16.02.2009

Vingt-troisième fournée

 

 

 

 

        

 

           - OPUS VINGT-TROISIEME -

 

 

 

 

 

MCI – Les échos nocturnes ne parlent que de transits : des bruits de moteurs, des sons de pas qui disent que ceux qui en sont la cause ne sont ici qu’entre ailleurs et ailleurs. Même le bruit de la bouteille qui roule aux pieds du SDF écroulé sur un banc pas loin d’ici parle de voyage, pour statique qu’il soit. A chacun son ailleurs.

 

 

 

MCIII – Malgré la bipolarité radicale des symptômes qu’on leur associe, la tristesse catatonique et la colère confinant à la crise de rage sont des sentiments que je qualifierais de voisins, sachant à quel point il est simple de passer indifféremment de l’un à l’autre.

 

 

 

MCIV – Tu as tout à y gagner ou à y perdre arbitrairement. Tu ne peux pas savoir avant d’avoir essayé, et essayer ne garantit en rien le succès, loin de là. Je sais qu’on parle de la vie, mais un gars me dirait ça à froid, dans la rue, je croirais qu’il cherche à m’embringuer dans une partie de bonneteau.

 

 

 

MCV – Dieu est super fort au bonneteau. Hop hop hop, attention, sous quels gobelets ne se cache pas la pomme ? Perdu… allez, un gage.

 

 

 

MCVI – Je vais pas aller jusqu’à dire qu’il fallait qu’Adam bouffe la pomme comme il fallait que Judas trahisse Jésus pour que son destin s’accomplisse, mais disons que Dieu à dû sentir que s’il se résumait à la vie d’Adam et Eve occupés à ne rien faire, tout nus au beau milieu du paradis originel, le bouquin allait très mal se vendre.

 

 

 

MCVII – Et quand je dis que Dieu est balaise au bonneteau, c’est pas une image : tu prends Adam, il fait ce que Dieu lui interdit de faire, crac, il perd. Tu prends Abraham, il fait ce que Dieu lui ordonne, pan, il perd aussi. Inouï.

 

 

 

MCVIII – Si les hommes ne se serrent qu’une main quand ils se rencontrent, c’est que protocolairement, on reconnaît à l’homme le droit de garder une main libre, de façon à ce que cette dernière puisse rester crispée sur une arme habilement dissimulée, des fois que…

 

 

 

MCIX – Le quatrième amendement de la constitution américaine garantit à chaque citoyen le droit de porter une arme à feu. Le cinquième amendement, moins connu, autorise les enfants à courir partout avec un bâton pointu dans une main et une paire de ciseaux dans l’autre.

 

 

 

MCX – Syndrome de la guerre du golfe et de celles à venir… Parents réjouissez-vous : grâce aux cancers du colon qu’ils découvriront bientôt pas loin de l’endroit où était amarrée leur cartouchière à munitions en uranium appauvri, vos gamins seront des héros morts pour la patrie certifiés conformes, même s’ils sont revenus en vie… on arrête pas le progrès.

 

 

 

MCXI – Quand ton gamin te déclare solennellement pour la première fois que quand il sera grand, « y seura millitère », où se trouve la proverbiale voie du milieu, entre croiser les doigts en espérant que ça passe avec l’âge et lui passer les vingt premières minutes du « soldat Ryan » sur écran géant, à six ans et demi ?

 

 

 

MCXII – Authentique : tout à l’heure, Me Wladymeer est entrée dans la pièce au moment où la télé diffusait un genre de teaser du prochain machin de Benjamin Castaldi ; elle s’est instantanément mise à saigner du nez.

 

 

 

MCXIII – Je sais que les esprits chagrins pourraient invoquer la rhinite qui la pousse à se moucher quarante deux fois par heure depuis deux jours, mais personnellement, j’y vois plutôt un signe.

 

 

 

MCXIV – Qui plus est, ça corrobore deux hypothèses : celle formulée en MXLIX, postulant que le siège de la conscience peut se trouver dans le nez chez les Espagnols, et une théorie nouvelle affirmant que la télé réalité peut provoquer des traumas cérébraux.

 

 

 

MCXV – Dehors, des gamins font rien qu’à pétuler. Il déchirent l’espace de leurs courses, de leurs cris, et mettent des coups de pied dans le temps avec des éclats de rire hystériques : ils s’en foutent. De là à dire que je suis vaguement envieux...

 

 

 

MCXVI – Je sais que pour l’esprit mesquin, c’est facile de regarder ces gamins en se disant « Attends d’avoir trente ans pour voir la grosse crise de rire hystérique que va te causer ton prochain passage à l’A.N.P.E. », mais se consoler aussi tristement, c’est vraiment du nivellement par le bas.

 

 

 

MCXVII – Le gros problème, c’est qu’en raison des facteurs « temps » et « responsabilité », il n’existe aucun moyen de se dire qu’on est d’une certaine manière aussi heureux que l’enfant. On peut en revanche postuler statistiquement que cet enfant sera un jour aussi emmerdé que nous. Il n’existe donc aucun moyen de niveler par le haut.

 

 

 

MCXVIII – Avoir le temps de se regarder le nombril suffisamment pour se sentir vieux à trente cinq ans, comme c’est mon cas, c’est vraiment typiquement un problème de bourgeois désoeuvré. Je sens que je vais encore baisser dans ma propre estime ; sans risque heureusement de heurter quoi que ce soit : manifestement, c’est un puits sans fonds.

