriras le yoga irlandais » ?... Montre-toi, homme de sciences !
DCCXCIV - Huit heures du matin en plein redoux, le pull remonté par delà la péninsule mentonnière ; le bonnet engloutissant la latitude des oreilles… Je ne suis plus qu’un nez affrontant l’adversité.
DCCXCV - Dans la vraie vie, mes comportements ne sont pas toujours plus intelligibles ou interprétables que les propos tenus ici. L’observateur en arrive souvent à des propositions ambivalentes, du type : « Quand on voit des dents dans sa barbe, ou il est content ou il est fâché ».
DCCXCVI - Et parfois, pour compliquer la donne, je me rase la barbe.
DCCXCVII - La famille Tussot-Gilberts a la douleur de vous faire part de la disparition d’Astrypion Tussot-Gilberts, le patriarche, qui vient bien malgré lui de trouver un moyen original d’enrichir, en tant que client cette fois, le patrimoine de l’entreprise familiale.
DCCXCVIII - Ah tiens, mon envie de gueuler « au secours » de deux heures du matin. Côté angoisses, je commence à être réglé comme une Patek Philippe présidentielle.
DCCXCIX - Une idée en entraînant une autre, il paraît que le président n’a de cesse d’améliorer ses temps en jogging. A ce train là, on le verra décrocher une médaille en chocolat aux J.O. paralympiques avant qu’il n’ait redressé le budget de la France.
DCCC - Après le chômage, il se passe quoi, exactement ? Ah, on rebosse ? La redondance est un peu décevante. Je me disais : « peut-être il se passe un genre de troisième truc mystérieux, qui évite les répétitions existentielles superflues ».
DCCCI - Ah, le troisième truc mystérieux, c’est plus tard et c’est la mort. Oui… alors moi je voyais un troisième truc moins mystique, mais si je réitère dans le genre « verbalisation de ma déception », il va encore y en avoir pour dire que je ne suis jamais content.
DCCCIII - Tiens, mon oto-rhino m’a recommandé d’aller faire une radio des sinus. Eh ben tu vois, toi qui voulais du mystère et du frisson avant tes soixante dix ans… petit veinard.
DCCCIV - L’éthique médicale devrait interdire qu’on tende une ordonnance pour une radio à un hypocondriaque : c’est du sadisme.
DCCCV - On devrait lui faire la radio par surprise, genre paparazzo du rayon X : tiens, regarde là-bas, un pianiste en deltaplane, voilà, respire pas, le petit oiseau radioactif va sortir.
DCCCVI - Misère.
DCCCVII - Je demanderais volontiers à un lettré de noter la concision de la pensée précédente, pour la postérité.
DCCCVIII - Une artériole de Paris est nommée Rue des martyrs. Les gens qui l’ont ainsi baptisée étaient dotés, il faut croire, d’un grand sens de l’objectivité… au préjudice sans doute d’une certaine joie de vivre.
DCCCIX - Dans le dernier rêve dont je me souviens, j’étais sur le point de m’emparer du monde, à la tête d’une armée de castors empaillés. L’idée était : « un castor empaillé bien lancé, ça peut faire des ravages ».
DCCCX - Si je me rappelle bien, je crois que j’avais réussi à embarquer un ami dans l’aventure, dans la mesure où je sentais confusément que mon plan était un peu foireux, et dans la mesure où je ne voulais pas crever tout seul.
DCCCXI - Dans la pratique, j’ai peur de ne pas atteindre l’âge auquel on commence d’ordinaire à s’entourer de trucs empaillés pour se familiariser en extérieur à l’atmosphère des caveaux.
DCCCXII - Le rythme de parution de ce foutoir est, je m’en rends compte, très révélateur de mes habitudes. Quand il y trois semaines d’écart entre deux fournées, c’est que je suis au chômage. Quand il y a trois mois, c’est que je bosse. Si jamais 50 ans passent entre une fournée et celle qui ne vient pas, c’est que je dois être en train d’expérimenter un truc mystérieux et mystique, dont je suis dans l’incapacité de vous entretenir.
DCCCXIII - Trente, c’est six fois cinq. Trente plus cinq, ça fait trente cinq. Eh ben à cinq mois de trente cinq ans, j’ai enchaîné cinq mois de chômage et j’ai pris cinq kilos. Je serais numérologue, je commencerais à haïr le chiffre cinq.
DCCCXIV - J’ai déterminé d’après un calcul rapide que je serai en droit de prendre ma retraite à quatre-vingt dix huit ans et onze mois. J’ai toujours été nul en maths… eh ben tu vas voir que la seule fois de ma vie où je ne me serai pas planté dans mon calcul, ce sera pour celui-là
DCCCXV - Un rapport de sociologie tout ce qu’il y a de plus sérieux démontre clairement la relation entre l’échec, la violence dans le cadre scolaire et la surpopulation des lycées. Dont acte : le gouvernement supprime 5000 postes de profs.
DCCCXVI - Dans un futur proche, n’allez jamais vous demander pourquoi vos enfants ou petits enfants ont moins de trente mots de vocabulaire et le quotient intellectuel d’une méduse commune : bon nombre d’entre vous auront voté pour ça.
DCCCXVII - Il paraît que mon côté cassant vis-à-vis de tout ce qui m’énerve est assez typiquement français. En tant que personne, je n’ai rien à ajouter à mes déclarations précédentes, mais en tant que Français, depuis que « mon » président a déclaré que sur le terrain éducatif, « l’enseignant ne vaudrait jamais le curé », je me dois de présenter des excuses aux extrémistes religieux du monde entier, eu égard à mes propos blessants et aux leçons de vie déplacées que je me suis cru en droit de leur infliger.
DCCCXVIII - Il est d’ailleurs question d’un « remaniement » de la loi de 1905 sur la laïcité. Fatiguant ? Inintéressant ? Pas la peine d’ouvrir un dictionnaire pour trouver le sens du mot laïcité : ça vous reviendra d’un coup quand vous paierez de nouveau la dîme.
DCCCXIX - A partir de là, la question qui se pose est : « Et si les castors n’étaient pas jetés à la main, mais catapultés vers l’Elysée, à l’aide d’un genre de mortier, depuis une forêt, afin de camoufler le lanceur ? »… genre guérilla …
DCCCXX - Le signe de la victoire totale du petit Nicolas, c’est que même moi, malgré les promesses que je me fais intérieurement à chaque opus, je cause de lui presque autant que les médias, et c’est précisément ce qu’il cherche.
DCCCXXI - Vivement que le parti mou se présente en 2012 et qu’on me file un ministère avec l’oreiller en guise de maroquin. Je vous promets solennellement de faire beaucoup mieux que mes prédécesseurs : c'est-à-dire que je ne foutrai rien, mais à la puissance dix.