 

 

 

MCXIX – Dans quatre mois, en dépit de mes tentatives, mon droit au chômage sera interrompu sans que j’aie transformé l’essai, et nous verrons quelle place par défaut le système attribue à un « sculpteur-dessinateur-batteur-chroniqueur-prof de FLE-traducteur ». Les amateurs de pathos risquent de se régaler : dans le genre drolatique, ça va certainement péter des barreaux de chaises.

 

 

 

MCXX – Dans un film fantastique, quand l’homme crée un mutant, c’est un mutant méchant. Quand il fabrique un robot, c’est un robot méchant. Quand un ascenseur devient doué de raison, c’est un ascenseur méchant. Quand un truc devient anthropomorphique, il est méchant.

 

 

 

MCXXI – Et même quand ils sont gentils, à mon avis, il faut se méfier : Edouard aux mains d’argent doit avoir des envies de meurtre chaque fois que l’envie lui prend de se polir le mandarin.

 

 

 

MCXXII – Ai découvert autre poil blanc dans ma barbe ce matin. Si j’attrape celui ou celle qui déconne dans mon dos avec ma barbe et une machine à voyager dans le temps, ça va très mal se goupiller.

 

 

 

MCXXIII – Essayer de vous faire marrer avec mon malheur existentiel, ça n’a rien d’altruiste dans le fond : on est pas dans le don de soi. Ca me renvoie juste à moi l’impression que je ne souffre pas complètement pour rien.

 

 

 

MCXXIV – Résilience cérébrale : positivisme à double tranchant. Explicitement, ça dit juste que le cerveau a des ressources insoupçonnées pour se remettre de traumas terrifiants, s’il entre dans une démarche adéquate. Implicitement, ça peut signifier que tomber en dépression et y rester, c’est bien le vouloir, ne pas travailler assez à dépasser tout cela et aborder ses pulsions morbides avec une certaine complaisance : bref, tout sauf la faute du système.

 

 

 

MCXXV – L’expression résilience cérébrale vient d’ailleurs de la résilience tout court : cette capacité qu’ont certains métaux à reprendre leur forme originale quand les on les maltraite. C’est le mot « certains » qui fout tout par terre : tous les humains ne sont pas trempés dans le même métal. Une fois que tu les as pliés, certains restent tordus, voire cassés.

 

 

 

MCXXVI – Oh… et j’allais oublier le « déterminisme verbal »… mon pauvre monsieur Cyrulnik, je suis persuadé que vous êtes plein de bonnes intentions, mais si vous saviez où en sont certains, à force d’avoir entendu tout leur entourage affirmer qu’ils étaient forcément voués à un avenir brillant... C’est parfois pire que si on leur avait répété à tue-tête qu’ils étaient foutus à vie depuis la petite enfance.

 

 

 

MCXXVII – Pourtant, je suis persuadé que tout ce que l’auteur de cette théorie désire, c’est offrir à l’humanité les bonnes armes pour aller vers un véritable mieux-être… C’est dire le peu de moyens dont disposent les gens qui souhaitent améliorer la condition humaine.

 

 

 

MCXXVIII – Quelque part, je suis peut-être juste effroyablement jaloux de Boris Cyrulnik, en fait… Enfin, plus de sa capacité à se remettre de ce qu’il a vécu que de son vécu en tant que tel… ça tombe un peu sous le sens…

 

 

 

MCXXIX – Ma dernière statue s’améliore lentement : elle n’a plus l’air de faire le tapin, et sa posture commence à ressembler à celle d’un footballeur. A bien me relire, je me demande d’ailleurs si on peut authentiquement parler d’amélioration.

 

 

 

MCXXX – Footballeurs, ne vous méprenez pas : les péripatéticiennes et vous n’êtes pas dans mes termes les seules créatures de Dieu à partager le statut de bétail humain. Du technicien de surface au top model en passant par l’employé de bureau, on est même foule dans la bétaillère.

 

 

 

MCXXXI – Notre nature peut-elle nous permettre de nous considérer autrement que comme du bétail ou exigeons-nous inconsciemment d’être traité comme tel, parce que c’est sécurisant, dans le fond ? C’est la seule question qui demeure, parce que dans un cas, il reste de l’espoir, et dans l’autre on peut quitter la salle : à partir de là, le film est chiant.

 

 

 

MCXXXII – Il suffit de regarder un type comme moi suer d’angoisse à l’idée de rater un entretien d’embauche dans le cadre d’un emploi qui le rebute par ailleurs absolument, pour se rendre compte que la question précédente mérite d’être posée.

 

 

 

MCXXXIII – Et quand la vie te laisse une opportunité d’échapper à tout cela, en devenant rentier au mépris de tes valeurs, par exemple ; est-il possible de croquer le bon fruit mûr sans éprouver une culpabilité qui, à sa manière, vaut bien l’angoisse d’avoir à croquer chaque jour dans un fruit pourri ?

 

 

 

MCXXXIV – Je commence à envisager un renoncement total, himalayen, genre pagne rudimentaire, altitude, désolation, absence de possessions matérielles et tout le tremblement karmique.

 

 

 

MCXXXVI – Suis revenu de l’Himalaya. Le vide matériel, relationnel et affectif, c’est effectivement tellement de bonheur que le troisième jour, dans un grand éclat de rire hystérique, j’ai failli sauter dans le vide tout court.