DCCCXXII - Et croyez-moi, ne rien faire, c’est bien mieux pour votre sécurité que de prendre de brillantes initiatives comme supprimer 5000 postes dans l’enseignement.
DCCCXXIII - Dérapages surréalistes et morale : comment se situer ? Vous avez retrouvé vos pantoufles dans le micro-ondes : vous êtes un peu alcoolo : c’est grave mais c’est commun. Vous avez retrouvé vos hamsters au congélateur, des bâtons d’esquimaux dans le fondement : vous êtes un psychopathe… c’est beaucoup plus grave, mais société aidant, ça devient également assez commun.
DCCCXIV - Le paradoxe du termite : voilà un engin qui fabrique sa maison en la bouffant… inouï.
DCCCXXV - Education et hygiène alimentaire en une phrase : quand c’est bon, c’est caca ; dès que c’est fade et que ça donne envie de se pendre, tu peux y aller, ça fait vivre vieux.
DCCCXXVI - Ethique des plaisirs à caractères festifs en une phrase : se reporter à la pensée précédente.
DCCCXXVII - La vie est un peu à l’image de certains repas, où l’on se gausse discrètement, pour la posture, de la médiocrité des mets présentés. Repas aux termes desquels on demande quand même à la maîtresse de maison si on peut emporter un doggy-bag.
DCCCXXVIII - En résumé, on passe toute sa vie à persuader son psy ou son médecin que ça va mal, et quand le curé arrive pour l’extrême onction, on a envie de le persuader que ça va bien, en fait.
DCCCXXIX - …Et quand je te dis que je pète la forme, c’est pas la peine de me répondre en latin, Darth Vader, rentre chez toi, je te dis...
DCCCXXX - C’est comme ça… certaines personnes ou entités personnifiées, genre la Camarde et ses affiliés, refusent systématiquement de comprendre que quand c’est non, c’est non.
DCCCXXXI - Dans un genre voisin, une certaine Sophie Fontaine qui avait plusieurs voix, dont une d’homme qui faisait exprès de parler aigu, m’a téléphoné sept fois ce mois pour me demander si je n’étais pas intéressé par des fenêtres double vitrage.
DCCCXXXII - Et pour finir comme on commence, il y a les établissements Tussot-Gilberts… Eux, ils ont un argument massue : « Mais monsieur, puisqu’on vous dit qu’un jour, vous aurez forcément besoin de nos services »…
- OPUS DIX-SEPTIEME -
DCCCXXXIII - Chaque fois que je tombe malade, je suis persuadé que je vais crever, et j’ai peur de crever. Le reste du temps, ça va, j’ai juste peur de vivre.
DCCCXXXIV - Nietzsche aurait aimé le death-metal. 240 à la noire sur une grosse caisse, ça donne des crampes « transcendantales » : un mot qui lui était cher.
DCCCXXXV - Le besoin de reconnaissance étant ce qu’il est, une foule suffisamment nombreuse qui crie « Vas-y Bertrand, pète-toi un os » a de bonnes chances d’envoyer le susnommé aux urgences de son plein gré.
DCCCXXXVI - La question est de savoir si on appelle ça le syndrome Star Ac’ ou le syndrome Jackass.
DCCCXXXVII - Une idée en entraîne souvent une autre. Une question amène une réponse, mais cette dernière renvoie à peu près systématiquement à une nouvelle question. La vie ressemble à ces concours d’état en temps limité, aux termes desquels celui qui a été le plus loin a gagné, sachant qu’au départ, le truc était tourné de telle manière qu’il était impossible de répondre à toutes les questions.
DCCCXXXVIII - La différence, c’est que dans la vie, même si t’as répondu à plein de questions, à la fin, t’as perdu quand même.
DCCCXXXIX - Entendu à la télé à l’instant : « Viendra le jour où les morts marcheront ». Eh ben il ferait beau voir, tiens… D’ailleurs, c’est bien simple, j’ai décidé que je ne mourrai pas avant ce jour là.
DCCCXL - Comme quoi, on a tous des visions personnelles de l’horreur. Pour le moi, le film vraiment flippant, c’est un film dans lequel les morts ne marchent pas. C’est vrai qu’il est à certains égards difficile pour un scénariste, même talentueux, de faire plus effrayant que la réalité.
DCCCXLI - En fait, ma fascination pour les films d’horreur n’a pas survécu à mes 16 ans. C’est l’âge auquel j’ai réalisé en compulsant un rapport d’Amnesty International que je faisais moi-même de la figuration dans « Le » film d’horreur. Forcément, ça blase.
DCCCXLII - La science-fiction n’a pas forcément que des beaux jours devant elle. Son gros truc, c’est l’espace infini et inconnu, or dans pas longtemps, on retrouvera des papiers gras jusque sur Mars.
DCCCXLIII - En fait, pour survivre en termes de ressorts scénaristiques, la S.F. va devoir s’inspirer des domaines scientifiques de pointe. Ca commencera avec une grosse énigme scientifique à laquelle on ne comprendra rien, comme dans les romans de S.F. normaux, sauf qu’à la fin, avec l’explication, on ne comprendra pas non plus.
DCCCXLIV - Attention, mur de Planck et mur de planches, ne pas confondre. Pour voir au travers d’un mur de Planck, il faut plus gros qu’une chignole.
DCCCXLV - A bien me relire, je m’aperçois que la pensée précédente n’a de chances d’extraire un sourire qu’à un étudiant en astrophysique lourdement attardé mental. Et je ne sais même pas si ça existe en vrai, un étudiant en astrophysique attardé.
DCCCXLVI - On a tendance à placer les contingences de l’esprit, de l’âme, au dessus de celles du corps, cette plomberie absconse agitée de soubresauts pneumatiques. Pourtant, comme le démontre le film « supersize me », une alimentation fast-food prolongée tue : le « non » ultime du corps. Preuve par neuf que le corps, dans ce qu’il a de plus mécanique, est doté d’un sens de la dignité, de valeurs et de principes bien supérieurs à ceux de la raison, à certains égards.
DCCCXLVII - La mort, c’est un genre de point Goldwyn dans le dialogue entre le corps et l’esprit.
DCCCXLVIII - Le Fugu est un poisson dont le goût est à peu de choses près celui du Colin, à cette différence que le coût d’une assiette le réserve à l’élite des élites en quête de frisson : la moindre erreur de préparation est fatale, le Fugu secrétant une neurotoxine particulièrement efficace. En me représentant le profil psychosociologique des victimes potentielles, j’ai pas pu m’empêcher d’anthropomorphiser une fois de plus le règne animal. Je suis persuadé d’avoir trouvé le premier poisson marxiste révolutionnaire. Le genre kamikaze.
DCCCXLIX - Les images de la Star’ac allemande sont censées nous persuader que la télé poubelle, c’est bien pire ailleurs que chez nous autres. Je ne vois pas bien en quoi le fait que la poubelle du voisin soit plus grande te dispense de vider la tienne, mais bon, la logique et moi...
DCCCL - Casser une montre ou une pendule délibérément ne procure aucun sentiment de vengeance sur le temps qui passe. Au mieux se sent-on soulagé, non d’un poids, mais d’une somme équivalente au prix de la pièce d’horlogerie malmenée.
DCCCLI - Je prie tous les soirs un Dieu différent pour avoir une chance d’être un jour entendu du bon. Hier, j’ai laissé sur la table un saucisson offert en holocauste, des fois que ce soit le genre « Dieu à sacrifices ou offrandes». J’avais bien ficelé l’affaire : une prière impliquant la paix et la félicité pour tous les hommes en échange d’un saucisson, mais vous allez être déçus… ce matin, le saucisson était encore là.
DCCCLII - Cela dit, j’ai pas osé le bouffer, après coup, le scepticisme mystique étant de par la notion de doute qu’il implique assez proche de la trouille mystique, aussi paradoxal que cela puisse paraître.
DCCCLIII - J’ai l’honneur insigne d’inaugurer pour vous le premier opus politiquement propre. Ca ne veut pas dire que la politique y est abordée d’une manière propre, ça n’a pas de sens : ça signifie qu’il n’y est pas question de politique du tout.
DCCCLIV - Le ridicule ne tue pas, et des fois, même à échelle personnelle, c’est regrettable. La première fois que tu te rends au boulot en savates consécutivement à une grosse cuite, et que c’est une fois arrivé que tu t’en aperçois, typiquement, tu voudrais mourir.
DCCCLV - A bien regarder les bactéries qui prolifèrent à sa surface, les insectes qui s’en alimentent et les nombreux emplois fertilisants qu’on peut en faire, il est permis de penser que la merde sent la vie à peu près autant que la vie sent la merde.
DCCCLVI - Des scientifiques ont découvert il y a longtemps de cela un champignon immortel, qui refuse depuis manifestement de livrer son secret, et ne change rien à rien si on le consomme. Moi, je me le serais quand même bouffé en omelette, pour la forme… lui et son immortalité, ça leur aurait fait les pieds.
DCCCLVII - Le « bloop » : investigation scientifique et principe de précaution. Moi, je dis « aux coordonnées du bloop, on commence par envoyer une vingtaine de torpilles dernier cri, et après on descend voir ce que c’était en recollant les morceaux.
DCCCLVIII - Ce matin, le saucisson tabou avait disparu ! J’ai commencé à décrire de grands cercles dans l’appartement en hurlant de joie, et puis j’ai vu Me Wlad revenir de la cuisine avec un sandwich au saucisson. Je lui ai dit qu’elle avait probablement damné nos âmes ; elle m’a conseillé de prendre un anxiolytique.
DCCCLIX - Face au grand mystère de nos origines, on est tous un peu au pied du mur… de Planck…
DCCCLX - Si la théorie des microcordes est exacte, cela signifie qu’à la base, nous sommes des ondes avant d’être de la matière, comme des ondes sonores. Ca expliquerait le côté cacophonique de la condition humaine de groupe.
DCCCLXI - Maintenant, je dis ça, mais il est évident que si j’avais dans la réalité des choses compris quoi que ce soit à la théorie des microcordes, je ne pointerais certainement pas aux ASSEDIC.
DCCCLXII - Une grosse partie du cerveau, ne sert à « rien » en termes d’identité. Cette dernière loge dans un peu moins du volume d’un œuf. Voilà l’homo sapiens : un cube de viande de quatre centimètres d’arête qui dit « je »… grotesque et fascinant…
DCCCLXIII - En gros, de ce que j’ai compris de l’article de la revue scientifique dans laquelle ces dernières étaient mentionnées, les microcordes, en fait, c’est pas des cordes… C’est des vibrations qui sont les cordes en elles-mêmes. Si tu pouvais stopper la vibration comme tu étoufferais des cordes de guitare, la corde disparaîtrait… parce qu’en fait, elle n’existe déjà pas avant, c'est-à-dire quand elle vibre... J’ai regardé ma guitare, j’ai essayé de comprendre, j’ai senti perler la première goutte de sueur froide qui annonce les crises d’angoisse, et j’ai décidé d’aller prendre l’air avant de faire un truc insensé, comme manger la revue.
DCCCLXIV - Et si je te dis qu’en faisant un La, un Ré ou un Fa dièse, la microcorde elle génère les bases de la matière, et donc à terme, par corrélation, de la conscience, tu comprends pourquoi le premier truc que j’ai fait en sortant prendre l’air a été de foncer au bistrot.
DCCCLXV - D’un autre côté, cette histoire de vibrations qui créent de la matière, ça signifie que si la pierre philosophale existait, elle ressemblerait plus à un biniou philosophal ou à un xylophone qu’à un caillou.
DCCCLXVI - Effectivement, à bien regarder les derniers succès musicaux du P.A.F., il semble qu’à l’aide d’instruments de musique, des gars aient réussi à faire de l’or avec de la merde. Les trucs philosophaux, c’est bien par là que ça se passe.
DCCCLXVII - Alors oui, j’entends bien les voix qui disent que dans les plus-values du fils Lagardère, y a rien de musical. Faux : quand il te dit dans le blanc des yeux qu’il est incompétent et pas malhonnête, il te joue du pipeau… philosophal, certes, mais du pipeau.
DCCCLXVIII - J’ai entendu dire qu’on pouvait perdre ses indemnités de chômage consécutivement aux refus de trois offres d’emplois acceptables. Aucun soucis en ce qui me concerne, avec un profil de prof d’arts plastiques sans CAPES ou de traducteur formé sur le tas, même des offres d’emplois refusables, on en voit jamais la couleur.
DCCCLXIX - C’est en réveillant à bord d’un landau mes deux acouphènes simultanément qu’un petit d’homme m’a fait réaliser qu’à peine sorti de son œuf, et avant de pouvoir à proprement parler interagir avec son environnement, l’homo sapiens possède déjà un pouvoir de nuisance effroyable.
DCCCLXX - J’insiste, parce que la question a de quoi susciter une foi authentique. Je veux dire, la nature fait parfois mal les choses, mais jamais au-delà d’une certaine mesure. Qu’un truc aussi petit puisse gueuler aussi fort, c’est pas naturel : c’est forcément une punition divine.
DCCCLXXI - Qui plus est, certains esprits pervers poussent le vice jusqu’à leur offrir des trompettes en plastique. Félicitations, Einstein, tu viens d’offrir la bombe H à Néron.