 

 

 

MCXXXVII – J’ai été rattrapé in extremis par un Yeti qui gueulait « Fais pas le con, René ! ». De loin, avec ma tronche de la vraie vie, il m’avait pris pour son beau-frère…

 

 

 

MCXXXVIII – Cela étant dit, le jour ou les Yétis, Migous, Sasquatch et autres Bigfeet seront reconnus en tant que minorité ethnique, j’ai bon espoir de me trouver un job terrible dans une ambassade ou un truc du genre.

 

 

 

MCXXXIX – En marge de mes activités au parti mou, je suis d’ailleurs en train de monter un puissant lobby de « semi yetis affublés de patronymes peu vraisemblables ». Pour l’instant on est un.

 

 

 

MCXL – J’ai un copain très présentable avec un nom normal qui voulait participer, mais je lui ai expliqué que je devais me tenir à une ligne politique inflexible. Vexé, il a donc monté le cercle des « pas tout à fait semi yetis dotés de patronymes à peu près crédibles ». Parfait ! Pour que mon lobby serve à quelque chose, il ne lui manquait plus qu’un ennemi héréditaire.

 

 

 

MCXLI – Eh oui, on tue le temps comme on peut en attendant la suite. Voilà voilà voilà...

 

 

 

MCXLII – E8, touché coulé et mat… Putain, t’as encore coulé mon roi du premier coup ! Ha, je t’avais prévenu, aux échecs navals, avec les blancs, je gagne tout le temps.

 

 

 

MCXLIII – Entre deux et quatre heures du matin, aujourd’hui et demain sont un genre de yaourt avec des vrais petits bouts de « maintenant », dedans.

 

 

 

MCXLIV – Le temps est une illusion : « toujours » ne signifie rien, « jamais » est dépourvu de sens, et le temps que tu appelles « maintenant » par son nom, il s’est fait la malle.

 

 

 

MCXLV – Pour le définir plus clairement, maintenant, c’est maintenant, là, trop tard, réessaye.

 

 

 

MCXLVI – Un enfant, t’as beau le prévenir, il termine chez le dentiste : ça lui apprend la vie. Un banquier, tu le préviens, c’est pareil, mais il s’en fout : les caries des subprimes, c’est dans ta bouche qu’on va les fraiser.

 

 

 

MCXLVII – A l’embranchement marxisme / capitalisme débridé, j’ai l’impression qu’en bonne surdouée de la trajectoire idéale, l’humanité tenait sa carte routière à l’envers.

 

 

 

MCXLVIII – Sur un forum, j’ai vu une personne travaillant dans une banque s’inquiéter de son avenir proche. Curieux, ces samouraïs de la finance qui ignorent que « celui qui a peur de mourir ne devrait dans un premier temps pas partir à la guerre ».

 

 

 

MCXLIX – Comment lui faire comprendre qu’elle me faisait penser à un dompteur de tigres qui, après 15 ans de métier, réalisait subitement en se faisant emporter la moitié de la tronche que les griffes de 10 centimètres des bestiaux ne leur servaient pas qu’à se curer la truffe.

 

 

 

MCL – Un bref rappel de fin d’opus, donc, pour ceux qui peinent à assimiler les évidences : l’argent compte plus que vos existences, même si vous travaillez pour lui. Pactiser avec le diable, même en lisant le contrat entre les lignes, c’est vendre à perte… etc.

29.12.2008

Vingt-deuxième fournée

 - OPUS VINGT-DEUXIEME -

 

 

 

 

 

MLI – « La meilleure des victoires est celle qui ne nécessite pas de bataille » (Sun-Tzu). « Le meilleur des cocas est celui que quelqu’un d’autre va chercher pour toi au frigo » (Herald Wladymeer). Maintenant, vous la voyez mieux, la différence entre un gars qui doit être publié et un gars qui ne doit l’être sous aucun prétexte ?

 

 

 

MLII – Ca vous dit qu’on échange des trucs de bricoleurs ? Allez, le premier ou la première qui m’explique comment décoller la graisse des murs de ma cuisine, je lui donne ma recette secrète pour se brûler au second degré avec une banale ampoule de 60 Watts.

 

 

 

MLIII – Alors je sais que ça peut paraître ridicule de se blesser de la sorte, mais moi, l’ampoule, au moins, j’ai pas eu la bêtise de m’asseoir dessus… n’est-ce pas, monsieur l’heureux papa d’un souvenir de Paris.

 

 

 

MLIV – Ah oui, j’ai oublié de vous dire… il y a deux semaines, c’était une boule de billard. Cette semaine, à sa grande surprise, un praticien de mes amis a vu la tour Eiffel enneigée du côté de la face cachée de la lune, et sans télescope : une vision dépaysante…

 

 

 

MLV – Vous étiez prévenus que créativité de la nature humaine aidant, ce genre d’information édifiante risquait objectivement de revenir, de manière cyclique.

 

 

 

MLVI – Allez quoi, admettez-le… on a tous un pote dans le paramédical, qui arrive une fois par semaine pour l’apéro en disant : « Tu ne devineras jamais ce que j’ai trouvé dans le cul d’un gars ». Non ? Y a que moi ?

 

 

 

MLVII - …

 

 

 

MLVIII – Normalement, les trois points de suspension, c’est un truc pour faire grimper le score à peu de frais. Ce coup-ci, c’était un authentique moment de solitude profonde. J’espère que vous aurez su apprécier la différence, qualitativement parlant.