DCCCLXXII - Intéressant de noter subséquemment que le premier truc qu’un homo sapiens est en mesure de te signifier clairement dans sa vie, c’est son mécontentement. Tu vois tout de suite à quel genre de bestiau tu seras confronté par la suite.
DCCCLXXIII - Arrêtez d’anthropomorphiser le règne animal avant le ridicule. Cessez de regarder en hiver les pauvres petites boules de plumes givrées sur les branches avec un pincement au cœur. C’est vous qui avez le nez qui coule… vous avez déjà entendu un oiseau tousser ?
DCCCLXXIV - L’existence étant vicissitude par nature, « jamais » est un mot dépourvu de sens. Au mieux, peut-on se dire le jour où un individu portant un col romain se prend d’envie de venir déclamer de la poésie latine au chevet du lit, que « ça ne va pas tarder à être jamais ».
DCCCLXXV - Les « cuisines spatial » ; dès l’intitulé, ça sent la menace extraterrestre, mais quand tu vois le nombre de fois qu’ils peuvent t’appeler dans le mois pour essayer de t’en fourguer une, il n’y a plus de doute possible : extraterrestre ou pas, l’invasion a déjà commencé.
DCCCLXXVI - Il faut dire que chez les commerciaux des cuisines bidules et des fenêtres machin, on a pas attendu de me lire pour décréter que le mot « jamais » était dépourvu de sens, surtout dans la bouche d’un gars qui ne t’a pas encore raccroché au nez.
DCCCLXXVII - L’histoire réelle qui illustre bien le truc, c’est ce type qui m’a suivi une demi heure en Inde, pour me vendre un truc, et qui quand je lui ai dit « Don’t you know that no means no ? », m’a répondu du tac au tac « Don’t you know that no means maybe ? ».
DCCCLXXVIII - Du coup, je me suis tellement fendu la gueule que je lui ai acheté sa saloperie de baume à la graisse de Yak : la triple humiliation. 1) Il m’a philosophiquement cassé en une phrase, 2) il a eu ce qu’il voulait, et 3) j’ai empesté le Gnou népalais pendant huit jours.
DCCCLXXIX - Entretien planté pour LE job en or. Eh ben en vrai, c’est vachement moins drôle que mes entretiens fictifs plantés chez Carambar ou l’almanach Vermot.
DCCCLXXX - Seuls ceux d’entre vous qui auront réussi au moins une fois dans leur vie l’improbable exploit consistant à se coller un chewing-gum dans les cheveux ont une chance de comprendre en mes termes à quel point le mauvais Karma peut être un problème persistant dans le temps.
DCCCLXXXI - Le paradoxe de l’entretien d’embauche, c’est que c’est toujours celui dont tu n’as que foutre que tu as objectivement le plus de chances de réussir.
DCCCLXXXII - La lassitude est un sentiment quantique. Comme l’univers, elle semble pouvoir se dilater, et s’étendre au-delà du visible, sans jamais craquer et se déchirer comme une vieille toile.
DCCCLXXXIII - Allez, au pieu. Ce soir encore, comme mentionné en DCCCLI, je vais prier un Dieu différent de celui des autres soirs, histoire d’avoir une chance d’être entendu du bon… le fameux « bon Dieu ».
- OPUS DIX-HUITIEME -
DCCCLXXXIV - Infatigable, inusable, inévitable, inutile, inutilisé et inutilisable, nul et non avenu mais motivé, Herald Wladymeer, gloire à lui, vous présente sa dix huitième imposture, dans l’indifférence des foules la plus générale.
DCCCLXXXV - … Et la plus démoralisante qui soit, pour tout « auteur » normalement doté d’un ego et d’un certain sens de la dignité. Mot-clé : normalement.
DCCCLXXXVI - Pisser dans un violon, comme nous l’enseigne le proverbe, ne sert à rien. Pire : tu peux terminer fâché avec un luthier.
DCCCLXXXVII - Il a dû faire une drôle de tête, le premier cocu de l’épopée humaine... …Un genre de tête qui dit : « je peux quand même pas être cocu alors que le mot n’existe pas encore ; c’est pas vraisemblable, un truc pareil ».
DCCCLXXXVIII - Et je vous prie de croire que suggérer tout ça à l’aide d’expressions faciales et de postures physiques requiert un certain talent : intemporalité du sujet aidant, je doute que le premier des cornus ait été à même de verbaliser son désarroi via une forme de langage articulé.
DCCCLXXXIX - Je me demandais aussi où le gars qui parle de « pisser dans un violon » pouvait avoir été pécher une idée aussi formidablement inique… Oui… mais si le gars avait trouvé sa douce au plume avec un luthier juste avant d’avoir l’idée, alors ?
DCCCXC - Et si on considère qu’il avait de bonnes chances d’être toujours cocu après mené son action vengeresse, on comprend mieux sa réflexion concernant l’absence de finalité de la miction dans un violon, en tant que solution à un problème donné.
DCCCXCI - Au petit jour, on croise un nombre effarant de trombines prodigieusement pathétiques… à croire que c’est la Toussaint tous les matins.
DCCCXCII - L’aptitude de batteur force l’altruisme chez les congénères spatialement proches de l’instrumentiste. Quand ce dernier se défoule sur le métier des avatars de sa journée de merde, le voisinage entier compatit en toute sincérité à sa tourmente.
DCCCXCIII - La nuit, le chômeur culpabilise moins de faire des trucs complètement inutiles comme rédiger des mickeys, alors qu’il devrait chercher un emploi. La nuit, c’est du temps volé au temps : il peut sainement branler le mammouth sans conflit de conscience, puisqu’il prend sur son temps de sommeil… Du coup, fatalement, le jour, le chômeur dort.
DCCCXCIV - Et sans la notion d’impermanence intrinsèquement liée au versement des indemnités de chômage, il est évident qu’il s’agirait plus d’un cercle vertueux que d’un cercle vicieux.
DCCCXCV - Quand on lui demandait : « Ca va ? », le grand-père d’un pote répondait : « Bien obligé, ça va ». Après ça, tout est dit, pourquoi écrire ?
DCCCXCVI - Secret story est de retour !! Devinerez-vous quel candidat a deux genoux gauches et quelle candidate sait faire à titre professionnel les gâteries en sifflant la Marseillaise ? Tout cela vous élèvera-t-il au dessus de votre condition de cerveau disponible pour les sponsors ? Suspense !!
DCCCXCVII - Faute de devoir de mémoire, c’est notre histoire qui part à veau l’eau. Qui se souvient des grands hommes du siècle passé ? Qui se souvient encore du président Paul Doumer, qui a fait… des trucs… euh… biens… enfin, certainement.