 

 

 

MLIX – C’est emmerdant cette obsession momentanée : aussitôt que je tente de m’écarter du sujet maudit, il est à peu près aussi difficile de m’extraire un bon mot que d’extraire une boule de billard de… Tenez, vous voyez ?!

 

 

 

MLX – Vite, réagir avant la transe hypnotique… voir grand… s’élever… L’univers : cette entité qui fabrique des étoiles, qui elle-même fabriquent de l’univers. L’univers, certainement le seul gars de son patelin à pouvoir se vanter d’être à la fois sa cause et son effet.

 

 

 

MLX – L’univers, qui avec ce sens de la géométrie simple et épuré, tout en étant effroyablement complexe, nous a offert une planète sphérique… ronde comme une boule de bill… Non ! Non ! Assez, quoi !

 

 

 

MLXI – C’est marrant, Galaxy Quest, c’est une comédie, mais le moment auquel le chef extraterrestre a ce regard d’enfant, dans lequel on voit s’effondrer l’image parfaite de l’humanité qu’il a prise comme modèle, j’ai chialé comme une merde pendant vingt minutes.

 

 

 

MLXII – Par la suite, combien de nuits sans sommeil j’ai intérieurement réentendu « We’re actors, Mathezar…  », juste avant d’être pris d’une crise de larmes « plus ou moins » inexplicable.

 

 

 

MLXIII – Pourquoi ces rivières, mon bon Monsieur Souchon ? Je sais que pour un batteur de Death Metal, ça ne fait pas sérieux, mais quelle que soit la scène à laquelle il appartient, quand on croise un bonhomme, on lui dit « Monsieur ».

 

 

 

MLXIV – Il suffit de contempler « l’origine du monde » de Courbet, pour comprendre qu’on ne devrait jamais traiter quelqu’un de tête de con. Aussi absurde que cela puisse paraître, c’est plus un compliment qu’une insulte.

 

 

 

MLXV – Personne parmi vous ne saura exactement combien de temps de vie j’ai perdu à regarder le chiffre MLXV sans trouver quoi lui adjoindre. Quand on part explorer le cosmos, faut pas s’étonner de croiser des trous noirs, je suppose.

 

 

 

MLXVI – Dehors, un chien aboie : ça en fait au moins un de nous deux auquel la réalité de nos conditions respectives inspire un commentaire éclairé.

 

 

 

MLXVII – En raison de notre perception de nous-mêmes, on anthropomorphise plus le chien dans les moments où il nous regarde la patte tendue, avec des yeux où brillent adoration et intelligence, que dans les moments où il est en train de bouffer sa crotte … Et pourtant…

 

 

 

MLXIX – A l’échelle du temps cosmique, l’humanité, de son début à sa fin, ce sera à peine un éternuement. Techniquement, on en est au moment de l’histoire où l’odeur de toutes nos saloperies commence à chatouiller les narines de la planète.

 

 

 

MLXX – Qu’est-ce qui se passait « avant » ? Où est-ce qu’on va « après » ? C’est fou, les supplices tordus que l’esprit s’invente pour éviter d’avoir à penser à « maintenant ».

 

 

 

MLXXI – L’impossibilité de faire carrière dans le Death Metal est un problème à caractère chronologique. Le jour où nous serons reconnus pour le caractère visionnaire de notre travail, ce sera certainement le lendemain de l’apocalypse. Autant dire qu’en termes de public, on risque de jouer pour encore moins de monde.

 

 

 

MLXXII – Descendre se mettre la truffe au vent à l’heure où l’honnête homme sommeille. S’allonger sur le gazon. Contempler les étoiles. Se dissoudre dans l’espace. Expliquer au gardien qui fait sa ronde que ce n’est pas la peine d’appeler le SAMU. Des plaisirs simples.

 

 

 

MLXXIII – Mylène Farmer, c’est le portrait de Dorian Gray : elle doit payer quelqu’un pour vieillir à sa place.

 

 

 

MLXXIII – Le reste de son étrange personne n’a pas changé non plus : c’est toujours cet espèce d’iceberg en flammes qui s’est fait tatouer « j’ai encore été vilaine » sur une fesse et « je ne suis pas celle que vous croyez » sur l’autre.

 

 

 

MLXXIV – La relation avec le tabac, c’est donnant-donnant. Un jour tu le fumes ; un jour, c’est lui qui te fume.

 

 

 

MLXXV – Un bref dialogue avec la mort II : - Je voudrais pas crever trop vieux.- *Je peux t’arranger ça en deux coups les gros*. -C'est-à-dire… je ne voudrais pas crever trop jeune, non plus.- *Alors sinon, je fais aussi livraison de pizzas…*. -Sans rire ?- *A ton avis ?*

 

 

 

MLXXVI – Les petites heures mortifères du matin, où l’insomnie cède à la lassitude, qui, comme un courant d’air, vient mêler son souffle au dernier soupir de la conscience qui s’éteint peu à peu…

 

 

 

MLXXVII – *Voilà, voilà, j’arrive !*. Ha mais non, prenez pas ça au pied de la lettre, c’est une licence poétique, là… *Désolée, réflexe professionnel…*

 

 

 

MLXXVIII – Depuis que le premier truc doté d’une hélice d’acide désoxyribonucléique a pointé le bout de ses flagelles sur terre, à son boulot, la mort est sacrée employée du mois tous les mois.

 

 

 

MLXXIX – La réalité offre des solutions à tous les gens qui, dans un sens ou dans l’autre, savent faire montre d’opinions tranchés. Il n’y a aucune alternative pour les gens qui n’ont ni très envie de vivre, ni très envie de mourir.

 

 

 

MLXXX – Le Christ était venu nous sauver, mais il eut le malheur de vouloir commencer par estimer le mal-être de l’humanité, pour se faire une idée du devis, et demanda où se situait le malaise sur une échelle de 1 à 10, sachant que : « le niveau 1 c’est, disons, une légère nausée, et que le niveau 10, c’est carrément des clous dans les mains et les pieds ? »…

 

 

 

MLXXXI – Eh bien les braves gens l’ont renvoyé chez lui en guise de réponse, après avoir coché la mention utile, mais jusqu’à présent, ils n’ont pas reçu d’accusé de réception.

 

 

 

MLXXXII – Ce sont ces mêmes braves gens aux mœurs champêtres qui continuent, dans certains coins, de clouer des hiboux aux portes des granges pour conjurer le mauvais sort. Pourquoi des hiboux ? Ben dame, on prend ce qu’on trouve : c’est pas tous les jours qu’on tombe sur des barbus excentriques qui veulent se faire clouer de leur plein gré…

 

 

 

MLXXXIII – « Bonjour monsieur, je représente la société « Terre de fenêtres », et je vous appelle pour la troisième fois ce mois-ci, afin de… ». Avec eux c’est le cas de le dire, si tu décroches une fois, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres.

 

 

 

MLXXXIV – Si on considère la méchanceté dont nous avons fait montre à l’égard de son fils, on ne s’étonne que peu ou prou que Dieu nous ait salement pris en grippe. Le paradoxe de notre condition, c’est que la punition semble tomber longtemps avant les faits reprochés…

 

 

 

MLXXXV – …Oui, c’est un paradoxe temporel. Normalement, la réalité abhorre ce genre de choses. Manifestement, seul Dieu a le droit de déconner plein tubes avec les paradoxes.

 

 

 

MLXXXVI – Ah, un lecteur féru d’écritures m’avertit qu’il n’y a aucun paradoxe dans l’histoire. Si la punition semble antérieure au délit, c’est qu’on purgeait déjà une peine relative au « pêché originel » : un vol de pomme à l’étalage raconté par un mystique un rien exalté… j’ai pas tout saisi.

 

 

 

MLXXXVII – Après ça, je m’étonne moins que la chrétienté soit en perte de vitesse. « Tu déconnes grave avec Dieu, tu manges copieux. Quand ça suffit, il t’envoie un sauveur et là, tu le cloues à deux planches ». Va pérenniser plus de deux millénaires une entreprise dont le service consiste à faire admettre aux gens qu’ils appartiennent à une espèce aussi stupide.

 

 

 

MLXXXVIII – Et puis bon, le poids des pêchés des âges, les fautes des pères, tout ça, lyriquement, je suis pas contre, mais tu trouves pas que ça commence à être longuet ?… Dédé... ça existe, en vrai, les peines incompressibles de deux mille huit ans ?

 

 

 

MLXXXIX – En Yiddish, on peut résumer notre condition à deux mots : « Oï veï ». Dans le genre concis, on fait difficilement mieux.

 

 

 

MXC – M. et Me Wladymeer regardant M. et Me Smith en pleine prise de bec sur « la salière au milieu de la table ». (HW) T’y crois… cette fausse embrouille… (Me W.) On ne sait pas… peut-être qu’on s’engueulerait plus souvent, si on avait une table plus grande. La pensée post-moderne frémit d’effroi à l’idée qu’un jour, nous puissions enfanter.

 

 

 

MXCI – « Nos métempsychoses, ces avatars dévolus aux affabulations contrefaites de nos consciences tintinnabulantes et autres cénesthésies inénarrables ». La langue française est magnifique, même quand on s’en sert pour dire des choses parfaitement dénuées de sens.

 

 

 

MXCII – Ca à l’avantage de rester beau à l’oreille même quand ça ne sert à rien. Certains romanciers ont d’ailleurs bâti des empires sur ce principe. Dans le cadre de ce blog, ça fait aussi monter le score à peu de frais.

 

 

 

MXCIII – La rentrée littéraire a l’air tellement chaude que la climatisation va poser un arrêt maladie. Il va falloir envisager le bon vieux seau d’eau froide.

 

 

 

MXCIV – Avant, beaucoup de romans étaient simplement nombrilistes. Aujourd’hui, certaines personnes s’imaginent que c’est carrément leur trou de balle qui mérite de figurer dans la bibliothèque aux cotés de Sartre ou de Cioran.

 

 

 

MXCV – D’un autre côté, une part de moi hésite à les contredire. En effet, à l’instar des esprits fantaisistes qui épatent régulièrement le personnel des urgences à renfort de boule de billard ou de tour Eiffel, ces romanciers démontrent qu’une vérité profonde se cache vraisemblablement dans le rapport qu’entretient l’homo sapiens à son propre fondement.

 

 

 

MXCVI – Je repense à cette histoire de pêché originel. Une pomme qui fait grimper le QI, un serpent qui cause. Tout ça me paraît d’un réalisme contestable … Moi, je suspecte plutôt un genre de grosse allégorie métaphorique.

 

 

 

MXCVII – Oncques me reprochait dernièrement l’amertume sous-jacente de nombre de mes propos. Je ne suis certes pas un grand pourvoyeur de merveilleux, mais au moins, je ne suis pas un gros néo nazi comme Walt Disney ou un gros pédophile comme Lewis Carroll.