DCCCXCVIII - De toutes les choses qu’on peut apprendre en une vie, et elles sont pléthore, pas une ne permet à terme d’assurer la pérennité de l’ensemble. Dans un sens, c’est emmerdant.
DCCCXCXIX - En d’autres termes, c’est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire la grimace, mais face à la Camarde, le vieux singe, il peut bien tenter toutes les grimaces qu’il veut.
CM - Comme « cours moyen »… Xavier Darcos... incapable de calculer un produit en croix et de conjuguer au passé simple. Elèves, du haut du QI de votre ministre, quarante deux siècles vous contemplent… D’accord, ça sonnait moins faux avec Napoléon et les pyramides.
CMI - Oui, on parle bien du gars qui supprime l’équivalent de trente-sept lycées, une vraie tactique de pompier pyromane en termes de violence et de surpopulation à venir. Maintenant, on sait pourquoi : manifestement, l’individu est gravement fâché avec les Maths.
CMII - Tabernacle… deux pensées à connotation politique d’affilée, au beau milieu de ma cure de désintoxication… ça pue la rechute à plein nez.
CMIII - Et Rachida Dati, elle… arrh non ! Sors de ce corps !! *change de voix* Ta mère suce des glaçons en enfeeeer !! *rechange de voix* C’est impossible, ma mère réside à côté de chez moi et n’est pas sujette à la pagophagie, et j’ai dit plus de politique *re-rechange de voix* Oh, c’est bon, si on peut même plus déconner…
CMIV - C’est vrai que j’aurais dû laisser causer le Malin, le mot aurait certainement été bon : les hommes de pouvoir, il en connaît un paquet de très près ; c’est des business relations, ils ont signé des contrats ensemble… tout ça…
CMV - D’ailleurs, quand on voit ce que certains sont prêts à faire pour gagner ou conserver une certaine forme de pouvoir, on se dit qu’au bout du compte, ils seront légion à se faire des courses de vélocipédalo sans selle, sur un grand lac de soufre en fusion.
CMVI - A moins qu’il n’y ait absolument rien derrière, auquel cas ils nous auront bien baisés… mais alors, grandeur.
CMVII - Un peu de musique pour passer à autre chose… « I’m sitting here, in the campfire light… with the ghost of Tom Joad »… zut, raté.
CMVIII - De toute façon, maintenant que je suis lancé, j’ai l’impression que même derrière le lapin qui a tué un chasseur de Chantal Goya, j’arriverais à voir des allusions à la lutte des classes.
CMIX - Même le gars qui s’est cassé le bout du nez dans l’escalier en papier de la maison en carton, c’est politiquement irritant. Parce que nos dirigeants ne savent pas ce que c’est que de vivre dans un carton, et qu’ils ne se cassent jamais le nez dans l’escalier en papier : chez eux, l’escalier est un marbre, et de toute façon, ils ont les moyens de se payer des nez en métal, comme Michael Jackson.
CMX - « Partir, c’est mourir un peu ». Oui, mais mourir, c’est partir beaucoup : ça s’équilibre, au bout du compte.
CMXI - Un pote essayait de nous expliquer en quoi le fait qu’il soit capable de graisser une planche à l’aide d’un simple papier plié en faisait un être supérieur à la norme. Ca nous a énervés, et pour lui démontrer le contraire, on l’a chargé de s’occuper d’un lapin, mais il se l’est instantanément fait piquer par un genre de gros oiseau. La discussion tourna aigre au moment de déterminer s’il existait empiriquement un lien entre les « lapins » et le « graissage de planches via des méthodes inconnues de tous ».
CMXII - Au réveil, autant vous dire que ça m’a laissé dubitatif.
CMXIII - Je pourrais presque faire « Coach de reconversion pour psys ». Je dis presque, parce qu’en fait, je ne saurais pas vers quoi les orienter. En revanche, une simple séance d’analyse de mes rêves suffirait à les persuader qu’ils doivent changer de métier.
CMXIV - Inversement, le gars qui me dit : « C’est simple, pris de boisson, t’as encore confondu ta boîte de tranquillisants avec un sachet de Picorettes, d’où la nature sibylline du songe en question », il peut indifféremment envisager une brillante carrière de psy ou d’enquêteur à Scotland Yard.
CMXV - Ces jours derniers, je fais pas mal d’efforts pour me départir de mes vieux démons, spiritueux et autres fariboles : plus besoin. En effet, le monde est tellement parti en sucette ces dernières années, qu’à l’observer sobre, j’ai encore l’impression d’être complètement à l’ouest.
CMXVI - Et quand la sobriété commence à ressembler à une forme d’ivresse, il ne peut y avoir que deux explications : ou ça fait bien trop longtemps que tu ne sais plus ce que c’est que la sobriété, ou l’espèce est en train de vivre ses jours derniers… ou bien les deux.
CMXVII - Note personnelle pour plus tard : ne surtout pas oublier de ne jamais, ô grand jamais dire « je tiens également un blog », au cours d’un entretien d’embauche, sous peine d’être lu.
CMXVIII - La sobriété face à la vie, c’est super. Le cerveau embrumé se reprend, analyse tout avec une précision chirurgicale et constate avec une lucidité clinique qu’il ne comprend rien de plus au fond du problème.
CMXIX - Alors c’est vrai que tu gagnes en vivacité : moi, en tout cas, je sens bien qu’en termes de raisonnement, mon cerveau se rend beaucoup plus vivement qu’avant de n’importe où à ailleurs, voire à nulle part.
CMXX - La voix de la conscience : *Vite, Herald, fais un truc pour te sortir de là.*- Quoi ?-*Je sais pas, réfléchis*- Avec quoi ?-*Avec ton cerveau, sombre pitre*-Tu veux dire ce truc qui me raconte nuitamment des histoires de papier plié qui peut graisser des planches ?-*…*
CMXXI - *…*
CMXXII - *Oui… alors non, en fait, parce que maintenant, t’es sobre, donc c’est différent.* - Faut voir, la nuit dernière encore, j’ai été poursuivi par un derviche, qui voulait corriger des dictées qu’il m’accusait d’avoir dérobées, je cite : « dans un but dont la logique lui échappait ».- *…*
CMXXIII - *…*
CMXXIV - *T’as vu, c’est utile une conscience sobre : à défaut de sauver ta peau de chômeur, je fais avancer ton blog hyper vite.* - Super… au fait, tant que je te tiens, tu diras merci à mon instinct de survie, vous êtes colocataires, non ?-
CMXXV - Quinze jours de sobriété. Mon cerveau fonctionne à la vitesse d’un ordinateur de la N.A.S.A., même la nuit, sans pour autant s’avérer plus efficace ou utile qu’un cerveau pas sobre.