 

 

 

MXCVIII – La différence entre Pee Wee Hermann et Michael Jackson, c’est que dans le second cas, en raison des origines supposées de l’accusé, la partie civile ignorait si elle devait déposer la plainte auprès du FBI ou de la NASA.

 

 

 

MXCIX – Le fait qu’on ait arrêté les essais nucléaires ne signifie pas qu’on ait arrêté les tests ou la fabrication d’armes toujours plus puissantes. Simplement maintenant, la mort se quantifie sur Pentium core-duo, virtuellement, sans polluer… en tout bien toute horreur.

 

 

 

MC – « La grosse angoisse au goût amer… ne s’use pas, même quand on s’en sert ». Voilà pourquoi la communication, en ce qui me concerne, c’est foutu. Tous les slogans accrocheurs qui tuent sans mentir au client me sont inspirés par des trucs invendables…

20.10.2008

Vingt et unième fournée

 

 

 

                            TOME SECOND

 

 

 

Note à caractère introductif - Il est un temps où tout homme d’esprit se sentant décliner après avoir tutoyé les sommets, doit savoir écouter la raison et renoncer aux applaudissements, aux vivats de la foule (oui, quatre personnes : forcément, sur les sommets, on croise peu de monde), et savoir s’effacer humblement, comme la vague atteignant le rivage ou comme le lapin explosant après avoir contracté la myxomatose. Usant de la sagesse séculaire qui est la sienne, Herald Wladymeer, puissent les anges du firmament chanter son nom, a décrété que ce temps, je cite : « …viendra plus tard ». Bravant d’un regard noble et altier les muses aux humeurs versatiles qui ont déserté sa demeure désormais vide d’inspiration, mais bravant également la crise, la hausse des cours du steak et par extension les cours en hausse, la chute du cours de l’intellect et par extension les cours en baisse, les intempéries, les avanies du sort, son taux de cholestérol, l’angoisse que lui inspire la calvitie des autres même s’il n’a aucun problème de cet ordre, la difficulté d’exister et les ratons laveurs, oui, bravant tout cela, Herald vient effectivement de déclarer au terme d’une phrase imbitable et très mal construite de pas loin de douze lignes, qu’il continuerait de perpétrer, je cite : « …à donf’ ». En tentant l’aventure périlleuse du second recueil, Wladymeer entend prouver à l’humanité que l’homme vient bien des étoiles, puisque sa bêtise, à l’instar de l’univers, est je cite : « …prodigieuse, abyssale, insondable » (fin de citation). Réjouis-toi, élu parmi les élus qui parcours ces lignes en cet instant glorieux, car elles vont changer ton existence : quand tu auras réalisé que tu perdais un temps précieux à les lire, tu feras n’importe quoi d’autre de ta vie, ce sera beaucoup plus constructif, et tu auras tiré de cet ouvrage un enseignement supérieur.

 

  

   « And now for something completly different »…

 

 

 

 

 

          

               - OPUS VINGT ET UNIEME -

 

 

 

 

 

MI – Pour commencer ce second recueil dans la droite ligne des habitudes de la maison, je me dois de procéder à un rectificatif… Je ne suis pas certain que la myxomatose fasse exploser les lapins : j’ai dit ça comme ça. Un peu comme le reste.

 

 

 

MII – Si l’expression « commerce équitable » prête à sourire, c’est que dans la pratique, conçu par l’homo sapiens, le commerce a statistiquement autant de chances d’être équitable que Benjamin Castaldi a de chances de décrocher un prix Nobel de philo.

 

 

 

MIII – L’Oréal, parce que je vaux bien qu’on torture des bestioles dans des labos de cosmétique ; parce que ma seule beauté justifie qu’on injecte du shampooing à des souris, et parce que derrière mes airs de poupée siliconée, j’ai un système frontal de vision binoculaire, qui au sein des mammifères détermine mon appartenance à la classe des prédateurs. Pigé ?

 

 

 

MIV – A toutes les braves bêtes dotées de bonnes tronches de victimes, la nature a donné un système de vision latéral, de façon à voir les prédateurs jusque dans leur dos. A nous, elle a donné une vision frontale, parce qu’avec nos tanks et nos fusils, on aurait eu l’air fins si on avait eu les yeux à la place des oreilles.

 

 

 

MV – En résumé, chez les mammifères, les proies ont les yeux sur le côté, et les prédateurs sur le devant. Ca confirme une règle qu’on connaît tous d’instinct : il faut se méfier de tout ce qui peut te regarder droit dans les yeux.

 

 

 

MVI – Et quand ça utilise que deux pattes sur quatre pour marcher, tu peux te méfier carrément huit fois plus.

 

 

 

MVII – Vous avez noté, dans la pub l’Oréal, la fille ne dit pas « parce que je le mérite bien », mais « parce que je le vaux bien ». Lexicalement parlant, la distinction est frappante.

 

 

 

MVIII – Et je n’ai jamais dit que ça avait un côté « deux cent la demi-heure ou mille cinq la nuit ; j’ai des frais en cosmétiques » ou vous avez la vue perçante, parce que c’était vraiment écrit tout petit entre les lignes.

 

 

 

MIX – Sur mon paquet de clopes, on peut lire « Fumar puede matar ». J’ai un vague idée de ce que ça raconte, mais je préfère penser que ça ne concerne que les Espagnols.