CMXXVI - Après test, il semblerait donc que le meilleur avec la sobriété reste de gloser autour du sujet, en sirotant une Manzana ou douze.
CMXXVII - Le principe est très discutable, j’en ai conscience, mais je ne suis pas fermé à la polémique, bien au contraire : je ne dis « Manzana » que de manière informelle, il pourrait tout à fait s’agir de Vodka ou d’autre chose.
CMXXVIII - Ah, tiens, ça y est, j’ai sommeil… quasiment comme un individu normal. Le côté paradoxal de l’insomnie, c’est le nombre de trucs foncièrement anormaux que je suis forcé de faire pour accéder à cette forme de « normalité ».
CMXXIX - Et c’est là qu’on voit bien que la vie n’a rien de mathématique. En maths, il n’y a pas de contre logique qui permette de résoudre correctement une équation en faisant strictement n’importe quoi.
CMXXX - D’après mon médecin, la pensée précédente est également très discutable, mais quand je lui demande « et pour dormir, alors ? », c’est toujours le silence profond des espaces infinis. Comme quoi, c’est facile de gloser autour des maths et du langage, mais autour des troubles du sommeil, des nèfles : pas de bol pour un docteur.
CMXXXI - *Herald, je suis de retour, et je ne suis pas contente* - Excusez-moi un instant… la voix ma conscience-*A qui tu parles ?* - A personne, qu’est-ce que tu me veux ?- *Si tu continues de chômer, tu cours à la catastrophe* - Eh ben j’attends tes suggestions - *…*
CMXXXII - Je vous avais dit que ce serait vite vu. Dans mon cas, c’est assez simple de faire taire sa conscience, même sobre.
CMXXXIII - Nom de… Je viens de comprendre en un éclair le vrai message pas drôle du rêve du papier plié qui graisse la planche… genre thriller psychologique. Sans déconner, c’est effrayant. Dommage que ce soit tellement sérieux et long et anecdotique et emmerdant et inexploitable, dans le cadre de… euh… d’ici, quoi.
CMXXXIV - Derrière ces images ineptes, mon cerveau tenterait donc de m’envoyer des messages à caractères informatifs, déguisés en métaphores surréalistes ? Je ne vois qu’une conclusion à en tirer… Je dois immédiatement aller me foutre au pieu.
CMXXXV - Et n’y voyez pas une pirouette de fin, c’est pas drôle du tout. Le derviche, avec son histoire de dictée, il était peut-être en train de m’expliquer comment sauver ma peau. Dormir, dans mon cas, c’est constructif… pour peu qu’on soit versé dans les arts divinatoires et qu’on dispose d’un appeau à derviches.
- OPUS DIX-NEUVIEME -
CMXXXVI - L’auteur de l’expression « pas de nouvelles, bonnes nouvelles » ne parlait certainement pas de son dernier entretien d’embauche. A moins qu’on tienne là un genre de cas d’école, dans le genre extrême.
CMXXXVII - Le vrai paradoxe du truc, c’est que grâce à la merveilleuse capacité de spéculation du cerveau, « pas de nouvelles, c’est des nouvelles ». T’attends le dénouement d’un truc, et sans qu’on ne te dise quoi que ce soit, tu comprends que c’est foutu… au bout d’un moment.
CMXXXVIII - Et même, depuis que je suis sobre, mon cerveau spécule tellement vite qu’avant même de postuler en vue d’un entretien, je sais que c’est foutu.
CMXXXIX - Vivre, universellement, c’est souffrir d’une manière ou d’une autre. Arrêter de vivre, c’est arrêter de souffrir, mais ça fout tellement les miquettes qu’on préfère encore souffrir. Dans le genre cercle vicieux exemplaire…
CMXL - Et là où le cercle en question cesse d’être vicieux pour devenir authentiquement pervers, c’est dans cette parfaite conscience que ce choix de supporter la souffrance n’empêche en rien de mourir un jour. Du coup, tu profites et de la souffrance, et de la trouille.
CMXLI - Quelqu’un à l’ANPE vient d’organiser un « Atelier recherche d’emploi ». Pour les non chômeurs qui peinent à voir l’élément comique, disons qu’au niveau utilité, ça revient à créer un « Atelier vente de médicaments » au sein d’une pharmacie.
CMXLII - Rien ne pousse plus facilement à se faire sauter le caisson que le désoeuvrement, et rien n’expose plus au désoeuvrement que l’extrême richesse et l’extrême pauvreté. Quelle chance d’être simplement destiné à une médiocrité sociale relative.
CMXLIII - Au fameux « Atelier recherche d’emploi », on ne trouve pas forcément un emploi, on le recherche, surtout, d’où l’intitulé. C’est comme ça… s’ils avaient été malins, ils auraient ouvert un « Atelier trouvage d’emploi ».
CMXLIV - Les artefacts permettant de s’exfiltrer de certains enfers effroyablement complexes sont parfois aussi simples et dépouillés d’artifices que légèrement surréalistes. En dépression, j’ai vu un cube d’emmenthal saupoudré de paprika me redonner partiellement goût à la vie.
CMXLV - L’augmentation du taux de suicide est proportionnelle à la décroissance de la lumière du jour. C’est plus pénible d’être seul la nuit. C’est à ce problème que répond le paysage audiovisuel vespéral. Il permet au sujet de retourner travailler le lendemain, tout en induisant un état de mort cérébrale temporaire, qui satisfait aux pulsions suicidaires momentanées.
CMXLVI - C’est là que je dois reconnaître à cette purge de Patrice Le Lay un certain génie. Le gars, il t’agite vingt minutes Vincent Lagaff’ ou un clone sous les yeux avant la pub, et crac, il te transforme les envies de suicide de la plèbe en envies de coca-cola.
CMXLVII - Patrice le Lay, c’est l’homme qui parlant de son métier, l’a défini comme consistant à « fournir aux sponsors du temps de cerveaux disponibles » (sic). « L’homme qui vendait des cerveaux à Nestlé » : un très mauvais nanar dans lequel vous interprétez à la perfection le rôle des zombies.
CMXLVIII - Vois, mon âme, comme on nous traite… Oh, l’âme, t’écoutes ? Lâche immédiatement cette console portable et regarde-moi quand je te cause... Bon… Vois, mon âme, comme… attends, c’est pas le dernier Exterminator 48 ? Fais voir…
CMXLIX - Verbaliser toute cette bêtise, ça l’extirpe de ma personne. D’un autre côté, ça ne me rend pas plus intelligent. A l’arrivée, ni con, ni intelligent, je mourrai certainement comme j’ai vécu et écrit : d’une manière effroyablement anecdotique.