 

 

 

MX – De l’autre côté du paquet, il est question de fertilité, et ils n’ont pas tort. Moi qui songe parfois à ma descendance, j’ai peur qu’en l’état, mes spermatozoïdes refusent de s’installer dans un ovule dépourvu d’espace fumeur.

 

 

 

MXI – On n’est jamais aussi bien trahi que par ses amis. Vous avez tous un pote avec qui vous avez mêlé votre sang, à l’indienne. C’est lui qui trente ans plus tard est devenu le parrain de votre petit dernier… oui, celui auquel il vient d’offrir une trompette en plastique.

 

 

 

MXII – Dans son bureau, Me Wladymeer à des statuettes de fées très « hi hi hi ». Sur le mien, j’ai un buste de Spawn très « har-har-har ». Malgré les prétendues subtilités de nos psychés respectives, les archétypes de héros masculins ou féminins restent relativement prévisibles.

 

 

 

MXIII – Des fois j’écris des trucs et en me relisant le lendemain, je me dis : « c’est pas possible, t’as pas fait ça». Si je le publie par la suite, ce n’est que pour me morigéner publiquement d’avoir osé concevoir un truc pareil.

 

 

 

MXIV – Une expression populaire parle de « s’emmerder à cent sous de l’heure ». Dans la réalité des choses, si s’emmerder payait cent sous de l’heure, je serais multimillionnaire, à ce jour.

 

 

 

MXV – Modeler, sculpter, c’est vraiment un art de tricheur : tu prends des formes qui étaient déjà présentes dans l’espace, et juste parce que tu viens ajouter ou soustraire de la matière à cet endroit précis, tu dis : « Regardez, c’est moi qui l’ai fait ».

 

 

 

MXVI – Quand je ne sais plus quoi écrire, je me choisis une cible aléatoire dans l’appartement, et soumets arbitrairement à mon ire un objet de consommation, que je sacrifie sur l’autel du manque d’inspiration.

 

 

 

MXVII – Tiens, Le poulpe en peluche de Me Wladymeer qui est en train de faire une bise en peluche au hibou en peluche… Acquisition de la cible… Verrouillage… Ah, on m’avertit par oreillette que cette cible est protégée par l’O.T.A.N. et que tout mot d’esprit déplacé est susceptible d’entraîner des mesures de rétorsion…

 

 

 

MXVIII – Tiens, et ce personnage avec son déhanché raté, qui voulait ressembler au David de Michel-Ange et qui à l’air de faire le tapin… Ha non… ça, c’est ma dernière sculpture…

 

 

 

MXIX – Dans le genre frustrant, c’est encore pire que de ne pas savoir quoi écrire.

 

 

 

MXX – Tiens, l’écriture aussi, c’est vraiment un art de tricheur. Tu prends des mots qui existent déjà tous et tu fais rien qu’à les mettre bout à bout : eh ben fatalement, ça finit par faire des phrases…

 

 

 

MXXI – Et le dessin alors… Dans la feuille blanche, y a tout ce que tu pouvais y mettre ; toi, tu ne fais que choisir des traits dans l’infinité de traits que la feuille blanche propose, alors que si ça trouve, le trait invisible était encore mieux avant que tu ne l’aies « maladroitement décalqué ». C’est dire si le dessin est un art de tricheur : à la base, la feuille blanche dessine mieux que toi.

 

 

 

MXXII – Dessin, sculpture, gribouillage grammatical… Le jour où j’écris mon autobiographie, j’intitule ça « l’imposture comme posture ».

 

 

 

MXXIII – Dans la République de Platon, entre le dessin et la sculpture, j’aurais deux bonnes raisons d’être banni en tant qu’ « imitateur d’imitations » (si si). Seule l’écriture sauverait peut-être ma peau.

 

 

 

MXXIV – *La voix de Platon* : « Non, parce que même comme ça, t’es qu’un imitateur d’écrivain, ha ha ha… et un, et deux, et trois – zéro ! Tu sors ! ».

 

 

 

MXXV – Note pour plus tard : « Don’t fuck around with Plato ».

 

 

 

MXXVI – Minot, on a toujours envie de devenir le héros du dernier film qu’on a vu. Jusqu’au moment où on comprend qu’il y a toujours une part du contrat qui est intenable : pour être Superman, faut voler, pour être un Jedi, il faut bouger des trucs avec l’esprit… pour être un highlander, il faut porter le kilt…

 

 

 

MXXVII – Avec le temps, on passe par pas mal de vocations plus ou moins réalistes : astronaute, agent secret, pompier ; jusqu’à l’âge de raison. Le truc, c’est qu’à aucun moment on a rêvé de devenir Herald Wladymeer… eh bien, je vous le donne en mille…

 

 

 

MXXVIII – L’âge de raison est celui qui distingue la réalité des illusions d’enfance ; l’âge auquel on accepte le poids de la vie et une certaine forme d’asservissement. Typiquement, pour celui qui exploite ta force de travail, ton âge de raison, c’est celui auquel dans le genre brave con docile, t’es mûr à point.

 

 

 

MXXIX – La philosophie, c’est un peu l’alpinisme de la pensée. On entame une ascension vers l’idée pure. Personnellement, j’ai toujours eu une préférence pour la spéléo.

 

 

 

MXXX – La névrose, c’est l’adaptation de soi à la réalité. La psychose, c’est l’adaptation de la réalité à soi. Quand mon buzzer sonne le matin, si je décide qu’il ne s’agit pas de mon réveil, mais de mon voisin qui écoute de la tektotruc et que je me rendors, ça fait de moi un psychopathe ?

 

 

 

MXXXI – Si l’important était de participer, on n’aurait jamais inventé les médailles et les podiums. Bon, en France, à défaut d’avoir des médailles, on a des valeurs… bisque bisque…

 

 

 

MXXXII – Attention, je n’ai jamais dit que ce n’était pas une saine philosophie ; c’est juste que dans les faits, l’importance accordée à la participation est la signature philosophique des losers.

 

 

MXXXIII – Je reviens deux pensées en arrière. Si l’important était de participer, on aurait quand même créé des médailles. C’est juste que les seuls à ne pas en avoir seraient les trois gars qui sont arrivés en premier et n’ont donc rien compris à la philosophie du truc : ils font rien qu’à participer pour gagner au lieu de participer pour participer.

 

 

 

MXXXIV – Pour en finir avec le sujet, si l’important c’est « de participer », mes fautes d’orthographe, mes deux commentaires et moi, on va devenir hyper importants, dans le paysage littéraire.

 

 

 

MXXXV - *Voix du serveur automatisé des ASSEDIC de l’ouest francilien*…  Pour le mois de Septembre, vous déclarez ne pas avoir travaillé, ne pas avoir suivi de formation, ne pas toucher de retraite ou de pension d’invalidité de deuxième ou troisième catégorie, et être toujours à la recherche d’un emploi. C’est pas grave : l’important, c’est de participer…

 

 

 

MXXXVI – Au regard des différents papiers à remplir et autres acrobaties à effectuer pour faire valoir ses droits, je me dis qu’on devrait créer un Bac Z pour les aspirants chômeurs. Chômeur, c’est un job à plein temps qui nécessite un certain niveau de qualification.

 

 

 

MXXXVII – Parmi mes choix d’orientations estudiantines et professionnelles en devenir, j’ai pensé un temps à faire « Marx ». J’ai regardé le cursus, ça m’a filé des sueurs froides, alors je m’en suis tenu au niveau d’études nécessaires pour avoir la barbe de Marx : c’est un début.

 

 

 

MXXXVIII – Si je n’étais pas conforté dans la certitude de mon talent par les cris enthousiastes d’une foule de trois personnes, je commencerais à penser que ce blog est un genre d’éloge personnel à ma propre médiocrité.

 

 

 

MXXXIX – Remarque, ça fait toujours un truc en moi qui est digne d’éloges. Certaines personnes sont trop communes pour pouvoir se targuer d’être médiocres.

 

 

 

MXL – Et dire que Me Wladymeer a délibérément choisi de passer sa vie avec ça... Je ne comprends toujours rien aux femmes, mais leur irrationalité caractéristique est sous certains aspects bien arrangeante.

 

 

 

MXLI - Lucie va au marché pour acheter dix laitues dont les prix décroissent, au ratio de 3% de la valeur base par unité achetée. Elle doit acheter du café pour un montant égal au deux tiers de la racine cubique de la somme dépensée dans les laitues, après quoi elle pourra aller réparer la plomberie qui fuit, à raison à raison d’un litre par centime ramené en monnaie des courses et par heure. Doit-on prévenir la protection de l’enfance ?

 

 

 

MXLII – Une pierre de huit tonnes qui tombe de très haut et toi qui tombe avec, vous allez à la même vitesse, mais au bout du compte, même si t’as pris un super départ et que tu t’écrases en premier, c’est la pierre qui gagne. Une réalité mathématique lapidaire, sans vouloir faire de mauvais jeu de mots.

 

 

 

MXLIII – Il doit y avoir un moment où la matière a eu le choix entre rester de la matière «  inerte et éternelle » ou devenir de la matière « pensante et mortelle ». A aucun moment elle ne s’est raclée le chaudron pour voir s’il n’y avait pas moyen de devenir de la « matière pensante immortelle » : elle a tout salopé le travail pour terminer en vitesse. Aujourd’hui, elle s’en mord les doigts, la matière pensante… bien fait pour nous.

 

 

 

MXLIV - … Et Beethoven qui écrivait de la musique alors qu’il était sourd. Tiens, je me disais, il ne me manquait plus avec la musique qu’un art de tricheur pour parfaire ma panoplie d’imposteur.

 

 

 

MXLV – J’ai un copain qui travaille aux urgences, dans le personnel soignant. Cette semaine, c’était une boule de billard. Je n’en dis pas plus, ce serait trivial.

 

 

 

MXLVI – Césarienne, points de suture… Félicitations, monsieur, c’est une boule de billard ! Désolé, c’était plus fort que moi

 

 

 

MXLVII – J’ai peur que ce genre d’anecdote lénifiante revienne de manière cyclique dans mes recueils, le goût de l’expérimentation étant chez l’homme aussi développé que son inventivité est dépourvue de limites.

 

 

 

MXLVIII – Grand ménage de printemps. J’ai failli acheter un second aspirateur pour nettoyer le premier tellement c’était grave. La trente-huitième heure, j’ai également pensé à m’acheter une corde.

 

 

 

MXLIX – « Por narices » : expression castillane signifiant : « pour ou par mes narines / parce que mes narines le décident » (sic). L’idée que le siège de la conscience d’un Espagnol puisse se trouver dans son nez prête à rire, comme quand on décrète par chez nous « j’en ai plein le cul » après avoir mentalement séché trop longtemps sur un problème.

 

 

 

ML – Et un de torché en trois jours… c’était vraiment pas la peine de faire la Diva quittant la scène.