CML - La tristesse de ce monde a commencé de m’étrangler dans une cour de récréation. On a dit de Monsieur de la Palisse qu’un quart d’heure avant sa mort il était encore en vie ; on dira d’Herald Wladymeer qu’un quart d’heure après sa naissance, il était déjà mortifié.
CMLI - Ecrire la nuit, c’est conserver dans la lumière de l’écran un substitut à celle du jour. La règle phénoménologique mentionnée en début de CMXLV explique l’intérêt de la manoeuvre.
CMLII - Si la vie nous était livrée clés en mains après signature d’un contrat, qui parapherait le texte sans émettre de légitimes réserves ? Voilà le gros problème du libre arbitre : il nous est donné beaucoup trop tard, dans la chronologie des événements.
CMLIII - Le gars qui vous dit ça n’est dans la vie réelle malheureux ni en amour, ni matériellement parlant, tout du moins par pour l’instant : c’est vous dire pour ceux qui ont des raisons honnêtes de se plaindre.
CMLIV - D’un autre côté le fait que certains milliardaires finissent par se mettre un coup de tromblon en travers du cornet démontre à quel point le malheur existentiel sait faire feu de tout bois.
CMLV - Comme quoi, entre la mort et la tristesse, il y a bien deux choses au regard desquelles tous les hommes naissent effectivement libres et égaux en droits, et ce même si personne n’a pris la peine d’en faire le premier article d’une quelconque déclaration universelle.
CMLVI - Trouver la joie de vivre par l’autosuggestion au milieu de ce monde revient à tenter d’allumer un feu dans une caserne de pompiers.
CMLVII - Petit précis d’étymologie : aujourd’hui, le mot « oisiveté ». Comme son radical l’indique, il vient du mot oiseau, dont la racine grecque signifie « qui ne sert à rien », tant il est vrai qu’on voit peu d’oiseaux pointer à l’usine. Oisiveté se rapporte donc l’état consistant à « ne rien foutre de sa vie, comme un oiseau ».
CMLVIII - L’oiseau, cette entité absconse qui sait en tout et pour tout tortiller du croupion dans un sens pour t’annoncer la saison des amours, et dans l’autre pour t’annoncer qu’il va conchier ton balcon ou ton épaule.
CMLIX - …L’oiseau, ce volatile obtus qui taquine le chômeur insomniaque de ses pépiements mutins dès potron-minet, même le dimanche, ce mécréant.
CMLX - L’oiseau, dont l’intelligence au demeurant surprenante sait toutefois tirer parti de ses rencontres avec des créatures supérieures du règne animal, comme les chats, au contact desquels l’oiseau renonce parfois à sa nature de boîte à merde bruyante, pour s’essayer à la méditation zen, sur le perron… les pattes en l’air.
CMLXI - Comme pourrait dire Lavilliers, « Elle nous prendra, les beaux et les drôles » ; j’ajouterais qu’elle prendra également les laids, les clampins et les autres… je vais pas me lancer dans une liste exhaustive, mais je vous promets que personne ne se sentira spolié.
CMLXII - Il y a de cela des milliers et des milliers d’années, un singe s’est regardé dans l’eau, il a fait une drôle de tête, et la nature s’est dit : « merde », mais c’était trop tard.
CMLXIII - Par extension, quand on se dit « merde », c’est souvent trop tard.
CMLXIV - Certaines personnes n’ayant jamais enfanté se gargarisent publiquement de leur prétendue tranquillité à un tel point qu’il n’est pas permis de douter… nul besoin en leurs demeures du rire des enfants pour les emmerder : elles s’emmerdent très bien toutes seules.
CMLXV - Par extension, j’en profite pour postuler que toute personne éprouvant le besoin de rappeler plus de trois fois par jour à son entourage une quelconque vérité qui lui est chère, chérit neuf fois sur dix un gros mensonge qu’elle adresse plus à elle même qu’aux autres.
CMLXVI - Je viens de trouver un poil blanc dans ma barbe, alors qu’avant-hier, j’avais 8 ans et que j’écoutais le top 50 en sirotant du « Tang ». Le temps est tout sauf une unité métrique fixe : en passant, ça peut même devenir franchement n’importe quoi.
CMLXVII - Et au gros malin qui me répond que je confonds temps objectif et perception du temps, je réponds que sans perception, il n’y a pas de temps du tout, donc rien à quoi adjoindre de jolis épithètes comme « objectif ».
CMLXVIII - Pour comprendre le temps dit « objectif », il faudrait avoir toujours existé, et ne jamais être voué à disparaître. Le temps serait alors une éternité d’instantanéité et de simultanéité, dans lequel même les événements cycliques n’auraient pas valeur de chronologie ; l’avant et l’après ne signifiant rien dans un contexte dépourvu de départ et de fin.
CMLXIX - Le temps, c’est l’inverse du « jamais » mentionné en DCCCLXXIV : c’est du « toujours », mais je vous rassure, ça rentre aussi mal dans notre champ de conscience que le « jamais ». Le premier intello lettré qui lit la pensée précédente vous confirmera d’ailleurs que je n’y ai moi-même indubitablement rien compris.
CMLXX - Le seul moyen d’éviter à coup sûr de dire une connerie quand on procède à une affirmation hasardeuse, est d’y adjoindre la proposition « ou pas », en fin de phrase.
CMLXXI - Une montre, ça cause de tout sauf de temps : le temps, c’est de l’espace (d’où l’expression espace-temps)… Un mètre pliant parle donc plus de temps qu’une montre… ou pas.
CMLXXII - Qu’il soit question d’espace-temps ou de nature humaine, l’ivresse et l’écriture sont les seuls moyens de purger le cerveau des questions que la réalité suscite sans laisser au sujet de ces interrogations les outils intellectuels permettant d’y répondre.
CMLXXIII - Les chômeurs, des cailloux dans les godasses du système et du marché du travail ? Je dirais plutôt des morceaux de barbaque coincés entre leurs dents, mais on est d’accord, ça reste dans le champ lexical de la gêne.
CMLXXIV - Entendu hier : La mondialisation devrait à terme à générer ce que l’on commence à appeler le « Village planétaire ». C’est la suite du « Village des damnés » ou j’ai loupé un truc ?
CMLXXV - Le gars qui a accouché de cette expression n’a manifestement jamais vécu dans un village. L’idiot du village, il ne viendrait à personne l’idée d’en faire ne serait-ce qu’un garde champêtre. L’idiot type du village « planétaire », il est ministre, haut fonctionnaire…
CMLXXVI - Avant de planter mon prochain entretien, j’ai décidé de suivre un de ces fameux séminaires de reprise de confiance en soi, au cours desquels on s’entraîne à faire des choses folles comme arrêter des jets de briques avec son visage.
CMLXXVII - D’après Benjamin Castaldi : « être mort et ressuscité, c’est pas simple » (sic). Sans parler du fait d’avoir un jour à mourir tout court. Béni soit-il, dans la grande humilité de son génie philosophique, de nous avoir épargné le reste de ses méditations transcendantales.
CMLXXVIII - Encore heureux pour la théologie qu’il était question d’un candidat et pas du Messie. On aura échappé à « Faire du vin avec son sang, c’est pas banal », « Marcher sur l’eau, ça doit mouiller les pieds », et « La trinité, c’est compliqué : faut savoir compter jusqu’à trois ».
CMLXXIX - En causant trinité, ça ne doit pas être simple tous les jours d’être à la fois le père, le fils, et le saint esprit… Si un truc pareil m’arrive, je ne donne pas deux heures avant que le père n’étrangle le fils, pendant que le saint appelle au secours.
CMLXXX - D’ailleurs, la trinité, c’est tellement compliqué que quand ce n’est pas un Dieu qui l’attrape, mais un bonhomme ordinaire, on lui offre immédiatement une de ces jolies chemises qui se boutonnent dans le dos.
CMLXXXI - A moins que le schizophrène en question soit atteint d’une trinité du type « Paul Bocuse - Bobby Fischer - Karl Marx », auquel cas on lui offre plutôt un travail d’assistant personnel, histoire de jouer aux échecs et causer origines du capital tout en savourant un tournedos Rossini, mais ces cas d’école sont rares…
CMLXXXII - Pour me consoler, je me dis que de toute façon, le tournedos Rossini n’est probablement pas marxo compatible… Il faudrait que tout le monde y ait droit… autant dire que ça procède franchement du fantasme.
CMLXXXIII - Vous aussi vos parents vous avaient prédit la célébrité ou un prix Nobel ? C’est quand même effrayant de réaliser que tout le reste de notre éducation est également basé sur les propos de personnes sujettes à de pareilles crises de délire.
CMLXXXIV - D’un autre côté, quitte à être déçus par leurs prémonitions approximatives, mieux vaut pour les enfants que leurs géniteurs ne soient pas dotés de talents de medium. S’ils l’étaient, bon nombre d’entre eux refuseraient tout simplement d’enfanter.
CMLXXXV - D’ailleurs, même sans talent de clairvoyance, certains refusent. Pour mon père qui était marié ailleurs, par exemple, un môme illégitime et son cortège d’emmerdements, c’était parfaitement hors de question… Ha-Ha-Ha… Ra-tééé…
- OPUS VINGTIEME -
CMLXXXVI - Ma télé n’est depuis longtemps plus qu’une sorte de générateur de bruit de fond rassurant, qui émet dans mon dos pendant que je fais autre chose, et déjà, à certaines heures, ses émanations sonores irradient à ce point de bêtise et de médiocrité que je peux entendre mes synapses se boursoufler comme du blanc d’œuf dans une poêle. Quand je pense que certains la regardent avec les yeux, en plus…
CMLXXXVII - Hier soir, j’ai mangé du saucisson. Ce matin, mon clavier sent le saucisson. La beauté cristalline du principe de causalité dans sa forme la plus épurée, pour ne pas dire dans le plus simple appareil.
CMLXXXVIII - C’est comme ça, sur la fin d’un parcours littéraire abouti, dans la plénitude du talent avéré, que l’on voit la vérité se révéler dans sa vraie beauté, sous les formes les plus anodines.
CMLXXXIX - Ballade dans le parc en méditant sur l’achèvement du Tome premier regroupant les vingt premiers Opus. A côté de moi, un canard fait « coin-coin ». Je pense qu’il a pas mal synthétisé mon grand œuvre, à ce stade de son élaboration.
CMXC - On arrive ici nus comme des vers et on en repart sapés comme des pingouins conditionnés dans un emballage en sapin. Il doit y avoir une logique dans le parcours qui mène d’un événement à l’autre, mais pour l’instant, je la trouve relativement sibylline.
CMXCI - On a coutume de se représenter les spectres comme des créatures décharnées portant les effets dont ils étaient parés au moment de leur trépas. Moi, vivant, je suis déjà épais comme un sandwich SNCF… eh ben mort, mon âme flottera pas dans mes vêtements. La classe.
CMXCII - Et aux dires du gars qui a écrit l’Homme neuronal, mon âme n’est qu’un doudou tricoté par mon encéphale électrochimique pour affronter la perspective de sa disparition, et en dehors de sa qualité de pure construction intellectuelle, elle n’existe pas. C’est dire à quel point elle ne flottera pas dans mes vêtements.
CMXCIII - Codes culturels : dans nombre de films ou de séries, on matérialise la tristesse profonde ou la nostalgie d’une scène en faisant appel aux talents d’un pianiste tétraplégique qui joue avec deux doigts.
CMXCIV - Plus j’approche de la fin de ce « pseudo opus », plus j’ai inexplicablement la gorge qui se serre. Entamer un autre opus après celui-ci, c’est assumer la rédaction d’un autre tome de mille « trucs ». J’ai peur d’être trop ordinaire y compris dans ma bêtise pour ce genre de records.
CMXCV - L’éternelle question de savoir s’arrêter au bon moment. La question des finalités de l’ouvrage aussi. Ou alors on dit que j’écris juste pour moi, comme au début, que je me fous de tourner en rond et de virer plus médiocre que je ne le suis déjà, et que de toute façon, la Camarde m’arrêtera au bon moment… Mouais… Ca se tient aussi.
CMXCVI - Refuser l’idée que je puisse avoir déjà tout dit, c’est refuser l’idée que l’intégralité de ma personne puisse tenir dans moins de 600 kilo octets. Maintenant, je sais que c’est que c’est l’orgueil que me perdra, derrière mes airs de naufragé volontaire.
CMXCVII - Continuer, c’est assumer pleinement le fait de voir mon « boulot » se dégrader inéluctablement. Note, le reste de la société aussi va aller en se dégradant inéluctablement. Ca fera jamais que ton sur ton.
CMXCVIII - A bien relire la pensée précédente, je ne suis pas sûr et certain que ce soit la bonne raison de rester.
CMXCIX - Il me reste deux pensées pour synthétiser ce qui ne peut pas l’être. Ca dépend si c’est une fin ou une transition, un monolithe ou la première brique d’une maison insalubre avant même construction, or je n’en sais moi-même foutre rien. Il doit bien exister un truc qui rattrape les 999 autres et qui leur donne un sens...
M - « Voilà, nous y sommes »… Une phrase lourde de sens qui revient de manière cyclique au cours de nos existences, en fonction des vies que l’on peut perdre : la sienne ou celles des proches. En conclusion je m’en tiendrai donc à : « Puisse le prochain « voilà, nous y sommes » survenir pour vous comme pour moi le plus tard possible ». La messe est dite.
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